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Samson, Eric Zemmour, merci beaucoup d'être avec nous ce soir sur le plateau de Face à l'Info. Ça vous fait quoi d'être avec nous ce soir ? Quelques souvenirs quand même ? Je suis toujours très ému quand je reviens
parmi vous et ça me rappelle des très bons souvenirs et je retrouve des amis donc ça me fait toujours plaisir.
Sur un strapontin, bon c'était la place de maquille. Mais ils l'ont renforcé parce
que...
C'était le 14 octobre 2019. Nous sommes le 13. Et jamais je n'oublierai ce jour-là.
Ah
mais c'est marqué dans ma chair. Nous avions des manifestants. C'était dans des conditions terribles. Tout ça pour la liberté d'expression.
C'est oublié tout ça.
Question, pas pour moi. Question ce soir, Éric Zemmour, lorsqu'on voit ce qui se passe sur le terrain, lorsqu'on voit la violence du chaos, ce chaos, lorsqu'on voit ces écoles brûler, lorsqu'on voit ces casses à l'intérieur des établissements scolaires, que faites-vous ? Que proposez-vous ? Vous, président de Reconquête, face à cette violence
? Si vous voulez, on a remarqué effectivement, ce n'est pas la première fois, ça fait des années qu'à l'occasion de chaque événement, que ce soit des célébrations de victoire au football ou des anniversaires des 14 juillet, des 31 décembre, etc. Il y a à chaque fois des brutalités, des violences, des brides. de glace, etc. Donc maintenant, on le sait. On a vu, d'ailleurs, dans ces manifestations lycéennes, que tout a commencé tout de suite par des lycées qui ont brûlé, des profs qui ont été agressés, caillassés, etc. Tout de suite, ça a commencé tout de suite comme ça. Je crois que la chercheuse, Mme Bergeau-Blacler, a parlé d'intifada. Donc c'est vous dire que, vous voyez, c'est pas rien. Donc qu'est-ce qu'on fait ? Vous avez raison, qu'est-ce qu'on fait ? Moi je pense que la France a un problème d'ordre, tout simplement d'ordre et de justice. Depuis des décennies, on a relâché les sanctions, on a été d'un laxisme coupable. sur la philosophie, le principe même de l'ordonnance de 45, qui distingue entre les jeunes et les adultes, et qui fait passer, qui privilégie l'éducation sur la répression pour ces jeunes. Moi, je crois qu'il faut en finir avec ça, car nous ne sommes plus en 45, nous n'avons plus les mêmes jeunes, entre guillemets. Donc ça, c'est vraiment des grands principes. Dans les mesures, c'est assez simple. Les jeunes, il faut en finir avec l'exception de minorité. Les juges pourront toujours décider qu'il y a effectivement une exception de minorité en l'espèce, mais sur le principe, il faut en finir avec ça. Il faut en finir également avec ce qu'a fait M. Dupont-Moretti, le code de justice des mineurs, qui distingue, vous savez, qui sépare de plusieurs mois entre le jugement et la sanction. C'est une stupidité. Bon, ça ne m'étonne pas de monsieur Dupond-Moretti, mais passons. Il faut au contraire présenter les jeunes et les faire sanctionner immédiatement, avec des comparutions immédiates. Et il faut également... fermer les centres éducatifs, fermer pour les remplacer, qui ne sont en fait que des centres aérés, pour les remplacer par des véritables prisons pour les jeunes. Et il faut enfin exiger des parents de payer des indemnités pour les dégâts qu'ont commis leur progéniture. Et il faut les faire prendre cet argent par huissier. Et ne jamais lâcher les parents de ces jeunes. Vous verrez qu'ils les garderont un peu plus à la maison. Pour tout le monde, pour les adultes et pour les jeunes, il faut... dans le cadre de ces manifestations, rétablir la loi anti-casseurs de 1970, qui prévoyait une responsabilité collective de ceux qui, voyant qu'il y a effectivement des agressions, tous ces mouvements, restent quand même. Ils sont donc responsables. C'est la loi anti-casseurs de 1970 qui a été supprimée par François Mitterrand en 1981 et qui prévoyait des peines de prison de trois mois à deux ans pour ces casseurs. Il faut également rétablir les peines planchées. Vous savez que les peines planchées existaient depuis Napoléon. Elles ont été également supprimées par François Mitterrand en 1981. Il faut donc rétablir ces peines planchées, il n'y a aucune raison de ne pas les rétablir et il faut supprimer le juge d'application des peines pour qu'il n'y ait plus de réduction des peines. Vous savez, la justice française a un problème majeur, c'est qu'il y a un énorme décalage entre la peine encourue, qui est dans le code pénal et qui est le plus souvent très sévère. La peine prononcée par le juge, déjà il y a une déperdition, et alors après la peine exécutée, alors là on ne sait plus exactement quelle fut la peine encourue. Donc il faut réduire cet écart-là. Et donc en faisant des peines planchées et en supprimant le juge d'application des peines, la peine exécutée colle beaucoup plus à la peine encourue et évidemment à la peine prononcée. Ça c'est vraiment, je dirais, la remise en ordre. de la justice française qui est nécessaire à la fois pour les adultes et pour les mineurs.
Revenir sur l'ordonnance de 45, l'exception de minorités, rétablir la loi anti-casseurs des années 70, fermer les centres éducatifs, exiger les parents
qui
puissent payer, rétablir les peines penchées ou encore supprimer le juge d'application des peines. Est-ce que selon vous, quand même, les revendications ne peuvent pas être entendues ? Parce que là, il y a quand même effectivement à la fois les casseurs, mais est-ce que les revendications ne sont pas légitimes pour eux ? Autant faut-il y voir que des casseurs ?
Non, vous avez raison, il n'y a pas que des casseurs, c'est évident. Je ne veux pas faire cette confusion trop facile pour être juste. Non, je dirais... Comment vous dire ça ? Je ne dis pas que les revendications, avoir des locaux qui ne soient pas trop chauffés ou trop froids, avoir des emplois du temps qui sont un peu mieux aménagés, ça m'a rajeuni. Parce que moi, déjà, quand j'étais adolescent, je me plaignais des emplois du temps qui étaient mal faits et qui nous donnaient des heures entières de permanence, comme on disait à l'époque, entre deux cours. Donc vous voyez, ce n'est pas nouveau. Pourtant, je ne suis vraiment pas jeune. Donc ces revendications, je dirais, syndicales. Ces revendications syndicales ne sont pas illégitimes. Mais enfin, franchement, je vais vous dire, Christine, ce que je pense profondément, parce que ça me hante depuis des années. J'ai eu des enfants, je sais très bien, je vois l'évolution de l'école. Le sujet qui devrait hanter tous les élèves, tous les parents et tous les responsables politiques. C'est l'effondrement du niveau scolaire de l'école française. C'est une honte et c'est une ignominie. Vous savez, on avait... Et sincèrement et sans cocorico ridicule, on avait sans doute la meilleure école du monde. Je me souviens quand j'étais jeune, j'avais une amie américaine à Sciences Po et je me moquais d'elle. Et je me moquais du niveau de l'éducation américaine. Et elle ne disait rien, elle me disait oui vous avez raison, vous avez une scolarité incroyablement bonne. Et nous on est obligés de rattraper tout après à l'université. C'est inouï d'où on vient et où on est arrivé. Vous savez... Tout le monde voit les classements PISA où on est derrière l'Albanie, la Turquie, enfin bon, pourquoi pas le Turkmenistan. C'est une honte. Je vais vous dire, moi j'ai vu d'autres chiffres qui sont encore plus angoissants que les classements PISA. Il y a un organisme qui s'appelle LEC, Lire, Écrire, Comter, qui fait des tests depuis 1987. On donne une dictée par exemple de 10 lignes, sans difficulté énorme, à des enfants de CM2 je crois. En 1987, Ceux qui faisaient plus de 15 fautes étaient de 30 à 35%. C'était les mauvais élèves, comme on disait jadis. Vous savez, aujourd'hui, ils sont 95% à faire plus de 15 fautes. La question est réglée. Ça touche même les bons élèves. Le même test. En 1987, ce que faisaient les 10% qui étaient les meilleurs élèves, aujourd'hui, ils ne sont plus que 1% à savoir faire ça. Donc vous voyez, c'est un effondrement général. C'est un effondrement qui est catastrophique, qui évidemment empêche la jeune génération de comprendre le monde, de comprendre ce qui lui arrive, et qui va, alors sur un plan plus global, ruiner notre pays, qui va ruiner son économie, qui va ruiner ses sciences, qui va ruiner... Nous étions le pays avec l'URSS à l'époque, qui était le pays qui avait le plus de médailles FILE, c'est-à-dire le prix Nobel de mathématiques. C'est fini tout ça. C'est inouï. Donc qu'est-ce qu'il faut faire ? En vérité, ce n'est pas compliqué, puisqu'on disait tout à l'heure qu'on avait la meilleure école du monde, on avait des méthodes qui nous avaient donné la meilleure école du monde, et ces méthodes-là... qu'on a jugé archaïque. Je me souviens de M. Bourdieu. J'ai eu en mémoire une émission d'apostrophe où M. Bourdieu faisait la leçon en disant que parler de dictée, d'orthographe, de calcul mental, c'était bon pour le XIXe siècle et que tout le monde était des débiles mentaux. Le résultat, c'est ça. C'est l'école aujourd'hui. Merci, M. Bourdieu. Donc, si vous voulez... Comment on fait aujourd'hui ? C'est très simple, mais je vous assure que c'est très simple. C'est effondrant. Les méthodes françaises qu'on a abandonnées, c'est-à-dire méthode syllabique pour apprendre à lire, le par cœur, les récitations, les dictées, le calcul mental. Certaines écoles
privées le font.
C'est exactement ce que j'allais vous dire. Et vous savez, pire que les écoles privées. D'autres pays ont adopté nos méthodes. Aujourd'hui, on admire Singapour. Et Singapour a adopté les méthodes françaises. Aujourd'hui, il y a des Marocains, des jeunes Marocains, très doués en mathématiques, qui rentrent à Polytechnique. Polytechnique en France, pas Polytechnique. Polytechnique en France. Pourquoi ? Parce que dans les années 80, ils ont conservé les méthodes du colonisateur français. On voit bien la différence d'ailleurs avec l'Algérie, qui dans les années 60 a arabisé son enseignement et a abandonné les méthodes françaises. C'est une catastrophe. Et le Maroc ? produit une élite tout à fait remarquable. Pourquoi ? Parce qu'ils ont conservé les méthodes françaises. Donc ça, c'est la première chose à faire, remettre les méthodes traditionnelles. Remettre également le français et les mathématiques comme matière principale avec des horaires supérieurs. On a perdu des... dizaines et des centaines d'heures en mathématiques et en français, au bénéfice du sport et des enseignements artistiques et de la propagande. J'adore le sport, j'en fais encore aujourd'hui. J'adore l'enseignement artistique. J'ai dit au bien de Évars. Oui, exactement. Vous avez tout à fait raison. Ça, c'est le pire. C'est la propagande et les heures consacrées à cela. Il faut se débarrasser de tout ça et mettre les mathématiques et les français avec des heures supplémentaires. Troisièmement, faut remettre la sélection à tous les étages. C'est-à-dire, vous rentrez en sixième, vous devez passer un examen, et si vous n'avez pas le niveau, vous savez aujourd'hui, la moitié des élèves français ne lit pas correctement. Ces enfants n'ont rien à voir en sixième. Après, vous arrivez en troisième, vous passez un examen pour passer en seconde. Après, vous allez au bac et là, vous repassez un véritable baccalauréat, pas une pochette surprise. Et un véritable baccalauréat, ça veut dire qu'on va réduire à peu près de moitié ceux qui ont le bac. Du coup, ils n'iront pas à l'université et... Tout simplement, ils n'ont pas le niveau pour aller en université. Et l'université croule sous le nombre avec des sections qui sont complètement inutiles et qui subiront un numerus clausus. Par exemple, moi, je suis favorable à un numerus clausus, non pas pour la médecine, mais pour la sociologie. Parce que franchement, si on avait une trentaine de sociologues par an, ça suffit largement. Largement. Et on n'a pas besoin. En revanche, on manque de CAP. Donc, à partir de la quatrième, il faudra pousser les enfants qui sont beaucoup plus doués pour ça. Il y a beaucoup plus d'enfants qui sont doués pour d'autres choses que les matières théoriques. Ce n'est pas une honte. Et c'est très bien comme ça. Et on en manque. Donc, il faudra favoriser cet enseignement-là. Enfin, quatrièmement, il faut rétablir la discipline. J'ai lu que l'école française était la pire en matière de discipline de tout l'Occident. C'est dans les statistiques. Les autres pays nous regardent avec des yeux ébahis. Les professeurs ne se font plus respecter quand ils ne se font pas taper, agresser, insulter, je vous en passe, et des meilleurs. Donc il faut rétablir la discipline, il faut sanctionner les élèves. qui sont des élèves violents, il faut les expulser et on n'est pas obligé de leur retrouver un établissement. L'obligation scolaire en France, ce n'est pas à l'État de trouver une école, c'est à l'enfant de trouver une école, en l'occurrence à ses parents. C'est très bien, ils se débrouilleront. Donc il faut absolument virer ses enfants, il faut donner beaucoup plus d'autonomie au chef d'établissement pour lui permettre justement de sanctionner et même, je vais vous dire... quitte à choquer certains, et même à choisir ses profs. Je pense qu'il faut enlever le choix et la désignation des professeurs dans les établissements à la rue de Grenelle et donc au syndicat pour les donner au chef d'établissement, qui aura une véritable autonomie et qui... Ça permettra ainsi d'avoir une équipe éducative cohérente. Les professeurs qui ne sont refusés là, ils seront acceptés là-bas. Et ça, je pense que c'est tout un ensemble qui permettra enfin de rétablir cette école française qui nous faisait gloire et qui aujourd'hui nous fait honte. Et je pense vraiment que c'est possible. On a des pays qui se sont rétablis. Les Anglais étaient aussi catastrophiques que nous, ils vont mieux. Je ne dis pas qu'ils sont venus au niveau du Japon et de la Corée du Sud, malheureusement, mais ils vont mieux. Donc c'est possible.
Et en fait, vous êtes en train de dire d'appliquer ce qui se passe dans une école privée. C'est-à-dire...
Dans
une école privée. Dans une école privée, oui. Mais d'ailleurs, c'est pour ça que les écoles privées
ont autant de succès. Voilà. Rétablir la discipline. Alors je vais vous dire, c'est bien que vous me posiez la question, parce que j'ai aussi, je pense aussi... Vous savez, il y a... Je fais vite. Il y a un accord qui date de 1992. A l'époque, c'est M. Lang qui était ministre de l'Éducation nationale et qui avait fait un accord avec l'enseignement catholique qui était dirigé à l'époque par le père Cloupé. Ça s'appelle les accords Lang-Cloupé. Ce n'est pas dans la loi, ce n'est pas officiel, mais c'était un accord de parole et qui a été respecté scrupuleusement par les deux partenaires. Qu'est-ce qu'il disait cet accord ? Il disait... sorte de yalta entre l'école publique et l'école privée. 80% pour l'école publique, je parle en nombre d'élèves évidemment, et 20% pour l'école privée. Moi je propose de... rompre ce yalta de l'école et de laisser librement l'école privée se développer. Si les parents veulent mettre à l'école privée. Pourquoi je fais ça ? Je fais ça parce que vous avez raison. Certaines écoles privées, malheureusement pas toutes, sont devenues... La dernière rempart des méthodes traditionnelles et des méthodes qui marchent. Et surtout, pense que, et c'est l'exemple d'ailleurs au 19e siècle en Vendée, entre l'enseignement catholique et l'enseignement public, l'enseignement laïque, la rivalité entre les deux a provoqué une émulation et du coup les deux écoles étaient bonnes. Et c'est ce qui a permis au XXe siècle, à la Bretagne et à la Vendée, de sortir d'un sous-développement chronique. C'était une des régions les plus pauvres de France depuis le Moyen-Âge et qui ont permis à cette région de se développer.
Je chronomète scrupuleusement votre temps de parole. Et je vous arrête parce que j'aimerais qu'on parle aussi de l'automobile. Je disais hier sur ce plateau qu'à l'ouverture du salon mondial de l'automobile, moi je me rappelle qu'il y a 7 ans, vous parliez justement de l'arrivée et vous annonciez l'arrivée de ce déclin, de cette désinstrualisation dans le secteur de l'automobile et l'arrivée des Chinois. Eh bien on y est. Comment vous analysez ? Je vais demain au salon de l'automobile.
Quand j'étais petit, mon père m'emmenait au salon de l'automobile parce que j'adorais l'automobile. Je faisais l'admiration de ma mère parce que j'avais 3-4 ans et je reconnaissais toutes les voitures qui passaient dans la rue. Je disais Simca 1000, DS19. Ma mère racontait ça, elle était très claire. On va revenir
à la 2 chevaux.
Donc, vraiment, j'adore ça, la bagnole, c'est vraiment un... J'aime pas spécialement conduire, mais je trouve ça que c'est un bel objet. Quand j'étais petit, je montais dans la déesse de mon père, j'en ai un souvenir, c'était magnifique.
Alors, vous aimez la voiture, et vous... Mais j'aime pas spécialement conduire, voyez la nuit, je
suis un peu compliqué, je reconnais, je suis un peu contradictoire, enfin... Comme disait Rousseau, il vaut mieux être un homme à paradoxe qu'à préjuger, n'est-ce pas, cher Mathieu ?
je continue. Mais le moment est crucial. On plaisante, mais vous avez raison. Le moment est grave. On a une BYD partout. Tout le monde va acheter une BYD, Éric
Zemmour. Je vais vous dire. Prenons quelques chiffres, vous allez comprendre la gravité du moment. On a quasiment, je parle sous le contrôle de marque, inventé l'automobile. France. Franchement, au début du XXe siècle, pardon. Voler la
première voiture en 1875, Le Mans-Paris en 18h. 75 contraventions. On a inventé l'automobile.
Et aujourd'hui, il nous reste un seul. constructeur indépendant Renault. Parce que bon, on nous raconte Peugeot, Citroën, mais en vérité, ils ont été avalés dans le grand conglomérat italo-américain qui s'appelle Stellantis. On fabrique aujourd'hui sur le sol de France 1 400 000 voitures, ce qui est, écoutez-moi bien, 3 fois moins qu'en 2000. Je ne vous parle pas de 1960. En 2000, 3 fois moins. Or, pendant le même temps, la production d'automobiles mondiales a doublé. Donc ça veut dire qu'on a perdu, on est réduit de 6 fois par rapport aux années, au début des années 2000. C'est une bérésina. On a deux problèmes qui sont distincts mais qui se cumulent pour nous les Français. On a d'abord un problème français, franco-français, qui touche toute l'industrie, c'est que nous ne sommes pas compétitifs. Nous sommes le seul pays qui est une industrie aussi faible, qui représente 10% du PIB, alors que l'Allemagne, l'Italie sont à 18-20%. Ils ont conservé une industrie, que l'Espagne est en train de nous rattraper avec un outil industriel de plus en plus développé, et qu'ils ont des excédents commerciaux. Donc il n'y a que nous. Ça c'est un premier problème. Pourquoi ? Parce qu'on a évidemment un problème de compétitivité, on a un problème d'impôt excessif et donc qu'il faut résoudre par une série de mesures de baisse d'impôt, suppression des impôts de production, réduction de l'IS en compensation de la suppression des niches fiscales, simplification du code du travail, simplification des procédures pour implanter les industries, etc. et le prix de l'énergie. qui est beaucoup trop excessif et donc on insiste sur le nucléaire. Vous voyez, je passe. Et on a le problème de la Chine. Alors là, il faut bien comprendre que là, en revanche, ce n'est pas un problème spécifiquement français. C'est-à-dire que les Allemands qui, pendant des années, ont fait les marioles et qui ont refusé tout protectionnisme contre les Chinois parce qu'ils vendaient eux-mêmes des voitures et des machines-outils aux Chinois, maintenant sont en train de se faire ravager par les Chinois. Pourquoi ? Le problème est simple. Le péché originel, c'est l'entrée en 2001 dans l'OMC de la Chine. C'est le péché originel. J'ai vu récemment que M. Lamy, Pascal Lamy, le socialiste qui dirigeait à l'époque l'OMC, a fait une espèce de méa culpa en disant « nous avons fait une erreur de parallaxe ». Alors là, je vais vous dire, je suis allé voir dans le dictionnaire parallaxe. Et même en regardant la définition, je n'ai toujours pas sûr d'avoir compris ce qu'ils voulaient dire. La vérité, c'est qu'ils ont fait une erreur, ah oui, mais un, d'arrogance. Ils étaient persuadés que les Chinois ne feraient jamais des voitures formidables, des avions, etc. Ils se contenteraient de faire des chaussettes et des t-shirts. Et deux, une erreur de naïveté avec un humanisme à la noix. Vous me faites signe que c'est pressé, donc je vais à l'essentiel. Qu'est-ce qu'il faut faire face à l'industrie chinoise qui n'est pas là, il faut bien comprendre quelque chose, qui n'est pas là pour commercer. Ricardo, ils s'en moquent complètement. Ils sont là pour écraser l'industrie occidentale et se venger du siècle des humiliations, comme ils disent, du 19e siècle où on les a colonisées. Donc ils font toujours la même chose, ils laissent... une énorme concurrence entre les entreprises chinoises. Aujourd'hui, il y a une centaine d'entreprises chinoises d'automobiles. Et après, ils subventionnent à mort pour qu'ils puissent vendre à bas prix et nous écraser. Donc qu'est-ce qu'il faut faire ? Un, droits de douane de au minimum 50%. Il faut faire comme Trump. Et deux, il faut supprimer la réglementation sur les automobiles électriques. par la Commission européenne qui veut qu'on supprime les moteurs thermiques en 2035, alors que les moteurs thermiques, c'est notre spécialité, l'industrie européenne, et que les moteurs électriques, c'est la spécialité des Chinois qui tiennent tout, les batteries, les terres rares, etc. Donc il faut absolument supprimer cette obligation, pouvoir refaire des moteurs thermiques, et... Mettre des droits de douane importants à la Trump. Sinon, dans 5 ans, il n'y a plus d'industrie automobile.
Merci Eric Zemmour. Restez avec nous parce que je chronomètre tout. Vous avez encore une minute. Non mais je vous la garde pour le mot de la fin de l'émission. Ne parlez plus, ne riez plus, ne respirez plus. Puisque tout est décompté. Je vous donne le mot de la fin dans un instant. On va faire la chronique de Mathieu Bocoté. On ira sur place pour voir comment ça se passe sur le terrain avec la mobilisation. Restez avec nous Eric Zemmour. La question que je vais vous poser à la fin. Je vous la pose déjà, réfléchissez, ne parlez pas. Avec tous les matins sur Europe 1, j'entends les Français. Ne parlez pas. Les Français qui pleurent, les Français qui souffrent, les Français qui ont faim, les Français qui ont peur. Je les entends à la radio. Ils appellent. Ils voient ce qui se passe sur le terrain. Ils ont peur. Qu'est-ce que vous leur dites ce soir ? Ça sera votre mot de la fin dans un instant. Mathieu Bocoté, on va écouter Richard Ferrand, la présidente du Conseil constitutionnel. Peut-être Jordan Bardella qui réagit à Richard Ferrand. Et ensuite, on attaque votre chronique.
l'appelle à respecter la constitution française et à respecter son devoir de réserve. Quand on est le président de l'une des cours les plus importantes de notre pays et de l'état de droit, on ne se comporte pas en petit militant du parti socialiste qui fait campagne contre un mouvement politique. Donc le peuple français a le droit d'être consulté par référendum.
Pourquoi il réagit comme ça ? Parce que Richard Ferrand a visé Marine Le Pen et le président du Conseil constitutionnel à fermer la porte à l'article 11 pour réviser la Constitution. Protéger les institutions peut-il conduire à neutraliser la volonté populaire ? Qu'est-ce qu'il faut comprendre concrètement de cela, Mathieu Beaucourt ?
Trois citations de Richard Ferrand. Je cite la première. Aujourd'hui, vouloir réformer la Constitution par l'article 11, ça n'existe pas. J'aimerais savoir à quoi faire référence aujourd'hui. Hier, oui. Aujourd'hui, non. On évolue, on avance. Il ajoute, l'article 89 est la seule voie pour réformer la Constitution. Tous mes prédécesseurs l'ont affirmé, réaffirmé. Laurent Fabius avant moi, Jean-Louis Debré également. Il n'y a pas de débat. Je ne savais pas qu'on était devant la Seine Trinité. C'est-à-dire, Ferrand, Fabius et Debré, ils l'ont dit, taisez-vous, il n'y a pas de question. Mais là, De Gaulle l'a quand même fait. Ça compte un peu le général De Gaulle. Alors voilà sa réponse. Le Conseil constitutionnel, il avait à peine 4 ans. à l'époque. C'était un bébé en croissance. Il avait rendu à ce qu'on avait un avis officieux pour dire au général de Gaulle que ce n'était pas conforme à la Constitution. Et il ajoute « n'est pas de Gaulle qui veut ». Alors, deux choses ici. Premier élément, il rappelle que le Conseil constitutionnel a étendu sans cesse ses pouvoirs au point de réclamer le statut d'une forme de despotisme éclairé qui vient encadrer la souveraineté populaire pour mieux la domestiquer. Donc, il nous dit ça fondamentalement. Le Conseil a auto-étendu ses pouvoirs et on doit se soumettre devant cela. Et ensuite, il nous dit, il n'est pas de Gaulle qui veut. Donc, il y a un principe d'arbitraire. De Gaulle, oui. Pas de Gaulle, non. Donc là, il faut comprendre, dès lors, nous sommes devant un président du conseil constitutionnel qui disait, selon le président, selon sa tronche, selon ses idées, selon le 18 juin ou non, on accepte tout non, dans une forme de statut discriminatoire singulier réservé aux fondateurs de la 5e. À travers cela, je dirais une chose, c'est tout simple, on en parle ici depuis quelques années. L'extrême centre cherche à verrouiller à tout prix les institutions, veut les bloquer pour que le jour où la souveraineté populaire pourrait porter le camp national au pouvoir, il faut l'empêcher d'appliquer son programme, il faut le neutraliser à ne pas faire une forme de coup de force juridique. À travers cela, Richard Ferrand peut-être, il fait de la politique, mais quand on fait de la politique, elle arrive qu'on perde.
Merci beaucoup Mathieu Bocoté. On va sur Place Vauban à Paris. Est-ce que la situation s'est calmée ? Un rappel qu'il y avait 41 500 manifestants à Paris. Place Vauban, un peu de résistance. Les forces de l'ordre ont appelé à la dispersion, mais les manifestants ne voulaient pas quitter la place. Où en est-on à l'heure qu'il est
bien écoutez Christine, là la situation est des plus calmes, c'est-à-dire que les manifestants se sont donc dispersés. Et on voit donc les forces de l'ordre qui commencent aussi également à quitter la place Vauban. Là nous avons donc les véhicules de gendarmerie qui sont en train donc de quitter cette avenue de Ségur. Et il y reste encore quand même quelques forces de l'ordre évidemment tout autour. Mais il n'y a plus de manifestants. Pendant près de deux heures, il y a eu des affrontements ici. On a commencé à voir une voiture qui était incendiée. Ces affrontements ont eu lieu à partir du moment où le cortège qui était parti de l'hôtel de ville a rejoint la place Vauban. Là, il y a eu plusieurs incidents. Il y a eu des poubelles qui ont brûlé, des voitures, beaucoup d'affrontements aussi avec les forces de l'ordre, des tirs de gaz. lacrymogène et puis c'était assez paradoxal parce que vous savez il y avait deux cortèges. Il y avait un cortège qui était parti de la place d'Italie, c'était l'intersyndicale, qui s'est quand même plutôt passé dans de très très bonnes conditions. Celui donc était parti de l'hôtel de ville, lui il y avait eu quand même beaucoup plus d'incidents, notamment des commerces qui ont été pillés et donc le point de crispation en fait a été ici place Vauban où beaucoup de manifestants donc ne... Ils ne pouvaient pas, donc ne voulaient pas partir. Et donc pendant plus de deux heures, il y a eu ces affrontements. Mais maintenant, le calme est revenu et la circulation reprend ici Place Vauban. Le calme est revenu.
Et je reviens vers vous dans un instant. D'abord la conclusion avec vous, Eric Zemont. Je veux absolument vous entendre sur la France. Cette France qui souffre. cette France qu'on n'entend pas
D'abord, chère Christine, je voulais dire tout le bien que je pense de l'édito de Mathieu Bocoté. Il aurait pu en faire beaucoup plus long s'il avait eu le temps, j'imagine. Mais je voudrais dire que la réaction de M. Bardella est absolument scandaleuse, qu'il a un cul d'acier, car c'est grâce au Rassemblement National et à l'abstention des députés du Rassemblement National que M. Ferrand a été désigné comme président du Conseil constitutionnel. Donc, ils n'ont que ce qu'ils méritent. Maintenant, pour la réponse à votre question, je dirais qu'il faut que j'aimerais que les Français comprennent qu'il n'y aura pas de solution individuelle, qu'il n'y aura qu'une solution collective, qu'on ne pourra pas se sauver dans le sud de la France ou à l'étranger, qu'il n'y aura qu'une solution collective, un redressement collectif et un sursaut du peuple français.
Merci beaucoup Éric Zemmour d'avoir été notre invité.
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