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Bonjour Fabien Roussel. Bonjour
Céline Landreau.
Secrétaire nationale du Parti Communiste français. Vous aussi vous appelez les Français à se mobiliser samedi. Il y a un mois, vous assumiez vouloir ressusciter les Gilets jaunes. C'est toujours votre objectif
? C'est en fait, il y a énormément de... De Françaises, de Français qui aujourd'hui sont tout simplement en colère, qui n'en peuvent plus de ne pas pouvoir payer leurs factures, de voir les prix de l'essence qui continuent d'augmenter, d'entendre que le prix du gaz va encore augmenter, de voir les salaires gelés. Le gouvernement qui annonce le gel du point d'indice des fonctionnaires. Des retraités qui appellent à manifester aujourd'hui. Des professions tout entières qui se mobilisent. Je pense aux pompiers, je pense aux agriculteurs, je pense aux associations de solidarité qui se mobilisent aussi ce jeudi. Les Gilets
jaunes, Fabien Roussel, c'est aussi... 200 millions d'euros de dégâts pour les commerces, c'est des images qui ont choqué les Français. Vous craignez que cette forme de chaos revienne ? Vous savez,
je fais partie de ceux qui ne légitimeront jamais la violence et ne la légitiment pas parce que c'est ce qui fait le plus de mal à des mouvements revendicatifs. Donc je ne légitimerai jamais ça. En revanche, il faut entendre. cette colère qui bouillonne dans notre pays et qui fait que les gens n'en peuvent plus de travailler sans pouvoir autant vivre dignement et c'est pour cela que ce 17 octobre ce samedi toutes celles et ceux qui pourront se retrouver dans des rassemblements pour exprimer leur volonté d'avoir des prix qui soient bloqués, des salaires qui augmentent, des conditions de vie dignes, des lycéens et des lycéennes qui puissent apprendre dignement dans des lycées, tout cela, ça doit pouvoir converger. Il faut que le gouvernement l'entende, tout simplement.
Sur les revendications, justement, Fabien Roussel, on a le sentiment que chacun y met un peu ce qu'il veut. Les lycéens, donc vous l'avez évoqué, les pêcheurs, les routiers pour dénoncer les prix des carburants, les militants de la génération climat. On a vu Greta Thunberg sur un blocus de Saint-Denis hier, des gilets jaunes, donc l'insoumise. Mathilde Panot appelle aussi à commémorer le 17 octobre 1961 pour rendre hommage aux Algériens morts sous la répression policière. Ça fait beaucoup de colère, effectivement, mais pour demander quoi concrètement ?
Mais il y a quand même un mot d'ordre qui revient beaucoup. Il y a le mot dignité, une vie digne, vivre dignement. Il y a la question des salaires, la question de la vie chère, des factures qui augmentent et notamment les factures énergétiques. La question du prix de l'essence, du prix du gaz et de l'électricité à l'approche de l'hiver angoisse tout le monde. Comment on va payer nos factures ? Les salaires n'augmentent pas. Est-ce que l'on peut entendre aujourd'hui, les Français qui m'entendent le savent, que les salaires n'augmentent pas et que les travailleurs n'en peuvent pas ? Plus le gouvernement doit agir là-dessus. Il faut augmenter non seulement le SMIC, mais pouvoir augmenter l'ensemble des salaires. C'est pour cela que nous demandons, nous, le rétablissement de l'échelle mobile des salaires, c'est-à-dire que l'ensemble des salaires soit indexé ou sur le SMIC ou sur l'inflation, mais que l'ensemble des salaires augmente. Vous savez qu'aujourd'hui, il y a plusieurs dizaines... de branches professionnelles, dans lesquelles les salaires les plus bas sont en dessous du SMIC. Parce que justement, le SMIC augmente seul et pas les salaires qui sont au-dessous. Les fonctionnaires, il y a beaucoup de fonctionnaires qui sont en dessous du SMIC et les collectivités, l'État est obligé de verser une indemnité de rattrapage qui ne cotise même pas aux retraites. Et c'est pour cela que les retraites sont aussi basses, notamment pour les fonctionnaires. Vous
parlez des retraites des fonctionnaires, Fabien Roussel. Les lycéens ont découvert peut-être hier que près d'un tiers du budget de l'éducation. nationale servait en fait à financer les retraites des fonctionnaires. C'est quasiment la même chose à l'intérieur. Ces chiffres, ils n'étaient pas secrets, mais là, le gouvernement les a rassemblés, rendus plus lisibles. Qu'est-ce que vous y voyez-vous ? Un exercice de transparence ou un moyen de montrer aux Français qu'il va falloir changer les choses, que tout ça n'est pas tenable ?
Mais d'abord, ça montre une chose qui a été dit ce matin dans... Dans le reportage qui a été diffusé, que j'ai écouté, c'est que quand le budget des retraites de l'éducation nationale augmente, le budget de l'enseignement, c'est-à-dire l'argent consacré à l'étude de nos enfants, il baisse par rapport au PIB. Vous n'avez pas le sentiment qu'on néglige
cette jeunesse, qu'on lui fait payer des choix passés qu'on n'arrive pas à réorienter aujourd'hui
qu'est-ce que vous voulez ? Vous voulez qu'on baisse le... Les retraites des fonctionnaires de la fonction publique, des enseignants ? Vous voulez qu'on tape dans les retraites ? Vous voulez qu'on baisse les pensions ? C'est ce qui a été fait dans certains pays d'ailleurs, notamment des pays populistes où l'extrême droite est arrivée au pouvoir. Mais c'est impensable. Vous imaginez ceux qui ont travaillé toute leur vie. Qui ont cotisé toute leur vie. Ils ont droit à une pension digne. Et c'est ce qu'ils demandent. Or, les pensions, aujourd'hui, elles ne sont plus indexées sur l'inflation. Les pensions sont gelées. Le gouvernement veut taper encore plus dessus en faisant en sorte qu'au-dessus de 1 200 euros, ils ne soient pas indexés sur l'inflation et en supprimant l'abattement de 10 %. Les gens ont cotisé pour leur retraite. Ils ont le droit d'avoir une vie digne.
Et donc, qu'est-ce
qu'on va leur reprocher de vivre
?
de vivre plus longtemps. Mais vivre plus longtemps, c'est une chance. Et c'est donc à la société de prévoir le financement d'une retraite digne. Nous, on fait une proposition. On fait une proposition, c'est que justement sur les revenus financiers, les dividendes versés aux entreprises, il y ait une cotisation sociale qui vienne financer les retraites. On fait une autre proposition. La création de 1 million d'emplois dans le pays, c'est 1 million de salaires qui vont cotiser encore plus à notre système de retraite. C'est comme ça qu'on équilibre un système de retraite. C'est par l'emploi, c'est par la création de richesses. Et c'est un changement de société. Et c'est ce pour quoi je me bats à l'élection présidentielle. Vous êtes
candidat effectivement à la présidentielle, tout comme Jean-Luc Mélenchon, comme Raphaël Glucksmann. qui a remporté la primaire social-démocrate ce week-end. Vous êtes donnée à 2, parfois 3% des intentions de vote dans notre baromètre Toluna Harris Interactive. Vous êtes sûre qu'il y a de la place pour votre candidature aujourd'hui
Oui, parce que nous avons des projets différents. Nous sommes trois aujourd'hui à gauche. Jean-Luc Mélenchon, Raphaël Glucksmann, moi-même déclaré et prêt à aller jusqu'au bout de l'élection présidentielle. Nous sommes au début de l'élection présidentielle et je pense que nous avons des projets différents à trois. Les Français doivent avoir la liberté, une élection. C'est d'avoir la liberté de pouvoir choisir le programme dont on se sent le plus proche. Je pense qu'au contraire... On la renforce quand nous avons des programmes qui ont des sensibilités différentes. Par exemple, quand moi, je parle de travail, de création de richesses, de réindustrialisation de la France et de voitures.
Vous êtes caricaturé parfois votre gauche comme étant celle de la voiture du barbecue. Vous étiez au Mondial de l'Auto hier, Fabien Roussel. Vous plaidez pour une voiture électrique populaire produite en France à 10 000 euros. C'est presque déjà ce que promet Citroën avec ses deux chevaux.
Oui, je suis le seul candidat de gauche, effectivement, à me rendre au salon de l'automobile. J'en suis fier. Et on se bat, nous, pour produire en France un véhicule populaire, pas cher, électrique, tel que la 2 chevaux. Ce que je réclame, c'est que la 2 chevaux soit produite en France et proposée aux Français à moins de 10 000 euros ou 50 euros par mois. Pour l'instant, il est prévu
qu'elle soit construite en Italie.
Pour l'instant, je vais même vous dire, ce n'est pas clair. On ne sait pas. Et avec
certainement des matériaux, des moques chinois qui arrivent. Ils sont
en train, justement, de faire les études. Nous, nous disons que les aides publiques que l'État verse aux entreprises... doivent être ciblés et réservés à la production nationale. C'est-à-dire que les aides publiques aux constructeurs automobiles français doivent être réservées pour produire aux véhicules achetés, produits et assemblés en France. Intégralement. Pas en Europe, pas en France. En France. L'argent... L
'Italie, ça veut dire pas d'aide.
L'argent des Français doit servir à... subventionner les véhicules produits en France et notamment un véhicule électrique pas cher et populaire. C'est comme ça qu'on atteindra nos objectifs climatiques, mais aussi qu'on créera des emplois qui cotiseront pour notre système de retraite.
Merci Fabien Roussel.
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