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Yannick Jadot. Alors je reçois qui ce matin ? Est-ce que je reçois un membre du parti des écologistes ou un membre de place publique de Raphaël Guzman que vous soutenez pour la présidentielle ? Je dis ça parce que vous avez été suspendu par votre parti vendredi dernier pendant trois mois.
recevez un écologiste qui a toujours été écologiste et qui reste écologiste et qui est fidèle à ses convictions. Les convictions de l'écologie, les valeurs de l'écologie politique, c'est évidemment d'être viscéralement pro-européen, internationaliste, de défendre. partout la démocratie, évidemment d'être engagé sur la révolution écologique, de la mettre en œuvre, y compris dans les difficultés que rencontre notre pays. Et c'est aussi pour ça que je soutiens Raphaël Lucema, parce qu'il porte tout ça.
Vous dites que vous êtes profondément écologiste. Il se trouve que vous avez une candidate écologiste qui s'appelle Marine Tondulé, qui est la patronne de votre parti. Ce n'est pas un peu déloyal de ne pas la soutenir
suspension... totalement anecdotique, mais elle est le symptôme d'une dérive, me semble-t-il, de la ligne politique de l'écologie, qui, au fond, depuis trois ans, veut jouer non plus un mouvement politique qui recompose le paysage politique, qui porte haut et fort comment on va lutter contre le dérèglement climatique, comment on va s'y adapter, comment on va transformer l'agriculture, mais qui sait qu'il a dégradé son rôle. en voulant simplement jouer le trait d'union entre les différentes parties de gauche, en appelant à une union. de Mélenchon à Glucksmann, que tout le monde, y compris chez les écologistes, c'est absolument impossible. Donc, en fait, maintenant, on est face à un choix extrêmement important pour l'écologie politique. Est-ce que l'écologie politique décide d'être inutile au moment où on va avoir l'élection peut-être du siècle, avec une bascule potentielle de notre pays à l'extrême droite, ou est-ce que l'écologie politique, fidèle à ses valeurs, aux valeurs qu'ils l'ont forgée, à son histoire, à ses succès, va choisir le rassemblement tour de Rasa et Glucksmann sur le projet européen, sur la transformation écologique. Sauf que, est
-ce que vous ne vous mettez pas la charrue avant les bœufs ? Début décembre, il se passe quoi ? Les adhérents écolos vont voter justement pour décider de la stratégie du parti, à savoir une candidature autonome ou le retrait derrière un autre candidat. Pourquoi ne pas attendre le vote des adhérents écologiques ? Parce qu'on n'a
pas le temps d'attendre. Parce qu'on n'a pas le temps d'attendre, parce que vous voyez à quel point la campagne présidentielle est engagée, à quel point les enjeux, encore une fois, sont extraordinaires. On a potentiellement un parti fasciste. clairement antisémites, xénophobes, qui pourraient accéder au pouvoir. Et de l'autre, on a à reconstruire une gauche démocratique, pro-européenne, écologiste. Et moi, je veux participer. Je ne me résigne pas. Moi, je vois trop de personnes à gauche, malheureusement aujourd'hui, résigner à se dire « de toute façon, c'est terrible, mais Le Pen, elle va gagner ». Avec Raphaël Guzman, on ne se résigne pas à ça. Et vous le voyez d'ailleurs
autour
de Raphaël Guzman. Vous voyez à quel point il est convaincu
qu'il peut gagner cette élection présidentielle. Et c'est ce qui est bon pour pays. Il y en a une qui a volé à votre secours, c'est Sandrine Rousseau. Alors elle, elle parle même de début d'épurge. Alors on sait qu'elle-même pourrait être poussée vers la sortie parce qu'elle soutient les insoumis, Jean-Luc Mélenchon notamment. Mais sur le fond. Est-ce qu'elle a raison ? Est-ce que pour vous, c'est une sortie sans retour des écologistes ?
Est-ce qu'il y a une volonté de verrouiller le parti politique ? Et dans ce moment, au fond, ces suspensions sont un aveu d'échec. Dans les trois dernières années, je l'ai dit, le rôle de l'écologie politique n'a plus été de défendre les combats écolos, la justice sociale, mais d'être une sorte d'animateur de la gauche. Et la sanction a été terrible. On a probablement perdu, entre les élections européennes et les élections municipales, qui ont été des échecs, on a perdu deux tiers de nos électeurs. Mais est-ce que vous allez prendre votre carte à place publique ? Non, non, non, moi je suis écologiste. Ce que je veux dire, c'est que si la direction du parti des écologistes pense qu'elle peut soigner une hémorragie en faisant des saignées, ça ne marchera pas. Moi, ce que je veux, c'est que l'écologie politique, encore une fois, ses succès, ça a été Noël Mamère, ça a été Danny Cohn-Bendit, ça a été moi, qu'on retrouve valeurs, simplement nos valeurs. Est-ce qu'on peut tergiverser quand, y compris Jean-Luc Mélenchon, condamne Zelensky pour la crise des carburants que nous rencontrons ? Est-ce qu'on peut ne pas vouloir faire de l'Europe un grand projet ? pour la France dans cette présidentielle. Et pour ça, c'est Raphaël Glusman. – Et bien
voilà, vous l'avez dit, c'est donc Raphaël Glusman. Il se trouve qu'il sera ce soir sur France 2, sur France Inter pour le grand débat de la primaire. Est-ce que vous lui avez donné quelques petits conseils ?
Mais bien sûr, mais bien sûr, vous savez, c'est toujours un travail collectif. Mais en fait, vous voyez par exemple, on a travaillé beaucoup dans cette crise des carburants à trouver les aides les mieux ciblées. plus responsables économiquement, mais qui nous permet de transformer typiquement. Le chèque énergie dont parle Raphaël Glucksmann, 500 euros pour 6 millions de foyers les plus en difficulté, 200 euros pour 10 millions de familles. Et vous savez ce que c'est ? En fait, pour 4 milliards, pour dire les choses... On aide, on réduit par deux le prix des carburants pour 6 millions de foyers. On réduit, y compris le plein, de 40 euros pour 10 millions de familles. Donc ça, ça sera des
propositions qui seront ce soir sur la table. Mais c'est ça qui est important. Parce que vous voyez, il tient le bout.
Pouvoir d'achat, lutte contre la vie chère, contre l'explosion des prix du carburant. et la lutte contre le dérèglement climatique, dont on voit en permanence sur les images les dégâts.
– L'émission d'Allemagne, il a semblé un tout petit peu, excusez-moi du mot, un peu diesel. – J'ai pas trouvé, franchement. – Et qu'est-ce qui doit faire de mieux alors, justement ?
Il doit continuer à se révéler. Cette primaire, c'est aussi le moment où à la fois chacun exprime ses priorités. Et moi, je suis très fier qu'il ait mis la révolution écologique au cœur de ça, la démocratie. Et puis, vous voyez bien que dès le débat la semaine dernière, il a démontré à quel point l'attachement à la justice sociale, l'attachement à celles et ceux qui sont en difficulté et qui vont être matraqués. par le projet budgétaire du gouvernement. Vous vous rendez compte dans quelle crise du logement nous sommes dans notre pays ? 3 millions de
familles
attendent un logement social. Vous avez 350 000 personnes sans domicile et 4 millions de mal logés. Donc il va être sur ces sujets-là ? Donc c'est le quotidien en lien avec la présidentielle. Une dernière question là-dessus,
de qui doit se méfier le plus ? Est-ce que c'est d'Olivier Fort, de Ségolène Royal, qui a décoché quand même quelques pics ?
on connaît Ségolène Royal, mais à la fin, Raphaël Guzman devra rassembler toute la gauche. Toute la gauche, en tout cas la gauche démocratique, la gauche écologiste, la gauche pro-européenne. Donc il est dans un statut qui n'est pas forcément toujours facile, c'est-à-dire qu'il est le favori, c'est ce qu'on dit. Et donc à la fin, lui, il aura la responsabilité d'emmener tout le monde. Et donc il doit être celui qui a la stature présidentielle en permanence. qui doit dire des choses importantes dans le quotidien, dans le vécu des Françaises et des Français, mais rassembler
toute la famille
sociale et écologique.
Trois questions rapides encore. Ce matin, c'est la présentation du budget. Effort budgétaire, on le sait, de 54 milliards. Est-ce que vous soutenez la décision des écologistes de censurer ce budget ?
on ne va pas prendre une décision tant que le budget n'a pas été déposé. Mais il est évident que si la copie du gouvernement, c'est de taper encore sur les plus fragiles, Vous avez eu cette enquête du Monde qui montre hier que les ménages français ont perdu en pouvoir d'achat 1300 euros sur les deux dernières années. Et le gouvernement va réduire les APL, va réduire les allocations familiales, va réduire le remboursement des frais médicaux. Donc ce gouvernement tape toujours sur les plus fragiles, sur celles essais.
Et censure a priori si vous étiez à l'Assemblée nationale.
Mais on va voir quel va être le budget. Mais sur cette copie-là, c'est une évidence.
Un mot également de ce qui se passe en ce moment dans les lycées. Il y aurait même une extension du mouvement, des tensions, une montée de la violence selon le ministre de l'Intérieur Laurent Nunez. Le préfet de police a saisi la justice contre Bali Bagayoko pour provocation à commettre un délit. Il pointe notamment le rôle du maire de Saint-Denis aux abords d'un lycée en début de semaine. Est-ce que le préfet est dans son rôle ?
Le préfet, son rôle aujourd'hui, c'est d'éviter que le maintien de l'ordre tourne à la catastrophe pour nos enfants. Les revendications des lycéens, je pense que tout le monde en est convaincu, sont parfaitement légitimes. De quoi ils parlent ? Ils parlent de leurs conditions d'apprentissage. Ils parlent des profs qui ne sont pas remplacés. Ils parlent de l'état des locaux. Ils parlent des classes surchargées. Donc, leur revendication... Donc, vous soutenez Bali Bagayopon, qui est très présent à bord des lycées ? Sur cette vidéo sur la poubelle, je pense que la vérité a été faite sur le fait qu'ils voulaient plutôt écarter la poubelle d'un endroit qui pouvait aussi s'enflammer. Moi, je dénonce, mais de manière... J'ai toujours dénoncé toutes les violences. Et nous savons qu'il y a... des agitateurs qui viennent rejoindre ce mouvement. – Mais c'est qui ces agitateurs ? Est-ce
que Sébastien Lecornu a raison lorsqu'il dit que Jean-Luc Mélenchon, les insoumis, instrumentalise la colère des jeunes ?
– Non, est-ce qu'il y en a qui, toujours dans notre pays, instrumentalisent les colères ? Ça c'est sûr, notre responsabilité, c'est d'y répondre à la colère, c'est pas de l'instrumentaliser, c'est d'y répondre. – Donc pas de carton rouge vis-à-vis de la France insoumise sur ce sujet-là. – Non, non, non, moi quand j'entends, pardon, mais vous avez des lycéens, le ministre de l'Éducation nationale n'a pas reçu les syndicats lycéens. Qu'est-ce qu'il leur propose quand ils vivent l'éco-anxiété ? Ils ont vécu, comme tout le monde, un été ravageur du point de vue du dérèglement climatique. Ils ont des conditions de travail exécrables. On a maintenant l'intelligence artificielle qui va bouleverser nos vies. On a la guerre en Europe. Et qu'est-ce que propose le ministre de l'Éducation nationale ? Une plateforme sur laquelle ils vont pouvoir porter leur doléance. C'est médiocre. C'est médiocre comme réponse à des revendications parfaitement légitimes de nos enfants.
Merci Yannick Jadot. Bonne journée à vous. Merci beaucoup.
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