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Dans cette grande année électorale
européenne, j'y reviendrai, une vision et des perspectives pour l'Europe. Compte tenu des choix existentiels que nous allons devoir faire, nous, patriotes de chacune de nos nations européennes, dans les prochains mois, je mesure pleinement l'importance et la solennité du moment politique que connaît l'Europe. L'Europe des nations, que j'appelle de mes voeux et pour laquelle je me bats depuis des décennies, L'Europe que j'estime devoir bâtir et transmettre en tant que responsable de politique française à nos compatriotes, mais aussi à leurs enfants et à leurs petits-enfants. C'est cette Europe qui commence enfin à se dessiner sous nos yeux, enfin après les échecs épouvantables enfantés par les dérives fédéralistes contraires aux volontés des peuples. Sur tout le continent, c'est l'heure du grand choix démocratique. C'est un moment comme l'Europe n'en a pas connu depuis des décennies. En novembre, dans quelques semaines, l'Espagne va désigner sa majorité lors d'élections législatives anticipées avec la possibilité sérieuse qu'advienne une majorité patriote qui comptera dans ses rangs nos alliés de Vox. En mai, la France aura un nouveau président puis une nouvelle majorité parlementaire. Et à l'automne 2027, deux grandes nations européennes, l'Italie et la Pologne, vont à leur tour élire leur assemblée respective. Il faut remonter 33 ans en arrière pour trouver la trace d'une telle conjonction d'élections dans les plus grands pays européens, ironie du sort, juste après la mise en œuvre du traité de Maastricht en 1993. Cela contribue à donner du poids au moment que nous allons vivre. Ce moment, je l'ai placé en France dans un héritage, celui de la Renaissance. Je ne vous surprendrai donc pas en plaçant cette grande échéance électorale à l'échelle de tout notre continent dans cette même filiation historique. J'y vois l'occasion d'une nouvelle naissance, d'un véritable renouveau pour tout notre continent. Ce sera notre œuvre commune pour les années et sans doute pour les décennies qui viennent. Ce sera dans quelques années, je l'espère, lorsque nous l'aurons accompli, notre fierté. Cette œuvre commune, je l'affirme, ne consistera pas simplement à défaire ce qui a été fait et très mal fait depuis plus de 30 ans sur la scène européenne. L'Europe des Nations, c'est avant tout une commission européenne qui, aujourd'hui, ne cesse de sortir de ses prérogatives et qui retrouvera donc un rôle de secrétariat au service des nations. Ce retour aux sources institutionnelles est fondamental car il signifie tout simplement le retour de la démocratie en Europe. Seuls les gouvernements ont l'autorité et la légitimité démocratique, faut-il le rappeler. Les institutions européennes doivent aider, accompagner, favoriser la coopération et l'entraide. Ils n'ont aucune autorité sur les gouvernements ni n'exercent aucune compétence qui n'est expressément prévue, encadrée et demandée par les États. Ainsi, il faudra bien sûr accélérer et amplifier le travail d'allègement et de simplification du droit communautaire qui a été entrepris, bon gré mal gré, par la Commission von der Leyen depuis 18 mois. L'agenda que nous allons proposer à l'Europe, c'est celui des bâtisseurs, pas seulement défenseurs d'une tradition, mais porteurs d'une ambition, une immense ambition, à la mesure de ce que la France et l'Europe ont à dire, à proposer, à apporter au monde. Nous avons connu en France depuis dix ans la mise en œuvre d'une vision européenne qui est l'exact opposée de celle que je porterai lorsque je serai présidente de la République. Il voulait l'Europe puissance. Nous avons eu l'Europe impuissance. Il voulait la souveraineté européenne. Nous n'avons eu que la dilution des souverainetés nationales et la vassalisation technologique. Nous devions avoir l'Europe de la paix. Nous n'avons eu que l'Europe à écouter certains discours marqués par le fatalisme, voire le défaitisme de la guerre. Nous devions avoir l'Europe des frontières. Nous n'avons eu qu'une Europe ouverte à la terre entière. Tout cela en France était déjà contenu, annoncé, souhaité dans le discours prononcé à la Sorbonne par Emmanuel Macron dès 2017. J'ai toujours été habité et je le suis plus que jamais par l'idée que la France était le cœur politique de l'Europe. Notre tradition historique, nos institutions démocratiques, nos secteurs industriels et technologiques d'excellence nous donnent une voix et une place très singulière pour jouer un rôle fédérateur. J'entends réactiver ce rôle spécifique de la France, j'entends renouer avec cette tradition. Et cela, quand je serai présidente de la République, je ne pourrai le faire qu'en m'appuyant sur des partenariats solides, fondés sur la confiance, le respect des souverainetés et le souci constant de la réciprocité des gains permis par chaque coopération. Et Dieu sait qu'il nous en reste tant à bâtir dans les années et les décennies qui viennent. Demain, nous bâtirons de véritables frontières européennes extérieures qui viendront renforcer nos propres frontières nationales. Et nous nous opposerons à tout élargissement de l'Union qui constituerait en l'Etat un risque majeur pour la cohésion déjà bien fragile et l'équilibre économique du marché unique. Demain, nous bâtirons une politique commerciale fondée sur la protection de ceux qui créent des richesses sur notre continent et une politique industrielle visant à la libération des forces productives et de l'innovation. Notre priorité nationale aura une déclinaison économique territoriale. Le fait que l'Union européenne soit le seul espace géographique qui s'interdise de prioriser, notamment dans la commande publique, ceux qui produisent des biens sur son sol, est une anomalie à l'échelle mondiale. Demain, nous bâtirons une politique agricole qui garantit des prix rémunérateurs aux paysans, apporte son soutien financier pour la modernisation, favorise l'installation des jeunes et déploie un cadre normatif simplifié à ceux qui nourrissent l'Europe. Demain, nous bâtirons des partenariats industriels et technologiques, y compris d'ailleurs en matière de défense, fondés sur la mutualisation librement consentie des talents et des investissements, partout où les nations y ont un intérêt partagé. Demain, nous bâtirons de nouvelles institutions européennes qui permettront aux nations souveraines de recouvrer la maîtrise de l'agenda européen, qui leur a été bien souvent confisqué depuis plus de 30 ans. Permettez-moi, cela étant dit, de vous rassurer, je ne fais pas partie de ceux qui diluent dans de grands concepts leur absence de volonté politique. Je suis pleinement consciente du fait que nous allons devoir, que je vais devoir, quand je serai présidente de la République, traiter des urgences du court terme. La première d'entre elles, bien sûr, sera la finalisation de la négociation du cadre financier pluriannuel actuellement en cours pour la période 2028-2034. J'observe depuis plusieurs mois l'accélération du calendrier que voudraient imposer certains, pourquoi-t-il, enserrer dans des engagements financiers de long terme les volontés démocratiques contraires que pourraient s'exprimer dans quelques mois certains peuples, dont incidemment le mien. J'ai déjà eu l'occasion d'exprimer publiquement ce que je pensais de cette volonté d'étouffer par anticipation les choix démocratiques à venir. Une volonté d'autant plus manifeste qu'aucun cadre financier européen n'a été enterriné si longtemps avant son entrée en vigueur, historiquement quelques semaines. Et ici, il nous faudrait accepter son verrouillage plus d'un an en avance. Tout cela n'est pas sérieux. Alors que la contribution de la France à l'Union européenne a déjà explosé depuis 2017, plus 40% sur la contribution brute, quasiment plus 100% sur la contribution nette, qui avoisine désormais les 9,5 milliards, puisque nous venons d'avoir le chiffre. Ce qui explique à raison que la situation des comptes publics français est très préoccupante, ne pourrait sérieusement envisager de leur infliger une charge toujours croissante, qui plus est, contre la volonté du peuple souverain. Je ne serai pas la présidente qui acceptera d'être dupe de leurs contradictions et de leur hypocrisie. Je défendrai donc, parce que c'est le mandat que me auront donné les Français, un plafonnement strict de la contribution nette de la France à l'Union européenne à 5 milliards d'euros nets, soit le niveau qu'avait accepté Jacques Chirac après l'élargissement. Pour ce faire, la Commission européenne doit abandonner un certain nombre de programmes contraires à ses compétences, comme la santé ou la sécurité intérieure. La France n'acceptera plus qu'elle exerce des compétences diplomatiques et encore moins des compétences militaires ou de renseignement, comme elle souhaite, semble-t-il, le faire. Enfin, toute la politique de préadhésion, de soutien à la Turquie ou de développement doit cesser. Seules les nations souveraines doivent exercer ces prérogatives, y compris par des coopérations en Europe. La deuxième de ces urgences de court terme, bien sûr, sera notre capacité à soutenir le pouvoir d'achat des Français et la croissance de nos entreprises. Voilà pourquoi l'une des priorités de mon action européenne sera la renégociation rapide dès 2027 des modalités de fixation du prix de l'électricité française en Europe. La France définira elle-même un prix de l'électricité en France et négociera de gré à gré avec ses partenaires un prix de vente. La France recouvrera ainsi la compétitivité à laquelle ses investissements passés dans le nucléaire et l'hydroélectricité lui donnent un droit légitime. Il y a là un enjeu essentiel pour la capacité de la France à renouer avec la croissance. Je rappelle qu'elle est prévue pour cette année à 0,4%, soit à peine plus tiers de la moyenne européenne. Cette renégociation bénéficiera non seulement aux entreprises françaises, mais aussi à celles qui partout en Europe ont intérêt à la compétitivité de notre économie, car elles commercent et elles innovent avec nous. A ce titre, je proposerai à nos partenaires européens de relancer le grand traité Euratom, à l'origine pilier de la construction européenne voulue par les pères fondateurs. Plutôt que de construire des réacteurs russes, américains ou chinois, les pays d'Europe peuvent coopérer grâce à la technologie française. La Pologne, l'Italie, la Belgique, les Pays-Bas et bien d'autres pays ont besoin de nucléaire civil et la France a besoin de partenaires pour produire en série des nouveaux réacteurs afin d'en faire drastiquement baisser le coût unitaire et donc l'électricité de toute l'Europe. Une autre priorité sera naturellement l'abaissement de la TVA sur l'énergie qui sera abaissée à 5,5% en tant que biens de première nécessité. Cela aussi permettra de soulager immédiatement les ménages français et de leur rendre du pouvoir d'achat, c'est-à-dire du pouvoir de consommation, d'épargne et de financement des investissements dont nous avons tous en France et en Europe le plus urgent besoin. Les énergies sont des produits de première nécessité et à ce titre doivent bénéficier du taux de TVA correspondant à cette réalité que partagent tous les peuples et j'en suis sûre une large majorité des gouvernements européens. En parallèle d'une fiscalité au service des familles, l'Europe doit redevenir le lieu de la justice fiscale et de la coopération. Il n'est plus acceptable que le marché commun européen favorise un certain nombre de paradis fiscaux. Il est inadmissible que certains États, que la paix et la solidarité financière européenne ont favorisé depuis des années, se livrent à la concurrence fiscale déloyale. Il est hors de question que la France paye des dizaines de milliards d'euros à la construction européenne pendant que cette même construction européenne organise ou laisse s'organiser des pratiques qui se polient les Français et d'autres peuples européens. Ainsi, nous proposons deux grandes réformes de justice fiscale et d'efficacité du marché commun. Tout d'abord, nous proposons que tous les pays européens harmonisent la fiscalité sur le tabac et l'alcool. Ce faisant, la fraude et les trafics s'effondreront. Tous les pays européens seront gagnants, tout comme la lutte contre le tabagisme et l'abus d'alcool. Des centaines de buralistes français ont mis la clé sous la porte et notre gouvernement perd plus de 5 milliards d'euros de recettes fiscales à cause de la concurrence déloyale en Europe sur le tabac et l'alcool. Ce n'est plus possible. Nous proposons aussi que les pays européens se mettent d'accord sur une fiscalité harmonisée sur l'impôt sur les sociétés des grandes entreprises, par exemple un taux unique de 20 à 25%. Ce faisant, la fraude et l'optimisation fiscale n'auront plus lieu d'être. Alors que l'ensemble des pays européens ont besoin de ressources pour se désendetter et investir dans l'avenir, les multinationales ne peuvent plus être les passagers clandestins de services publics dont ils bénéficient plus que les TPE-PME. Enfin, nous proposons une vraie trajectoire de respect du traité de Paris. Le Rassemblement national n'a jamais été climato-sceptique, mais nous avons toujours combattu la climato-hypocrisie, à savoir manipuler l'écologie pour taxer les contribuables. Afin d'inciter concrètement les pays à respecter le traité de Paris, nous proposons qu'une partie de la contribution au budget de l'Europe soit calculée selon l'intensité carbone des économies nationales. Plus un pays est éloigné des objectifs, plus il devra contribuer afin de l'inciter à changer. Plus ambitieux encore, nous continuons à demander l'instauration d'une vraie taxe carbone aux frontières en remplacement de l'absurde MACF. Ces technocrates européens ont tué une excellente idée en taxant des produits que l'Europe ne fabrique pas, comme les engrais, mais laissent entrer des marchandises que l'on sait produire en Europe. Il faut au contraire une taxe carbone aux frontières qui sanctionne les importations venant des pays polluants, avec des exceptions temporaires pour les produits qu'on ne sait faire pour le moment, mais qu'on ambitionne de rattraper, comme les engrais, mais aussi des exceptions définitives pour les produits qu'on ne saura jamais produire en Europe, comme le café. Cela, je le souligne, valide une affirmation que je répète depuis des années. Être pro-France ne signifie pas être anti-Europe. Nous avons tous à gagner à ce que les ménages et les entreprises du continent retrouvent des marges de consommation, d'investissement et de projection dans l'avenir. Et pour cela, c'est vrai, il nous faudra rompre avec l'idéologie de décroissance qui règne à Bruxelles depuis de trop nombreuses années. Tous en profiteront en France et en Europe. A ce titre, la politique environnementale doit devenir un moteur de la croissance et du progrès et non l'inverse. J'ai déjà parlé du nucléaire, je pourrais parler de l'hydroélectricité, de la géothermie ou de bien d'autres industries permettant de favoriser la croissance durable et le pouvoir d'achat. D'une manière générale, nous devons réussir à financer à la fois les enjeux de la transition écologique, mais aussi de réussir les grandes révolutions technologiques. Ainsi, comme je l'ai toujours pensé, la BCE doit repenser son action à défaut de son mandat. Elle doit absolument prendre en compte l'emploi, la croissance et l'innovation. Alors que les politiques d'assouplissement monétaire menées des années 2010 à 2022 n'ont fait l'objet d'aucun ciblage vers les investissements d'avenir, il faut mettre au débat un nouvel épisode de financement de l'économie à taux favorable, mais avec un ciblage économique strict. à savoir le financement des investissements d'avenir, les ruptures technologiques et la neutralité carbone. Cette innovation est possible dans le cadre actuel du mandat de la BCE. En effet, le réchauffement climatique d'une part et la dépendance stratégique envers l'étranger d'autre part, étant des facteurs inflationnistes, investir pour prévenir et éviter ces effets inflationnistes sont parfaitement compatibles avec le mandat de la BCE. Il est absolument impossible d'endetter davantage nos États et de financer par l'outil budgétaire les révolutions nécessaires pour que l'Europe ne sorte pas de l'histoire et réponde aux aspirations de la jeunesse. Seule une politique monétaire sérieuse mais innovante le peut. Voilà, mesdames et messieurs, les quelques lignes que je voulais tracer devant vous aujourd'hui. La tâche qui nous attend est immense. Nous serons, j'en suis convaincu, bâtir les nouvelles coalitions qui permettront de la mener à bien à partir de 2027.
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