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Cette mobilisation des lycéens, on va retrouver tout de suite Hugo Smac, vous êtes dans le cortège, vous êtes aux côtés de Sophie Binet.
'est ça tout à fait, je suis avec Sophie Binet, du coup la secrétaire générale de la CGT. Alors ce qu'on remarque aujourd'hui quand même dans cette manifestation, c'est qu'il y a de plus en plus de corps de métier qui rejoignent le mouvement, on a l'impression. Est-ce que vous le confirmez
Oui tout à fait, chaque jour la mobilisation s'élargit. Aujourd'hui il y a plus de grévistes que la semaine dernière. Donc il y a une plus forte mobilisation des professionnels de l'éducation, notamment dans les lycées bien sûr, mais aussi dans les universités. C'est aussi des ADSEM qui sont là, des assistants d'éducation qui sont mobilisés également. Et puis plus largement, des travailleurs et des travailleuses. Nous avons appelé à la grève pour que toutes celles et ceux qui souhaitent se joindre puissent le faire, en solidarité avec les lycéens et les lycéennes, mais aussi sur leur revendication d'augmentation des salaires. En fait, cette mobilisation, elle est le symbole de... du bilan de 10 ans de macronisme. Tout le monde partage une colère immense et là on est au bord de la rupture et donc il faut répondre aux revendications d'urgence pour donner les moyens à nos services publics de fonctionner, pour que les travailleurs et les travailleuses puissent boucler leur fin de mois et pour que les jeunes cessent d'être traités comme ils le sont aujourd'hui.
Ici, on est dans le cortège principal de la manifestation, celui qui a été officialisé en premier. Il y en a également un deuxième qui n'était pas officiel, qui finalement a été autorisé. Qu'est-ce que vous, vous en pensez, en tant qu'organisation syndicale, de ce deuxième cortège qui se fait en dehors des organisations syndicales ?
Le point très important, c'est que tous les cortèges se rejoignent et que ce deuxième cortège va rejoindre le premier. C'est ça qui compte, la mobilisation, elle part de partout. Moi, ce sur quoi je veux insister, c'est qu'aujourd'hui, le jour de manifestation n'est pas choisi. Aujourd'hui, le budget arrive à l'Assemblée nationale. Ce budget, c'est une catastrophe pour notre jeunesse. Il prévoit, au bout de quatre ans, un nouveau gel des bourses. Il prévoit 200 millions d'euros d'économies sur le budget de nos universités, 1 588 suppressions de postes d'enseignants et d'enseignantes, la coupe dans les budgets de transition environnementale. Ce budget, il prévoit aussi des sacrifices violents pour les travailleurs et les travailleuses. Par exemple, s'il était adopté, les travailleurs auraient un reste à charge de... 300 euros pour pouvoir se former et utiliser le CPF.
Justement, aujourd'hui, ce mouvement, à la base, il est quand même lycéen. On voit les organisations syndicales maintenant qui l'ont rejoint. Est-ce que finalement, on ne perd pas un peu les bases de ce mouvement qui d'ailleurs, on le voit aujourd'hui, beaucoup de lycées sont ouverts, il y en a très peu qui sont encore bloqués. Est-ce que finalement, on ne dilue pas aussi ce mouvement
Non, les revendications des lycéens, lycéennes et étudiants, étudiantes sont très claires. Elles reposent sur deux points. Il faut des moyens pour les lycées et les universités. Deux, il faut supprimer Parcoursup. Et donc c'est là-dessus que le gouvernement doit répondre, et ça se passe notamment dans le projet de budget. Parce que 200 millions d'euros de coupes dans le budget des universités, ça veut dire la fermeture de nouvelles places l'année prochaine pour les étudiants et étudiantes, alors que depuis deux ans, 30 000 places ont été fermées. Actuellement, dans ce budget, est prévu le gel des bourses étudiantes, le gel des allocations logements, et l'exclusion de dizaines de milliers d'étudiants qui n'auraient plus accès aux allocations logements l'année prochaine si ce budget était... Donc les revendications sont très claires et moi j'ai un message à passer au gouvernement. La mobilisation ne s'arrêtera pas tant qu'il n'aura pas répondu aux revendications. Il y a déjà des nouveaux rendez-vous qui sont fixés. Justement,
est-ce qu'aujourd'hui pour vous, c'est ma dernière question, mais est-ce que c'est une répétition générale pour le 17 octobre ?
chaque journée est une nouvelle étape. Le 17 octobre en sera une supplémentaire. D'ores et déjà, les organisations syndicales ont pris leurs responsabilités et appellent à une grande journée de grève, de manifestation et de convergence. Le 5 novembre prochain, à la reprise des vacances, nous appelons... l'ensemble des salariés, du public, du privé, les retraités, les jeunes à se mettre en grève, à manifester pour faire entendre leurs revendications pour des augmentations de salaires, des mesures contre la vie chère, une révision en profondeur de ce budget pour qu'on arrête de faire les poches des travailleurs et des travailleuses, des moyens pour nos services publics et la fin de Parcoursup.
Merci beaucoup d'avoir été avec nous Sophie Binet. Les principales organisations syndicales qui sont à la tête de ce cortège, il y a évidemment la CGT, la Force Ouvrière, la CFDT également, qui y sont présents et tous se dirigent pour le moment vers l'hôtel des Invalides.
Merci beaucoup Hugo Smag d'avoir été avec nous. On vous retrouve évidemment tout au long de l'après-midi. Merci à Sophie Binet. Serge Simineau, on entend à l'instant Sophie Binet, secrétaire générale de la CGT, qui appelle à une grande journée de grève le 5 novembre, c'est-à-dire au retour des vacances scolaires. La mobilisation va continuer tant que le gouvernement ne répond pas. Tout à l'heure, on entendait aussi ce professeur dans le cortège qui disait que ça devait se poursuivre et que le gouvernement semblait jouer la montre. Quelle peut être la réponse de l'exécutif, que ce soit gouvernement ou même est-ce qu'à un moment donné, c'est Emmanuel Macron qui va devoir reprendre la main ? Est-ce que c'est ça qui peut permettre de calmer les choses ?
Avec autant de questions, c'est difficile de prévoir, mais clairement, le narratif du 5 novembre, on connaissait cette date, sauf que c'est la nature même des mouvements qui change. L'agenda de Madame Binet et d'autres organisations syndicales, c'est celui de la répétition des mouvements, et bien évidemment déjà d'enjamber les vacances scolaires, puisque c'est fait dans le cadre d'une mobilisation lycéenne et étudiante. Donc ça, ces agendas-là, on les connaît, ils ne sont pas plus tournés contre M. Lecornu que... contre ses prédécesseurs, mais il y a la volonté pour Sophie Binet à la fois de mettre la pression sur le côté interprofessionnel, on le disait, par rapport à la vie de chair, par rapport à tout un tas de problèmes, mais c'est aussi une volonté d'accompagner pour ces mouvements-là la fin du macronisme. Ça a d'ailleurs été clairement dit par un certain nombre et de syndicats étudiants et de syndicats lycéens, mais aussi des syndicats de salariés et des travailleurs, comme on dit. C'est comme ça. Et donc ces agendas-là, ils se percutent. Après le 17 octobre, il est venu un peu s'ajouter à ça et on verra. Quelle est la nature de ce mouvement ? Après, la pression sur le gouvernement, sur le président de la République, elle est claire. Mais on sait aussi, et c'est un peu la difficulté du mouvement social de s'organiser, c'est qu'un certain nombre de questions posées ne seront pas forcément... Les réponses n'arriveront pas par ce gouvernement-là, parce qu'il y a un autre agenda. Alors il y a certes celui du budget, il est important, et les revendications, les 10 revendications des lycéens et des étudiants... porte aussi en partie sur le budget, mais il y a surtout le calendrier de la présidentielle et de ce gouvernement. On ne sait pas déjà s'il va aller à la fin de l'année parce qu'il se peut qu'il y ait une censure, et on verra si derrière il y a des solutions ou pas. C'est un autre sujet, je ferme la parenthèse même si elle m'intéresse. Et puis il y a donc bien évidemment les débats de la présidentielle. Et Sébastien Lecornu... qui dit ne pas avoir d'agenda présidentiel, je veux bien le croire, dit clairement qu'un certain nombre de sujets seront tranchés par la présidentielle. Donc tous ces agendas-là se percutent et bien évidemment le mouvement social continue à fixer ses jalons le prochain. Il y a le 17 octobre, mais Sophie Binet l'a dit, le principal pour elle, c'est plutôt le 5 novembre.
Arnaud Stéphane, effectivement, quelle peut être la réponse ? Un appel, il y a ce mouvement du 17 octobre, puis là un appel à une grande journée de grève, mobilisation sociale le 5 novembre, après les vacances de la Toussaint. Mais on le disait, là il y a la question du budget 2027. Mais la perspective et le contexte, c'est qu'il y a cette campagne électorale et que les grands dangereux seront sûrement réglés pendant la campagne et au moment du vote pour la présidentielle.
Ça s'appelle des options fermées. Voilà, ça s'appelle comme ça. C'est-à-dire que vous avez un gouvernement qui sait déjà qu'il va être extrêmement difficile de faire voter le budget dans le cadre qu'il souhaite, c'est-à-dire en maintenant les 5%, mais sans vraiment faire d'efforts financiers, tout en faisant que tout le monde n'y perde pas, mais en y perdant quand même un petit peu. Donc ça c'est une espèce d'alchimie qui est en train de se passer, enfin des mauvais alchimistes, qui sont en train de se passer à... En ce moment, l'Assemblée nationale, puis il faudra que ça aille au Sénat, puis il faudra que ça revienne et que tout le monde soit d'accord. Donc ça, c'est l'enjeu
des prochaines semaines. Oui, mais ça, c'est
déterminant. Parce que vous avez en même temps la France qui a de plus en plus de problèmes à emprunter sur les marchés internationaux. Si vous envoyez des messages en disant on va laisser filer la dette et de toute façon, ce budget va exploser parce qu'on va donner à tout le monde, vous faites passer des messages complètement contradictoires. Voilà. Alors en même temps... Ils savent que de toute façon c'est cuit pour eux, donc ils vont essayer au mieux de tenir, je suis d'accord avec vous, sur le fait qu'ils savent que leur date de péremption peut arriver extrêmement rapidement et que peut-être le budget sera le dernier acte, pour reprendre la terminologie de nos amis étudiants. Donc vous n'avez pas de solution. Et c'est bien ça le problème. Manifestation 17,
mobilisation le 5 novembre, c'est-à-dire que ça peut durer tout l'hiver ?
Mais bien sûr, mais évidemment, puisque de toute façon, au bout d'un moment, l'objectif, la réponse ne peut pas être politique de la part du gouvernement. En revanche, la question peut être extrêmement politique de la part de ceux qui commencent à demander un certain nombre de choses, c'est-à-dire... En vérité, la fin du macronisme et le passage éventuellement à autre chose, c'est-à-dire de dépasser cette espèce de république post-libérale mondialiste et qui se base uniquement sur la financiarisation des échanges économiques et sociaux. Donc évidemment, vous avez des convergences d'un côté social et puis de l'autre côté, vous avez quand même des blocs. politiques qui n'ont absolument pas les mêmes intérêts. Voilà, c'est tout. Et là-dessus, vous avez une élection présidentielle dont on a à peu près le scénario qui se dessine et qui n'est pas non plus véritablement dans la droite ligne des manifestations d'aujourd'hui.
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