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Bonjour Benjamin Haddad. On commence avec cette mobilisation sociale sur fond de hausse des carburants et baisse du pouvoir d'achat. Est-ce que vous redoutez une colère, une étincelle dans les rues de Paris ou dans les rues de France aujourd'hui
? Écoutez, vous savez, naturellement, on respecte le droit constitutionnel de se mobiliser, de manifester. Il faut que tout ça se fasse dans la sérénité et sans violence. Mais je voudrais rappeler quand même le contexte budgétaire dans lequel le pays se trouve. Parce qu'on va aborder un débat qui va être extrêmement important pour nos finances publiques et pour l'avenir du pays. On a nos taux d'intérêt qui continuent à augmenter, on a la situation internationale qu'on connaît qui provoque la hausse des carburants. La France a besoin d'un budget, la France a besoin de réduire ses dépenses publiques. Le Premier ministre va proposer un budget qui après doit être débattu par les parlementaires, qui sera un budget qui n'aura pas de hausse d'impôt, qui sera un budget de baisse de la dépense publique. Je crois que c'est absolument fondamental pour la souveraineté, pour l'équilibre de nos comptes. Et donc c'est un débat nécessaire qu'il faudra avoir, dans lequel effectivement... Tout le monde devra faire des efforts.
D'ailleurs, vous parlez du budget, ça ne vous gêne pas que dans ce projet de budget, il y ait une baisse de la contribution à l'Union européenne ?
Non, ce n'est pas du tout exact. Ce que nous faisons, c'est que nous négocions avec l'Union européenne qu'elle maîtrise ses dépenses et puis qu'elle prenne aussi l'amende qui a été infligée à Google. C'est une nouvelle recette pour l'Union européenne, 4,6 milliards d'euros, qui devrait automatiquement faire baisser les contributions de tous les États membres. C'est une discussion que nous avons à chaque fois avec l'Union européenne. précisément pour maîtriser la contribution des États membres. C'était déjà le cas l'année dernière, c'est de dire à l'Union européenne, il faut faire attention aux dépenses et puis il faut engager des nouvelles recettes. Et donc c'est 4,6%. milliards d'euros de recettes liées à l'amende Google, c'est une bonne nouvelle aussi pour les États membres.
En France, il y a aussi ces incidents et ces blocus dans certains lycées d'Île-de-France notamment. Hier, Sébastien Lecornu a accusé Jean-Luc Mélenchon d'instrumentaliser la colère des lycéens. Et pourquoi est-ce que le Premier ministre engage un bras de fer comme ça, direct, avec Jean-Luc Mélenchon ? Mais
il a eu bien raison de répondre à Jean-Luc Mélenchon qui avait une fois de plus appelé à la violence, qui avait une fois de plus fait... des provocations, qui veut attiser... Il n'appelle pas la violence. On a vu au contraire d'ailleurs des députés insoumis, des militants insoumis qui instrumentalisent ce mouvement, qui veulent pousser au chaos. C'est la stratégie classique de la France insoumise et donc c'est absolument inacceptable. On peut encore une fois, vous savez, avoir... Les lycéens ont des revendications. Mais c'est ce que je vous ai dit tout à l'heure d'ailleurs, qu'il y ait des revendications, qu'il y ait des mobilisations, c'est légitime, ça fait partie du débat politique. En revanche, qu'on fasse des blocages, qu'on empêche... des élèves de pouvoir aller à l'école ou des professeurs d'enseignés, et pire, qu'on intimide ou qu'on appelle à la violence, ça c'est inacceptable.
Mais est-ce que Sébastien Lecornu ne fait pas le jeu de Jean-Luc Mélenchon en désignant finalement comme adversaire principal dans cette campagne présidentielle, juste au moment où le bloc central est complètement à Tône ?
Mais le Premier ministre est dans son rôle d'appeler à l'ordre et à l'autorité et de refuser toute forme de violence.
Je parlais du bloc central Atone, vous soutenez Edouard Philippe, on a le sentiment que sa campagne ne prend pas, comment vous l'expliquez ?
Moi je soutiens Edouard Philippe parce que je pense que c'est celui qui a la stature qui fait des propositions assez courageuses. Vous savez dans ce concert de démagogie, on voit d'un côté l'extrême gauche qui appelle à la violence, qui nous explique qu'on va effacer la dette française d'un trait de stylo. L'extrême droite qui, là aussi, nous explique qu'on peut revenir, par exemple, tranquillement à la retraite à 60 ans sans que ça n'ait d'impact sur nos comptes publics. Eh bien, Edouard Philippe, c'est aujourd'hui celui qui, sur les retraites, sur la question de l'ordre dans les comptes, sur la question de l'ordre dans la rue aussi, qui a un discours de vérité, de responsabilité. Je suis convaincu... Pourquoi ça ne se traduit pas dans les sondages ? Les sondages, on est à six mois d'un premier tour. Vous savez, moi, je me suis engagé avec Emmanuel Macron. Tout le monde m'a expliqué, en regardant les sondages, qu'il n'avait aucune chance. Tout ça, ça n'a aucune importance. Ce qui est important, c'est encore une fois qu'on dise la vérité dans cette campagne, qu'on porte un discours de responsabilité. C'est ce que fait Edouard Philippe. Et puis après, très important, qu'on se rassemble. Parce que là, en revanche, on est aussi en train de payer le poids de nos divisions. Il y a un candidat d'extrême-gauche, il y a une candidate d'extrême-droite. Il y a un risque qu'ils arrivent tous les deux au second tour. Moi, je veux éviter ce duel mortifère pour notre pays et je suis convaincu d'ailleurs que ce n'est pas... ce que souhaitent les Français, ce duel entre Jean-Luc Mélenchon et Marine Le Pen. Mais on voit aujourd'hui qu'on a beaucoup de candidatures. J'ai toujours plaidé, d'ailleurs depuis le début, quand j'ai été élu en 2022, j'ai toujours plaidé pour une alliance entre la droite et le centre. Donc une unité de notre camp et, je l'espère, élargir aussi aux Républicains. Je crois que c'est comme ça que nous pourrons avoir une offre politique qui sera réformatrice, une politique de l'offre. ferme sur leur égalité et pro-européenne. C'est ce que propose Edouard Philippe.
Pour contenir les prix des carburants, Emmanuel Macron a décidé d'envoyer des soldats et des moyens militaires en Arabie Saoudite pour protéger notamment un site pétrolier sur la mer Rouge ciblé par les rebelles Houthis. Je le rappelle, ce sont des alliés de l'Iran. Est-ce que la France ne prend pas un risque de devenir co-belligérant ?
Non. Déjà, je veux... Tordre le cou un peu à ce canard qu'on entend, on l'entend parfois sur l'Ukraine, on l'entend parfois là. Nous ne sommes pas que les billigérants. Nous engageons des moyens défensifs à la demande de nos partenaires, en l'occurrence l'Arabie Saoudite, pour protéger ici un site pétrolier, un port de Yonbu. C'est 5 millions de barils par jour qui sont aujourd'hui empêchés de passer. Donc ça a un impact concret. sur les prix des hydrocarbures. Et puis encore une fois, ce sont des moyens défensifs. Vous dites que c'est
défensif, mais juste si les soldats français sont attaqués, est-ce qu'ils vont répliquer ou pas ?
Mais je vous rappelle que, moi je ne vais pas spéculer sur des scénarios, mais je vous rappelle que c'est ce que nous avons fait aussi pendant la guerre en Iran, où nous sommes engagés pour par exemple protéger l'espace aérien de nos partenaires, la Jordanie, l'Irak ou encore les Émirats Arabes Unis, avec lesquels nous avons des partenariats de sécurité. La France... honore sa parole, c'est un partenaire fiable. Donc nous avons des alliés. Mais le risque est quand même là. Si les outils décident de cibler les soldats
français, que fera la France ? Le risque,
ce serait de rien faire. Le risque, ce serait de regarder passivement le monde, d'en être des spectateurs et de voir l'impact des crises géopolitiques dans la vie des Français. Aujourd'hui, les prix du carburant augmentent. Pourquoi ils augmentent ? Ils augmentent précisément à cause de ces crises géopolitiques, de ces guerres que nous n'avons pas choisies. Donc nous prenons nos responsabilités pour défendre nos intérêts, défendre les intérêts. des Français, en l'occurrence ici pour faire baisser les cours du pétrole et puis permettre le transit des hydrocarbures. Et aussi, encore une fois, parce que nous avons des partenaires de sécurité que nous honorons notre parole.
En France, les oppositions réclament un vote au Parlement. Est-ce qu'il va avoir lieu ? Alors,
ce n'est pas, au titre de l'article 35, ce n'est pas une déclaration de guerre. Donc là aussi, il faut arrêter d'agiter des peurs ou de tout confondre. En revanche, quand on engage des troupes à l'étranger, même dans des opérations à titre défensif, à la demande de partenaires... Il y a un débat au Parlement, donc il y a toujours eu des débats. Il y aura probablement effectivement un débat au Parlement. Mais il ne s'agit pas là d'un vote, d'une déclaration de guerre. Je pense qu'il faut être extrêmement... précis et rigoureux sur ce dont on parle.
En Ukraine, jamais Kiev n'a été autant bombardée depuis 2022. Hier soir, c'est l'Académie nationale des sciences qui a été touchée, deux morts, 26 blessés. Face à cette nouvelle offensive, est-ce qu'il est toujours hors de question pour la France d'envoyer des avions Rafale pour protéger le ciel ukrainien ?
Déjà, je voudrais rappeler que ces attaques sont cyniques et scandaleuses. Et elles visent les civils ukrainiens. On a vu, là, les derniers mois ont été les plus meurtriers. pour les civils ukrainiens, avec des frappes de la part de la Russie contre les infrastructures, contre les civils, contre les infrastructures énergétiques aussi, pour avoir un hiver qui sera une fois de plus difficile. Et tout ça, c'est le signe de la stratégie d'échec de la part de la Russie. Donc est-ce que la France ne doit
pas monter en puissance ? Je pose ma question, envoyer des avions rafales justement pour protéger le ciel ukrainien. Alors
nous avons en ce moment une discussion avec les Ukrainiens pour envoyer des rafales, non pas pilotées par des Français, mais pilotées par des pilotes ukrainiens, dans le ciel ukrainien. Donc c'est pour ça que nous avons aussi lancé un travail sur la formation. Vous savez aussi que nous aidons les Ukrainiens sur des moyens de défense anti-balistique à travers la livraison de SAMT-NG, de missiles à se terre, donc des moyens aussi de protection du ciel. J'étais moi-même en Ukraine il y a deux semaines précisément pour continuer à avancer sur ces sujets. Nous avons créé la coalition des volontaires avec la coalition anti-balistique pour renforcer aussi avec nos partenaires le soutien à l'Ukraine. Nous continuerons à le faire parce qu'une fois de plus, ce qu'on voit, c'est un échec. de la Russie qui est fébrile sur le terrain, qui est en train de patiner, qui voit aussi l'innovation, l'ingéniosité des Ukrainiens avec les frappes en profondeur sur le territoire russe, contre par exemple les raffineries, contre les centres de lancement de missiles. Et cette escalade de la Russie, elle vise à intimider la population ukrainienne, elle ne marchera pas.
D'un mot, est-ce que la France peut être sous la menace d'attaques hybrides, de drones ? On a vu ce qui s'est passé en Allemagne. On est sous cette menace. Est-ce qu'on est prêt ?
'est pour cette raison que le président de la République a demandé au gouvernement de protéger les sites sensibles, de renforcer notre vigilance. On a vu des attaques hybrides, en effet, chez nos voisins, des incursions de drones, des attaques cyber. On voit régulièrement des attaques dans le champ informationnel et cyber chez nous en France depuis déjà assez longtemps. On est très ciblés. On a vu l'attaque à Leipzig, à l'aéroport, avec une attaque de drones contre un avion qui aurait pu... être un drame sur le plan humain. Effectivement, quand on voit aujourd'hui la Russie qui redouble d'escalades et de violences, il faut effectivement se préparer, être vigilant, mais surtout ne pas céder à l'intimidation parce que la Russie veut nous intimider, veut nous diviser. Nous ne cèderons pas et nous continuerons de défendre notre sécurité et de soutenir l'Ukraine.
Un dernier mot sur les accusations de Mediapart concernant Jordan Bardella. Le site rapport des propos antisémites tenu par le patron du RN dans des conversations privées qui datent de ses débuts au FN en 2013. Jordan Bardella dénonce des faux grossiers porte plainte. Pour Marine Le Pen, c'est une dinguerie. Est-ce qu'il peut rester la tête du Rassemblement national ?
Mais moi, je vais vous dire, si ces faits sont avérés, ils sont extrêmement condamnables. Mais qui peut être surpris ? L'extrême droite reste l'extrême droite. Regardez le parcours de Jordan Bardella. Il s'est engagé, à l'époque il y avait Jean-Marie Le Pen, on a des photos de lui, tout sourire avec Jean-Marie Le Pen, dont il a dit l'an dernier qu'il n'était pas antisémite. Il était proche de Frédéric Chatillon, le patron du GUD, qui était d'ailleurs l'une des courroies de transmission avec égalité et réconciliation, le mouvement sauralien. C'est ça le Rassemblement National, c'est ça le parcours politique de Jordan Bardella. Donc depuis le 7 octobre, Jordan
Bardelas présentait pourtant le règne comme le bouclier des juifs.
Mais personne n'est dupe de cette supercherie. Personne n'est dupe de cette manipulation. Le Rassemblement National est un mouvement d'extrême droite. On connaît son histoire, on connaît ses racines. Il n'est en aucun cas un bouclier pour la communauté juive.
Ça peut changer le cours de la présidentielle, cette affaire
crois que, en tout cas, vous savez, au-delà de la présidentielle, il faut simplement continuer de dénoncer la réalité de ce qu'est l'extrême droite. de le combattre, de combattre ses racines antisémites et racistes, de combattre ce qu'il a à dire sur l'Europe, où il est toujours et il restera toujours le parti du Frexit. Je vois Marine Le Pen qui dit qu'elle va remettre en question la contribution aussi à l'Ukraine au détriment de nos insécurités dans un alignement sur la Russie. Il faut toujours, encore une fois, rappeler les faits.
Merci beaucoup, Benjamin Haddad. Bonne journée à vous.
Merci.
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