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Avec Mélenchon au lendemain de cette primaire, c'est le signe que pour lui c'est une mauvaise nouvelle ou pas du tout ? Comment il faut l'interpréter, ce silence ?
Normalement, Jean-Luc Mélenchon a toujours un mot aimable pour ses anciens camarades socialistes, dont il a coutume de dire en regardant cette ménagerie que le Parti socialiste est le seul zoo de France où les animaux se gardent eux-mêmes. Donc normalement, il est plus dans ce type de sarcasme. Mais je pense que si Jean-Luc Mélenchon ne réagit pas, ce n'est pas parce qu'il se satisfait du fait qu'au fond, Raphaël Luxemann lui libère le champ gauche et qu'il se tourne vers le centre. Il fait la gueule encore, Guxman. Bah
non, bah je sais pas, il gagne, il y a un score soviétique, il revient avec de la farine, du riz. C
'est super, quoi. Un peu de sauce tomate et il peut faire des arancinées, le mec. Bah oui, et... Attends, il rentre avec le repas. Et la victoire ?
Léa, elle devait être
à vie. Les pieds sous la table. Faut arrêter de se plaindre tout le temps. Ça m'a immodé.
Ni espérance, ni rêve, ni fantasme. C'est dur. Vraiment, pour celles et ceux qui l'ont écouté hier, voire ce matin à la radio, c'est vraiment la pensée du vide. Alors ne parlons pas du charisme. Le charisme, vraiment, n'importe qui pourrait faire mieux à sa place. N'importe quel étudiant en L1 à Sciences Po pourrait faire mieux à sa place. Vous êtes dur là. Non mais réellement, le charisme. Et quand je parle de pensée du vide, où on disait au moins c'est clair avec lui, je ne sais pas ce qu'il propose.
Une étape a donc été franchie hier pour Raphaël Luxman. Mais enfin, c'est pas gagné. Ah oui,
dans le dernier sondage Toluna Harris Interactive publié ce matin, Raphaël Glucksmann est crédité de 10 à 11% d'attention de vote en 2027 selon les scénarios. Loin derrière Jean-Luc Mélenchon autour de 18% ou bien Edouard Philippe autour de 17%. Mais ce sondage a été réalisé avant les résultats de la primaire qui sont tombés hier soir. On verra si sa victoire dès le premier tour lui permet d'enclencher une dynamique. Pour cela, il va falloir rassembler, à commencer par ses concurrents à la primaire. Ça ne semble pas vraiment gagner. Nous les
avons pliés, et nous les plierons à nouveau. Une phrase, lancée en pleine primaire socialiste par Raphaël Glucksmann, et voilà toute une rivalité résumée en une image, celle d'un homme qu'on plie, qu'on soumet, qu'on efface. Elle vise directement Jean-Luc Mélenchon, l'homme qui domine la gauche française depuis plus de dix ans, celui que tous ses adversaires tentent de dépasser sans jamais vraiment y parvenir. Et la réponse qui va suivre va surprendre tout le monde, parce qu'au lieu de la colère qu'on attendait, c'est l'aisance d'un homme habitué au combat qui s'exprime.
Le gars il vient me dire à l'instant que son but c'est de me plier, il pourrait me dire de le battre, nous allons l'emporter car nos idées sont merveilleuses et les siennes détestables. Non, plier, ce qu'il veut c'est me plier.
Votre candidature c'est donc un classique et pourtant elle fait réagir à chaque fois encore plus j'ai l'impression cette fois-ci. On va écouter la réplique du jour, c'est Raphaël Glucksmann.
La vérité, c'est que la dernière fois qu'il y a eu une confrontation avec la France insoumise dans une élection nationale, nous les avons pliées et nous les plierons à nouveau parce qu'une écrasante majorité des électrices et des électeurs de gauche ne veulent pas de cette fracturation permanente de la société.
Est-ce que Raphaël Luxman,
il va vous plier ou pas ? Il va essayer, c'est bien, je l'encourage à essayer de le faire. Et surtout à répéter cette formule parce qu'elle stimule le débat intellectuel dans notre pays. Vous êtes ironique
là
? Non, pas du tout. Et je trouve qu'en faisant ça, il aide les insoumis qui hésitent ou qui, ah encore, à y aller. Si vous ne voulez pas que je sois plié, comme il dit, il faut venir aider. Il ne faut pas se contenter de regarder en attendant si oui ou non, le jour du vote, vous irez. Donc la campagne électorale, c'est le début de l'exercice du pouvoir. C'est-à-dire... Vous avez tous, les amis, à convaincre autour de vous. Vous avez entendu son but, il veut nous plier. Bon, voilà. Après, et en plus, c'est bien, il faut qu'il continue comme ça. Parce que, mais oui, je vais vous dire, pareil, tous ces gens répètent des éléments de langage. Alors, A, Mélenchon est le plus détesté. Alors, il n'y a aucun sondage qui ait dit ça. Et maintenant, quand on regarde les sondages, ils disent le contraire. Mais peu importe, continuez à dire ça. Parce que tout le monde sait que vous mentez. Ensuite, tous, ils disent, oui, il faut avoir le sens de la nuance, cet homme est brutal. vous en avez plusieurs dans le même registre, le sens de la nuance et le refus de la brutalisation du débat. Le gars il vient de dire à l'instant que son but c'est de me plier, il pourrait me dire de le battre, nous allons l'emporter car nos idées sont merveilleuses et les siennes détestables. Non, plier, ce qu'il veut c'est me plier. Alors la violence c'est eux, c'est lui qui dit ça, c'est l'autre qui dit que deux mots sont incompatibles avec moi, dignité et crédibilité, c'est l'autre encore lui-même, Luc Kerman, qui me traite d'agent de l'extrême droite, ça c'est la nuance et c'est la
Pour comprendre cette phrase, il faut revenir à ce qui la précède, et à ce qu'elle révèle de la stratégie de Glucksmann. Il ne s'est pas présenté comme un candidat de plus parmi d'autres. Lors de la primaire socialiste, il pose une condition qui va structurer toute sa campagne, presque jusqu'à l'obsession. « Si je gagne cette primaire, dit-il, il n'y aura plus jamais d'accord avec la France insoumise. » Une ligne rouge absolue, posée avant même le premier débat. Il justifie cette rupture par des accusations précises, presque une liste de charges, la gauche française, selon lui, ne doit pas plier devant des dictateurs, ne doit pas faire de blagues sur les non-juifs en meeting, et doit, surtout, arrêter d'avoir peur de Jean-Luc
Mélenchon. Si je gagne cette primaire... eh bien, il n'y aura plus jamais d'accord avec Jean-Luc Mélenchon. Mais le Parti Socialiste ne
vous a donné aucun engagement pour l'instant. Tout le monde ne semble pas
être d'accord au sein du Parti Socialiste sur cette ligne. Mais moi, je vous le dis, la seule manière pour la gauche de revenir au pouvoir, c'est d'être absolument clair. La gauche française, eh bien, elle ne se prosterne pas devant les dictateurs. Elle ne fait pas des jeux sur les non-juifs dans les meetings. Elle ne fracture pas en permanence la société en surfant sur les fièvres identitaires. Et je vais vous le dire, il faut...
ce n'est pas un moment isolé, un dérapage de meetings qu'on pourrait vite oublier. Dans une autre version de ce même discours, Glucksmann répète presque mot pour mot cette ligne devant un public différent, preuve qu'il en a fait l'argument central, répété volontairement, martelé, de toute sa candidature. Ce n'est pas une improvisation. C'est une stratégie de communication construite pour qu'une seule phrase domine toute la couverture médiatique de sa campagne.
Votre condition, c'est toujours aucune alliance avec la France insoumise. Est-ce que le Parti socialiste a pris très clairement, fermement, un engagement à ce sujet
je suis extrêmement clair. Si je gagne cette primaire... Eh bien, il n'y aura plus jamais d'accord avec... Mais le Parti Socialiste ne
vous a donné aucun engagement pour l'instant ? Tout le monde ne semble pas
être d'accord au sein du Parti Socialiste sur cette ligne. Mais moi, je vous le dis, la seule manière pour la gauche de revenir au pouvoir, c'est d'être absolument clair. La gauche française, eh bien, elle ne se prosterne pas devant les dictateurs.
Il dit qu'il ne faut pas se prosterner devant les dictateurs. Mais lui, qu'est-ce qu'il a fait au Géorgie déjà ? J'ai un trou de mémoire. Quelqu'un peut me rappeler ? Zéro programme, comme le reste de la gauche. même pas compte qu'en faisant ça, il dégoûte juste les électeurs de LFI à voter pour lui-même en cas de présence miracle au second tour. Glucksmann est loin d'être de gauche, comme on l'a répété à de nombreuses reprises.
Petite pause. Si vous voulez comprendre jusqu'où va cette rivalité, abonnez-vous maintenant, ça prend une seconde. On continue, parce que la réplique de Mélenchon, elle, ne s'est pas fait attendre et elle change complètement le ton de l'affrontement. Interrogé directement sur cette déclaration, dans l'émission Personnage Principal sur Radio Nova, Mélenchon choisit un ton presque joueur, presque paternaliste. « Il va essayer, c'est bien », répond-il, « je l'encourage à essayer de le faire ». Puis il ajoute, avec cette ironie qui est devenue sa marque de fabrique depuis des années, que cette formule stimule au moins le débat intellectuel dans le pays. Une façon de désarmer l'attaque sans jamais paraître sur la défensive. Mais derrière l'ironie, le ton change rapidement, et l'offensive devient frontale. Il reproche à Glucksmann de se présenter comme l'homme de la nuance, de la mesure, du débat apaisé, tout en employant, dans la même respiration, un vocabulaire qui parle de plier l'adversaire. Pour Mélenchon, la contradiction est totale, presque une faute politique. Et il la résume en une formule qui va circuler largement. La violence, c'est eux.
Et la vérité, c'est que la dernière fois qu'il y a eu une confrontation avec la France insoumise dans une élection nationale, nous les avons pliées. Et nous les plierons à nouveau. Jean-Luc Mélenchon est devenu une sorte d'agent électoral de l'extrême droite.
Si Luxman veut plier Mélenchon, est-ce que Raphaël Luxman, il va vous plier ou pas ?
Il va essayer, c'est bien, je l'encourage à essayer de le faire. Et surtout à répéter cette formule parce qu'elle stimule le débat intellectuel dans notre pays. Et
un autre commentateur, en relayant ce même échange, résume la scène d'une formule encore plus légère, presque moqueuse. Il suffirait, dit-il avec ironie, de plier le bulletin de vote avant de le glisser dans l'enveloppe. Une manière, par l'humour, de retourner complètement le mot employé par Glucksmann, de le vider de sa charge menaçante pour n'en garder que le sens le plus littéral, le plus inoffensif. C'est exactement le genre de retournement qui profite à Mélenchon transformer une attaque sérieuse en sujet de plaisanterie collective.
Raphaël Luxman qui dit « moi je plierai la France insoumise ».
La dernière fois qu'il y a eu une confrontation avec la France insoumise, nous les avons pliés et nous les plierons à nouveau. Il a raison, il faut faire une chose très simple, vous prenez le bulletin de vote Jean-Luc Mélenchon, vous le pliez avant de le mettre dans l'urne. C'est
comme ça que vous l'entendez ?
Bah oui, il faut plier le bulletin avant de le mettre dans l'enveloppe, sinon il ne rentre pas.
Mélenchon, de son côté. ne découvre évidemment pas cette bataille d'images. Cela fait des années qu'il l'amène, et il semble même, par moments, s'en amuser ouvertement. Face à la caméra, il énumère lui-même les étiquettes qu'on lui colle depuis des années, comme s'il récitait une liste qu'il connaît par cœur, agent de la CIA, sarkoziste, macron.
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