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Le moment est venu des partis pris. François Eroute, vous restez autour de la table. La BNUS nous rejoint pour son parti pris international. Et c'est vous qui commencez Eroute sur une scène. Alors on va revoir cette scène. Raphaël Glucksmann, 66% des votes à la primaire, le moment où il la prend.
66,17%.
Voilà, 66% victoire dès le premier tour. Mais vous, vous nous dites ce soir, un sacre ne suffit pas. Il ne suffit pas à
gagner la présidentielle, évidemment. Ce n'est pas parce qu'on a gagné une primaire qu'on gagne la présidentielle. Ça, c'est sûr. Il a eu 66,17%, donc à peu près 79 000 voix. Ce qui est clair, en tout cas, ce qui en sort, c'est qu'il y a une gauche qui a voté contre toute alliance avec l'FI et que c'est le principal message de cette élection. Pour autant... Il n'y a pas de garantie qu'il ait gagné la présidentielle. Donc je vais vous surprendre, mais moi ce qui m'intéresse, ce n'est pas directement l'élection présidentielle, mais c'est le défi qui se dessine au-delà, c'est-à-dire, est-ce qu'il va arriver à construire, pour après la présidentielle, une nouvelle gauche sociale-démocrate du XXIe siècle ? Pour
après ? Oui. Parce que vous ne croyez pas assez chance à la présidentielle ?
Je ne sais pas. C'est-à-dire que ce n'est pas une primaire qui fait la victoire, c'est ce que je veux dire. En revanche, ce qui m'intéresse, c'est de quelle façon il peut transformer cette victoire. Et c'est l'article du constitutionniste Benjamin Morel dans Le Figaro qui m'y a fait penser. Il est titré « Anne Hidalgo ou François Mitterrand ». Je lui ai emprunté cette idée. Évidemment, on ne peut pas comparer avec François Mitterrand. J'entends déjà ceux qui froncent les sourcils. Je les vois déjà me dire « mais comment peut-on ? » etc. François Mitterrand, il avait conquis la direction du PS et Raphaël Glucksmann a gagné la primaire. Chaque époque a ses figures et ses légitimités. Mais qu'est-ce qui s'est passé ? C'était François Mitterrand, il est venu de l'extérieur. Il a conclu le PS, Raphaël Glucksmann vient de place publique, il a gagné la primaire, et il veut écrire une nouvelle histoire. Est-ce qu'il a son charisme et son histoire ? Non, les Français verront bien, mais d'une certaine façon, en 69, quand la SFIO devient le PS, et quand en 71, au congrès d'Epinay, Mitterrand s'impose face au vieil appareil en train de... la décrépitude de la SFIO, ça lance une dynamique. nouvelle pour les socialistes, et à l'époque, il y a en face de lui un parti communiste très fort, aujourd'hui, il y a LFI, sauf qu'il renverse un peu le rapport de force, et qu'après, il fait une alliance avec le parti communiste, et qu'il en sort quasiment vainqueur, et dix ans après, il gagne l'élection présidentielle. D'une certaine façon, l'histoire ne se répète pas, elle bégaye, dit-on, alors, ça peut être complètement Raphaël Glussmann qui fait un petit tour de piste, et puis qui s'en va. Ça c'est possible, mais ça peut être aussi, et à mon avis c'est ça l'enjeu de cette victoire à la primaire, c'est commencer à reconstruire une gauche de gouvernement digne de ce nom, c'est-à-dire social-démocrate, européenne, écologiste, réformiste, qui ces dernières années a complètement disparu du paysage politique français. Alors
vous parliez d'Anne Hidalgo, 1,7% des voix à la dernière présidentielle. C'est ça, alors on l'écoute. Mais il n'y a pas eu de primaire.
Non, on l'écoute, on écoute Raphaël Luxman sur France Télévision hier soir.
y aura le rassemblement, mais il sera plus large. Ce n'est pas simplement ceux qui ont participé à la primaire. Moi, je lance un appel à tous les citoyens écologistes, humanistes, qui regardent la catastrophe arriver et qui sont saisis d'effroi. Pour chasser cette boule qui germe en eux, il faut s'engager politiquement et on va le faire ensemble.
En fait voilà, il est en train d'essayer justement de créer ce pôle, ce pôle un peu, y compris avec des gens de l'extérieur des partis constitués aujourd'hui. Et c'est en ça que je trouve que cette primaire, elle est intéressante, parce qu'elle démontre qu'il y a un vivier de Français qui sont allés s'inscrire, qui ont voté pour lui avec un message, lui dont le message n'était pas d'alliance avec LFI fondamentalement, c'est ce que tout le monde a retenu. Donc ce vivier il est là, est-ce qu'il le transforme en un parti politique ? qui perdure, qui se renforce et qui peut s'opposer durablement à LFI pour être le leader de la gauche.
Mais avant cela, est-ce qu'il peut y avoir un effet de souffle qui fasse que des 10 ou 12% que lui donnent les sondages aujourd'hui, il passe à 16, 17, 18 et qu'il rivalise avec Jean-Luc Mélenchon pour l'accession au deuxième tour ?
J'ai envie de dire que c'est la première étape nécessaire. pour le projet que je vous décris. Évidemment, il faut d'abord, pour qu'il arrive à créer ce pôle, qu'il ait un résultat plus qu'honorable. Qu'il arrive ou devant Jean-Luc Mélenchon, ou tout juste derrière, c'est sûr. Il faut qu'il ait un résultat, un score honorable à cette présidentielle. Et on voit déjà qu'il y a des gens de l'extérieur qui commencent à le rejoindre, ou en tout cas à saluer ce qui se passe. Bernard Cazeneuve, qui a sa convention, qui dit qu'on va rassembler au-delà des appareils. Il y a Jérémy Jordanoff, qui est proche de Yannick Jadot, qui dit qu'il faut un rassemblement avec les écologistes, contrairement à ce que dit Marine Tondelier. Bon, c'est un peu maigre encore, mais il y a la moitié du Parti Socialiste qui était contre Olivier Faure, qui soutient Raphaël Luxman, qui est aussi un point d'ancrage. Il y a une dynamique. En tout cas, il devrait y avoir une dynamique dans les sondages. Si elle n'est pas là dans les sondages dans les deux semaines qui viennent... Bon, c'est une affaire réglée. Il faut qu'il y ait une dynamique. La première est à franchir. Il faut aussi qu'il y ait un programme un peu crédible de gouvernement. Vous êtes resté sur votre
fin.
Non, mais parce que dans les débats des primaires, on n'est pas allé au bout, c'est normal, on va passer à une autre étape, vous le savez bien. Et donc, on se dit, oui, c'est possible qu'il soit, lui ou ce nouveau pôle, à la tête du pays. Ensuite, il faut qu'il garde la main sur les investitures. Parce qu'après les européennes, vous vous souvenez, il fait un bon score, mais tout d'un coup, c'est le NFP, et Ravel Luxman n'a plus aucune voix au chapitre. Là, il est entouré de beaucoup de gens très politiques, il faut qu'ils puissent transformer cela, et qu'ils puissent faire entendre que face au bruit à la fureur, face à la démagogie et au communautarisme, une autre voix est bien à gauche, parce que déjà, regardez ce que dit Eric Coquerel, la social-démocratie a décidé de faire la courte échelle à un candidat. de plus qui veut perpétuer le macronisme et n'imagine que des alliances à droite pour battre le RN. C'est le refrain, c'est pas la vraie gauche, la vraie gauche c'est nous, et ça, ça va continuer. Alors est-ce que ça peut bouger ? En tout cas, les sondages le diront, mais on voit bien que l'ambiance est déjà très tendue. À peine a-t-il été vainqueur, il a reçu du riz. Par la fenêtre.
On va voir l'image,
sans doute. Voilà. Et à son arrivée, alors ça c'est l'enfarinage. Il y a eu le riz et la farine. Voilà, le riz et la farine. Ça montre bien qu'il y a un certain nombre d'obstacles. Mais encore une fois pour moi, c'est l'enjeu derrière cette victoire à la primaire.
François, dynamique ou pas
pour la présidentielle ? Écoutez, en termes politiques, vraiment, je serais incapable de le dire. Je note quand même que, mais ça fait suite à ce que disait Ruth à l'instant pour la France, qu'en Europe, la social-démocratie est malade. Alors qu'elle a été à l'apogée dans la deuxième partie du 20e siècle au point qu'elle gouvernait quasiment toute l'Europe. C'est fini. C'est fini. Pourquoi ? Parce que le régime de croissance n'est plus le même. La social-démocratie c'était le compromis pour partager les fruits de la croissance. Il n'y en a plus. La social-démocratie c'était un état qui redistribuait. Ils sont endettés et ils n'ont plus de marge de manœuvre. Donc il va falloir à Glucksmann... pas mal de finesse pour réinventer ce modèle avec une ligne de crête qui est super ténue entre, d'un côté la droite, parce que si la social-démocratie a disparu, c'est justement qu'avec la mondialisation de l'économie, au fond elle est devenue substituable avec la droite, et puis de l'autre côté, la gauche radicale. C'est un travail titanesque. Amnouz ?
Moi je dois avouer un grand soulagement. Parce qu'ayant suivi quand même les débats, je suis soulagée que ce soit Raphaël Glucksmann qui l'ait emporté, qui l'ait emporté sans qu'il y ait possibilité de lui tirer le tapis de sous le pied à peine il a pesé le pied dessus. Donc je trouve ça extrêmement positif et ça veut dire effectivement là je suis route qu'il y a encore en France, même si elle paraît très minime et qu'il n'y a pas encore de dynamique, la possibilité d'une gauche républicaine, ce qui est très rassurant. Et la deuxième chose, c'est qu'effectivement, oui, vivement qu'il y ait un programme qui soit un renouvellement, et pas juste d'un côté, on va taxer les riches, et de l'autre, un boogie-booga qui reprend les 20 dernières années, où justement, la social -démocratie n'a fait que perdre. Donc une forme de libéralisme humaniste, inspirée du 19ème au lieu d'aller ressasser le 20ème, et qu'un programme, ça ne peut pas être juste contre Jean-Luc Mélenchon et contre Marine Le Pen. Il faut à un moment se regarder que le nombril et proposer une vision d'avenir, et pourquoi pas. J'avoue, ça faisait longtemps que je n'avais pas souri au réveil en écoutant les infos. Alors il y avait le marché des enfants rouges, ça m'a très attristée, mais j
'avoue que ça m'a réjouie. Oui, parce qu'on soit d'accord ou non, c'est important dans une démocratie qu'il y ait des partis de gouvernement de part et d'autre. Et c'est ça, et pas seulement des partis populistes, extrémistes, qui peuvent être démagogues.
il faut le dire, on imaginait une victoire au premier tour dans les débuts de... la campagne des primaires. Peu de monde, en revanche, y croyait avec une telle marge les derniers jours avant le scrutin. François, votre parti pris économique. Alors là, stupéfaction, c'est le dernier coup des hackers. Qui sont-ils ? On verra. Ils s'attaquent à nos frigos, ou plus exactement aux congélateurs des hypermarchés, des supermarchés, avec les conséquences que vous nous décrivez.
Incroyable, en effet, une attaque sans précédent, et par son ampleur et par sa gravité. Les pirates ont réussi à s'introduire dans le système de régulation de la température des réfrigérateurs et des congélateurs de la grande distribution française. Plusieurs centaines de magasins sont concernés. Alors ce sont des systèmes informatiques d'ancienne génération qui sont conçus et exploités par la société danoise Danfos, qui travaille comme un sous-traitant de la grande distribution. Plusieurs grandes chaînes de distribution sont touchées, Intermarché, Systému, Métro et peut-être Leclerc également. En principe, le système d'enforce qui gère la température autorise des plages de dégivrage où la température remonte temporairement mais sans interrompre pour autant la chaîne de froid. Et là, les hackers se sont introduits et ont programmé une plage de dégivrage beaucoup plus importante en autorisant la température à grimper jusqu'à 50 degrés sans limitation. Je rappelle que les surgelés, quand ça fond, il faut les consommer tout de suite, on ne peut pas les recongeler, autrement dit, pour un magasin, c'est de la perte sèche. Donc tout a été jeté par centaines de milliers de tonnes. Exactement, en fait, rien que dans le groupe mousquetaire, 150 établissements ont été touchés. Déjà, plusieurs supermarchés ont indiqué subir des pertes de plusieurs dizaines de milliers d'euros. C'est probablement des millions d'euros à l'échelle du pays. Alors, Danfos, de son côté, indique... Il s'agissait de systèmes un peu anciens et qui n'ont pas bénéficié des mises à jour logicielles de sécurité nécessaires qui auraient pu les protéger contre cette intrusion. La société indique également avoir recommandé à ses clients depuis longtemps de migrer vers des systèmes plus modernes qui les auraient mieux protégés. Bon, à l'évidence, une bataille juridique se prépare pour identifier les responsabilités et évidemment éponger les pertes. Enfin, c'est une attaque qui expose une nouvelle fois la vulnérabilité de nos systèmes. y compris et même surtout les plus banales que la réfrigération. Qui peut penser qu'il s'agit de quelque chose de stratégique ? Alors il y avait quand même des chercheurs en cybersécurité qui avaient alerté il y a plusieurs mois sur le risque pesant sur ce système de réfrigération. Et d'ailleurs, il y a des établissements supermarchés qui ont été attaqués et aux Pays-Bas et en Belgique. pas pour cette fonction-là, mais sur le système d'étiquetage. Le Premier ministre a saisi l'Agence nationale de sécurité des systèmes d'information, l'ANSI, qui elle-même indique être en train de prévenir toutes les sociétés qui pourraient être vulnérables à ce type d'intrusion, de façon à essayer de limiter les pertes à venir. Il y a deux pistes en
gros, soit c'est un chantage commercial, entre guillemets, crapuleux, donnez-nous tant de millions sinon on va recommencer, soit c'est une piste
politique. Oui, pour l'instant, alors vous avez aussi des hackers qui finalement s'intéressent à l'exploit seul, et qui se nourrissent de la notoriété que ça leur procure, et pour le pur plaisir de détruire en quelque sorte, ou de provoquer des dommages, pour l'instant on ne sait pas. En tout cas, le climat d'inquiétude.
Vous n'avez pas besoin de ce genre d'élargissement du domaine de la piraterie informatique. Abnous, votre parti pris international. Grosse histoire. L'extension, une autre extension du domaine de la guerre au Moyen-Orient. Cette fois, c'est l'Arabie Saoudite dont la vulnérabilité apparaît en plein jour avec ses attaques de outils à l'aéroport. Donc l'Arabie Saoudite, l'aéroport à Riyad, c'est très important. Vous nous dites, on se rend compte que c'est un royaume au pied d'argile.
Oui, l'aéroport de Riyad qui sera fermé jusqu'à jeudi. Mais vraiment, c'est que je vous en parlais il y a quelques mois, même pas. C'est qu'on avait tous rendez-vous, enfin le monde entier avait rendez-vous en 2030 à Neom, la ville du futur plantée dans le sable. Une station de ski en plein désert. Là, vous voyez les images de l'attenté. Alors là, c'est des pèlerins musulmans qui viennent. pour le pèlerinage de la Mecque. Et ces images ont été diffusées aujourd'hui par les autorités saoudiennes. Donc il y a eu hésitation, je pense, est-ce qu'on les diffuse ? Mais elles sont tellement choquantes, c'est que quand même, pour que je suppose que le monde se rende compte, c'est que je rappelle quand même que l'Arabie Saoudite est censée être le royaume qui est le protecteur des lieux de culte. Le pèlerinage fait partie des cinq piliers de l'Islam. Elle n'est même pas capable d'assurer la sécurité de ceux qui viennent prier sur son territoire.
Il y a plus de 10 morts, c'est ça ?
Alors ça, ça a été... Il y a 13 morts, des centaines de blessés dont beaucoup d'amputés. Le Wall Street Journal fait un extraordinaire papier que je conseille à tout le monde, très long, très précis. Parmi eux, une hôtesse de l'air égyptienne de 28 ans qui a perdu un bras avant de perdre la vie. Donc il y a eu beaucoup de morts suite à des amputations. Moi, je trouve ça très étonnant qu'ils acceptent de montrer ça, surtout que... C'est samedi, dimanche, nouvelle frappe sur l'aéroport de Riad, mais aussi sur l'aéroport de Damam, puis sur deux sites pétroliers d'Aramco, une compagnie pétrolière saoudienne. Rajoute à cela que la ministre allemande de l'économie est bloquée à Riad. Aux dernières nouvelles, on n'a pas encore pu assurer sa sécurité pour qu'elle puisse quitter les lieux. En résumé, le carrefour mondial. des affaires, ce qui est en train de devenir l'Arabie Saoudite, parce que c'est pas juste le tourisme, c'était en Arabie Saoudite, dans les nouvelles infrastructures, qu'allaient se réunir les grands rendez-vous internationaux. Toujours d'après le Wall Street Journal, MBS passe de palais en palais, de bunker en bunker, et sa dernière apparition date... de mardi, lorsqu'il avait donné son sang, pour donner l'exemple du campagne nationale, et l'image est si symboliquement parlant qu'aucun écrivain ne l'aurait osé. Le prince qui devait incarner l'avenir, la dernière fois qu'on l'a vu, il donnait son sang pendant que son royaume saigne. Moi, le hasard est quand même extraordinaire. Vous allez me dire, mais comment on est arrivé là ? Eh bien, c'est un peu... C'est terrible à dire, mais un peu quand même beaucoup à cause de MBS, de Mohamed Ben Salman, qui est donc le prince héritier lui-même. C'est un peu un retour de bâton. Il faut remonter à 2015. En 2015, il est jeune ministre de la Défense. Il sait qu'il va bientôt mettre la main sur le royaume. Il veut imposer son autorité. Et qu'est-ce qu'il fait ? Il choisit le Yémen. Il va se mêler à la guerre civile yéménite qui est posant. oppose les sunnites, soutenus par l'Arabie saoudite, la population sunnite reconnue par tout le monde, et ce qu'on appelle les rebelles outils qui sont chiites. L'image est parfaite, les sunnites saoudiens contrôlent les outils chiites, donc soutenus par l'Iran, des frappes aériennes dévastatrices, une impasse, catastrophe humanitaire d'ampleur. 377 morts, 17 000 morts, un cessez-le-feu en 2022, et un dossier que MBS, après le cessez-le-feu, pensait ranger. D'ailleurs, cet été, des officiels saoudiens disaient, mais tout va bien, tout est sous contrôle, directement à la presse. Vraiment, ils étaient... persuadés que le Yémen n'allait pas de nouveau s'embraser. L'erreur du jugement est fatale, c'est dès juillet, les Houthis décrètent un blocus maritime, et en septembre, ils frappent le Léoduc Est-Ouest, c'est ce Toliodi qui permettait à l'Arabie Saoudite de contourner dorénavant le fameux détroit d'Hormuz, et pouvoir continuer à sortir son pétrole, et là, forcément,
il est bloqué. Mais là où on reste stupéfait, c'est que les Houthis qui... pensait-on, avait été diminué, contenu, réduit, et retrouvé suffisamment de force pour imposer un état de siège qui ne dit pas son nom en Arabie Saoudite.
Mais c'est ça qui est étonnant, c'est que vous ne pouvez pas penser outil sans penser Iran. Là, tout le monde voit la monarchie, la République islamique d'Iran, comme affaiblie après les bombardements. Limite, on les prend en pitié, mais regardez ce qu'on leur a fait. Et là, vous voyez que même les outils, en disant, non mais là, ils n'ont plus rien. La population iranienne, littéralement, crève de faim, mais l'Iran, qui dans un espèce de sentiment d'impunité de toute puissance, continue de nourrir avec les missiles les outils. Et ce qui est dingue, c'est que tout à l'heure, ce matin, pas plus tard que ce matin, Téhéran s'est dit, je cite, vivement préoccupé et propose de... faciliter le dialogue. Donc, non seulement, je veux dire, elle attaque quotidiennement, parce que c'est l'Iran qui attaque l'Arabie Saoudite, mais en plus, en disant ce genre de phrases, en intervenant comme ça, en disant, non mais, on va vous aider, c'est l'humiliation extraordinaire. Dites-moi, je vous avais donné les chiffres, j'avais fait sur l'armement d'Arabie Saoudite, à quel point ils dépensent des millions, qu'ils achètent des armes de pointe, et bien là, les stocks d'intercepteurs s'épuisent, et c'est le ministre saoudien de l'énergie, demi -frère de MBS, qui a fini par l'admettre aujourd'hui même, le royaume est mis à l'épreuve. Mis à l'épreuve, c'est un euphémisme, mais venant d'un officiel saoudien, qui plus est, le cousin de MBS, c'est un aveu terrible, c'est-à-dire au secours. Et alors vous allez me dire, mais... Ça va, l'Iran n'est pas si loin. Les Youtis, comme vous dites, ça reste quand même des rebelles, on sait exactement où ils ont, mais pourquoi on n'attaque pas ? Eh bien, si les Riyad n'attaquent pas et si le prince freine des quatre fers, c'est parce que la rue. Et ça, c'est la terrible ironie de l'histoire, c'est qu'il a peur de cette rue arabe, de cette rue arabe sunnite, qui voit dans les molas et dans leurs supplétifs, donc dans les outils, les derniers à tenir tête au grand Satan américain et au petit Satan israélien.
Même si la rue est sunnite et que l'Iran est chiite.
Et ça, c'est quelque chose d'exceptionnel que vous retrouvez. dans toutes les rues arabo-musulmans, et c'est là, je trouve, l'ironie historique, le destin est farceur, et quand il s'agit d'histoire, il l'a encore plus. En des décennies, c'est un régime arabo-musulman, on nourrit, mais vraiment, à la petite cuillère, l'anti-sionisme de leur population, pour essayer d'en faire le ciment de l'ouma, de la communauté des croyants. Et à chaque fois que ce soit les problèmes de liberté, les problèmes économiques de corruption, tout était toujours la faute d'Israël. Et aujourd'hui, moi j'ai un peu l'impression que la facture arrive, et c'est la monarchie saoudienne qui est obligée de tendre la main au Washington, qui ne fait qu'envoyer de conseillers, qui n'envoie pas de soldats, et là ils se tournent vers le Pakistan en disant « envoyez-nous des mercenaires qu'on va envoyer aider les outils ». Et en gros, l'Arabie saoudite mendit l'aide des grands méchants occidentaux. pour combattre ceux que sa propre rue applaudit. La France a promis son aide. On ne l'a pas beaucoup vu. En tout cas, il n'y a pas eu beaucoup de protection. Les missiles tombent quotidiennement. L'aéroport est fermé. Il y a 3,5% de PIB, là, annoncé, c'est une catastrophe. Les investissements ne rentrent pas. Et que vont devenir les 1 000 milliards qu'avait promis MBS d'investir dans l'économie américaine ? L'Arabie de 2030 voulait être un modèle, mais elle est devenue une leçon de morale. On ne bâtit pas l'avenir sur du sable quand on a laissé la haine prospérer en dessous, et c'est ça. qui est en train de payer l'Arabie Saoudite, comme toutes les autres pétro-monarchies qui ont laissé enfler cette haine.
En attendant, c'est la Turquie et le Pakistan qui ont promis leur aide militaire. Le temps qu'elle arrive, comme l'Arabie Saoudite.
Qui vient toujours pas là. Mais juste, c'est pas que la rue, il y a aussi la famille. Parce que vous savez qu'il a mis au rencard, qu'il a sanctionné tous ses cousins, tous ses beaux-frères, pour installer son pouvoir, et qui attendent, en fait, de prendre leur revanche. C'est même à l'intérieur de la famille qu'il est menacé. Aujourd'hui, il est
crasse. 35 millions d'habitants de l'Arabie Saoudite, c'est la grande puissance régionale. Je ne parle pas de l'Iran, évidemment, mais au sein du monde arabe, c'est la grande puissance démographique. Je ne parle pas de l'Egypte non plus, bien sûr. Merci à vous trois pour ces parties prises. Merci à vous de nous avoir suivis.
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