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Bonsoir et bienvenue, je suis très heureux de vous retrouver pour ce numéro du Club de 28 minutes. Ils sont venus, ils sont tous là, ce sont nos clubistes, journalistes, géographes, essayistes, dessinateurs. Ils vont se pencher sur l'actualité de la semaine. Nos menus de ce soir, la flambée des prix des carburants continue, mais le gouvernement exclut toute baisse des taxes ou aides globales.
Le ciblage, seul le ciblage fonctionnera. L'argent qu'on déverse sur tout le monde de manière indifférenciée, ça ne marche pas. Ça a été essayé. La Pologne a baissé la TVA il y a trois ans, ça a coûté une fortune, ça ne s'est pas traduit par une baisse de laissance.
Alors l'exécutif va-t-il devoir se résoudre à sortir le carnet de chèques ? Est-ce que des aides sectorielles suffiront si la crise dure ? On en débattra. Puis nous recevrons un patron de presse, Sébastien Liebus, le directeur du Gorafi, ce site parodique qui multiplie les scoops improbables. Parce que pour rire de l'actu, il vaut mieux la détourner. D'ailleurs, le Gorafi a tellement d'humour qu'il lance une nouvelle version en journal. Enfin, dans son histoire de la semaine, Claude Ascolovitch nous racontera l'itinéraire parfois sinueux d'un homme droit, une référence de la gauche qui nous a quittés cette semaine. Voilà donc le programme du Club de 28 minutes. C'est parti. Bonsoir Marjorie Adelson. Bonsoir
Renaud.
Ravie de vous retrouver, bienvenue à vous. Et Frédéric Saïd bien sûr. Bonsoir Renaud. Bonsoir Frédéric, bienvenue. Et voici nos invités de ce soir, Rocaïa Diallo à mes côtés. Bonsoir Rocaïa, soyez la bienvenue. Vous êtes journaliste, autrice, réalisatrice, éditorialiste pour The Guardian et vous avez publié chez Plon un dictionnaire amoureux du féminisme. A vos côtés Sylvie Brunel. Bonsoir Sylvie, bienvenue. Géographe et écrivaine et j'annonce votre prochain livre qui paraît la semaine prochaine éditions Alcide, Camargue en féerie.
Avec les photos magnifiques de Thierry Vezan.
Formidable. Bienvenue à vous Sylvie et à vos côtés Philippe Manière. Bonsoir Philippe. Bonsoir. Bienvenue Essayiste, président cofondateur de Weiss Solis Communication et vous votre dernier livre c'est le Pangolin et l'ISF, comment le monde d'après nous rend tous fous. Bienvenue à tous les trois et au pupitre notre ami Thibaut Soulcier bien sûr. Salut Thibaut. Bonsoir Arnaud. Bienvenue Thibaut et je signale parmi les différents supports qui accueillent Vodessin chaque samedi sur Mediapart la semaine de Soulcier. Tout de suite Frédéric, la première actualité de la semaine, c'est l'ONU qui adopte une résolution sur la traite des Africains réduits en esclavage.
Proclamer la vérité et ouvrir le chemin vers la guérison, ce sont les mots du président Dugana qui a proposé cette résolution, largement adoptée avant-hier par l'Assemblée Générale des Nations Unies. Un texte qui qualifie de plus grave crime contre l'humanité, je cite, la traite des Africains réduit en esclavage. Alors cette résolution qui n'est pas contraignante esquisse aussi la nécessité de réparation. y compris financières. 123 pays ont voté pour cette résolution, principalement en Afrique, en Amérique du Sud et en Asie. 52 pays se sont abstenus, dont les Européens, et 3 s'y sont opposés, Argentine, Israël et les Etats-Unis, refus justifiés ainsi par le représentant américain.
United States strongly objects to the cynical usage of historical wrongs as a leverage point in an attempt to reallocate modern resources to people and nations who are distantly related to the historical victims. The United States also strongly objects to the resolution's attempt to rank crimes against humanity in any type of hierarchy.
Sylvie Brunel, comment vous percevez-vous cette résolution des Nations Unies ? Risque d'une hiérarchie des crimes contre l'humanité ou bonne chose, bonne avancée ?
Je crois que c'était vraiment nécessaire, que c'était très attendu. Il faut quand même se souvenir que c'est une des plus grandes déportations de l'histoire. Plus de 15 millions de personnes dont beaucoup sont mortes, qui sont arrivées pour un million en Amérique du Nord aujourd'hui. La population afro-américaine, c'est 43 millions de personnes qui sont souvent dans des situations extrêmement dures en Amérique et qui vivent d'ailleurs le délit de faciès, et puis en Amérique du Sud aussi, et notamment au Brésil. Donc je pense que c'était bienvenu de la part de l'ONU. Bien sûr, ça ouvre un certain nombre de questions, mais il y a cette colère très forte chez les peuples afro-américains et chez d'ailleurs aussi les nations africaines et les nations, il ne faut pas les oublier, des Caraïbes. et je pense notamment à Haïti, et je pense qu'il fallait le faire. Ce n'est pas une question de hiérarchisation des souffrances de l'humanité, c'est une question de droit et de reconnaissance.
Rocaya Diallo, utilisation cynique, dit le représentant américain, des injustices historiques.
sont des injustices historiques qui ont une traduction concrète toujours matérielle. Il faut quand même rappeler que 80% du territoire global a été à un moment donné sous domination européenne, et que deux tiers des pays qui sont adhérents à l'ONU ont... à un moment ou à un autre étaient confrontés à cette domination. Et c'est une domination qui a un impact extrêmement fort. Il faut rappeler que nous sommes aussi concernés en France. Les Amériques, c'est une partie de notre territoire. Donc nous avons des concitoyens, que ce soit dans l'océan Indien ou dans les Caraïbes, qui sont descendants de cette histoire. Et les disparités économiques qui traversent la France sont criantes. Quand on voit la situation de la Guadeloupe, de la Martinique, de la Réunion, on voit qu'il y a un taux de chômage, un racisme systémique qui les frappe de manière extrêmement importante encore aujourd'hui. Donc c'est une histoire qui a des incidences. Et la réparation, c'est aussi de reconnaître ce... racisme systémique qui frappe la France.
Philippe Manier, la reconnaissance de l'esclavage est une chose, la loi Taubira en France d'ailleurs le fait depuis 2001, mais cette idée donc avancée dans cette révolution de plus graves crimes contre l'humanité, est-ce que ça introduit un risque de hiérarchisation avec d'autres crimes contre l'humanité ? Est-ce qu'on peut faire une sorte de hit parade entre esclavage et différents génocides ? C
'est vrai que c'est ça qui est troublant, et c'est pour ça que le représentant américain, même si la position américaine est contestable, n'est pas intellectuellement inaudible. C'est vrai qu 'on ne peut pas dire que celui-là est un plus grand crime contre l'humanité. Le crime contre l'humanité, par définition, c'est le crime absolu. Et donc, que ce soit celui-ci ou un autre, ce sont des crimes contre l'humanité. Il y a aussi autre chose qui m'a troublé. Je n'ai pas réussi à retrouver le texte exact, le verbatim. Mais je comprends qu'il s'agit de condamner la traite dite transatlantique. Alors, évidemment, elle est condamnable. Personne ici ne va dire le contraire, et surtout pas moi. En revanche, ce n'est pas la seule traite des esclaves qui a eu lieu dans l'histoire. On ne parle pas du tout, et je pense qu'il faudra creuser... le sujet de ce qu'est devenu l'ONU, c'est-à-dire une chambre de... On ne parle pas du tout de la traite arabo-musulmane qui a duré plus de 10 siècles. Qui a duré beaucoup plus longtemps, parce que c'est triste, elle a duré plus longtemps, parce que les pays d'Occident ont mis beaucoup de temps à cesser ce crime, on peut évidemment le déplorer, je le déplore. Ils sont malheureusement les premiers à l'avoir fait. Il y a d'autres pays qui ont continué. Il ne faut pas non plus mélanger colonisation et esclavage, appropriation des ressources. Tout ça, ce sont évidemment des crimes et on peut en discuter, mais ça n'est pas la même chose. Et puis, je ne suis pas non plus insensible à l'idée que c'est difficile d'apporter des réparations à des descendants de descendants de descendants. Il y a eu des enlèvements au Canada des populations autochtones. Il y a eu des exactions qui ont eu lieu dans certains pays d'Afrique aussi qui sont beaucoup plus récents. On voit très bien que le droit à l'indemnisation, il n'a pas eu lieu. comme une évidence. Quand on remonte dans le temps, je pense à la question, c'est une question qui est presque plus philosophique que financière, c'est compliqué. Quel droit ai-je à dire que le père du père du père du père de mon père a subi un dommage et donc j'ai droit à réparation ? Je pense que c'est compliqué à expliquer. Justement sur
la question de ces réparations, Rocaia Diallo, est-ce qu'elles sont forcément financières ou est-ce que ça serait aussi, comme le suggère le chef de l'ONU, une manière de rétablir une égalité dans l'accès aux soins, à l'éducation ? Est-ce que ça peut aussi passer par là ? Elles
sont de tous ordres. Je pense qu'est-ce qu'il faut... rappeler, même s'il n'est pas question de faire une hiérarchie, c'est que la traite transatlantique a une spécificité, c'est qu'elle structure le monde moderne. C'est-à-dire que si aujourd'hui il y a des diasporas africaines partout dans le monde, c'est du fait de cette traite, s'il y a des langues créoles, s'il y a des cultures afro-américaines, si on écoute du hip-hop aujourd'hui, c'est du fait de cette traite. Donc cette traite, elle a un impact culturel, linguistique et territorial sans aucun précédent et sans aucune comparaison. Pour ce qui est de la réparation, il y a des cas très très concrets. Vous avez évoqué très justement Haïti. Haïti, après avoir été libérée contre le rétablissement d'esclavage, a... imposer 20 ans plus tard une dette, ça a été documenté par le New York Times qui a fait appel à 15 économistes, une dette qui est considérée aujourd'hui comme un manque à gagner, qui est située entre 21 milliards de dollars et 115 millions de dollars. Donc c'est une dette qui a vraiment pesé très très lourd sur le destin d'Haïti.
Un dessin de Thibaut Soulcier. Eh oui, la traite des Africains en esclavage déclarait pire crime contre l'humanité. Et Donald Trump et ses copains nous disent, pour l'instant, on espère toujours faire mieux.
Merci Thibaut. Frédéric, on va... On va enchaîner avec votre duel de la semaine. Alors, ce duel, il oppose deux dirigeants de droite qui n'en finissent pas de s'écharper, dites-moi.
Exactement, Renaud, à ma gauche, Bruno Retailleau, 65 ans, l'ancien ministre de l'Intérieur. Il est aussi le patron du parti Les Républicains. À ma droite, Laurent Wauquiez, 50 ans. Lui, il est à l'Assemblée nationale, c'est le chef de file des députés de la droite. Alors, à peine les municipales passées, les deux rivaux ont lancé les grandes manœuvres pour la présidentielle de l'an prochain avec cette question centrale. Quel candidat choisir ? Et surtout, comment désigner ce candidat ? C'est sur cette question que les deux hommes divergent. Laurent Wauquiez plaide pour une vaste primaire. D'Edouard Philippe, l'ancien Premier ministre, jusqu'à Sarah Knafo, cette proche d'Éric Zemmour. Une initiative pour éviter la multiplication des candidatures. Multiplication mortifère,
selon Laurent Wauquiez. Ça ne marchera pas. S'il y a plusieurs candidats de droite au premier tour, il n'y en aura aucun au second. Donc je vais me battre inlassablement pour essayer de dire à tout le monde, il faut se mettre ensemble, il faut discuter. On a plus en commun que ce qu'on a de différent. Je le redis, je prends une droite qui est un peu plus centriste comme Edouard Philippe, je prends une droite qui est un peu plus dure comme Sarah Knafo. Moi j'assume de vouloir remettre ensemble.
Et d'autres vont même encore plus loin. Gérald Darmanin, le ministre de la Justice, propose lui une vaste primaire qui irait y compris jusqu'au centre-gauche. Et jusqu'à la droite, il pense à Gabriel Attal. Notamment, cette idée d'une primaire très large ne convainc pas du tout Brune Retailleau.
si on fait ça, il n'y aura pas de clarté dans le projet. Parce que ce sera à nouveau le « en même temps ». Ce sera la synthèse molle. Et donc, pour gagner, il faut à la fois être capable de se rassembler, mais sur un projet qui sera puissant. C'est ce que je veux porter.
Autrement dit, pour Bruno Retailleau, la primaire, c'est secondaire. Il faut dire qu'ils ont vécu des traumatismes à droite avec ces histoires de primaire. Rappelez-vous, 2016-2017, la guerre entre Alain Juppé, François Fillon et Nicolas Sarkozy. On se souvient de ce fiasco. En 2022, pas beaucoup mieux. Primaire qui désigne Valérie Pécresse, qui ensuite va obtenir moins de 5% au premier tour de la présidentielle. Voilà pourquoi Bruno Retailleau proposera une autre solution aux adhérents LR. Cette option, c'est de le désigner, lui, directement, tout simplement, candidat à la présidentielle. présidentielle, effectivement, c'est plus rapide, c'est plus simple. Les militants seront consultés le mois prochain. Philippe Manière, derrière cette débat, on sent une grande angoisse à droite, celle de ne pas figurer au deuxième tour de la présidentielle, avec un RN d'un côté donné très haut, et de l'autre, un Jean-Luc Mélenchon qui sait faire campagne, qui arrive toujours sur des pentes ascendantes. Non,
c'est vrai. La droite est dans une situation qui est vraiment très intéressante et inédite. C'est-à-dire que s'il y a un candidat, disons, de la droite et du centre, pour reprendre la terminologie et qui est en usage aujourd'hui, qui se qualifie pour le deuxième tour, il est pratiquement sûr... d'être élu président de la République parce qu'en gros il peut battre n'importe lequel des deux autres presque à coup sûr parce qu'il représentera une sorte de nuance par rapport aux autres mais la probabilité d'être qualifié pour le second tour est plus faible que jamais donc mettez-vous à leur place c'est quand même légèrement frustrant Tout ça sur un paysage, on peut trouver ça bien ou pas bien, mais c'est un fait. Si vous mettez la droite et l'extrême droite tout ensemble, ce qui se discute, mais disons les gens qui sont de droite, de droite extrême, vous avez maintenant à peu près les deux tiers du pays, c'est-à-dire un niveau beaucoup plus élevé qu'au cours de la moyenne des 50 dernières années. Donc vous avez quand même des gens qui, à droite, se sentent majoritaires. et qui ont le sentiment que le pouvoir peut leur échapper, alors même que, précisément, ils pourraient gagner facilement s'ils étaient qualifiés pour le second tour. Donc l'union est nécessaire, et les arguments qui sont avancés par Retailleau évoqué, à mon avis, sont les uns et les autres audibles. Simplement, il ne faut pas être dupes, ils ne les avancent que parce que ça les arrange l'un et l'autre de dire ce qu'ils disent. Mais c'est très intéressant, les deux sujets sont vrais. La droite a probablement besoin d'un projet qui soit de droite, faute de quoi elle ne réunira pas ses électeurs. Et en même temps, s'il y a plusieurs candidats, ils perdront à coup sûr. Donc c'est vraiment un dilemme. C'est ce qu'on appelle un dilemme.
Sylvie Brunel, tout le monde s'interroge à droite sur les contours d'une éventuelle primaire qui irait jusqu'à Reconquête ou qui irait jusqu'au centre-gauche. Mais comment imaginer que ça puisse fonctionner ? C'est-à-dire que par exemple, Sarah Knafo et Reconquête se rangent derrière Edouard Philippe s'il gagnait cette primaire ou que Gabriel Attal se rangent derrière Brune Rotailleau ?
En fait, la vérité, c'est qu'on est à 400 jours des élections, qu'il y a à peu près 40 personnes en France qui pensent qu'elles peuvent être présidentes de la République parce qu'elles espèrent que le Front républicain jouera en leur faveur. Et que quand Laurent Wauquiez parle de Sarah Knafo, déjà, il nous mène en bateau, puisque de toute façon, ce n'est pas Sarah Knafo, c'est Éric Zemmour. Est-ce qu'on peut imaginer Éric Zemmour dans une espèce de vaste primaire ? Je pense que Bruno Rotaillot, quand il dit aujourd'hui... Ce qu'a été le macronisme a tué finalement cette alternance politique dans laquelle les électeurs avaient besoin de se retrouver. Il faut aujourd'hui redéfinir un candidat clair avec des valeurs claires. Les municipales nous montrent. Alors il a dit autre chose que le fait qu'il voulait être, comme Jordan Bardella, le candidat aux présidentielles de son parti, ce qui n'est pas scandaleux. Il dit qu'il est d'accord pour une primaire qu'il propose aux électeurs, une primaire au sein des Républicains. Moi je crois que... Aujourd'hui, la France est mûre face aux deux extrêmes, c'est-à-dire le Rassemblement national et LFI, pour un candidat qui soit socialiste ou qu'il soit républicain, qui incarne un véritable projet. En tout cas,
vous évoquez les extrêmes. Il y en a une, justement, à l'extrême droite, qui regarde ça avec gourmandise.
Oui, pour elle, Wauquiez ou Retailleau, c'est les mêmes faces d'un même outil.
Merci Thibaut. C'est l'heure maintenant de la Une internationale. C'était hier à la Une du Los Angeles Times. Le jury de Los Angeles considère que les réseaux sociaux sont conçus pour créer de l'addiction coup sur coup. Meta, la firme de Mark Zuckerberg, Google, propriétaire de YouTube, ont été condamnés à de très lourdes amendes. 375 millions de dollars dans un cas, 6 millions de dollars dans l'autre pour avoir exposé des enfants à des contenus dangereux ou pour avoir causé la dépression d'une jeune Californienne de 20 ans. Alors est-on à un moment de... bascule pour les géants de la tech qui sont ciblés par une vraie guérilla judiciaire qui s'intensifie au cahier Diallo.
C'est un moment important en tout cas parce qu'aujourd'hui ce qu'on reconnaît c'est la responsabilité qu'ils ont d'avoir mis en oeuvre, d'avoir mis en place des algorithmes qui sont addictifs et qui vont puiser dans les failles de jeunes personnes, de personnes qui sont addictes très très jeunes. Et ce qui est intéressant c'est que dans l'une des personnes qui a porté plainte a expliqué que non seulement elle a été addicte dès son plus jeune âge et en fait ça l'a plongé dans une forme de dépression, mais qu'en plus tous les outils qui sont mis en place par ces plateformes, par exemple les filtres, l'ont rendu dysmorphophobique. avait un problème avec sa propre apparence. Ce qui est intéressant, c'est qu'on ne condamne pas les plateformes pour ce qu'elles sont, mais pour ce qu'elles mettent en œuvre et pour le fait qu'elles encouragent les personnes à avoir des addictions au mépris de leur santé mentale.
Sylvie Brunel, les avocats des plaignants faisaient la comparaison avec l'industrie du tabac dans les années 90 en disant qu'ils savent que c'est addictif et pourtant ils ne font rien, ils s'en repèsent même pour leur profit. Est-ce que ce parallèle vous semble justifié
? Il me semble tout à fait cohérent, tout comme d'ailleurs on a demandé aux industriels d'arrêter de faire de la publicité. pour les boissons sucrées ou de mettre dans les lycées des distributeurs de nourriture de junk food en fait Pendant très longtemps, ces plateformes ont dit « mais nous, on n'est que des tuyaux ». Mais en fait, ce n'est pas vrai. Elles mettent tout en œuvre pour favoriser l'engagement, pour favoriser des algorithmes de plus en plus addictifs. Et ça conduit à des comportements à risque. Et je crois qu'il y a un tournant aujourd'hui, un tournant qui s'opère aux États-Unis, un tournant qui pour l'instant est dans la justice, mais qui va changer les choses parce que ces plateformes ont une responsabilité sociétale. Et il faut vraiment que ça soit un virage dans notre relation à ce qui est un capitalisme. le nouveau capitalisme.
Est-ce qu'à l'inverse, Philippe Manier, il n'y a pas un danger de dérive liberticide ? C'est-à-dire qu'à travers soit ces procès, soit des législations interdisant l'accès de telle ou telle catégorie d'âge aux réseaux sociaux, voire l'interdiction de certaines plateformes comme TikTok par exemple, on remet en cause la liberté d'expression et la liberté d'entreprendre.
C'est un risque, vous avez raison, mais toute politique publique est un arbitrage entre principes et entre risques dans un sens et dans l'autre. D'abord, il faut se méfier. On est aux États-Unis. Aux États-Unis, il y a une particularité, c'est qu'on prend toujours un cas de jurisprudence pour en faire un cas général. On part toujours d'un cas de jurisprudence. Et vous avez des plaignants qui demandent des sommes folles auxquelles souvent les jurys, car ça commence toujours par un jury populaire, souvent font droit. Et puis ensuite, quand ça vient en appel, c'est fiché en l'air. Je me rappelle le nombre de procès de Monsanto. Vous avez vu comme moi le nombre de papiers sur le thème. Là, ils ont obtenu 500 millions, 400 millions. Puis en appel, ça se casse la figure. Donc c'est un début. Mais dans le process américain, dans la culture politique américaine, ça commence comme ça. et puis ça peut finir en eau de boudin, ou ça peut prospérer, on ne sait pas encore. Moi je ne crois pas qu'il y a un problème principalement de liberté publique, il ne s'agit pas de dire par exemple qu'un adulte qui peut voter, on lui limite son accès aux opinions qui sont exprimées sur le réseau, il s'agit d'essayer de prévenir un problème sanitaire qui est l'addiction des mômes, qui en gros faisant ça ne font rien d'autre, et en particulier ne s'éduquent plus, c'est quand même un peu un enjeu dans leur intérêt et dans l'intérêt de l'humanité. Donc moi je ne vois pas de problème à ce niveau-là, et en revanche je pense qu'il est... incontestable. Tous les gens qui ont travaillé et qui ont témoigné ensuite le disent que ces réseaux sont là pour, effectivement, avoir le maximum d'engagement. Donc, c'est organisé pour que vous ne décrochiez jamais. La métaphore des boissons sucrées est vraiment la bonne. C'est-à-dire que c'est exactement... On boit du sucré, mais on ne peut pas s'arrêter. C'est quand même un peu le boulot des adultes de dire qu'on protège les enfants contre l'addiction.
À quand des réseaux light, en quelque sorte. Cette addiction, il s'est
penché dessus, Thibaut Soutier ? Oui, toutes les raisons sont bonnes pour se droguer. Parce qu'à 28 minutes, ils ont dit qu'au bout du scroll, il y avait un bouton pour facturer à Google et Metin.
Merci Thibault. Frédéric, autre dossier de la semaine. Les prix des carburants flambent en France. Le gouvernement doit-il sortir le carnet de chèques ? Eh bien c'est non. C'est Sébastien Lecornu qui l'a dit. Le Premier ministre
assume cette
décision. Aucun chèque général, aucune mesure globale à l'aveugle ne seront efficaces dans la crise actuelle. Cela a été tenté par le passé, c'est très coûteux pour les finances publiques et derrière un chèque, très vite se cache en général un impôt ou une répercussion très grave. Pour les déficits publics, pourtant
le conflit au Moyen-Orient menace de durée, avec lui le yo-yo des prix de l'énergie bien sûr. Le gouvernement promet tout de même des mesures ciblées pour les professionnels, les routiers, les pêcheurs, les agriculteurs, mais donc pas de gestes généraux comme une baisse de la TVA sur les carburants ou un plafonnement des prix à la pompe. Sylvie Brunel, il a raison le gouvernement d'être aussi parcimonieux dans ses réponses ?
ne sais pas s'il a raison. Ce que je sais c'est que pendant le Covid, on a fait du quoi qu'il en coûte, ça a coûté une fortune, que la dette aujourd'hui du pays... est de 3460 milliards de dollars et que le service de la dette va atteindre 100 milliards de dollars par an en 2029... Le service, ce sont
les intérêts. Et
en même temps, le problème, c'est qu'on a effectivement des professions, on a parlé des agriculteurs, des pêcheurs, des routiers, mais il faudrait parler aussi des infirmières, des chauffeurs de taxi, des gens qui sont obligés d'utiliser leur voiture et qui se retrouvent dans des situations économiques très difficiles. Le gouvernement dit qu'il va faire... un report de charge, etc. Mais ça ne résout pas le problème. Ce que disent les agriculteurs et les pêcheurs, c'est qu'aujourd'hui, ils sont en danger. Donc, quelle est la réponse ? Si je le savais, je serais ministre de l'économie.
Justement, la dette, on la compte plutôt en euros, d'ailleurs, en général, en France, plutôt qu'en milliards de dollars, mais 'est pas grave. C'est
parce qu'on a parlé des réseaux sociaux tout
à l'heure. Justement, est-ce que le gouvernement évoque d'éventuelles aides sectorielles plutôt qu'un chèque global ou des aides massives globales ? Est-ce que c'est ça la solution ? Mais dans ces cas-là, Comment déterminer ces secteurs ? D'abord,
Sylvie a raison, il faut absolument éviter, je ne sais pas s'ils y parviendront, parce que la pression est politiquement assez forte, mais il faut, si possible, éviter le saupoudrage. On sort d'en prendre. Le Covid, je pense que ce n'est pas discutable, tout s'était arrêté, il fallait soutenir. Mais ensuite, à la sortie du Covid, il y a eu ces aides pour aider les gens à faire face au prix des hydrocarbures et de l'énergie en général, qui ont coûté une trentaine de milliards d'euros. Les gens n'en ont aucun souvenir, ça n'a absolument rien porté politiquement, pas grand-chose économiquement, et ça nous a endettés. absolument éviter les trucs généraux. Et pour répondre à votre question, on a une illustration, si vous êtes transporteur routier, si vous êtes pêcheur, ça a été élicité tout à l'heure, il y a des professions qui sont très fortement impactées. Alors, étaler dans le temps, c'est pas si bête que ça en a l'air, parce que si le marché marche bien, ça arrive, c'est pas toujours le cas, mais normalement, tous les gens qui consomment beaucoup d'énergie vont pouvoir augmenter les prix qu'ils passent à leurs propres clients. Donc, il faut le temps que ça s'adapte, et donc l'idée qu'on étale un peu dans le temps, qu'on aide peut-être... manière très ciblée des professions qui sont très sensibles, moi je peux comprendre. Je pense qu'il faut absolument éviter d'arroser largement. Et j'ajoute quand même un argument. C'est un peu les mêmes qui vous disent le matin qu'il faut sauver la planète en rendant plus cher les énergies carbonées et qui, l'après-midi, vous disent qu'il faut baisser les prix pour que les gens puissent s'assurer de l'essence. On ne peut pas faire tout et son contraire. Donc il y a des mesures plus générales où elles sont
trop ciblées.
En tout cas, il faut qu'elles tiennent compte des disparités, y compris territoriales, parce que c'est vrai que l'augmentation du prix de l'essence, ça ne frappe pas tous les Français de la même manière. Il y a des Français qui n'ont pas d'autre choix. pour se déplacer que de se déplacer en voiture. Alors effectivement, ce ne sont pas des gros rouleurs au sens où ce n'est pas leur profession de rouler. Mais quand on est obligé de parcourir des dizaines de kilomètres chaque jour pour se rendre à son travail, nécessairement, on est affecté. Donc il faut aussi réfléchir à la colère et au ressentiment que ça peut créer et aux mobilisations que ça peut aussi créer en opposition au gouvernement. Quand même, on a des souvenirs de mobilisations liées auprès du carburant ici qui ont marqué... C'est ce terreau-là aussi qui crée de la colère et qui
crée de la mobilisation politique. Justement, Rocaya, on est à... un an des présidentielles, est-ce que l'absence de mesures générales, c'est un risque un peu que prend le gouvernement ? Est-ce qu'il ne risque pas une nouvelle grogne sociale
? Justement, oui, oui, tout à fait. Et puis, je pense, on pense beaucoup à la France hexagonale. Et moi, je pense aux Outre-mer, en Martinique, en Guadeloupe, il n'y a pas de transport public. Donc les gens, chaque adulte dispose d'une voiture parce qu'ils n'ont pas d'autre choix. Donc, en fait, si on ne réfléchit pas à des modes de déplacement alternatif, on ne peut pas, effectivement, avoir un agenda écologique. C'est-à-dire qu'il faut vraiment proposer la possibilité pour les gens de ne pas recourir à de l'essence et à leur voiture. Ce texte-là, ça va créer de l'inégalité, c'est certain.
Philippe Brunel, justement, à propos d'inégalité, est-ce qu'il n'y a pas quelque chose de potentiellement injuste pour ceux qui réclament une mesure globale, par exemple la baisse des taxes, dont certains pays ont décidé d'ailleurs, qui profiteraient aussi bien aux privilégiés qui se servent de leur SUV pour aller dans leur résidence secondaire, par exemple ? qu'aux Français en situation précaire qui ont absolument besoin tous les jours de leur voiture pour aller travailler.
Vous savez que cette histoire de la baisse des taxes a été examinée. Sur la TVA, ça peut jouer, mais ça ne joue pas sur la TIPE. Pourquoi ? Parce qu'elle est fixe. Et puis on voit bien aujourd'hui qu'il y a un certain nombre de gens dont l'activité économique est impactée, qui utilisent moins leurs véhicules. Comme l'a dit Philippe, c'est peut-être une marche vers la transition écologique. Et l'électrification. Mais en attendant, pour le gouvernement, il y a une baisse de rentrée. financière qui aggrave aussi le problème économique de la France à quelques mois des présidentielles.
Un dessin de Thibaut Soucier. Oui, le gouvernement est rassurant au niveau du vocabulaire. Ce n'est pas un choc pétrolier. Moi, je préfère parler d'une lente élongation dislocatoire.
Merci Thibaut. Marjorie, c'est maintenant l'heure de votre point com de la semaine. Ce soir, c'est une bonne nouvelle.
C'est
un grand retour. Que dis-je ? C'est une résurrection tabernacle.
Tabernacle, oui, elle était attendue comme le Messie. bien, elle ira finalement en France. Deux ans après sa prestation au JO de Paris, Céline Dion va remonter sur scène. Elle devrait se produire pour une dizaine de dates à l'Accor Arena à Paris. Alors, la communication a vraiment été minutieusement orchestrée, avec tout d'abord des indices, disséminés un petit peu partout, comme une chasse au trésor. Des affiches avec des titres de chansons ont été aperçues dans Paris ces derniers jours. Vous voyez par exemple, Pour que tu m'aimes encore, ou... My Heart Will Go On, la fameuse chanson de Titanic. C'est un cadeau pour vous Renaud. Ça c'est pas
une allégorie, c'est pas une allusion à la campagne municipale de certains candidats. Pas du tout, faut pas voir de la
politique partout. En tout cas c'est un cadeau parce que je sais que vous l'écoutez tous les soirs chez vous Renaud. Alors avec ces affiches, certains fans pensaient qu'il s'agissait peut-être de l'annonce d'un nouvel album. Parce que vous le savez, la star est malade depuis plusieurs années. Et une série de concerts semblait donc pour certains impossible. Mais non, rien n'est impossible quand on a fait près de 1000 concerts à Las Vegas en 16 ans. De son côté, Céline Dion a du coup... confirmé sa venue à Paris à sa manière. Sur Instagram, elle a posté une photo d'elle adolescente à Paris. Vous la voyez, suivie de photos une fois adulte avec ses mots « je ne sais pas comment te dire ». Eh bien les fans, eux, savent. Message reçu à 100%. Le post cumule d'ailleurs plus de 700 000 likes. Après les réjouissances, vient maintenant l'heure de l'organisation. Et cette question essentielle, comment obtenir des places ? part à la guerre. Moi, partant à la recherche d'une place pour le retour de la grande Céline, nous dit cette internaute habillée en militaire. Moi, lorsque les places vont être en vente, vous l'avez vu ? C'est en pause, c'est en pleine course. C'est au
ralenti.
Alors, les places, elles risquent en effet de partir en quelques minutes et d'être très chères, comme l'ont bien compris les fans. Les prix iraient de 140 à 500 euros, nous disent-ils. Alors, certains, du coup, ont prévu le coup. prête à mettre tout mon salaire, peut-on lire, ou je m'endette sur 20 ans s'il le faut. Des internautes alertent toutefois sur le risque de sélection par l'argent. Tout le monde ne peut pas se payer ça de nos jours, nous rappelle-t-on. Alors l'objectif de ces dates de concert, vous l'avez compris, c'est de ne pas faire déplacer Céline, mais que les fans du monde entier viennent la voir à Paris. Selon le Figaro, l'impact économique de ces concerts pourrait dépasser 1 milliard d'euros. Une aubaine pour la ville, mais aussi pour la France. Merci pour notre... PIB, madame, Naudis Twittos reconnaissant. Alors à titre d'exemple, Beyoncé était au mois de juin au Stade de France pour trois dates et elle n'a rapporté à Paris que 250 millions d'euros. Alors la question c'est aussi, est-ce que Céline Dion arrivera à maintenir ses concerts ? Parce que je ne sais pas si vous vous souvenez, en 2023 et 2024, elle avait annulé sa tournée européenne. Philippe Manière, je sais que vous êtes très soucieux de la croissance. Est
-ce
que vous pensez que Céline Dion pourrait être un peu la Taylor Swift de la France ? Est-ce qu'elle pourrait faire... remonter la croissance avec ses concerts.
C'est certain quand il y a ce type d'événements. Il y a non seulement la vente des tickets qui se font à des tarifs élevés, mais il y a tout ce qu'il y a autour. C'est ce qu'on appelle l'hospitality, les hôtels, le voyage, etc. C'est très intéressant avec des problèmes de prix qui sont très intéressants quand on regarde dans le temps. Certains d'entre nous, pas vous, vous étiez à peine et vos parents, je ne pense pas complètement, mais on a connu des périodes où les gens qui faisaient des concerts les faisaient quasiment à perte parce que le business faisait sur les disques. Aujourd'hui, c'est presque le contraire. La musique est presque téléchargeable gratuitement. Mais en fait, on peut toujours un peu tricher. Et symétriquement, les concerts, on en prend plein la tête. Vous avez vu aussi que ce n'est pas le même prix ici et là. L'an dernier, c'était qui dont vous me parliez ? Taylor Swift. Il y avait des Américains qui venaient parce que ça coûtait moins cher. Hôtels et vols compris, compte tenu que les billets étaient vendus. Mais à des sommes, ce n'était pas 140 à 500. C'était 1 000, 2 000, 3 000 dollars aux Etats-Unis. Donc vous voyez, c'est des problématiques qui sont intéressantes, mais c'est sûr que quelqu'un qui vient et qui vend ça en quelques jours, oui, il contribue puissamment au PIB.
Rocaya Diallo, vous partagez cet avis ? Vous allez y aller. Vous
allez
y aller d'abord. J'ai mis plusieurs personnes sur le coup. J'espère que ça aura lieu. Ce qui est intéressant, c'est que Paris, c'est déjà aussi une destination touristique. Donc effectivement, faire venir des gens pour un concert à Paris, c'est facile. C'est une destination qui est déjà attractive. Céline Dion a une très longue histoire avec la France. Elle a commencé à chanter ici dès l'adolescence. C'est ici qu'elle a eu son plus grand succès francophone. Elle chante dans les deux langues. Donc il y a quelque chose de très important. Puis après, je pense qu'il y a quelque chose d'une dimension très affective. pour les fans qui l'ont suivi alors qu'elle avait été malade et qu'elle n'avait pas pu se produire depuis longtemps. Et puis la vision qui a un petit peu illuminé. 'ouverture des Jeux Olympiques en 2024, ça l'associe aussi à Paris, parce qu'elle a aussi chanté sur la Tour Eiffel. Donc c'est une résonance avec ce qui s'est passé il y a deux ans. Donc vous allez y aller ? Je pense.
Attention, d'après Thibaut Soucier, ce n'est pas donné. Non, et puis c'est risqué même, puisque moi j'ai acheté deux places pour Céline Dion et j'ai attrapé le syndrome de la personne raide.
Merci Thibaut. Alors mes amis, vous avez chacun choisi une photo qui lustra vos yeux, un autre sujet d'actualité que vous vouliez aborder. Ce soir, on va commencer avec votre photo. Philippe Manière, vous nous emmenez à la cour d'assises d'Aix-en-Provence, où se déroule un procès de la DZ mafia.
très vite. Là-dessus, tout le monde sait qu'il y a des problèmes d'ordre public, pour dire le moins, à Marseille. Mais qu'on arrive à ce niveau d'emprise de la mafia dans notre pays, moi, je dois dire que ça continue à me laisser pantois. On ne comprend pas ce qui s'est passé. Pendant longtemps, il y avait quelques pays qui étaient vraiment aux mains de la mafia, pas le nôtre. Eh bien là, je crois qu'on peut dire qu'on est dans un risque de systématisation de l'emprise de la mafia. Et c'est tout à fait flippant, passez-moi l'expression. L'autre point intéressant de ce procès, c'est cette faiblesse qu'on les démontre. et c'est à leur honneur de... préserver toujours le système contradictoire, le droit de la défense, etc., dont évidemment les malfaisants usent et abusent dans toute la mesure du possible. Alors on n'a pas le droit de dire qu'on abuse de ces droits, évidemment, mais c'est précisément parce qu'ils ont tous ces droits-là qu'on a beaucoup de mal à les condamner, et on ne peut pas le regretter, c'est notre honneur. Quand vous regardez les gens qui ont réussi à lutter efficacement contre ce type de système, malheureusement, souvent, ils ont dû renoncer à un certain nombre de libertés publiques, et donc on voit bien que les démocraties sont à une espèce de carrefour qui est intéressante. La séblesse des
démocraties et parfois aussi leur grandeur.
Et inversement.
Merci Philippe Manier. En revanche avec votre photo, Sylvie Brunel. Vous nous emmenez au Sud-Liban. Le bombardement continue.
J'ai choisi le Sud-Liban d'abord parce que je voulais avoir une pensée pour ces populations libanaises qui vivaient dans une situation absolument dramatique. Ils n'ont pas d'abri, ils n'ont pas de possibilité de se protéger. En même temps, Israël mène une politique de sécurité collective de son espace et on sait très bien. que le Liban, qui malheureusement connaît depuis 50 ans des événements douloureux à un quart de sa population d'origine étrangère, est surtout devenu... contre sa volonté, le siège du Hezbollah soutenu par l'Iran. Donc Israël bombarde le sud du Liban pour se créer une zone de sécurité. Et une fois de plus, comme partout dans le monde, ce sont les populations civiles qui en payent le prix. Et je voulais attirer l'attention sur ces personnes.
Merci Sylvie. Et on enchaîne avec votre photo, Roqueya Diallo, une photo qui rend hommage à Loana, star de la télé-réalité dont on a appris les disparitions cette semaine.
Tout à fait. Loana Petrouchiani, parce qu'elle avait quand même un nom de famille qui est... qui est décédée dans des circonstances qu'on essaie encore aujourd'hui d'éclairer. Pour moi, c'est vraiment le symbole de l'extractivisme patriarcal, dans le sens où, effectivement, dès l'enfance, elle a été violentée par son père. On soupçonne un inceste, mais en tout cas, elle a été insultée de manière sexiste, violentée. Par la suite, lors de Love Story, c'est son corps qui faisait l'objet d'une fascination que la production a poussé à mettre en scène, alors que c'était celle qui avait le QI le plus élevé du loft et qui avait sans doute le vocabulaire le plus riche. Mais c'est toujours son corps qui avait fait l'objet d'une fascination. Et de l'autre côté, quand elle a commencé à prendre du... Son corps a toujours fait l'objet d'une même fascination, mais pour être vilipendée. Et tout au long de sa vie, elle a été exploitée par les personnes qui l'ont rencontrée, jusqu'à sa mort, où apparemment elle est restée morte un certain nombre de semaines avant qu'on se rende compte qu'elle avait disparu. Et je trouve que ça dit beaucoup de choses sur la manière dont on exploite médiatiquement des personnes auxquelles on ne confie pas de ressources pour qu'elles puissent rebondir. Et puis aussi sur la manière dont les violences sexistes et patriarcales... forgent le destin d'enfants qui sont exposés sans être soutenus.
Merci Rocayadialo. Justement, cette exploitation, c'est l'objet du dessin de Thibaut
Soulcier. Et c'est pas fini, même à l'autopsie où la télé dit embrasse-la, ça va faire de l'audimat.
Merci Thibaut. C'est maintenant l'heure d'accueillir notre invité de la semaine. Alors, Annie Serricciotti rebaptise la promenade des Anglais en promenade des Français de souche. Kylian Mbappé assure que son troisième genou va bien. Marseille pour lutter contre l'abstention. Chaque bureau de vote accueillera un point de deal. Voici quelques-uns des derniers scoops de ce grand journaliste que nous accueillons ce soir sur ce plateau, ou plutôt de ce patron de presse.
Exactement.
Bonsoir, bienvenue à vous Sébastien Liebus. Vous êtes donc le fondateur du Gorafi, ce site parodie qui cartonne depuis 14 ans. 4 millions d'abonnés aux différents comptes, plus de 100 millions de vues par mois. Et désormais un journal papier que voici, un mensuel. de 16 pages qui sera en kiosque mardi prochain. Alors Sébastien Libus, c'est ça votre dernier gag en fait, lancer un journal papier en 2026.
C'est tout à fait sérieux.
Ça, ça n'a pas l'air. Ce n'est pas vraiment dans l'air du temps, les journaux de papier.
Eh bien, si, en fait. Je pense que beaucoup de médias vont nous suivre. Beaucoup, beaucoup vont décider de lâcher leur site Internet et revenir au papier. Mais il y a plusieurs raisons à ça. Déjà, il y a un problème avec ce qu'on appelle les algorithmes sur les réseaux sociaux. Nos confrères satiristes, en Europe et dans le monde, rencontrent des problèmes avec des pages parfois supprimées, suspendues, des publications supprimées. Et nos lecteurs, même des fois, ne nous voient plus du tout. Créer le Gorafi en version papier, c'est l'opportunité de se rapprocher.
Je ne vais pas évidemment dévoiler tout ce qu'il y a dedans, mais je signale quand même, juste pour attirer le lecteur, qu'il y a quelques révélations des scoops incroyables. Par exemple, une interview de Thomas Pesquet qui révèle qu'en fait il a le vertige. Exactement, il a été très
courageux de nous raconter ça. C
'est très courageux, il y a plein plein de choses. Revenons au début, aux origines, à la jeunesse du Gorafi. 2012, c'est ça ? C'est ça. Est-ce que vous vous souvenez du tout premier tweet ou du premier gag ? Non, je pense que c'est perdu dans les lames du temps. La façon dont ça a fonctionné au départ, ce qui a fait démarrer. Au
début, oui, c'est un tout petit conte. Twitter et je suis tout seul dans ma chambre de bonne à Montmartre
et
je partage ça avec mes collègues de bureau. Et puis au final...
Ça c'est un des tout premiers messages du Gorafi. Trop souriant dans le métro, il finit en garde à vue. Vous avez vécu ça ? Oui. Vous avez souri dans le métro ? Ça m'arrive tout le temps. Vous ne faites plus.
Mais c'est cet article-là qui va nous mettre en quelque sorte sur la carte.
Alors parfois, il arrive même que vos articles parodiques soient pris au sérieux, soient pris au premier degré. Ils sont toujours sérieux. Ils sont toujours sérieux, mais en 2017, on est en pleine campagne présidentielle et il y a un journal algérien qui reprend une de vos informations, je mets des guillemets, sur le fait que Marine Le Pen veut faire construire un mur entre la France et l'Algérie et que c'est l'Algérie qui devra le payer. C'est donc à la une d'un journal algérien très sérieux. Quand ça se passe comme ça, et ce n'est pas la seule fois, vous le sentez coupable ou
vous le jubilez
?
Non, on est... On est content parce que nos informations sont reprises par la presse. Ça montre que nos sources sont sérieuses et qu'on a travaillé sérieusement. D'ailleurs, pour la petite histoire, le lendemain, le journal publié un démenti affirmant que le rédacteur en chef était malade ce jour-là et que le journal a été fait par les stagiaires.
D'accord.
Vraie histoire. Vraie histoire. Mais non, non, on est très très content. Après, je dis souvent, le but, ce n'est pas de piéger les gens. Le gorafi fonctionne comme le dessin de presse. Il s'agit de faire rire, réagir et réfléchir. Donc un article n'est pas là. forcément pour piéger, mais accompagner les gens dans l'air du temps, et on peut traiter de tous les sujets. On a fait un article, par exemple, sur la mort de Loana il y a quelques jours, et qui est un article qui va en fait pointer du doigt ce qui s'est passé, les dérives d'un système, et pas moquer. Ça c'est important de savoir comment on angle un article.
Et alors à quoi ça ressemble justement une conférence de rédaction chez vous
Alors c'est très sérieux en fait. Les gens pensent qu'on a des nez rouges et qu'on passe son temps à rire mais pas du tout. On examine l'actualité, on compare les titres, les auteurs arrivent avec des titres et on choisit les meilleurs titres comme dans une conf de rédaction comme ici ou dans un autre journal très sérieux.
J'ai remarqué quand même, parce que j'ai remonté les dernières vannes que vous avez faites sur Responsables politiques, vos cibles, c'est toujours à droite. Non, pas forcément. Si vous
regardez, par exemple, durant le quinquennat de Hollande, on ne l'a pas épargné. L'avantage du Gorafi, c'est qu'on essaye de cibler tout le monde.
C'est quand même très... Vous n'avez pas une petite préférence ? C'est pas parce que c'est l'anagramme du Figaro ? Moi j'aime bien parler de politique
en général. J'aime bien cibler, m'amuser avec tous les politiques. Après, quand on tape sur un politique de droit... On peut faire plein de
lacs sur Olivier Faure, Marine Tondelier, Jean-Luc Mélenchon.
On en a fait sur Jean-Luc Mélenchon il n'y a pas plus tard que deux semaines.
Sylvie Brunel ? Non, je voudrais juste rappeler que le Gorafi, c'est le Figaro, en fait. C'est l'analyse de Figaro, parce qu'on n'y pense pas. C'est peut-être l'inverse, Sylvie. C'est le Figaro
qui a copié sur nous. Le Figaro
a copié le Gorafi. Et ce qui est marquant, c'est que vous n'avez pas de journalistes dans votre équipe. Si, c
'est tous des journalistes surdiplômés. Ils ont, je crois, au moins 20 diplômes chacun. Et ils travaillent assidûment. C'est une douzaine de personnes qui travaillent. Beaucoup viennent d'horizons différents. Ils connaissent à peu près l'univers de la presse aussi, comment ça marche. Mais il faut aussi un background de comprendre comment on construit un typographie. Donc il y a une certaine connaissance de la comédie, du storytelling, comme on dit. Et aussi connaître nos confrères de The Union aux Etats-Unis.
C'était votre inspiration d'ailleurs. En
fait, j'écrivais comme The Union avant de découvrir The Union. Et quand j'ai découvert The Union, j'étais à la fois... Triste et content. Triste parce que quelqu'un m'avait piqué l'idée quasiment 25 ans avant. Titre parodique. Et ce style d'écriture, j'étais content de le retrouver. Ça me montrait que c'était possible. de le faire en journal entier.
Avec un journal, deux bonnes nouvelles, il y a plein de bonnes nouvelles, puisque vous ouvrez aussi à la réconciliation, y compris en politique. Je cite dans le journal papier, Nice, beau joueur, Eric Ciotti propose à Christian Estrosi un poste de surveillant de baignade. Voilà, tout est bien, qui finit bien. Merci Sébastien Liebus. Et on retrouve donc le Gorafi en kiosque mardi prochain. Un mensuel de 16 pages,
un dessin de Thibaut Soucier. Eh oui, les Français font des réserves par peur des pénuries. J'ai pris de l'essence, du gaz, du sucre, des pâtes, de l'eau et du Gorafi papier.
Merci Thibault. C'est maintenant l'heure d'accueillir notre ami Claude Askolovitch pour son histoire de la semaine. Bonsoir Claude. Bonsoir ? Soyez le bienvenu Claude avec votre histoire de la semaine. C'est tout pas vrai ce que racontait le graphique ? Ah d'accord. Tout n'est pas vrai en tout cas. Vous à l'inverse, tout est vrai dans l'histoire que vous allez nous raconter ce soir. Il s'agit d'itinéraires parfois un petit peu signeux. d'un austère, comme il le disait, mais qui ne se marre
plus. D'un homme qui était de gauche, mais qui était droit. Bon, cela dit, ce que je veux vous raconter d'abord, c'est un regard. Le regard que lance un homme à un ami qu'il croise dans le métro, et dans ce regard, il lui dit qu'il ne faut surtout pas lui parler, qu'on ne doit même pas les voir ensemble. Alors l'autre comprend qu'il se passe quelque chose de plus grand qu'eux, il obtempère. Alors c'est une scène qui pourrait avoir lieu sous la résistance, non pas du tout. Elle s'est produite donc dans le métro à Paris en 1971 sous le gentil président Pompidou quand des jeunes gens brillants préparaient un avenir meilleur ou la révolution. Et elle met revenu cette scène au lendemain de la mort de Lionel Jospin. Car l'ancien Premier ministre est un des deux protagonistes de la scène. C'est lui Jospin qui avait lancé ce regard insistant à son ami qui s'en est souvenu et l'a raconté dans un texte qu'a publié cette semaine le site Mediapart. L'ami, c'est Michel Brouet, grand mathématicien français, militant des droits de l'homme. Autrefois, il défendait les scientifiques persécutés en Union soviétique. Alors, à l'aube des années 70, Brouet et Jospin militaient tous les deux à l'OCI. communistes, internationalistes, donc un groupe trotskiste, se réclamant de Léon Trotsky, bolchevique assassiné par Staline. L'OCI était dirigé par un syndicaliste charismatique appelé Pierre Lambert, influent chez les artistes, chez les sportifs, chez les scientifiques. C'était un groupe de marxistes-léninistes, mais qui détestaient la dictature soviétique. Ils étaient doctrinaires et pragmatiques. Ils étaient cultivés, lettrés et brutaux. Et puis ils étaient logiques, les gens de l'OCI, jusqu'au paradoxe. En 1971, l'OCI... avait décidé d'envoyer clandestinement des militants à l'intérieur du parti socialiste dont François Mitterrand avait pris la tête, ceci afin de vérifier que le PS reste idéologiquement structuré dans l'intérêt de la classe ouvrière. Lionel Jospin fut de ces clandestins, il commençait son travail quand il avait croisé son ami Brouet dans le métro et ces deux-là qui s'aimaient ne se retrouvèrent que 17 ans plus tard. 1988, Lionel Jospin est devenu ministre de l'éducation, il voit Michel Brouet, il le serre dans ses bras, il faut qu'on se parle, on peut se parler, ils ont eu ces deux-là de longues années à parler ensemble et à s'aimer, à rire et à chanter, et aussi rire sans se moquer de ce en quoi ils avaient cru. Entre temps, Brouet avait quitté l'OCI, Jospin également. Il était devenu simplement socialiste après avoir gardé pendant des années une double identité. Tiens, il était encore trotskiste en 1981 quand François Mitterrand lui avait confié la direction du Parti Socialiste. Alors ça n'a pas du tout été une vie simple, mais ce ne fut pas non plus la duplicité qu'on pourrait imaginer. C'était au contraire une manière d'être aussi sincère que possible et puis aussi comment par cohérence on se met dans des étranges situations. Pendant des années, quand il défendait le PS, Jospin, de son point de vue, accomplissait son devoir de révolutionnaire. Et puis, du 1983, le tournant de la rigueur, le socialisme rentrait dans le rang, il fallait choisir entre les fidélités. Jospin choisit Mitterrand et les compromis. Alors, ce que je viens de faire ici, je viens de vous résumer une histoire humaine. très longue, qui a été révélée en 2001, quand Lionel Jospin était Premier ministre. Et ce qu'il nous en reste aujourd'hui, Jospin mort, c'est quelque chose de très précieux et d'infime. Une poussière d'idéaux, et puis les rires, et puis les silences, de grands gaillards qui prenaient la politique au sérieux, parce que voyez-vous, la politique, croyait-il, était là pour changer la vie, et peut-être apporter le bonheur aux hommes. Est-ce que nous pouvons encore en dire autant
Merci Claude. Un dessin de Thibaut Soucier. C'est le moment de faire l'inventaire de Jospin avec ses reliques. Donc on a ses gencives, ses 35 heures, son trotskisme et son fameux balade en cul. Et t'as oublié le
moment de basket. Grand basketeur Jospin. Merci Thibaut. C'est maintenant le moment de nous délecter des improbables théories d'Aurore Vincenti. Ce soir elle arpente un très très très long monument à la muraille de Chine. En théorie on peut l'avoir depuis l'espace mais ça c'est en théorie.
théorie, on voit la grande muraille de Chine depuis l'espace. Dès le 18e siècle, c'est-à-dire tout de même avant d'aller dans l'espace, le monument a suscité une admiration telle qu'on a dit qu'il était, enfin qu'il serait visible depuis la Lune. Au XXe siècle, bingo, on a trouvé le moyen de le vérifier à l'œil nu. Et si Neil Armstrong n'a rien vu, d'autres ont affirmé qu'il l'avait vu de visu. En 2004, l'agence spatiale européenne l'a confirmé grâce à un cliché pris à 600 km de la Terre. On reconnaît bien la grande muraille de Chine depuis l'espace. Mais ça, c'est en théorie. Parce qu'en pratique, l'Agence Spatiale Européenne s'est trompée et l'a reconnue quelques années plus tard. Elle avait confondu la dite muraille avec un fleuve coulant non loin et beaucoup plus large. Car oui, en l'occurrence, c'est la taille qui compte. Si la longueur de la muraille pourrait suffire à la rendre visible depuis l'espace, c'est sa largeur qui pêche. Entre 4 et 7 mètres de largeur, elle est bien trop étroite pour qu'on la voit à l'œil nu. Thomas Pesquet, qui est parvenu à la photographier en survolant la Chine depuis l'ISS, l'a confirmé. Il a dû viser avec son objectif un peu au hasard et il a fini par la choper. Mais de ses yeux, impossible de l'apercevoir. Reste tout de même à savoir si on peut l'observer depuis la ligne de Carman, à 100 km de la Terre. Limite relativement arbitraire et néanmoins scientifique, à partir de laquelle on décrète le début de l'espace. Celles et ceux qui ont franchi cette ligne imaginaire le disent, on ne voit pas de construction humaine distincte à l'œil nu. On le discerne de grandes zones urbaines, portuaires, aéroportuaires, dont l'ensemble forment des taches lumineuses ou grises. Mais une muraille, une pyramide, un gratte-ciel ou un pont, non. Les astronautes et autres spationautes sont à présent formels. Jusqu'à preuve du contraire, on ne voit pas la grande muraille de Chine. Pourtant, on aimerait bien, nous tous petits humains, se dire qu'on fait des choses suffisamment grandes pour se faire une place dans l'espace.
ben voilà, bien vu. Merci Aurore Vincentie. Un dernier dessin de Thibaut. Ah oui, à ne pas oublier ce week-end ?
Oui, le changement d'heure à 3h samedi. Il faudra avancer sa pendule d'un ultimatum de Trump.
Merci. Merci Thibaut. Merci à tous les amis. On se retrouve demain à la même heure, 20h05 sur Arte. Pour 28 minutes samedi, son Club International. Comme toujours, on va se quitter en musique avec un clin d'œil à votre histoire de la semaine, Claude, et à votre hommage à Lionel Jospin. À la gauche plurielle, ça a commencé bien. Au départ, Alex Beaupin. Tchuss
Nos amours qui se défient, fin de cohabitation Au départ, au départ
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