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pour une émission exceptionnelle, Philippe Devilliers. On a 15 minutes de plus. parce qu'on a quatre jours extraordinaires à commenter ensemble. Philippe Devilliers, bonsoir. Bonsoir Ayad, bonsoir Geoffroy. Geoffroy Lejeune est avec nous et c'est vrai que ce vendredi soir, nous avons le sourire Philippe Devilliers parce qu'on va consacrer cette émission à ce vent d'espérance qui souffle sur la France et accompagne la visite du pape sur notre sol. On va voir ensemble les plus belles images, les plus belles séquences de cette première journée. journée de visite papale. Et c'est vrai qu'à 10h ce vendredi, les 40 000 clochers de France ont chanté et sonné à l'unisson, 7 minutes durant pour l'arrivée du pape. Et vous souhaitiez commencer par cette séquence. Écoutons. Et durant ces quatre jours, plus d'un million de fidèles Philippe de Villiers seront rassemblés. Parmi les images là aussi les plus fortes, la déambulation du pape. Et plus de 200 à 300 000 Français étaient présents pour saluer le pape regardé.
Alors Philippe, la plupart des commentateurs sont presque surpris de voir l'engouement suscité par la visite du pape en France. Vous, quel est votre regard sur ces images et sur cette visite
'abord quand on entend les cloches, comme ce fut mon cas ce matin, dans mon petit studio, parce que je suis arrivé hier soir à Paris, exceptionnellement à cause de la circulation, j'avais les larmes aux yeux. J'étais profondément ému, parce que je pensais, en ce moment, dans toutes les églises de France, on fait sonner les cloches. Je pensais à ce qu'on appelait au Moyen-Âge, dès le 11e siècle, le blanc manteau d'église, qui devient parfois une peau de chagrin. Mais dans le blanc manteau d'église, sonnaient les cloches. Or, les cloches... Quand on a une culture chrétienne et quand on a une enfance chrétienne, on sait ce que ça signifie. Ça signifie le glas quand on enterre quelqu'un de proche. Ça signifie le baptême quand la famille s'élargit. Ça signifie la grand-messe. Ça signifie en fait le retour aux sonorités natales. C'est-à-dire qu'en fait, remonte de la nappe profonde de la conscience à travers les cloches, les battements de cloches, les battements de cœur. Quelqu'un qui est insensible aux cloches, c'est quelqu'un qui est insensible à la civilisation française. Dans les mémoires de Napoléon, il dit à Lascaz, la chose qui m'a manqué le plus ici, à Sainte-Hélène, ce sont les cloches, les cloches de l'Angélus. Et Chateaubriand a des phrases magnifiques sur les cloches quand il était l'enfant de Cambourg. Alors maintenant, je réponds à votre question. On a eu les cloches, on a eu la déambulation. Vous avez montré les images. C'était très, très émouvant. Quand on voyait des parents qui brandissaient leur enfant pour que le pape les bénisse. On était dans un autre monde. On était dans la France éternelle. On était dans la France de toujours. On était dans la France de la vérité cristalline des âmes. Et en fait, voilà ce que je me suis dit et ce que je vais vous dire maintenant. Ce voyage pastoral du pape dépasse les lieux visités, dépasse le moment choisi, dépasse les foules qui vont être ainsi touchées. C'est un voyage... qui va prendre place dans l'histoire de l'Église. Pourquoi ? Parce qu'il arrive à un moment où se croise une chrétienté finissante et une chrétienté montante, naissante, celle des nouvelles générations. On y reviendra tout à l'heure, parce qu'il faut trouver des explications. J'en hasarderai quelques-unes. Mais ce qu'on voit aujourd'hui, et ce qu'on va voir demain, c'est la jeunesse française. Il ne faut pas se tromper, ce ne sont pas les vieux. Les vieux sont partis, les églises sont vides. Mais il y a dans la jeunesse catholique, aujourd'hui, une exaltation, une exultation, qu'on voit au pèlerinage de Chartres. Et qu'on voit ici, qu'on a vu aujourd'hui dans les rues de Paris, je suis allé voir moi. Je me suis glissé dans la foule, j'ai vu, c'était que des jeunes. Et une joie qui me rappelait le mot de Pascal, joie, joie, pleurs de joie, certitude. Donc en fait c'est un événement qui peut être un avènement. L'avènement d'une chrétienté qui dit au laïcisme d'État et au nihilisme d'État, Maintenant, ça suffit, on ne se laissera plus faire. La catholicité française existe, elle sera reconnue.
voudrais qu'on revienne également ensemble sur l'un des temps absolument incroyables que nous avons vécu aujourd'hui. Et nous avons assisté à la célébration des vepres à Notre-Dame de Paris. Des vepres en l'honneur de la Vierge Marie. 8000 personnes étaient réunies dans la cathédrale. Et ce moment-là, moment suspendu, je vous en propose d'en écouter quelques chants. vous m'avez dit Notre-Dame au téléphone la patronne de la France. Qu'est-ce que ça veut dire Philippe de Villiers quand vous avez vu cette image Il y a eu
deux temps historiques. Le premier temps historique c'est le vœu de Louis XIII en 1638 quand Louis XIII apprend qu'après 20 ans d'attente avec la reine Anne d'Autriche, il va avoir un enfant. Cet enfant s'appellera Louis Dieudonné. Dieu donné, merci mon Dieu. Et c'est le futur Louis XIV. Et donc, il décide de consacrer la France à Notre-Dame. Et le deuxième temps, c'est 1922, avec le pape Piron, je crois, qui consacre la France à Notre-Dame. Alors, il y a une patronne principale qui est Notre-Dame, la Sainte Vierge, la Vierge Marie, et une patronne secondaire qui est Jeanne d'Arc. Pas mal. Mais allons plus loin. Michelet... dit la France est une personne. Et ailleurs, il dit la France est un être moral doué de tendresse. Et ailleurs, il dit la France est une femme. En fait, la France est une femme, la France est une mère, une mère de désolation au pied de la croix, une mère de consolation, une mère qui nous console. Et la France est une terre de prédilection de la Sainte Vierge puisqu'elle apparaît parfois. comme à Lourdes, comme à Pontmain, etc. Et donc il y a quelque chose de mystérieux sur cette terre de France, ce lien entre la France et la mer de consolation. N'oublions pas que la France est réputée pour le pays inventeur de la courtoisie. La France, dame de haut port et de seigneurie, comme on l'appelle au Moyen-Âge. Et donc cette France qui a inventé la courtoisie, a inventé la primauté, le prima de la dame. Et c'est très émouvant de voir cette cathédrale qui a brûlé, qui est revenue et qui est consacrée à la Vierge Marie. Je pense qu'il y a beaucoup de gens qui prient la Sainte Vierge, la Sainte Vierge qui nous émeut, parce qu'en fait elle partage nos joies, les rameaux et le Golgotha. Et donc on s'identifie plus facilement à la Sainte Vierge qu'un dieu abstrait pour ceux qui voient la Providence de très loin. La Sainte Vierge, il suffit d'avoir une petite statue, moi je passe devant une statue. Notre-Dame de la Bralière, que je
salue depuis mon enfance. Et parmi les images là aussi très importantes de ce temps et de ces vèpres, le pape Léon XIV, et nous allons le découvrir ensemble, s'est incliné devant la couronne d'épines lors de sa visite en la cathédrale Notre-Dame de Paris. Ça s'est passé ce vendredi, Geoffroy Lejeune.
Alors Philippe, pourquoi cette inclinaison devant la couronne d'épines vous touche-t-elle autant
me touche parce que ce qui est en train de se passer, En France, aujourd'hui, pour les jeunes Français, c'est une chose inouïe que je n'espérais plus voir de mon vivant. Tout à coup, les Français se retournent vers le passé de la France pour aller utiliser des raisons d'espérer. Et l'histoire de la couronne d'épines est évidemment une allégorie de cette espérance à nouveau recherchée. Pourquoi ? Parce que c'est une histoire extraordinaire. En fait, en 1239, Baudouin II de Constantinople appelle le roi de France au secours et lui dit « j'ai plus de quoi me payer des soldats ». Et le roi lui dit « dans ce cas-là, on va trouver une solution ». Je vais vous fournir de l'argent et vous allez me donner la couronne d'épines. Et il envoie Guillaume de Longjumeau chercher la couronne d'épines. Longjumeau règle le problème. La couronne traverse la Méditerranée et elle arrive à Sens. Et là, le roi, avec ses frères, va la chercher et il la ramène sur un coussin à pied. Et quand il arrive à Notre-Lame de Paris, quand il entre dans Notre-Lame de Paris, comme le pape tout à l'heure... qui s'est incliné devant la couronne d'épines. Il avance pieds nus, il a ôté tous ses insignes royaux. Ce roi mendiant, comme on l'appelle, troque sa couronne de puissance contre une couronne de souffrance. Le fait que la France soit le pays désigné pour recevoir la couronne d'épines en dépôt, comme l'a très bien dit Mgr Ulrich tout à l'heure, la France a été choisie par la Providence pour être le pays dépositaire de la couronne d'épines. Ça lui donne une responsabilité particulière, le lien avec le Golgotha, le lien avec la souffrance et la résurrection.
'est un résurrection, peut-être que nous en parlerons dans cette émission, Philippe de Villiers. On a vu les images. Résurrection, ça peut faire le titre d'un livre. Par les temps qui courent. Par les temps qui courent, résurrection est un mot qui sonne quand même assez fort. On a vu les images, allons désormais sur les mots. Et son premier discours à l'Elysée a montré le cap qu'il souhaitait fixer lors de ce déplacement en France. Protéger les racines chrétiennes, protéger la vie, l'école catholique également, la paix bien sûr, les dangers de l'intelligence artificielle comme grand pilier de sa première allocution. Je vous propose d'écouter le pape qui était reçu par Emmanuel Macron à l'Elysée. La
France est aussi une terre aux riches racines chrétiennes. Depuis Saint-Irénée et le baptême de Clovis, l'âme de votre patrie s'est déployée en puissant dans le christianisme, une génie spirituelle, culturelle, intellectuelle, artistique et missionnaire. C'est pourquoi je réaffirme avec force que la protection du droit à la vie constitue les fondements incontournables de toute autre droite humaine. L'école catholique a toute sa place dans le paysage éducatif d'un pays comme la France. Cela s'inscrit d'ailleurs dans une attitude plus large, indispensable et à tout dialogue. à l'école comme dans la société, pour reprendre les paroles significatives pour chacun, prononcées par Votre Excellence aux évêques de France en 2018, et qu'un président de la République, prétendant se désintéresser de l'Église et des catholiques, manquerait à son devoir. Soyez assurés de ma fervent prière pour votre
belle nation. Voilà pour les paroles les plus fortes du pape Léon XIV à quelques mètres du président de la République. Geoffroy Lejeune.
Alors Philippe, vous attendiez beaucoup du discours du pape en France. Qu'est-ce que vous avez pensé des messages qu'il nous a envoyés à nous et qu'il a envoyés aussi à nos gouvernants et à Emmanuel Macron
pape a parlé à l'Elysée, dans la maison commune. Chez nous, là où est concentré le pouvoir suprême, l'article 5 de la Constitution. Et il s'est adressé au président de la République et il lui a envoyé plusieurs messages qui sont explicites. J'en retiens trois. Le premier message... était ainsi formulée, la protection du droit à la vie est constitutif de tous les autres droits. Est-ce qu'on peut être plus clair ? Et il a même ajouté, en citant la GPA, le trafic des organes, etc., que tout ce qui pouvait dénaturer l'être humain était dangereux pour l'humanité entière. Ça, c'est le premier point. On l'attendait sur ce terrain, il a été d'une clarté solaire. Ensuite, il a dit, l'école catholique a toute sa place dans la cité. On sait qu'aujourd'hui, il y a des influences de plus en plus fortes pour démembrer l'enseignement catholique, qu'il soit sous contrat ou qu'il soit hors contrat. En fait, le pouvoir politique voit bien que l'enseignement hors contrat est en train de se développer pour retrouver une liberté perdue. Donc le pape a protégé ce matin cette liberté d'un enseignement qui ne dépend pas de l'État. Et troisièmement, c'est passé inaperçu, mais en tout cas pas de moi, son discours sur la paix. Les mots qu'il a eus sur la paix. Il s'est adressé à la France en disant que la France est une puissance de paix. En fait, historiquement, tous les historiens disent que la France est une puissance de contrepoids, une puissance d'équilibre. Elle est la puissance des petits, la puissance des faibles. La France, elle est faite pour négocier la paix. Elle n'est pas faite pour un surarmement et envoyer des soldats dans des pays où on n'a rien à faire. Est-ce que vous voyez ce que je veux dire ? Et donc quand on voit la tête de Macron au moment où le pape prononce ses paroles, Un pape pacifique, pacifiant, apaisé, et un teenager immature, va-t-on guère ? Quel contraste dans la maison commune, à l'Elysée. C'était beau à voir.
Autre déplacement, autre visite après l'Elysée, l'UNESCO. En milieu d'après-midi, le pape s'est rendu à l'UNESCO, Organisation de l'ONU pour la culture, l'éducation et la science, et il est revenu sur le poids, selon lui, que devrait avoir l'UNESCO. Je vous propose d'écouter le pape Léon XIV.
sein de cette Assemblée des Nations. Les langues et les cultures se rencontrent pour coopérer afin d'assurer le respect universel de la justice, de la loi, des droits de l'homme et des libertés fondamentales. L'UNESCO représente à la fois un objectif et un outil pour poursuivre aujourd'hui avec un engagement accru. Cette tâche, je vous invite à considérer l'UNESCO non seulement comme une organisation internationale illustre, mais aussi comme un lieu où l'humanité réfléchit sur elle-même, sur son histoire et sur son avenir. Lejeune.
Philippe, est-ce que l'UNESCO n'est plus aujourd'hui que l'ombre d'elle-même et quel est le poids réel de l'ONU aujourd'hui
Je pense que le pape a sacrifié à une tradition diplomatique. Il a été invité par l'UNESCO, donc il y est allé. Il a prononcé d'ailleurs des paroles qui sont intéressantes, remarquables, sur l'écologie intégrale, où il dit qu'il n'y a pas d'écologie quand on ne protège pas d'abord les plus petits. Donc c'est très bien de protéger les crapauds et les coléoptères, mais on peut peut-être protéger les petits dômes. Ensuite, il a dit l'intelligence artificielle, il n'y a pas d'intelligence artificielle, il y a de l'intelligence humaine. Son encyclique a été saluée à nouveau comme elle l'est par le monde entier. Et enfin, il a parlé à nouveau de la paix. Mais ce qui me frappe quand même, c'est que cette institution, elle apparaît maintenant désuète, anachronique. On est entré dans un nouveau monde. Et dans ce nouveau monde, premièrement, c'est le retour des États-puissances. Le pape l'a sous-entendu, avec des logiques d'empire. Un monde néo-westphalien, c'est le retour des nations. avec une logique qui condamne le multilatéralisme. Ensuite, la deuxième caractéristique de ce monde, c'est le chassé-croissé démographique entre le Nord et le Sud, avec la puissance à venir des BRICS, c'est-à-dire le Sud global. Parce que pendant que le pape est en France, Xi Jinping discute avec Trump. Et c'est la troisième caractéristique, c'est le piège de Thucydide qui va gagner. Vous avez une nation puissante et déclinante, les États-Unis, face à une nation montante et agressive, la Chine. Et donc il y a un dialogue là très important pour l'équilibre du monde et pour la paix du monde. Mais le plus frappant dans tout ça, c'est l'effondrement du système institutionnel né de l'après-guerre. L'ONU, l'OMC, la Cour internationale, l'UNESCO n'ont plus de dimensions prescriptives.
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