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On va retourner prendre la direction du Sénat dans quelques instants, puisqu'on le rappelle, première reprise de la séance de questions au gouvernement, au Sénat, et Sébastien Lecornu qui est interpellé, on l'a entendu il y a quelques minutes, il a répondu à Mathieu Darnot, qui est le président du groupe LR, qu'il a questionné sur la question de la sécurité, est-ce que la sécurité était la priorité du gouvernement ? Dans quelques instants, là, il répond au président du groupe socialiste, Patrick Cannaire, et dans quelques instants, on écoutera Mélanie Vogel, sénatrice Lever, qui va interpeller là aussi. Comment peut se positionner là, effectivement, Nathalie Saint-Cricq, Sébastien Lecornu, dans ce contexte, sachant qu'il y a aussi la question budgétaire, là on a parlé de la question sociale, il y a aussi la question budgétaire, s'ils n'arrivent pas à faire tenir un budget dans les semaines qui viennent, à faire voter un budget. D'abord, il y a
ceux qui ont quand même intérêt à ce qu'il y ait un embryon de budget ou quelque chose qui...
Depuis un mois,
la France a une chance immense. Sa jeunesse se lève et elle se lève pour la plus belle des causes, pouvoir apprendre et préparer son avenir. Un avenir qu'elle veut juste, sans misère, sans discrimination et sans racisme. Et quelle a été votre réponse ? Le mépris d'abord, celui des pouvoirs qui... ont du mal avec la contestation. Vous les avez dit manipulés par la France Insoumise. Certains ont dit par les frères musulmans. Les lycéens n'ont pas besoin qu'on leur souffle leur colère. Ils la vivent déjà eux-mêmes tous les jours. Dans des classes à 35, devant la chaise vide d'un professeur qui n'est jamais remplacé, sous des plafonds qui s'effondrent, dans des classes où il fait trop chaud l'été, trop froid l'hiver, avec au ventre l'angoisse de Parcoursup. Ce ne sont pas des marionnettes, ce sont des citoyennes et des citoyens qui prêient très fort le prix de vos choix politiques. Ensuite, plutôt que des réponses de fond, une répression inédite et inutile. Avec... du matériel de guerre. Du matériel de guerre contre des enfants de 15 ans. Un Etat qui tire sur ses enfants est un Etat qui a déjà perdu. En 1986, il a fallu la mort de Malik Ousekine pour dissoudre les voltigeurs. N'attendez pas un drame interdisé dès maintenant définitivement l'usage des LBD et des grenades. Je veux maintenant m'adresser directement aux lycéennes et aux lycéens. Nous sommes fiers de vous. Nous sommes fiers d'une jeunesse vivante, héritière d'une longue histoire de lutte. Que les mêmes qui vous ignorent et vous répriment saluent dès qu'elles sont loin. La marche pour l'égalité et contre le racisme, le mouvement des cafards en Inde, les lycées de Seine-Saint-Denis en 1990, le mouvement de la jeunesse à l'origine de la révolution de velours, les marches pour le climat, Euromaïdan à Kiev. Toujours, on a dénigré la jeunesse.
Toujours, l'histoire lui a donné raison.
Votre voix est légitime et votre colère est juste.
Pour vous répondre, la parole est au premier ministre. J'aurai la nécessité de respecter le temps.
Pas complètement certain d'avoir bien saisi votre question. J'en ai bien néanmoins compris le timbre et la tonalité. Deux minutes, plus de deux minutes, pas une seule condamnation de la violence. Deux minutes, pas une seule condamnation de la violence. Mille policiers blessés, moins de 300 enseignants. Où est la gauche qui défendait les enseignants et les proviseurs ? Où est la gauche ? Même pas un mot pour condamner des tirs de mortiers sur des salles de classe. Mais je vais venir au fond dans un instant. Le fond que vous n'avez même pas d'ailleurs ouvert dans votre question. Pas une seule proposition. Parce qu'au fond, personne n'est dupe au bout de trois semaines. On voit bien aussi une classe politique qui est en train de courir après le mouvement pour essayer de le récupérer à des fins électorales. C'est le moment de la grande clarification, madame la présidente. Oui, oui, ce mouvement, au début, a été instrumentalisé par vos ailliers de la France insoumise dans le Val-de-Marne. Oui. Je comprends que ça vous gêne. Est-ce que dans un deuxième temps, ce mouvement s'est généralisé ? La réponse est oui et sans la France insoumise. La vérité, toute la vérité. Troisième temps, est-ce que des violences urbaines inacceptables se sont installées et infiltrées dans le mouvement ? La réponse est oui. Est-ce que c'est à ce point difficile que de le condamner et de le reconnaître ? Et dernier point, aujourd'hui, en ce moment même, nous avons 200 lycées. En France, seulement 200 lycées dans lesquels... La situation est en train de s'enquister avec une violence inédite. Est-ce que ça, ça correspond au droit de manifester, au droit de grève et à toutes les expressions que la démocratie sociale autorise par notre constitution ? La réponse est non. Lorsque les organisations syndicales étudiantes ou lycéennes déposent auprès des préfectures, auprès du ministère de l'Intérieur des demandes de manifestation, elles sont autorisées. Et pour quelle raison ? Parce que précisément, elles sont sécurisées. Mais, mesdames, messieurs les sénateurs, ne jouez pas double jeu. Vous jouez double jeu avec vos alliés de la France insoumise sur ce sujet depuis le début. Vous soufflez sur les braises et ensuite vous faites semblant de condamner la violence. Et même là, vous avez oublié de le faire. Cette hypocrisie fait du mal. Elle fait du mal à la France. Elle fait du mal au service public de l'éducation nationale. Et pardonnez-moi, puisqu'on va quand même parler du fond, puisque personne n'en a parlé dans votre question. Pardon, monsieur le président Caner, vous avez fait une question très, très large et très politique. C'est votre droit. Et désormais, c'est la deuxième question très large et très politique. Vous avez une plateforme en ligne. qui permet de donner la parole aux lycéennes et aux lycéens. Elle a été accueillie avec beaucoup de mépris. 100 000 contributions. Monsieur Gontard, je pense que 100 000 lycéennes et lycéens méritent notre respect. Ils ont pris le temps de déposer justement des contributions. Qu'est-ce que nous apprenne justement la plateforme ? Parce qu'un peu de transparence, je pense, pourra peut-être aussi montrer que la classe politique parfois met des mots dans la presse qui ne correspondent pas à ce que la jeunesse vient nous dire par ailleurs. souffrant d'humilité. 79,9% des remontées de cette plateforme concernent l'organisation du temps scolaire et des emplois du temps avec une différence en fonction des lycées qui est absolument incroyable. Je suis en train de vous dire que la situation est différente d'un lycée à l'autre. Ça ne semble pas vous intéresser. Revenons à de la politique politicienne. Vous aurez bientôt des campagnes pour le faire. Ne vous inquiétez pas. Oui, je la regarde en face justement, c'est ce que je suis en train de vous dire. Deuxième des choses, 51,5% des remontées concernent les problèmes bâtimentaires. Mais vous représentez les collectivités locales. Vous n'allez pas quand même jeter l'opprobre sur les élus régionaux, madame la présidente, vous êtes sénatrice. Il faut savoir. Et pareil, puisqu'on se dit la vérité. Les chiffres démontreront que la réalité est très différente d'un conseil régional à l'autre, tout simplement parce que toutes les gestions ne se valent pas, madame la présidente. Et je sais de quoi je parle, j'ai repris une collectivité à la gauche qui a négligé le bâtimentaire collège pendant des années. Donc, vous voulez la transparence et le débat. Moi, je la propose, puisque... Depuis 15 jours, je vois l'extraordinaire politisation. Je ne suis pas surpris, mais je pense qu'au bout d'un moment, rien ne résistera à la transparence. Et on peut continuer sur l'ensemble des contributions. 28,4% sur les remplacements. Mais on aura le débat dans cet hémicycle. Pardon, mais la question de la démographie, je le disais pour les sujets budgétaires, pour le ministre président Cannaire, pour les lycées. Vous aurez pratiquement 1,7 million d'élèves en moins d'ici 2035. 1,7 million. C'est un défi absolument incroyable. Et vous voyez bien les deux scénarios qui existent. Le premier, irréaliste et brutal, qui consiste à prendre tout le dévident de démographique et à l'appliquer budgétairement à l'aveugle en diminuant considérablement le nombre d'enseignants. Certains le proposent. où le mouvement complètement irréaliste est démagogue. qui consiste à dire on se moque de la démographie, on ne change rien. Pardon, il y a un chemin entre les deux de sagesse, un chemin de planification. Qu'est-ce que fait Edouard Jeffrey depuis six mois avec l'expérimentation dans les 18 départements ? Là aussi, quand on fait des visites ministérielles, on ne peut pas avoir des gens qui nous disent sur le terrain votre truc est vachement bien, puis quand on se retrouve ici, le taper politiquement avec beaucoup de cynisme. Le double discours, ça suffit. Donc on le voit bien, la planification. comme on l'a fait dans les années 60-70, en se posant les bonnes questions, peut pas avoir un Sénat qui, parfois, à l'automne, nous explique à nous, gouvernement, qu'on supprime pas assez de postes, et parfois les mêmes groupes qui font des questions au gouvernement en avril en disant qu'il y a des classes qui ferment. Stop au double discours aussi. Donc, je le dis, ce gouvernement n'a pas d'échéance. Ce gouvernement... n'a pas d'échéance électorale, ce qui lui donne une très grande liberté pour regarder, dès le mois de novembre et dès le mois de décembre, dans la plus grande clarté, dans la plus grande transparence, dans cet hémicycle, les modifications qui pourront être faites sur le budget de l'éducation nationale. Et là, on sera loin des grands discours, pour le coup, on sera dans le concret, amendement, contre-amendement, et pour le coup même, la présidente, j'ai été piqué au vif sur l'absence de condamnation de violence tout à l'heure, mais loyalement, les ministres et votre serviteur nous seront à la disposition de tous les présidents de groupe ici. quel qu'il soit, pour travailler, pour améliorer le budget de l'éducation nationale, mais sans démagogie. La parole est à notre collègue
Nadie Javé.
Voilà, on vient d'écouter cette réponse du Premier ministre Sébastien Lancornu, qui est monté au créneau après cette question de la sénatrice écologiste, et qui met en cause, avec cette déclaration, la récupération politique. Vous soufflez sur les braises, avec les fils, sur cette mobilisation des lycéens. C'est un remake, c
'est-à-dire que le Sénat commence, alors que l'Assemblée a commencé précédemment. Et il y avait eu le même nombre d'attaques qui venaient de la France insoumise, qui venaient de certains écologistes. Sébastien Lecornu avait déjà répondu comme ça, ainsi que Laura Nunes. Donc là, si j'ose dire, les accusations de vous envoyer des policiers tirés sur des enfants, c'est-à-dire que ça recommence avec la thématique enfants, alors il faut... Toujours un peu délicate parce que, honnêtement, pour tous les gens qui ont regardé les images, il n'y a pas que… C'est un peu… Les mots ne sont pas au hasard. C'est ça, c'est le choix des mots. On en parlait sur ce plateau. Entre parler
d'un mineur ou d'un enfant, évidemment, la connotation n'est pas du tout la même. Il y a des images
aussi de jeunes qui ont été très dures aussi. Il y a des jeunes lycéens qui n'ont rien à voir avec des casseurs. Non, non, mais c'est un
lexique qui est utilisé, qui est très politique en fait.
La bonne partie des écologistes qui est plutôt Mélenchon-compatible ou plutôt proche de LFI, même rhétorique et refait, si j'ose dire, ce qui s'est passé il y a 15 jours, parce qu'ils n'ont pas eu l'occasion. de s'en prendre, si j'ose dire, à Sébastien Lecornu. Et avec les mêmes questions et les mêmes interpellations, il fait les mêmes réponses, c'est-à-dire je ne vous ai pas entendu parler des violences et tout. Donc si vous voulez, tout ça, j'ai tendance à dire, je le disais à mon camarade Majid, que c'était un peu, pas du cinéma, mais du théâtre, c'est-à-dire qu'on n'avance pas beaucoup, mais sauf sur le nombre de personnes inscrites sur les plateformes, et le fait qu'ils essaient de gagner du temps. Mais sur la question de
la récupération politique, où sont les propositions ? propositions. Je voulais qu'on parle quand même de la mobilisation et de la question, justement, de la politique. Hier, on a vu Jean-Luc Mélenchon. On voit LFI aux côtés des lycéens. On ne voit pas, par exemple, de représentants. Hier, on n'en a pas vu de représentants socialistes. Est-ce que définitivement, LFI a gagné l'électorat des jeunes ?
Plus de 40% sur les 18-20. C'est ça. Donc ça, c'est imparable. Il n'y a que ce parti qui s'adresse aux jeunes en même temps. Vous voulez
récupérer l'électorat des jeunes. Est-ce que c'est vrai ?
Alors d'abord, ils en ont déjà une bonne partie sans courir après eux. Ensuite, ils ont eu une mauvaise surprise au moment des Gilets jaunes en considérant qu'ils n'avaient pas été à la hauteur et qu'ils n'avaient pas vu venir. Or, Jean-Luc Mélenchon aime bien les choses carrées. Et les mouvements vaporeux où il y a des mobilisations aux quatre coins de la France, c'est quelque chose qu'ils ne peuvent pas maîtriser et quelque chose qu'ils n'aiment pas. Donc là, ils ont préféré accompagner. Et c'est vrai que c'est les seuls depuis longtemps qui, notamment en matière d'écologie, s'intéressent aux jeunes. Et on peut dire également que les talents oratoires, quel que soit le fond de ce qu'il peut dire et de ce qu'on peut penser et de ce qu'il dit, sont quelque chose de plus de nature à enthousiasmer quelqu'un qu'à 15-18 ans que quelqu'un qui s'intéresse. Mais on pense au reste de la gauche, les
socialistes. On pense à des socialistes. Ils ont déserté l'électorat des jeunes.
C'est très simple. Regardez le résultat de la première dimanche soir. Vous avez la déclaration de Raphaël Glucksmann, globalement, sur le socialisme et le gouvernement, je veux rassembler, et Olivier Faure qui dit à peine, genre, bravo, Raphaël Glucksmann, et qui dit, moi, je serai dès lundi avec les lycéens. Donc, vous avez toujours la même histoire, une forme de gauche responsable, comme Raphaël Glucksmann l'incarne, qui sait très bien qu'il va devoir faire un geste vis-à-vis des jeunes, mais qui ne veut pas mettre d'huile sur le feu, et une autre version des socialistes qui est plus... qui fait de la politique et qui considère qu'il faut être aux côtés des lycéens. À décrypter, c'est simple. Et là, on a très bien vu que Jean-Luc Mélenchon a fait attention. Ils ont effectivement essayé d'instrumentaliser. Ils ont lancé, ils ont mis un peu le feu avec Louis Boyard, avec Bali Bagayoko et tout ça. Ils se sont un peu retirés en disant « Ah non, non, la violence, c'est pas bien. » Et puis maintenant, ils essaient de le canaliser, de l'organiser, de le récupérer. Et les socialistes. savent très bien, d'abord, en plus, qu'ils ont été au pouvoir, accessoirement.
Mais surtout, les socialistes, pour l'instant, Raphaël Glucksmann a
été élu, mais
on ne sait pas bien ce qu'il propose au niveau programmatique. Mais c'est ça, la question qui se pose, c'est qu'on se demande, en dehors
d'LFI, quelles sont les réponses qui sont proposées par la gauche. Pour l'instant, la gauche démocratique,
qu'est-ce que ça veut dire et qu'est-ce que ça constitue comme programme, pour l'instant, on n'en a pas. Parce que le programme pour les
jeunes d'LFI, c'est plus un rêve et une perspective que des mesures concrètes. Oui, mais au moins, il s'adresse,
le LFI s'est adressé, et depuis longtemps, et vous l'avez dit, Jean-Luc Mélenchon, sur et maintenant plus sur ces problématiques, depuis longtemps, et c'est le seul parti. Je voulais juste rajouter que le corps nu, là, je le trouve un peu de mauvaise foi, parce que quand il dit que c'est la responsabilité des collectivités, donc c'est chez vous que ça ne marche pas bien, les bâtis et tout, le fonds vert qui a été réduit, c'est directement la rénovation des établissements scolaires qui en prend plein pot. Les collectivités, elles voient leurs finances diminuer à vue d'œil chaque année. Donc là, je le trouve un petit peu de mauvaise foi. Il
est très
susceptible sur la question de la sécurité. Dès qu'il y a violence sur les policiers, et on peut le comprendre, il sort de ses gonds. C'est la première fois que je le vois faire vraiment de la politique, en tout cas dans l'hémicycle, et sortir un petit peu de sa casquette Premier ministre non candidat.
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