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France, une et indivisible, vive la République, vive l'humanité universelle. Nous sommes tous citoyens, c'est-à-dire, comme on l'a rappelé tout à l'heure, égaux en droit. Je n'ai pas dit en devoir, c'est un autre débat. Le seul devoir que nous avons, c'est de respecter les droits des autres. Notre liberté termine là où commence celle des autres. Voilà la leçon de la grande révolution. Ce que je vous présente, c'est une vision qualitative de la vie. Quand j'étais jeune homme, on se battait pour un socialisme. Je ne suis pas le seul ici à avoir été dans ce cas-là, surtout dans cette région. Ce n'est pas pour dire, mais enfin, il y a quelques têtes dures dans le coin. Pas que, mais il y en a beaucoup. Et alors on se représentait le socialisme, compte tenu de la misère qui existait dans le monde. Alors on disait tant de milliers de tonnes de béton, tant d'électricité, tant de kilomètres de chemin de fer, tant de routes, on en avait une vision quantitative. Si on faisait tout ça, ça irait mieux. Et le fait est que ça va mieux quand on fait tout ça. Je veux dire quand on fait des maisons, quand on fait des voies de chemin de fer, quand on cultive correctement, c'est vrai. Mais on sait tous maintenant que ce n'est pas une manière d'estimer le prix du bonheur, le prix de la liberté, le prix de la vie en commun. Nous avons besoin d'une approche qualitative. Si je reviens vous voir... Si au passage vous m'avez lu et que je vous dis, réjouissez-vous, nous avons coulé du béton comme jamais. Alors, comme je l'ai vu dans d'autres circonstances, vous frottez les pieds par terre parce que la réunion commence à vous ennuyer et que vous vous demandez où est tout ce béton dont je parle. Eh bien tous nous avons compris sur cet exemple simple que c'est pas ça que nous voulons faire. Nous voulons des indicateurs qualitatifs. Vous savez, je ne viens pas d'inventer cette idée, elle est dans notre programme. Mais c'est le moment pour moi de vous dire que cette chose-là est importante. Sur quoi vous devez juger un gouvernement ? C'est sur la part d'amélioration de vos moyens d'accès au bonheur. Des petites choses toutes simples. Bien manger, pouvoir se déplacer. Pouvoir s'occuper de ses gosses, avoir du temps libre, pas arriver crevard à 71 ans parce que t'as pas eu la retraite avant. Et ainsi de suite. Alors ils ont le PIB, produit intérieur brut. Je creuse un trou, le PIB augmente. Je le rebouche, le PIB augmente. Je monte dans ma voiture, je rentre dans un mur, le PIB augmente pour refaire le mur et refaire la bagnole, plus le PIB des médicaments. Le PIB, c'est rien, c'est une évaluation en valeur. Ça compte, il faut en tenir compte bien sûr, mais c'est pas là-dessus qu'on juge. Voyez-vous, le programme des Nations Unies pour le développement avait imaginé un ensemble d'indicateurs de développement humain. Et ça posait des choses incroyables, qu'on trouvait toutes bêtes. La première fois que j'en ai parlé dans une réunion, on m'a dit, ça c'est un truc pour le tiers-monde. J'ai dit, t'as qu'à aller regarder où il est le tiers-monde. C'est, jusqu'à quel âge tu vis ? Combien de gens savent lire et écrire ? Quel est le niveau d'éducation au moyen des filles ? C'est des choses comme ça. Eh bien, allez, faites des enquêtes dans les villes et dans les banlieues. Et vous verrez que le développement humain n'est pas le même partout. Eh bien, nous, on propose que déjà au moins une loi s'applique. Elle a été votée en 2015. Et elle dit qu'il y a des indicateurs et tous les ans, il faut faire le bilan et on discute. Ça a été voté en 2015. Ils ont fait ça deux fois. Alors on est dans un pays où il y a une loi, mais on s'en fout, si elle n'arrange pas ceux qui sont au pouvoir. Eh bien, ce n'est pas seulement cette loi qu'il s'agit de faire, mais une loi dans laquelle nous mettrions nous-mêmes d'autres indicateurs, notamment ceux qui résulteront de l'action des éco-régions. Combien de gens en moins malades ? Combien de cancers en moins ? Combien de diabètes en moins ? Combien de maladies cardiovasculaires en moins ? Quel est le niveau d'éducation moyen de nos jeunes ? Pourquoi les filles ont disparu des filières de mathématiques et de sciences où elles brillaient ? Combien de nos petits sont exempts de ces maladies qui leur viennent de cet environnement ? Et ainsi de suite. Espérance de vie en bonne santé. Égalité au sein des filières d'éducation, égalité salariale. Vous le savez tous. Si vous payez les filles comme les gars, quand ils font le même travail, vous avez payé la retraite à 60 ans. C'est pour ça qu'ils m'ennuient plus trop. Ils viennent plus trop souvent me dire « Alors, avec quoi vous payez ça ? » Je vais vous le dire avec votre fric. Celui de la richesse qui est produite dans l'entreprise, qu'est-ce que c'est que cette histoire ? Alors, ça, c'est les critères féministes, égalité salariale dans la carrière. Les critères écologiques, c'est les taux d'exposition des populations à des environnements pollués et un indice de richesse de la biodiversité. A mon âge, j'ai une maison à la campagne, bien au sud de Paris. Eh bien, figurez-vous que je n'en étais jamais rendu compte. Mais il ne reste plus que deux papillons. Les papillons, où ils sont passés ? Avant, il y en avait plein. Tu ne faisais pas attention, il y avait la saison, il y avait les papillons. Il n'y en a plus. Eh bien, ils ont tout tué. Et ils continuent à tuer, d'arrache-pied. Alors, c'est cet autre monde dont je vous parle. Et, comme il faut... Le résumé. Regardez cette brave bête, le courage qu'elle a, ça fait une demi-heure qu'elle me tourne autour. Mais non, tu ne me mangeras pas. Nous ne voulons pas. Nous allons faire la campagne comme je vous l'ai dit. Je suis déjà allé au salon du bâtiment, j'ai déjà présenté notre projet là-dessus, il va y avoir l'automobile, et nous allons à chaque fois avec nos livrets, parce qu'on a beaucoup travaillé. Et puis il y a toujours un camarade, une députée, ou un député qui est un spécialiste de la question, qui l'a défendu à l'Assemblée. On a de quoi faire plusieurs gouvernements, je vous rassure. Oui, il faut bien qu'ils se reposent, voilà, et puis qu'ils fassent. Nous ne voulons pas d'une élection... dans laquelle personne ne sait ce qu'il y a dans la tête du candidat concernant la paix. Où personne ne sait à qui le monsieur compte faire la guerre. Une élection où on ne sait pas quel est son projet de vie et comment il considère les citoyens et le devoir d'égalité. Une élection où on se contenterait d'aller à une émission un soir pour dire, eh bien moi je donnerais une prime de 350 euros. Dès le premier enfant. Hourra ! Les gens sortirent, lâchant la télé, crier dans la rue. Youpi, youpi ! Que est-ce que c'est ? Pour qui vous nous prenez ? Vous croyez qu'on va faire des gosses pour 350 euros ? Sérieusement, vous croyez ça ? Vous n'êtes pas au courant, hein ? Ça ne se passe pas comme ça. Bien sûr que non. Je ne vais pas dire que ces 350 euros seraient malvenus dans votre poche. Je dis juste que ce n'est pas un projet. Ce n'est pas une explication. Si vous voulez qu'il y ait des familles avec un nombre d'enfants plus grand que un, eh bien il faut qu'il y ait des crèches, il faut donc qu'il y ait du personnel qualifié, il faut donc qu'il y ait des horaires de travail compatibles avec les allers-retours pour aller chercher les gosses. Faites ça. Je vais vous faire une petite leçon de marxisme, monsieur Edouard Philippe. Voyez-vous, il y a quelque chose que vous n'avez pas compris. c'est que jusqu'à il y a peu, les femmes devaient rester à la maison pour faire du travail gratuit, s'occuper des enfants, les soigner, faire la bouffe, nettoyer, s'occuper des anciens. Mais s'il n'y avait pas ce travail gratuit, il n'y avait pas de travailleurs à l'usine capables d'y aller et de produire et de vous cracher de la dividende pour le capital. Et vous, comme vous êtes tellement intelligents, Vous avez dit, comme on transformera tout en marchandises. Allez, au boulot ! Vous avez donc convoqué à deux endroits différents les mêmes personnes, et souvent aux mêmes heures. Si bien que les tâches de reproduction sociale, c'est-à-dire reproduire la société elle-même, sont accomplies par des personnes qui doivent être à deux endroits en même temps. Eh bien, ce n'est pas possible. Alors ils vous disent, eh bien, payez-vous la nounou. Payez-vous la deuxième bagnole ? Payez-vous, payez-vous, payez-vous. Précisément, c'est bien ce qu'on fait. C'est pour ça qu'on va au boulot tous les deux. Et comme on y va tous les deux, on n'a pas les moyens d'en accueillir deux ou trois autres. On a les moyens d'en accueillir raisonnablement, un, deux, mais au-delà, non, parce que ça pose toutes sortes de problèmes. Et puis tout le monde a eu un autre mode de vie. Vous ne mesurez pas, messieurs les très intelligents, que la société est faite d'une chose bizarre, avec. Cinq doigts aux pieds qui ne servent à rien et des cheveux au-dessus du cerveau. Des êtres humains. Des êtres humains. Si vous oubliez que ce sont des êtres humains, hommes et femmes, et que ce qu'ils ont dans les bras s'appelle des enfants. Et que ces enfants, ceux qui les tiennent dans les bras, les aiment et veulent faire le mieux pour eux tout le temps. Voilà ce que vous avez oublié. Vous avez transformé la vie des gens en un enfer et une cavalcade sans fin. Et vous leur annoncez que ça va continuer. Et qu'au-delà de 60 ans, 60...
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