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La direction de l'Elysée, tout de suite, car on le sait, Emmanuel Macron invite ce mercredi midi Gérard Larcher, le président du Sénat, et Elbrun Pivet, présidente de l'Assemblée nationale. Ils sont en ce moment autour de la table. Et bien évidemment, Christelle Meral, bonjour. Au menu, il y a le budget.
Bonjour. Oui, alors l'entourage du président reste discret sur l'organisation de ce déjeuner en rappelant que les quatre premiers personnages de l'État se rencontrent régulièrement trois à quatre fois par an. D'ailleurs, il n'y a pas d'ordre du jour officiel, mais il sera bien sûr question de l'épineux dossier du budget. L'équation s'annonce très compliquée parce que vous le savez, il n'y a pas de majorité à l'Assemblée nationale. de ce budget est un enjeu crucial, majeur pour Emmanuel Macron qui voudra terminer son second mandat avec un budget pour la France. D'ailleurs, le camp présidentiel ne cesse d'alerter, de mettre en garde sur les conséquences qu'aurait la non-adoption du budget 2027 et la reconduction de celui de 2026 pendant plusieurs mois. Selon l'inspection des finances, cela coûterait plusieurs milliards d'euros. être l'outil utilisé pour tenter de faire passer la copie budgétaire, le 49-3, ou bien les ordonnances. Pour l'heure, rien n'est tranché. Lors de ce budget, il sera aussi question du calendrier parlementaire, mais aussi du mouvement des lycéens et de la manifestation. Samedi prochain.
Merci beaucoup Christelle Méral, depuis l'Elysée pour France Info. Merci à vous, j'accueille sur ce plateau Elisabeth Pinault. Bonjour, merci beaucoup d'être avec nous, correspondante à l'Elysée. Maintenant, pour Reuters, notre journaliste le disait, l'Elysée dit, mais de toute façon, ces réunions, ces déjeuners, c'est classique, c'était prévu à l'avance. Mais là, on imagine bien quand même l'ambiance, vu le contexte social et budgétaire. Bien
sûr, c'est une réunion importante, parce que là, c'est de la dentelle, la dentelle diplomatique, pour arriver à avoir un budget et puis pour éviter... Des crises encore plus graves au pays. Il y a vraiment une situation d'urgence. Tout le monde en est conscient. Moi, j'étais à l'Assemblée hier. Tout le monde est inquiet, y compris l'opposition d'ailleurs. Il y a ce problème de dette, ce problème de crise lycéenne qui pourrait s'étendre. On sait que les agriculteurs vont très mal après un été de canicule. On sait qu'il y a d'autres pans de la société qui voudraient que ça bouge, même avant la présidentielle. Donc il y a beaucoup d'enjeux. Et les principaux personnages de l'État sont autour de la table aujourd'hui pour essayer. au moins de prendre les choses une par une et de préserver ce qui peut l'être, c'est-à-dire à commencer par un budget, ce qui permettrait d'avoir une certaine stabilité du
pays. Et là, parce que vous avez l'habitude, vous êtes correspondante à Matignon, à l'Élysée, là, très concrètement, que leur dit Emmanuel Macron ? Quel message il veut passer à Jérard Laché ? Je pense que le message est qu'il faut un budget à
la France. Voilà. Donc débrouillez-vous pour qu'il y en ait un. Pour que les débats aboutissent. Donc il faut que chacun sa place, que ce soit le Premier ministre qui négocie en sous-main et la présidente de l'Assemblée nationale, le président du Sénat, peuvent aussi avoir, bien sûr, leur rôle à jouer auprès des groupes qui viennent parfois de se reformer, notamment au Sénat, avec un groupe du Rassemblement national qui vient de naître. Et puis à l'Assemblée, on sait que c'est de la dentelle. Bien sûr, les socialistes sont inflexibles sur lesquels on rappelle le gouvernement. Le gouvernement a pu compter l'année dernière pour faire passer son budget. Là, ils sont inflexibles. Là, c'est le Rassemblement national qui semble mieux disposé parce que s'ils sont élus, s'ils arrivent au pouvoir, ce que les sondages prédisent pour l'instant, mais 7 mois, c'est très long, ça les arrangerait d'avoir un budget parce que c'est beaucoup plus facile à bouger qu'un budget reconduit. Donc tout ça entre en compte. C'est de l'humain, la politique. Il y a les positions, mais il y a aussi tout ce qui se passe dans les couloirs et les intérêts de chacun. Quel est l'intérêt d'avoir un budget, de ne pas en avoir, de taper du poing sur la table alors qu'il y a une élection qui arrive ? C'est là qu'est la dentelle. Et Sébastien Lecornu est sans doute la bonne personne, parce que c'est le Premier ministre qui a toujours le rôle de moine soldat. Le moine soldat, c'est ça. Là, en l'occurrence, ça peut être utile. Oui, et puis il a réussi à préserver un dialogue avec à peu près tous les groupes, avec tous les ministères aussi. Je parlais avec un ministre il y a deux jours, il me disait « bon, alors il réduit mon budget ». Bon, je le sais que ça… Mais néanmoins, je trouve que c'est la bonne personne. Je ne lui en veux pas et je sais qu'il est la bonne personne pour essayer. Il est ici d'une certaine
légitimité, crédibilité auprès de ses interlocuteurs, ce qui peut lui permettre, peut-être ? Et
puis il y a l'expérience aussi. On arrête d'essayer de jouer avec le RN, enfin de jouer, d'essayer de négocier avec eux parce que c'est ce qu'a coûté le poste à Michel Barnier. On sait qu'on peut éventuellement compter sur les socialistes, les socialistes sociodémocrates, parce que de toute façon rien ne sera négocié avec la France insoumise. Voilà, c'est la dentelle.
continue évidemment à cette discussion. Bonjour Majid, notre éditorialiste, notre journaliste politique à France Info. Justement, on parle de ce budget hier. Vous étiez jusque très tard à l'Assemblée nationale, puisqu'il est question du budget. Et justement, on parle des alliances, de vers qui Sébastien Lecornu peut se retourner pour espérer faire avancer ce dossier et ce texte. Est-ce que vous pouvez nous rappeler ce qui s'est passé hier ? En l'occurrence, il y avait une motion de rejet préalable de la part des socialistes.
Tout à fait. Une motion de rejet, ça fait que si elle est adoptée, le texte... passe directement au Sénat, il n'y a pas de première lecture à l'Assemblée nationale. Cette motion de rejet, elle n'est pas passée, pourquoi ? Parce que le Rassemblement national a voté contre. Ce qu'on nous explique au sein du Rassemblement national, c'est qu'il y a une volonté quand même qu'il y ait un débat dans l'hémicycle autour du budget. J'étais assez d'accord avec ce que vous disiez sur, finalement, tout va se jouer quand même autour du Rassemblement national. certes avec certains socialistes. On a pu voir quand même qu'hier, la motion de rejet des socialistes, elle n'a pas été votée par Sacha Houillet, qui a un soutien de Raphaël Glucksmann. Elle n'a pas été votée par François Hollande, qu'on n'a pas vue dans la presse. Il devrait se faire assez discret dans les prochaines semaines. C'est ce qu'on nous explique, François Hollande, l'ancien président de la République. Mais sur le Rassemblement national... Rappelons quand même que Marine Le Pen avait dit « mieux vaut un budget imparfait que pas de budget ». Et ça, c'est extrêmement important. Maintenant, il y a des lignes rouges. Et moi, ce que j'aime observer, je l'avais fait l'année dernière quand il y avait eu le projet de loi de finances, c'est ce qui se passe en commission des finances du côté de l'Assemblée nationale parce que souvent, c'est ce qui permet de se rendre compte un peu des rapports de force entre les forces politiques. Et il y a un point qui m'a frappé en commission, c'est en ce qui concerne la place des retraités. Et sur la question de l'abattement de 10%, la baisse du... qui a voté contre cette mesure voulue par le gouvernement pour faire des économies, à la fois les forces de gauche, c'est pas étonnant, le Rassemblement National, parce que le Rassemblement National le dit, c'est une ligne rouge, faut pas toucher aux retraités, et puis... des députés Horizon, du Bloc central. Et finalement, qui a voté pour le texte qui sortait de commission ? Il a été rejeté, ce texte. Mais les seuls députés qui ont voté pour ce texte, c'est les députés Ensemble pour la République, c'est le groupe de Gabriel Attal. Et donc, cette équation, on va avoir la même en séance publique du côté de l'Assemblée nationale au cours des prochaines semaines. A noter aussi qu'il y a une crise sociale, et on va en parler un peu plus tard, je le sais, sur l'antenne. Il y a le 17 octobre, il y a le mouvement des lycéens, et tout ça va... très certainement percuter les discussions budgétaires à l'Assemblée.
Évidemment, on va continuer d'en parler. Bonjour Bruno Cotteres, merci beaucoup d'être avec nous, politologue, chercheur au Cébipof et enseignant à Sciences Po. Pour faire avancer ce texte budgétaire, sur qui, c'est la question qu'on se pose, et aujourd'hui, sur qui Sébastien Lecornu va-t-il pouvoir compter ? C'est ce qu'Elisabeth Pinot nous disait il y a quelques instants, chacun... voit son intérêt pour 2027. Au-delà du texte, il y a le contexte qui va compter énormément dans les semaines qui viennent. Le Rassemblement national n'a pas intérêt à ce qu'il n'y ait pas de budget. il va tout faire pour tenter de faire aboutir ce projet de loi finance ? Ce qui est compliqué,
c'est que ça dépend éminemment de la discussion, du jeu stratégique, qui est jusqu'où le Premier ministre est capable d'abattre des cartes. pour amener le Rassemblement national, au fond, à ne pas censurer le gouvernement, globalement, sachant que quand même, le gouvernement et le Premier ministre, il a lui-même une autre grande, grande, grande ligne rouge, qui est les contraintes du paramétrage des déficits. Et donc, voilà, ça dépend éminemment de ça. Donc, on voit bien plusieurs sons de cloche qui viennent quand même des socialistes disent tous, et on voit tous des messages, qui est que ce n'est pas la même histoire que l'an dernier. Ils ne sont pas dans la même histoire que l'an dernier. Ils ont été
échaudés déjà. Ils ont
été échaudés. Et puis, il y a la
perspective, encore une fois, de 2027, de ne pas avoir le sentiment de faire la courte échelle aux macronistes. Ils viennent
juste de sortir de la primaire. Il faut catapulter la candidature de Raphaël Guxman maintenant. Et donc, évidemment, pour les socialistes, c'est très compliqué d'expliquer qu'on vient d'expliquer dans une primaire. 'il ne fallait surtout pas aller du côté des macronistes et en même temps aider le Premier ministre. Donc on voit que c'est très très compliqué. Du côté du Rassemblement national, il a plutôt intérêt pour le moment à avoir les deux fers au feu, c'est-à-dire renvoyer l'image d'un parti qui s'apprête à gouverner et donc qui a le sens des responsabilités. Marine Le Pen l'a dit, ça vient d'être rappelé, mieux vaut un mauvais budget que pas de budget du tout, mais Rassemblement national lui aussi avec des attentes de son cœur électoral. qui n'est pas de cadeau au macroniste et pas de courte échelle. Effectivement, peut-être en jouant des deux côtés, elle peut essayer en même temps de se servir de cette discussion pour faire valoir des points du programme du Rassemblement national. On avait vu l'an dernier le premier secrétaire du Parti socialiste qui utilisait beaucoup le vocabulaire des victoires arrachées. à Sébastien Lecornu. Peut-être que ça va être au tour du Rassemblement national d'envoyer ce message, mais voilà, c'est compliqué parce qu'à cette interaction, la campagne présidentielle, la grogne sociale, les mouvements sociaux, et une contrainte au-dessus de tout, qui est la contrainte des grands paramètres budgétaires.
Emmanuel Rivière, bonjour. Merci d'être avec nous cet après-midi, politologue enseignant à l'université Paris 1 Sciences Po. Effectivement, comment ça va se dérouler là ? On le disait, ça va être très compliqué, puisqu'il y a ce contexte de 2027 qui pèse énormément et qui va être difficile pour Sébastien Lecornu d'arracher des négociations et un soutien de part et d'autre.
Rappelons-le, c'était déjà compliqué avant. C'est ça, mais là, avec l'échéance de la présidentielle qui arrive, on se dit que ça va être encore
plus dur cette fois.
C'est important de le redire. Depuis 2024, aucun Premier ministre n'a réussi à faire passer un budget sans enjamber le cadavre de son prédécesseur. je peux dire les choses comme ça, non mais... Et aucun Premier ministre n'a réussi à faire adopter un budget à l'automne. À chaque fois, il a fallu attendre la fin de l'hiver. Parce que, pour des raisons qui ont été évoquées, la politique c'est de l'humain, la politique c'est du rapport de force, et la politique c'est des symboles. Et donc, notamment, le symbole qui consiste, après avoir fait éventuellement une concession... Mais le coup d'après d'être plus dur. Mais ce qui est fascinant dans le contexte politique dans lequel on vit, c'est qu'en fait les marges de manœuvre se sont réduites pour tout le monde. Non seulement pour le pouvoir qui est privé de majorité à l'Assemblée nationale, mais aussi pour les acteurs politiques qui sont plus ou moins mis dans des postures. Donc d'une certaine manière, la France insoumise a décidé quelle serait sa posture à partir du moment où elle n'avait pas eu gain de cause sur la nomination du Premier ministre. Et ce sera... Jusqu'à la fin. Et le Parti socialiste, il est aussi sous contrainte d'une certaine manière. Bruno l'a rappelé, je ne vais pas redire. On peut difficilement prendre des positions par rapport à un pouvoir et puis dire qu'on va... Et le Rassemblement national, ce n'est pas simple non plus, puisqu'il y a un autre acteur qui joue en ligne de compte, c'est que pensent les électeurs. Alors certes, dans les enquêtes, il y a une petite majorité de gens qui disent mieux vaut un budget, qui serait sur cette ligne-là. Mais après, c'est quel budget, effectivement ? Le diable est dans les détails. Les électeurs du RN sont assez partagés sur la question de savoir s'il faut ou pas faire des concessions, trouver des compromis. Mais quand on va regarder ce qu'il y a dans la proposition de budget... Là, on examine le volet dépenses, on va passer aux recettes. Ça va être évidemment dans les détails que vont se trouver là les symboles. Et donc, il y a deux types de symboles avec le jouet. C'est d'abord le scalp de qui on va réclamer ou pas, ou on va considérer avoir acquis pour pouvoir ensuite faire des concessions. Et quelles sont les mesures symboliques ? Et c'est là où c'est très compliqué, parce que sur la question, pour le coup, fiscale... Il y a un abîme entre le Parti socialiste et l'absence de majorité, en tout cas le pôle central. Et sur les recettes et sur les dépenses, il peut y avoir aussi des cassures possibles entre le Rassemblement national. Alors
justement, on va se pencher sur le détail avec vous, Florent Boutet. Ce budget, qui propose quoi ? On commence par la copie du gouvernement d'abord.
Oui, c'est vrai, c'est une bataille de chiffres, une bataille qui s'intensifie, regardez, avec, on l'a dit, le gouvernement qui présente un budget de 760 milliards d'euros. C'était en 2026, puisqu'on compare toujours un budget par rapport à l'exercice précédent, un déficit à l'époque de 135 milliards d'euros. Cette copie actuelle, 2026. Si jamais le gouvernement avait choisi de laisser filer les choses, les dépenses, mais aussi ne rien faire par rapport à l'inflation, regardez, on aurait 834 milliards d'euros de dépenses. Sauf qu'on l'a dit il y a plusieurs semaines déjà, dans le projet de loi de finances, Sébastien Lecornu prévoit 54 milliards d'euros d'économies. Autrement dit, ça nous ramène une copie de 2027 du gouvernement à 780 milliards d'euros. Un budget qui est donc en hausse avec également un déficit qui suit, qui augmente même à 156 milliards d'euros.
Et du côté de la gauche, quelles sont les contre-propositions ?
Sans surprise, c'est une politique de relance qui est prônée notamment par la France insoumise. Jean-Luc Mélenchon qui est le candidat à la présidentielle. Un budget nettement au-dessus à 940 milliards d'euros avec des propositions notamment autour de la retraite. Le retour à 60 ans, la hausse du SMIC à 1600 euros ou encore une dette publique qui serait remboursée de 25 milliards d'euros. Dernière proposition en date qui a été faite. par la France Insoumise dans sa conférence de presse de la mi-journée. Si on regarde du côté du Parti Socialiste, qui soutient désormais Raphaël Glucksmann à la présidentielle, là aussi, c'est un budget en hausse par rapport à la copie du gouvernement qui est proposée, mais de façon un peu moins soutenue que pour LFI, avec là encore des propositions phares. Un SMIC qui est augmenté non pas à 1 600 euros comme LFI, mais à 1 700 euros, équitable aussi sur des recettes supplémentaires de 40 milliards d'euros, notamment en provenance des hauts patrimoines.
On a vu la gauche maintenant du côté de la droite. Comment ça se passe, Laurent Boutin ? On imagine qu'à l'inverse, ils veulent plutôt serrer la vis.
Oui, absolument, c'est la tradition. Et regardez, sans surprise, les différents candidats du Bloc central qui partent de façon séparée. Pour le moment, quelque part, ils ne peuvent pas se dissocier de la copie de Sébastien Lecornu, dont ils sont solidaires sur le papier. Alors bien sûr, il y a des ajustements par rapport à ces 180 milliards d'euros dans le détail, mais globalement, ils se distinguent surtout par rapport aux économies qu'ils veulent faire sur le quinquennat. D'ici à 50, entre 150 milliards d'euros, par exemple, de moins pour Gabriel Attal, jusqu'à 192 milliards de moins pour Bruno Retailleau, ce dernier qui notamment veut supprimer des agences indépendantes. indépendante de l'État qu'il trouve trop dépensière. Selon lui, on terminera avec le Rassemblement national de Marine Le Pen qui, lui, sur le papier, veut se distinguer avec un budget inférieur en ce qui concerne les dépenses par rapport à ce qui est proposé du côté du gouvernement, des 780 milliards d'euros. On serait un peu en dessous à 763, mais surtout, là encore, la volonté d'ici à 5 ans de réduire les dépenses de l'État, faire 140 milliards d'économies d'ici à 2032. Je vous le rappelle, qui ont été extrêmement décriés par les experts depuis plusieurs jours.
Merci beaucoup, Florent Boutet, pour toute cette synthèse. Elisabeth Pinot, vous assistiez tout à l'heure à cette présentation par LFI et Jean-Luc Mélenchon, justement, de ce budget. Qu'est-ce que vous en avez retenu ? On vient voir certains éléments avec notre journaliste Florent Boutet.
Oui, c'était une présentation qui a duré un peu plus d'une heure. Là, j'ai rapporté un petit livret résumant les mesures. Donc il y a eu d'abord Jean-Luc Mélenchon qui a rappelé la philosophie, c'est-à-dire de voir les choses plus du tout sous l'œil libéral, voire vraiment... Les choses sous un autre aspect. Ils pensent qu'on est allé trop loin dans cette direction. Et donc, le principal chiffre, c'était 25 milliards de baisse de la dette. Et puis, une relance par la hausse des salaires, de l'argent pour les services publics, le pouvoir d'achat des classes les plus défavorisées. par ricochet, relancer l'économie et... et faire payer les plus riches, c'est-à-dire le retour de l'impôt sur la fortune, la fin de la flat tax, s'en prendre aux plus grosses entreprises, avec les conséquences que cela peut avoir en termes de réalisation, parce que c'est généralement le programme de la France insoumise, et généralement décrié par tous les économistes qui le jugent irréaliste. Mais en tout cas, c'était cette ligne qui a été présentée par Jean-Luc Mélenchon, puis ensuite par Éric Coquerel, qui est donc le président de la commission des finances, qui est monsieur budget, monsieur chiffre à la France insoumise.
Bruno Cotteres, effectivement, la LFI, on parlait tout à l'heure de marqueurs forts en vue de 2027. Là, effectivement, la ligne est très, très claire du côté de la LFI.
Oui, c'est très clair. La France Insoumise reste dans son sillon. L'idée est de dire qu'il n'y a pas de justice fiscale en France fondamentalement. Donc c'est un problème de recettes, davantage qu'un problème de dépenses. Et donc on retrouve effectivement ça avec l'idée qu'il faut surtout retoucher aux recettes et notamment faire venir des recettes nouvelles. Et les recettes nouvelles, c'est en particulier aller prendre de l'argent là où il est, auprès de grands profits. Donc on voit effectivement un gros marqueur. Par ailleurs, Jean-Luc Mélenchon a son deuxième gros marqueur, c'est la renégociation d'une partie de la dette française détenue par la France. Il martèle cette idée de conférence de presse, en déclaration, en discours de campagne. Il fait beaucoup la pédagogie de cette idée. Alors que beaucoup
estiment que ce serait infaisable.
Voilà, mais il a beaucoup argumenté sur ce terrain-là. Il commence pratiquement la plupart de ses discours en disant que tous les experts disent que c'est infaisable, que c'est de la pensée unique, que c'est tout à fait faisable, d'autres l'ont fait. C'est un point qui est très important, parce que c'est vraiment des marqueurs. de la campagne de Jean-Luc Mélenchon. Il est le seul à proposer cette idée. Donc voilà, on va retrouver effectivement cette idée qui est toujours un petit effet de ricochet sur les questions européennes. L'idée de dire qu'au fond, une partie du problème français, c'est aussi la direction, la grande direction qu'a prise l'Union européenne il y a de nombreuses années. C'est aussi pour Jean-Luc Mélenchon de passer un message le fait qu'il faut regagner à ses yeux de la souveraineté économique à travers une renégociation et peut-être un bras de fer avec Bruxelles.
Emmanuel Rivière, je vous voyais réagir. Je pense
que ce sera un des enjeux de la campagne de LFI. C'est à un moment, effectivement, jouer le rapport de force et avec notamment quelques arguments. C'est le poids de la France dans l'économie, le poids symbolique de la France dans l'histoire de l'Union européenne et la capacité à dire on peut changer la règle. D'une certaine manière, les trois pôles autour desquels s'organise notre vie politique depuis quelques années déjà, même avant Macron, c'est le pôle central, c'est-à-dire essayons de gagner dans le monde tel qu'il est en augmentant nos capacités à le faire. Un pôle très conservateur qui prône le retour en arrière et qui cultive une forme de nostalgie. Et puis il y a un pôle alternatif. aujourd'hui plus incarné par Jean-Luc Mélenchon que par quiconque, qui consiste à dire « n'acceptons pas les règles du jeu et échangeons-les ». La question, c'est de savoir comment imposer cette vision-là dans un contexte mondialisé, dans un contexte d'engagement européen et dans un contexte qui n'est pas neutre, qui est de très grande inquiétude des Français sur la situation du pays et ses marges de manœuvre réelles. Et ce dont on va discuter aussi à travers la question du budget, de la dette, ça va réactiver un des symboles du déclin aujourd'hui. Les Français sont très préoccupés par ce qu'est devenu leur pays. Et là aussi, il va y avoir un jeu. On passe de Jean-Luc Mélenchon plutôt au pôle central, qui va sans doute surjouer la dramatisation en disant « attention, si on n'a pas de budget, la dette va se renchérir, le pays est dans une situation extrêmement critique. » On ne peut pas se permettre de ne pas avoir de budget, mais en jouant un peu contre soi aussi, parce que ça résonne dans la tête de beaucoup de Français. En fait, vous êtes là depuis dix ans, donc la situation, nul ne peut se prévaloir de ses propres turpitudes, dit-on en latin parfois. Et donc voilà, il y a une limite aussi à cet argumentaire-là.
Il y a une question fondamentale dans ce budget. D'ailleurs, ça va être débattu dès cet après-midi du côté de l'Assemblée nationale. C'est la contribution de la France à l'Union européenne. Et on sait que le Rassemblement national, hier, présentait son contre-budget pour l'année 2027. Au RN, ils veulent baisser la contribution d'un peu plus de 11 milliards. Il faut savoir qu'aujourd'hui, la contribution de la France, en tout cas en 2027, l'objectif, c'était de la porter à 30 milliards. Et ces dernières semaines, on a eu... dans le débat politique, des petites piques, notamment du Rassemblement national envers Sébastien Lecornu, parce que, pour l'expliquer très simplement, il y a eu une amende qui a été infligée à Google par l'Union européenne d'un peu moins de 5 milliards d'euros, et Sébastien Lecornu a écrit à la présidence de la Commission européenne pour dire, peut-être... que ça vaut le coup que ces 5 milliards que l'Union européenne récupère, eh bien, ils puissent être répartis sur ce que donnent déjà les États européens, en fait, tout simplement pour baisser une partie de la contribution qui sera donnée par la France. Et du côté du RN, encore hier, on me le disait, j'étais à l'Assemblée nationale toute la journée, on me disait, mais en fait, Sébastien Lecornu, il est d'accord avec nous, il veut baisser la contribution de la France à l'Union européenne. Du côté de Matignon, on nous dit non, pas du tout, c'est juste une question de réutiliser ces 5 milliards. Et ça va être intéressant de voir les positions. Alors on sait que dans le bloc central sur la contribution de la France à l'Union européenne, il n'y a pas de débat. Mais ça sera intéressant de voir ce que diront dans l'hémicycle la France insoumise ou encore le Parti socialiste sur la question.
Elisabeth Pinot, là on parlait de ce budget et des négociations qui vont avoir lieu. Et on le disait, un des angles pour la gauche, c'est de faire contribuer les plus riches. Est-ce que... Par exemple, le gouvernement, on pourrait voir le retour de la taxe Zuckman dont on parlait l'année dernière. Est-ce qu'il pourrait avancer éventuellement sur ce sujet-là pour donner des gains du côté de la gauche et tenter d'avoir leur soutien ? Alors, ce ne sera pas dit comme ça. Ce ne sera pas
application de la taxe Zuckman. En tout cas,
taxer les plus riches.
En tout cas, il y a plusieurs points. Ne pas dépasser 5% de déficit. Ça, c'est extrêmement important. Déjà, c'est un signe. au marché, parce qu'en effet, la situation est quand même critique. Il y a eu cet avertissement du FMI ce matin. Et donc, ça, c'est un point sur lequel il ne faut pas bouger. Voilà, les 5% de déficit. Et ensuite, en effet, ce que réclame la France insoumise, et dans une moindre mesure, mais tout de même avec beaucoup d'aplomb, c'est le Parti socialiste, c'est de faire payer les plus riches, c'est-à-dire les grandes entreprises et les plus hauts patrimoines. Et ça, tant que Sébastien Lourdes... ne bougent pas sur cette question, ils ne bougeront pas. Ça, c'est vraiment un point important. Donc, on peut peut-être imaginer un dispositif, par exemple, les retraités les plus aisés pourraient participer. Ça serait peut-être... dans une moindre mesure les entreprises, parce qu'il faut financer aussi d'autres mesures. Sébastien Lecornu a dit qu'il allait sans doute lâcher du laisse pour les lycéens qui continuent de manifester. On sait que le carburant est une préoccupation immense pour une majorité de Français. Donc il va falloir en effet bouger les lignes, mais on ne va pas dire qu'on augmente les impôts. Ça a été un point sur tous les deux mandats d'Emmanuel Macron. on n'augmente pas les impôts. Mais en tout cas, à la marge, des avancées pourraient être obtenues, sans doute, par ceux qui souhaitent que les plus riches payent. Et d'ailleurs,
en commission, la gauche a obtenu, c'est que la commission, ça repart de zéro dans l'hémicycle, mais a obtenu, je regardais, la création d'une taxe sur l'utilisation des yachts de luxe et des navires de croisière. Il y avait aussi, du côté des socialistes, la volonté de taper plus fort, ou du moins d'aller chercher plus d'argent encore chez les géants du numérique, la taxation autour des géants du numérique. Tout ça, ça va être des débats dans l'hémicycle. Et à ce moment-là, ce sera intéressant aussi de voir la position du RN, parce que l'année dernière, certaines taxes avaient été votées, notamment grâce au RN.
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