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On est en ligne avec Olivier Guillotot, enseignant-chercheur en stratégie et en sciences politiques à INSEC Grande École. Merci beaucoup d'être avec nous. On a parlé avec Flore Simon de cette campagne où il y a eu du sang sur les murs à gauche, et aussi, on n'en a pas parlé, mais cette vidéo de Raphaël Glucksmann qui a filtré juste avant les débats. Est-ce que maintenant ça va rebattre les cartes ? Est-ce que tout le monde va se rallier derrière cette candidature de Raphaël Glucksmann à gauche ?
c'est la grande question. Ce qui est sûr, c'est que le plus dur commence. Et en ce qui concerne les ralliements, on a vu que c'était un petit milliard. Alors on peut penser qu'Olivier Faure était un peu sonné par ses résultats. Mais c'est vrai qu'il a tout de suite abordé des thèmes comme « Je serai avec les lycéens », alors qu'on sait que Raphaël Glucksmann était allé à des manifestations il y a quelques années. C'était fait un peu… Ouspillé, donc c'est peut-être pas son terrain. Il a dit Raphaël Glucksmann, cher Raphaël Glucksmann, pas cher Raphaël. Enfin, il y a eu comme ça des éléments de l'ambiage qui semblaient effectivement poser question. La réaction de Ségolène Royal aussi n'était pas incroyable. Et donc la vraie question, c'est est-ce qu'il va y avoir une dynamique ? Est-ce qu'il va y avoir un ralliement ? Comme le disait très bien Fleur, à 11 à 13%, s'il y a une dynamique sondagière, il va se retrouver assez proche finalement des intentions de Mélenchon. Et là, effectivement, on va voir que ça va être encore plus sauvage et brutal que ce qu'il a vécu. Et la question, c'est de savoir est-ce qu'il est capable de tenir la distance et d'avoir le cuir assez dur finalement pour résister à ce type d'attaque. Et ça, ça va être la grosse inconnue. pour finalement dégager une dynamique, on sent quand même qu'il répond à quelque chose, c'est-à-dire à toute une frange un peu de la gauche. qui est pro-européenne, qui est anti-mélenchoniste. Et là, ils vont avoir un point de référence assez clair avec Raphaël Glucksmann. Mais il faut qu'il crée quand même une adhésion, une dynamique qui lui permette aussi peut-être de se révéler comme le vote utile, justement. Il l'a été lors de la primaire. Mélenchon l'avait été il y a cinq ans au premier tour. S'il devient une sorte de vote utile concurrent à Mélenchon, là, ça va être quelque chose qui va se révéler vraiment intéressant.
En attendant, Jean-Luc Mélenchon a le vent en poupe. Il a rassemblé plus de 10 000 personnes hier en meeting à Clermont-Ferrand. Il a même fallu mettre de la foule dehors avec un écran géant pour pouvoir écouter son discours. Très peu de commentaires ou quasi pas pour la journée d'hier sur cette primaire à gauche. Il a préféré se concentrer sur le mouvement lycéen. Il a fustigé à nouveau notamment Parcoursup et promis de le supprimer s'il arrivait au pouvoir. Je propose de l'écouter.
ce mouvement est le cri qui annonce la fin d'une période dont ils ont été les victimes. Non, ce n'est pas par hasard ou par oubli ou par négligence que les établissements d'enseignement secondaire, de l'enseignement général et du professionnel se trouvent dans cet état, pour ne rien dire du premier degré. Cela a été organisé méthodiquement pendant plus de 15 ans.
Pour cet extrait du discours de Jean-Luc Mélenchon hier en meeting à Clermont-Ferrand, c'est un extrait, mais c'est vraiment la tendance de son discours. Il avait parlé des primaires de la gauche quand il était la veille à Gergovie. Hier, quasiment rien. On a l'impression, Flore, qu'il est en train de se mettre quasiment au-dessus du lot et de ne même pas évoquer cette primaire de la gauche.
Oui, Jean-Luc Mélenchon en surplomb. En fait, Jean-Luc Mélenchon voit que là, hier, notamment dans ce meeting, il essaye de continuer à surfer sur ce mouvement des lycéens. Mais c'est vrai que là, quand on regarde... Encore une fois, on est à 7 mois de l'élection présidentielle. Quand on regarde les sondages, Jean-Luc Mélenchon, il est devant Raphaël Glucksmann. Pour ce qui est de la gauche, il est en tête de la gauche. Donc c'est vrai que Raphaël Glucksmann, si vous voulez, il va falloir, dans les enjeux qui vont être pour lui là prochainement, il va aussi falloir qu'il fasse des propositions parce que sa seule opposition à Jean-Luc Mélenchon ne suffira pas finalement à créer une vraie dynamique. et à devenir le vote utile à gauche. Jean-Luc Mélenchon, il veut être ce vote utile à gauche. Lui, ce qu'il dit, c'est « à gauche, il y a moi et que moi ». Enfin, vous voyez, il n'y aura pas d'alliance avec l'FI. De toute façon, avec la ligne Raphaël Guzman, il n'en aura pas. Mais Jean-Luc Mélenchon, de toute façon, ne compte pas en faire. Et donc, lui, il continue à tracer sa route. En effet, vous le disiez, Damien, on l'a encore vu hier dans ce meeting à Clermont-Ferrand. pas parler de la primaire et pas parler des candidats de gauche, en surplomb de tout ça. Voilà, il trace sa route, Jean-Luc Mélenchon, fort aussi, de cette dynamique qu'on peut voir dans les intentions de vote. Encore une fois, on est à 7 mois de la présidentielle.
Olivier Guillotot, on voit cette gauche, toute tendance confondue, qui se déchire entre plusieurs branches. À droite, c'est pas mieux pour l'instant, en tout cas dans cette campagne, avec Edouard Philippe d'un côté, Gabriel Attal de l'autre. Le candidat Rotaillot qui ne sait pas encore s'il sera le candidat de l'ensemble de la droite ou non. Pour l'instant-là, l'extrême droite trace son chemin. Le Rassemblement National, malgré les enquêtes de Mediapart sur Jordan Bardella, se porte très bien dans les sondages.
tout à fait. Le socle, il est solide. C'est-à-dire qu'aujourd'hui, on ne voit pas comment le candidat du RN, que ce soit Marine Le Pen ou Jordan Bardella, puisse faire moins que 28-29%. Ils sont quand même entre 33 et 35. Et c'est vrai que forcément, le morcellement de la gauche et de la droite les aide, c'est-à-dire qu'il n'y a pas vraiment d'adversaire clair. Le seul, finalement, qui semble jusqu'à aujourd'hui faire le poids, c'était Mélenchon, aussi parce qu'il a cette expérience, il a ce vécu. On pense effectivement à Edouard Philippe, mais il faudra qu'il rassemble le camp au moins du centre s'il espérait vraiment faire le match. Et puis il y a ce nouveau paysage à gauche où finalement il y a maintenant deux pôles qui sont clairement identifiés, Mélenchon et Glucksmann, avec la question de savoir aussi ce que vont faire les écologistes, ce que vont faire les communistes. Pour le moment, ils partent sur une candidature. Est-ce qu'ils vont se rallier ? On a vu la réaction de Marine Tondelier qui était plutôt négative par rapport à Glucksmann. yannick jadot qui a parlé de révolution écologique il va quand même sur ce terrain et c'est vraiment ça qui va être intéressant de voir dans les jours et dans les semaines qui viennent et puis si on regarde du luxman c est ce qu'il va se révéler ce qu'il va fendre l'armure hier à la télé c'était intéressant parce qu'il a beaucoup utilisé le jeu c'est à dire qu'il s'est placé comme mon projet alors il demandait il appelait au rassemblement je pense que c'était c'était c'était C'était bien vu. Mais il a aussi utilisé le jeu. Et le jeu, c'est quelque chose qui est important dans une élection présidentielle française, qui est un vote pour une personne.
Merci. Merci beaucoup, Olivier Guillotot, de nous avoir éclairés ce matin. Merci beaucoup, Fleur Simon, pour ce décryptage politique.
Transcription automatique (Whisper + diarisation) — des erreurs d'attribution ou de transcription sont possibles. Vérifiez toujours avec la vidéo source horodatée.