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Emmanuel Macron dit qu'au fond il faut agir sur les prix et non pas sur les taxes, faire en sorte que les prix baissent. Et pour que les prix baissent, il faut qu'il puisse sortir ce pétrole de cette région. Un autre front s'est ouvert, vous l'avez dit Féné Guinochet, avec les outils du Yémen depuis la mi-juillet. qui bloque tout passage de navires à l'Arabie Saoudite depuis le port de Yambou. C'est un site stratégique pétrolier, un immense complexe pétrolier. Marine Aïe nous expliquait hier aussi pourquoi il y avait des énormes dégâts sur l'olédu qui traverse d'est en ouest le pays. Emmanuel Macron, au 20h jeudi dernier.
y a plusieurs millions de barils qui circulaient à travers l'Arabie Saoudite et qui sortaient en mer rouge dans ce qu'on appelle le site de Yambou. Il a été très abîmé par une attaque des Houthis. Nous nous engageons pour le sécuriser.
Avec quels moyens ?
Et donc aujourd'hui, c'est la discussion que nous avons finalisée avec les Saoudiens, nous allons envoyer des moyens militaires. Mais en tout cas, on se met en situation de protéger ce site parce que sortait il y a quelques semaines de là, chaque jour, plus de 5 millions de barils.
c'était au fond la seule véritable grande annonce de cette interview jeudi soir du président de la République, Antoine Oberdorf. C'est risqué, mais manifestement, on en parlait beaucoup hier ici pour nos téléspectateurs fidèles, ça n'est pas nouveau. N'empêche qu'immédiatement, des conséquences politiques se sont faites entendre.
Bien sûr, il s'est attiré immédiatement les foudres des oppositions, Emmanuel Macron, et il le disait dès lors que le président de la République s'exprime pour dire qu'il y aura des soldats. des radars, des systèmes de défense qui seront envoyés à Yambou. Bien évidemment, vous avez Jean-Luc Mélenchon qui dit que c'est franchir au fond un seuil de co-béligérance que s'installer sur un théâtre de guerre. Et de la même manière, côté Rassemblement National, Marine Le Pen, Sébastien Chenu, qui eux-mêmes disent que... Le chef de l'État prend des risques inconsidérés et se comporte comme un vat en guerre au Moyen-Orient. Tout ça, Emmanuel Macron l'a bien en tête. Il a bien en tête aussi l'argument qu'on allait lui avancer, qui est de dire qu'au fond, nous n'avons aucun accord de défense avec l'Arabie saoudite. Et donc, en vertu de quoi se projette-t-on sur ce théâtre de conflit ? Sauf qu'Emmanuel Macron, en fait, il sait que le levier diplomatique, c'est le seul et peut-être dernier levier qu'il a, compte tenu de la situation budgétaire de la France, pour essayer... de faire baisser le cours du Brent et de ramener les prix à la pompe à la normale, si tant est que ce soit possible de ramener à la normale aujourd'hui. Donc il joue là-dessus à fond, Emmanuel Macron, parce que c'est le seul outil qu'il a. Et il sait très bien que non seulement ça permettrait de faire baisser le baril du Brent, mais même aussi... de faire baisser les tensions sur les capacités de raffinage, parce qu'on sait que c'est le problème qu'on a. Quand vous avez parallèlement un Donald Trump, on n'en a pas parlé, mais qui met sur la table la question du chantage lié au diesel, puisqu'il souhaiterait... Couper le robinet des importations de diesel vers l'Europe, c'est 50% des importations européennes venues des États-Unis, beaucoup moins pour la France, mais enfin quand même, ça va rajouter de l'attention sur le marché. Donc Emmanuel Macron, il met le paquet sur la diplomatie.
Alors là, on voit des images, cette élite du site de Yandou, c'est vraiment un énorme complexe pétrolier et en même temps un port par lequel justement arrive l'autre pétrole qui ne peut plus sortir. d'Ormouz. Donc c'est un peu la dernière alternative. Là aussi, il y a des grosses menaces de blocage. Ce soir, les outils continuent les frappes. Alors elles sont interceptées, mais Riad a été frappée. Il y a des risques qui sont pris si les outils, ou même si l'Iran dit la France entre en guerre. Il faut être deux, en fait, pour savoir si on est considéré comme Kobe le gérant. Il faut
faire attention parce que dans les situations de guerre, tout ce qui est voyant n'est pas important. Et par contre, il faut regarder derrière la fumée. Par exemple, quand j'entends les partis extrémistes en France expliquer que c'est une entrée en guerre, ils ont l'air d'ignorer, alors que ça leur a été dit à plusieurs reprises par Emmanuel Macron, c'est que les militaires français agissent dans le Golfe depuis le début de la guerre. Ils ont déjà protégé des pays du Golfe, ils sont allés intercepter des drones et des missiles, avec des hélicoptères de combat et des avions et des missiles. Donc, ce n'est pas une situation vraiment nouvelle. C'est juste qu'on dit maintenant on va protéger. Mais est-ce que
les outils, les Iraniens, vont regarder ces opérations comme pas nouvelles,
comme
de sécurisation qui n'ont rien à voir avec l'engrenage ? Le sujet est stratégique.
Et on voit bien que c'est l'Iran qui pilote. Ce n'est pas les outils tout seuls qui ont décidé d'attaquer la dérivation d'outils. Parce qu'en fait, outils, c'est la voie alternative. C'est une manière de pouvoir exporter du pétrole directement en mer Rouge. En s 'y attaquant, tout le pétrole des pays du Golfe ne peut pas passer par là, mais c'était une voie importante. En s'y attaquant, quelque part, ils étouffent un petit peu plus les pays du Golfe et surtout ils étouffent. Les sociétés, dont les sociétés européennes, qui ont besoin de ce pétrole. Et en attaquant avec des drones, il rappelle une tactique iranienne qui a été mise en place grâce au Conseil des Russes en Ukraine. C'est qu'aujourd'hui, personne ne sait vraiment se défendre contre des attaques massives de drones. Pourquoi ? Parce qu'elles saturent les systèmes de défense. Et là où finalement les Occidentaux, et en particulier les Américains, ont bien réussi dans la lutte contre les missiles, quand il s'agit de lutter contre les drones, personne ne sait faire. Même Moscou ne sait pas se défendre. Yambou et l'exportation par la mer rouge du pétrole, si elle est en permanence menacée par des tirs outils de drôles, sera en grande difficulté. Ça veut dire quoi ? Ça veut dire que la tension sur les marchés va continuer. Elle risque de durer, comme le rappelait Fanny tout à l'heure, pendant des mois.
David Kalfa, Marinaï, je ne comprends pas pourquoi Donald Trump répond aux abonnés absents sur cette région. L'Arabie saoudite, c'est l'allié historique. Le prince héritier a appelé Donald Trump plusieurs fois et il ne se passe rien. C'est la France qui va y aller ?
Plusieurs raisons. La question des munitions, ça a été dit et c'est très juste. Parce qu'il n'a plus les
moyens, c'est ça ? Militairement,
si, il y a encore les moyens, il ne faut pas exagérer. Mais en tout cas, il y a très clairement un rationnement des munitions, notamment la défense antimissile. Ça, c'est une évidence. C'est d'ailleurs la raison pour laquelle l'Arabie Saoudite diversifie aussi ses alliances. La signature de l'accord de la Mecque avec la Turquie et le Pakistan s'inscrit. dans cette perspective de diversification. Un accord de défense mutuel. Ce qu'il faut préciser, pour ne pas perdre les spectateurs, ce qu'on voit à l'écran, c'est l'oléoduc Est-Ouest, qui traverse le territoire saoudien et qui débouchait sur le port et le terminal pétroler de Yenbu. Ces frappes de la milice Ansar Allah, partisans d'Allah, les Houthis, c'est l'autre nom des Houthis, c'est le nom qui revendique. elles ont un objectif stratégique évident pour l'Iran. Il s'agit en fait de boucher les deux voies de sortie d'exportation du pétrole et du gaz à l'international et d'augmenter la facture économique pour Donald Trump, le punir politiquement à l'aune des élections. Ce qu'il faut quand même préciser, et ça c'est important, C'est que, parce que j'avais annoncé la mauvaise nouvelle d'une crise qui risque de durer jusqu'à la fin du mandat de Trump. Oui,
encore deux ans, là c'est carrément le cauchemar. Il y a une
bonne nouvelle ces 48 dernières heures, mais il faut évidemment regarder ça avec beaucoup de recul. C'est que, paradoxalement, les Saoudiens ont rerouté une partie de leur pétrole vers le détroit d'Harmouz. Parce qu'en réalité, les Américains, le chiffre, c'est à peu près une soixantaine de navires. En réalité, je pense une quarantaine dont la grande majorité sont escortées par des forces aéronavales américaines. Le long des côtes d'Omane, ça débouche aussi vers le port de Fujiara, qui est un port émirien et qui permet aussi d'exporter une partie de ce pétrole. On est à quasiment 3 millions de barils de pétrole, ce qui est important quand même.
Donc il y a encore des voies de passage. Un peu moins,
c'est 2,7. Il y a encore des bateaux qui sortent. Pour donner un chiffre un peu rond. Ce qui veut dire qu'il y a une espèce de jeu du chat et de la souris auquel on assiste. Yornbou, qu'on a vu, qui débouche sur la mer Rouge, c'était un peu l'issue de secours pour les Saoudiens, mais pas uniquement, pour une grande partie des pays du Golfe. D'ailleurs, la punition pour l'instant des
outils, c'est sur les bateaux saoudiens uniquement, pas les
autres. Et oui, mais encore une fois... avec l'objectif qui est en réalité pas seulement de s'en prendre aux Saoudiens, mais indirectement s'en prendre à la partie américaine.
'est pour ça que dans ce contexte-là, on cherche d'autres voies, et notamment par exemple Total Energy. Aujourd'hui, on apprenait que Total Energy est allée en Azerbaïdjan pour augmenter sa production, notamment de gaz. Et c'est vrai qu'on cherche un peu tout azimut aujourd'hui. En attendant que la diplomatie se fasse et que ce conflit trouve une issue, mais tout le monde a compris que ça ne se ferait pas ni d'un claquement de doigts dans les prochaines semaines, que ça va être assez long. C'est une guerre d'usure. Ils vont finir par lâcher sur les taxes, non ? Mais c'est une guerre d'usure, franchement. Quand le président dit finalement
qu'on
ne peut rien exclure de baisser
peut-être quelques taxes sur le carburant, pas forcément tout de suite la TVA. Il ne faut pas non plus faire
miroiter aux téléspectateurs. Si demain, le gouvernement lâchait sur les taxes, de toute façon, c'est un endettement qui augmente. Donc ça veut dire des taux d'intérêt qui augmentent, ça veut dire une situation budgétaire de la France qui continuera à s'enfoncer dans le rouge. Donc l'idée d'avoir d'autres sources d'approvisionnement pour essayer de soulager un peu ce marché, parce qu'on parle beaucoup du pétrole, attention, mais le gaz est très important. Et la facture de gaz des Français, là aussi, elle va augmenter.
Diversifier les approvisionnements quand les États-Unis nous menacent, quand Hormuz maintenant est bloqué, ça peut marcher, ça va se faire du jour au lendemain
Stratégiquement, à mon avis, ça ne peut porter des fruits qu'à moyen terme. Personne ne sait aujourd'hui détourner des flux très importants d'hydrocarbures d'un côté ou de l'autre. Mais c'est indispensable parce que c'est ça qui sécurisera à terme nos approvisionnements. À court terme, pour le pouvoir en France, et c'est la même chose dans toutes les sociétés européennes, La question est de savoir si à un moment, il faut bloquer l'augmentation des prix avec des mesures qui de toute façon sont très coûteuses. Mais c'est clair pour moi qu'aujourd'hui,
la situation
énergétique... est difficile et surtout elle continue à se dégrader. Et par conséquent, à un moment, le gouvernement sera obligé de lâcher. Non pas en disant on va faire reculer les prix, mais en disant on va les bloquer là. Et bien sûr qu'ils feront une impasse budgétaire sur le sujet parce qu'ils n'auront pas le choix. Les prix pourraient sinon dépasser les 3 euros, 3,50 euros, mesures symboliques. Tout ce qu'on
vient de se dire là, c'est audible pour les Français. Est-ce qu'ils peuvent attendre ? Est-ce qu'ils peuvent comprendre et donc attendre peut-être même les élections pour choisir leur futur président
? Ce qui est sûr, c'est qu'on sent quand même que si la colère n'a pas encore explosé, nous verrons les mouvements sociaux qui s'annoncent côté fonctionnaire, mais pas seulement pour le mois d'octobre. C'est peut-être que, effectivement, la colère, si elle doit se déverser quelque part, se déversera dans les urnes. En prenant la parole, Emmanuel Macron s'est offert un sursis. Mais je pense qu'il est parfaitement conscient que ce n'est qu'un sursis. La question effectivement de la diversification des approvisionnements, de la sécurisation de nos stocks, il a longtemps parlé de son activité diplomatique, de sa réception du président nigérien pour montrer aux Français qu'il est à la manœuvre. Mais c'est faute de pouvoir leur proposer quoi que ce soit de concret sur les prix à la pompe qui seraient de nature à les soulager immédiatement. Et malheureusement, pour des Français qui ont été habitués... au quoi qu'il en coûte, à des ristons de 15 à 30 centimes en 2022. Effectivement, c'est difficile de comprendre le passage du quoi qu'il en coûte au goutte à goutte actuel.
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