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7h, 9h, Europe
1 Matin. Et place à votre signature du mardi. Bonjour Gélie Bastier. Bonjour
à tous. Je
vous remercie ce matin sur les propos tenus par Jean-Luc Mélenchon ce week-end lors de son grand meeting de Clermont-Ferrand.
Oui, je n'aurai pas assez de 3 minutes pour passer en revue toutes les promesses délirantes faites par le candidat de la France Insoumise. De l'annulation pure et simple de la dette à la retraite à 60 ans en passant par le droit de vote à 16 ans. Mais je voudrais m'attarder sur une proposition qu'il a faite sur l'agriculture biologique.
Qui va faire cette agriculture, les gens ? Il y avait 7 millions de paysans à la fin de la dernière guerre. Il va falloir recruter, selon les dires de la Confédération paysanne, 400 000 personnes !
Eh oui, Mélenchon veut donc trouver 400 000 paysans pour trimer au champ. En voulant rebâtir les Colcos à la française, il ne fait que s'inscrire dans la fière tradition du socialisme réel. Je rappelle que les trois exemples de pays ayant pratiqué un retour massif à la terre... sont la Chine de Mao dans les années 70, où 17 millions de jeunes urbains ont été envoyés dans les campagnes, le Cambodge de Pol Pot, où les Khmer Rouges ont envoyé 2 millions de citadins au champ, ou le Zimbabwe de Mugabe, où les terres agricoles ont été redistribuées à coup d'expropriation. Trois exemples de dictature, vous noterez. Dans tous les autres pays, la tendance est à la diminution des paysans à travers des gains de productivité d'une agriculture développée.
Est-ce que c'est forcément une mauvaise idée de vous la retourner à une agriculture plus locale, plus saine, plus paysanne ?
Écoutez, pourquoi pas ? Mais il faut en payer le prix. C'est vrai que le retour au champ pourrait être la solution à la suppression de parcours sub par ailleurs proposé par Mélenchon. Il pourrait envoyer dans les campagnes tout le précariat diplômé qui vote pour lui, veut manger bio, mais ne veut surtout pas mettre un doigt dans la terre et préfère faire un doctorat en sociologie plutôt que de trimer. Par ailleurs, ça me fait doucement rire de voir Mélenchon proposer aux jeunes de devenir paysans tout en les soutenant lorsque ceux-ci se plaignent de se lever trop tôt ou d'avoir trop de travail au lycée. Mélenchon veut remettre les Français dans les champs tout en leur promettant de travailler moins et de partir plus tôt à la retraite et d'avoir une sixième semaine de congés payés et en plus bien sûr des prix bas pour le consommateur. C'est une contradiction insoutenable. On ne peut pas vouloir en même temps la décroissance et une extension sans limite de l'État-providence. L'État-providence a été financé par une croissance très forte et une économie moderne à haute productivité. Un paysan ne prend pas de vacances, il n'est pas aux 35 heures. On ne peut pas vouloir le beurre, l'argent du beurre et le cul du fermier.
Certes, mais vous oubliez quand même la grande promesse aussi de Jean-Luc Mélenchon pour financer tout cela, les milliards d'économies réalisées sur la santé.
Bien sûr, il fallait y penser. Une agriculture biologique est donc saine, ce seront des milliards d'économies sur le diabète et les cancers. Ben voyons, les scientifiques ont rêvé, Mélenchon a trouvé le remède miracle contre le diabète et le cancer, l'agriculture biologique. Dommage que la science soit autrement plus prudente et que les principaux facteurs de risque évitables pour le cancer restent le tabac et l'alcool, bien loin des promesses du bio. Quant au diabète, les deux principaux facteurs sont le surpoids, la sédentarité et une alimentation déséquilibrée. Pour annoncer des milliards d'économies, encore faudrait-il chiffrer les maladies évitables, le calendrier des bénéfices sanitaires, ce qui pourrait prendre des décennies à se manifester. Mais Jean-Luc Mélenchon ne s'embarrasse pas de telles subtilités. Avec lui, tout ira bien. Il nous promet un remake de la petite maison dans la prairie avec l'argent du contribuable. Tous au champ avec le père Jean-Luc.
On demande aux paysans le temps qu'il fera demain. On ne va pas leur demander que le temps. Pénabar, pour clore votre chronique Eugénie Bastier, merci à vous. 8h42, dans un instant, reste avec nous la revue de presse d'Olivier Delagarde et Pascal Praud. A tout de suite.
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