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Et on vous retrouve Jean-François Akili. Bonjour Jean-François.
Bonjour Jacques.
Vous avez suivi comme des millions de français, on n'a pas encore les scores mais on les aura, l'interview d'Emmanuel Macron hier soir à 20h sur TF1 et France 2. Le président s'est montré grave sur la menace russe et les prix des carburants. Pourquoi monte-t-il ainsi en première ligne ?
Parce que Emmanuel Macron, ça ne vous a pas échappé, veut être partout, à l'ONU, sur l'Ukraine, face à la Russie, sur le Proche-Orient, sur les carburants, dans les 20h, à 7 mois de l'élection présidentielle. présidentielle, le paradoxe devient saisissant. Celui qui ne peut plus être candidat occupe davantage le terrain que ceux qui veulent y succéder. Alors Emmanuel Macron, entre les habits du chef de guerre mobilisé, face aux menaces russes, on doit se préparer. Démentant au passage, d'ailleurs, tiens, vous avez entendu l'existence d'une alerte CIA sur une possible attaque de drones dans le sud de la France, mais dénonçant en même temps une Russie qui multiplie les actes hostiles et parfois criminels à l'égard des pays européens. C'est une citation. Est-ce que la France peut être frappée à son tour ? Oui, ça sent les bruits de bottes quand même, Jacques, cette histoire. Il faut quand même prendre ces avertissements au sérieux. Les services parlent de multiplication d'opérations hybrides, sabotage, cyberattaque, action de déstabilisation. Le président est dans son rôle, il faut le dire. Quand il convoque dans la salle Vega les responsables politiques et candidats à sa succession pour leur exposer l'état de la menace, Emmanuel Macron veut-il simplement... préparer son successeur à un monde devenu plus dangereux ? Ou considère-t-il que les prétendants en piste ne mesurent pas la gravité du moment ? Bref, qu'ils sont nuls, pour dire les choses clairement. La réunion de Vega à l'Elysée ressemblait à un passage de témoins, comme pour dire voici l'état du monde, voici ce qui vous attend, vous ne pourrez pas dire que vous ne saviez
pas. Et derrière 2027, une autre date apparaît presque mécaniquement, 2032 dites-vous. Ben
oui, Emmanuel Macron aura 54 ans, il pourra se représenter, impossible évidemment de lui prêter aujourd'hui une... telle intention, c'est pas mon idée, mais la tentation existe de lire son hyperactivité comme la fabrique de l'après. Quitter l'Elysée, regarder la France enfoncer en mode je vous avais prévenu et revenir le coup d'après, un peu comme Trump dans un scénario différent. Mais cette stratégie supposée comporte un risque. Plus Emmanuel Macron s'expose, plus il souligne ses erreurs successives. La dernière en date à l'ONU, sa formule sur le Hamas qui n'a jamais sévi en Cisjordanie, avec tout le monde l'a taclé avec cette histoire. Et le soupçon... au passage, de vouloir capitaliser auprès de certains électeurs, allez savoir.
Et puis il y a cette autre France, beaucoup moins géopolitique, celle qui regarde le chiffre affiché sur la pompe à essence. Et
oui, on ne laissera pas tomber les Français, et c'est ce qu'il a dit hier soir, c'est sa promesse, adressée à ceux qui sont étranglés, ulcérés par les prix des carburants, à ceux qui réclament une baisse des taxes, Marine Le Pen, au hasard, Bruno Retailleau, ou encore, tiens, Fabien Roussel, il répond, c'est de la démagogie, rappelant que... qu'un mois de baisse représente un milliard d'euros, avant d'ajouter quelques minutes plus tard, nous n'excluons rien. Ah bon, c'est encore un nez en même temps, cette hésitation s'explique, quand les prix flambent, les aides aux grands rouleurs ressemblent vite à des rustines, si l'Etat hésite à détaxer, c'est parce que les caisses sont vides, c'est clair. Emmanuel Macron l'assume, je ne regrette absolument pas le quoi qu'il en coûte. Mais ce temps-là est terminé, la limite de son offensive médiatique est peut-être là, Jacques. Le président nous parle de l'état du monde, Hormuz, Moscou, Poutine. L'automobiliste, lui, lui brandit sous le nez le ticket de caisse à la pompe. C'est aussi simple que ça. Le chef de l'État a eu hier soir un moment de lucidité sur les retraites. Je n'ai pas réussi, je n'ai pas convaincu. Presque un début. D'inventaire, la bataille présidentielle pour 2027, pendant ce temps, il peine à imposer son propre récit, ça ne démarre pas cette histoire. La première socialiste est déjà abîmée par l'éviction mystère de Philippe Brun. Les candidats sont en campagne, tous les candidats, mais le président sortant continue d'occuper, lui, le devant de la scène. C'est désormais une habitude. Voici finalement ce paradoxe. La supposée campagne pour 2032 d'Emmanuel Macron semble avoir démarré à haute intensité, comme si celle de 2027 était déjà...
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