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parti socialiste humilié, le parti socialiste laminé, le parti socialiste enterré pour la première fois depuis 1974, le parti socialiste ne participera pas à l'élection majeure de la Vème République, à l'élection présidentielle française. Et oui, c'est Raphaël Glucksmann, quelqu'un qui vient d'ailleurs, un social-démocrate certes, mais qui vient d'ailleurs, qui va représenter cette gauche social-démocrate, laissant... à 50 points à l'occasion d'une primaire. Derrière lui, le premier secrétaire du PS et puis quelques autres figures comme Ségolène Royal. Alors quel effet ça va avoir sur l'autre gauche, la gauche radicale, la gauche qui remplit les salles, la gauche qui hier encore faisait 10 000 spectateurs à Clermont-Ferrand et qui déteste, qui déteste par-dessus tout, cette social-démocratie, social-traître, comme dirait Jean-Luc Mélenchon. Alors, est-ce que le stagiaire va relever le gant, comme disait et comme l'appelait Ségolène Royal ? On va voir. Pour cela, il va falloir qu'il écarte François Hollande de son chemin, qui a encore quelques velléités présidentielles. Il va falloir aussi qu'il montre les dents, parce qu'il ne suffit pas d'être souriant pour participer à une élection présidentielle. Et c'est tout le problème de Raphaël Luxman. qui est propre sur lui, qui est très sympathique, qui est très bien. Mais pour être candidat à une présidentielle, il faut montrer aussi d'autres qualités. Alors, il a le sort de la gauche social-démocrate entre ses mains, cette gauche qui veut réformer le pays selon des modes qui sont des modes quand même assez anciens. Il a tout cela entre ses mains de deux choses l'une. Soit il embarque cette social-démocratie avec Madame Hidalgo, il y a cinq ans, dans les profondeurs des sondages et de l'histoire, soit il l'a fait revivre, et c'est tout l'enjeu de ces quelques six mois de campagne qui nous séparent du scrutin. Bonsoir à tous, nous sommes avec Claire Coenruth,
qui
est reporter au Figaro, qui suit notamment les évolutions de la droite en France, avec Wally Bordas, dont le Parlement, pour lui, n'a aucun secret, il a d'ailleurs beaucoup écrit sur ce sujet, le Bourbier, le Palais Bourbon, le Palais Bourbier. Bonjour Wally. Bonjour. Dominique Régnier, merci d'être parmi nous. Nous sommes très heureux de vous accueillir ce soir. Vous êtes directeur général de la Fondapol, qui est un cercle de réflexion qui produit beaucoup de travaux d'ailleurs sur la vie politique et les opinions en France. Merci d'être parmi nous. parler beaucoup de Raphaël Glucksmann et de savoir s'il peut porter la gauche, cette gauche-là, au deuxième tour. Après, on aura aussi deux petits sujets sur M. Lysnard et M. Eutaillot, est-ce qu'ils peuvent s'entendre ? Et puis, on parlera aussi, évidemment, des lycéens et de ce mouvement qui agite la France depuis maintenant quelques 15 jours. Alors, Raphaël Glucksmann, c'est pas une... Grande surprise quand même qu'il ait gagné cette primaire, mais il la gagne très
largement, Wally. Oui, on s'attendait à ce qu'il gagne la primaire. En revanche, à ce qu'il la gagne au premier tour, on s'attendait à ce que ce soit un peu difficile, voire qu'il y parvienne, mais que ce soit avec un score de 50%. Là, il y arrive de manière nette et sans bavure avec plus de 60%, plus de 65% même. Donc on peut dire qu'il a très clairement réussi son pari qui est de faire main basse sur le Parti Socialiste. et notamment son argent, en vue de la présidentielle, parce que pour aller faire une campagne présidentielle, il faut des liquidités. Donc ça, le pari est réussi. Ce qu'on peut dire aussi, c'est que la concurrence qui lui a été offerte pendant cette primaire, qui allait d'Olivier Faure, le premier secrétaire du Parti Socialiste, à Emmanuel Morel, qui est un député qui n'est même pas socialiste, qui vient de... Il représentait un peu
un chevènementisme. néo-chevénementisme. Néo
-chevénementisme. Il n'avait pas de vraie concurrence. Au final, il n'avait pas de vrai candidat face à lui. Il n'avait pas ce François Hollande qui espère son retour et qui est également sur cette ligne de social-démocratie. Au final, le gros débat qui a eu lieu pendant cette primaire, c'était de savoir si le Parti Socialiste et, en tout cas, tous les candidats qui participaient à cette primaire, étaient... pouvait encore faire alliance avec Jean-Luc Mélenchon ou s'ils allaient définitivement s'en séparer. Le résultat de cette primaire répond clairement à cette question. Non, il n'y aura plus d'alliance avec Jean-Luc Mélenchon et la ligne de Glucksmann et d'Essien pour la présidentielle sera clairement une ligne de social-démocratie qui ne fait pas alliance avec la France insoumise. On va l'écouter.
M. Glucksmann et M. Gage aussi, qui était sur cette ligne-là aussi, également.
Nous allons créer ensemble une dynamique collective de la gauche démocratique et il n'y aura pas... C'est tranché, M. Duhamel, c'est fini. Il n'y aura pas d'alliance avec la France insoumise. Non, ça a été tranché. Ça a été tranché par plus de 66% des gens qui sont venus participer à cette primaire.
Je suis heureux. de la clarté du message qui a été porté à travers ce vote. Quelques jours avant ce scrutin, 73% des sympathisants du Parti Socialiste et de Place Publique avaient répondu à un sondage en disant que pour eux, un des enjeux était la clarté du refus des alliances avec la France insoumise. Je constate que le score combiné de Raphaël Guixman et le mien correspond à ces 72 ou 73% des Français de gauche qui refusaient toute alliance de cette nature.
Reynier, je vous voyais pendant la diffusion de ces images. Peut-être un peu dubitatif.
C'est périlleux de dire cela comme ça maintenant, de manière si forte, parce qu'il y aura des élections législatives.
Voilà, c'est ça.
Après
la présidentielle.
Après la présidentielle. C'est-à-dire que les élections législatives seront marquées par le poids de Jean-Luc Mélenchon. Si Jean-Luc Mélenchon rate son ultime probablement tentative... Alors à ce moment-là, ça ne sera plus nécessaire de s'allier avec LFI. Mais si Jean-Luc Mélenchon joue un rôle clé pour la législative, je ne sais pas comment les socialistes pourront éviter de discuter alliance avec lui. Ça me paraît, je dirais, périlleux et inutilement imprudent de dire maintenant qu'il n'en sera plus jamais question.
Oui. Claire. Le parti socialiste, il est représenté, mais il ne figure pas dans cette élection présidentielle. Olivier Faure, donc, laminé, mais largement... Pourquoi ? Parce qu'il n'a jamais su se renouveler, il n'a pas su s'adapter.
En fait, si on contextualise un tout petit peu quand même son vote, qui s'est fait sur un échantillonnage très particulier,
à
priori...
120 000, un peu plus de 120 000 votants.
A priori, si vous participez au vote de cette primaire, vous ne votez pas pour Jean-Luc Mélenchon. C pour ça qu'il est logique qu'Olivier Faure, dont on a soupçonné à juste titre d'avoir non seulement fait alliance, mais de n'avoir pas toujours été très clair sur la ligne du Parti Socialiste vis-à-vis de la France Insoumise, ça paraissait... compliqué pour lui. Si vous voulez, vous ne pouvez pas avoir un doublon de Jean-Luc Mélenchon au Parti Socialiste, sinon ça ne sert à rien d'organiser cette primaire.
Et
résultat des courses, Raphaël Glucksmann sort tout en haut de cette pile de candidats et je rebondis sur cette déclaration périlleuse. C'est fascinant. Raphaël Gluchman parle comme s'il était le premier secrétaire du Parti socialiste. En réalité, Olivier Faure le restera. On va voir... Il va
le rester ?
En tout cas, il va tout faire pour rester à la tête du parti. Et si c'est le cas, moi aussi, je suis bien curieuse de voir ce qui va se passer au moment des législatives. A priori, il n'y a aucune raison que la force mélanchoniste n'ait décrue. Et là, la gauche va être totalement... Donc c'est bizarre de la part d'un Raphaël Guzman, parce que là, la seconde étape pour lui, ce n'est pas de parler du Parti Socialiste. La deuxième étape, après cette espèce de compétition dans la cour de récré, c'est de passer dans l'arène face à Gabriel Attal. Il faut qu'il passe à un autre niveau. Là, il reste un petit niveau de primaire de la gauche avec des figures... Il acquiert
une illégitimité quand même, Dominique Reynier. Oui, c'est... Davantage que s'il y était allé sans ça.
'est ce que disait Olivier Bourdin tout à l'heure, il a réussi.
Oui.
S'il avait raté son pari, on aurait dit, mais voilà, c'est définitivement terminé, il a réussi. Mais je trouve qu'il ne prend pas la mesure, je peux comprendre, parce qu'il est heureux, il a dû avoir peur de ne pas y arriver, ça c'est le lot de ceux qui l'entreprennent. Mais aussitôt de ne pas faire attention. Même dans la déclaration que nous avons vue lorsqu'il était à France Inter, il dit la gauche. 66% de la gauche. Non, c'est 66% de ceux qui sont allés voter. Des non-mélenchonistes. Oui, c'est quand même très particulier. Ça, c'est une première chose. Et puis ensuite, on a déjà dit, depuis que nous avons commencé à discuter avec Yves Tréhard, on a déjà dit... le parti social-démocrate. Moi, je n'ai pas vu où il était social-démocrate,
le parti. Et
notamment pas dans ses documents. En particulier les documents qui ont préparé la primaire,
où
il n'est question que de socialisme. Et je pense que ce parti a un problème avec cette espèce d'héritage récent, jamais accepté vraiment, d'ailleurs, de la social-démocratie. Car ce parti n'a jamais été social-démocrate. Et aujourd'hui, il utilise cette formule. Alors, on ne l'a pas entendu de toute façon pendant la primaire. Je pense que ce n'était pas une formule à défendre pendant la primaire. Mais, comment dirais-je, la pression exercée par Jean-Luc Mélenchon et la pression, y compris au sein de ce qu'il reste du Parti socialiste, est telle qu'ils vont avoir du mal. à se dire autre chose que socialiste, je ne sais pas comment ils vont faire, peut-être que ce sera une trouvaille, peut-être que c'est ça l'espace de Glucksmann, d'aller du côté de Gabriel Attal, un effet d'avantage, et de faire son deuil d'une partie de cette gauche socialiste qui ne veut décidément pas pactiser avec la modération, mais tous les échanges auxquels nous avons assisté pendant la primaire, sur des indicateurs forts comme la fiscalité... le soutien à la croissance, etc., on n'avait pas le sentiment d'être devant le Parti socialiste que nous avons connu comme Parti socialiste, bien plus ouvert à l'entreprise. Enfin, même à l'époque de Lionel Jospin, c'était quand même très différent. Je me souviens de ce papier qu'avait fait dans Les échos de Laurent Fabius en expliquant... Nous ne serons pas battus par la droite, mais nous serons battus par la hausse d'impôts. Par les hausses d'impôts. Et il avait préconisé escaliter la baisse significative des impôts.
C'était au tournant des années 2000, quand il était ministre des Finances, effectivement. Oui, alors c'est quoi, effectivement ? Quel est le corps de doctrine de Raphaël Luxman ? Très difficile à définir.
Lui, il le définit comme la social-démocratie. Mais ce qui va être très compliqué pour lui, c'est qu'après cette primaire, il est coincé entre la gauche, à laquelle il appartient. Sauf qu'il en est l'aile droite, finalement. Et la gauche qui est censée le soutenir, notamment Olivier Faure, Ségolène Royal, qui ont une ligne plutôt, eux, à l'aile gauche du Parti Socialiste. Le Parti Socialiste traditionnel, on sait. Et qui ne sont, eux, pas du tout fermés à l'alliance, justement, avec Jean-Luc Mélenchon. Il va être coincé entre ça. Et je rappelle aussi que dans son équipe, Raphaël Glucksmann, il y a des personnalités comme Boris Vallaud, qui est le patron du groupe PS à l'Assemblée nationale, et qui lui aussi est une personnalité socialiste, et qui a des positions très clairement ancrées à gauche, notamment sur la fiscalité, on l'a vu lors des derniers débats budgétaires. Et là où justement se situe son terrain électoral. plutôt du côté de Gabriel Attal et de la droite, voire d'Edouard Philippe, parce que finalement c'est là que Raphaël Glucksmann a une marge de progression, la gauche étant totalement phagocytée par Jean-Luc Mélenchon. Lui, les électeurs qu'il peut aller chercher, il peut aller chercher plutôt du côté des 8 ou 9% d'intention de vote de Gabriel Attal. voire d'Edouard Philippe qui peut recueillir certains macronistes de l'aile gauche. Donc ça va être très compliqué pour lui. Il va falloir faire en même temps façon Raphaël Luxman pour réussir à se créer un chemin, un espace qui lui permette de tenir dans la durée et de s'imposer comme le troisième homme. Parce que là, aujourd'hui, il est le quatrième homme. Il est derrière Jean-Luc Mélenchon. S'il arrive à s'imposer comme le troisième homme, derrière Marine Le Pen et Edouard Philippe, là, il pourra commencer à instaurer un match. Pour l'instant... Très compliqué pour lui. Et puis, il y a un autre
obstacle. Je ne sais pas si, fort de cette élection ou de cette primaire, il peut le surmonter. C'est celui de François Hollande, qui, lui, a dit qu'il pouvait se présenter en décembre ou janvier.
Oui, il faut toujours se méfier de François Hollande,
qui
est un trait fin politique. Oui, c'est un peu la... Prochaine intervention publique politique à gauche qu'on attend. Lui a bien veillé à ne pas y participer à ces primaires. Rétrospectivement, il a visiblement bien fait. Et évidemment, sur lui va reposer soit l'accusation, s'il ne rejoint pas Glucksmann, d'avoir fragilisé la gauche non-mélenchoniste. soit, en effet, s'ils se rangent ou s'il y a une espèce d'accord entre plusieurs figures, y compris la sienne à gauche, là, ça peut créer un mouvement intéressant, assez inédit dans le bloc central où tout le monde a un peu du mal à se montrer candidat et rassembleur. Ça va être le défi de Raphaël Glucksmann. François Hollande avait quand même dit dès le départ qu'en gros, si la dynamique n'est pas là chez quelqu'un, il était à disposition.
Donc
maintenant, il faut voir quel calendrier il donne et il peut encore laisser ça courir quelques mois. Il n'y a pas de raison.
Ça change d'ailleurs. Est-ce que l'arrivée dans le circuit de Raphaël Glucksmann aujourd'hui, ça change la date ? au centre et à droite où effectivement c'est compliqué aussi
ça clarifie un peu chacun sait maintenant qu'il y a quatre candidats de moins c'est ça la présidentielle on y voit plus clair il n'y en a plus que 25 c'est plus simple pour nous tous mais D'une certaine façon, il y a le bloc Mélenchon, le bloc social-démocrate-socialiste,
on
va voir ce qu'ils disent de leur doctrine, et ensuite, c'est le bloc central. Je crois que ça va avoir un effet sur la candidature de Gabriel Attal. Je ne sais pas dans quelles proportions, honnêtement, je n'en sais rien. Et ça peut aussi avoir un effet sur la candidature d'Edouard Philippe. C'est un univers difficile à cerner, au contour flou, un univers politiquement très récent. Je parle de la phase post-Macron dans laquelle nous sommes. On ne sait pas quelle est la solidité, quelle est la consistance de ce post-macronisme. Ça ne semble pas être porté par une dynamique. C'est normal, après dix ans de macronisme, c'est logique, c'est plutôt, je dirais, le problème du statut des sortants dans un système politique qui est considéré à tort ou à raison comme ayant beaucoup déçu. Et donc, voilà, il y a peut-être là, pour Raphaël Guzman, quelques électeurs à convaincre. Parce que je ne sais pas très bien, sinon, où sont ces ressources. C'est en termes de, on le verra peut-être tout à l'heure, mais en termes d'électorat, il faut quand même se demander où sont les électeurs qui ne sont pas déjà sinon fixés, du moins en train de considérer que, grosso modo, leur univers électoral se situera ici plutôt que là.
Dans toutes les études que vous avez faites, les électeurs de gauche, notamment chez les jeunes, sont plutôt portés vers Jean-Luc Mélenchon ?
Plutôt. Les jeunes sont en France gaucho-mélenchonistes.
Oui, c'est ça.
Pardonnez-moi, Mélenchon le péniste, voulais-je dire.
Oui, c'est ça. Parce qu'il y a aussi, chez Le Pen, il y en a beaucoup. Ce n'est pas les mêmes, mais il y en a beaucoup.
Ce qui est frappant, c'est qu'on verra d'ailleurs, Raphaël Glucksmann peut tout à fait jouer un rôle dans cette affaire. Oui. Par un style, par...
Parce qu'il est jeune lui-même, d'ailleurs. Il
est jeune, donc ça peut jouer un certain rôle. Ce n'est pas exclu qu'il ait son mot à dire dans la question du vote des jeunes. Ils sont très abstentionnistes, les 18-18 ans. à la présidentielle, il l'était beaucoup en 2022 en tout cas, 42%. Et donc, il ne faut pas raisonner de manière statique. Il va faire une campagne, il va s'exprimer. Par contre, je peux imaginer, le contraire serait définitif, je peux imaginer que les sondages vont enregistrer dans les quelques jours qui viennent... un petit mouvement
en
faveur de Raphaël Juxman, ce qui complique un peu le discours de François Hollande sur la nécessité de faire appel à lui. Et je veux quand même ajouter ce point, je pense que François Hollande a une faiblesse fondamentale, qui est l'erreur initiale de ne s'être pas présentée en 2017. pour être réélu. Il a été élu par des électeurs devant lesquels il n'est pas revenu pour leur dire « jugez-moi ». Donc les électeurs l'ont vu, ont voté pour lui, puis il a disparu. Et puis dix ans après, il revient en disant « votez à nouveau pour moi ». Je pense que c'est compliqué, ça, des points de vue démocratiques. Ensuite, il ne se présente pas à la primaire. C'est le deuxième moment où il pourrait essayer de renouer un lien. Il ne le fait pas, il attend. Bon, on ne peut pas avoir une attitude comme celle-là et considérer que c'est le fondement d'une dynamique. Je pense que c'est plutôt un double évitement. Mais pendant ce temps, les acteurs lourds s'installent, prennent position. Et plus vous attendez, moins il est possible de les déloger ensuite.
Alors, on va écouter quelques-uns de ses adversaires à cette primaire, Raphaël Luxman, et puis je vous donne la parole pour savoir si, justement, il peut rassembler ceux qui étaient face à lui dans cette primaire, maintenant, ce qui paraît pas toujours évident.
stagiaire a gagné la primaire, malheureusement. Vous saluez quand même ce résultat ? Bien sûr, je félicite le gagnant, c'est la tradition. Et je lui souhaite de pouvoir déclencher une campagne avec l'ensemble des forces de gauche.
Cher Raphaël Luxman. Tu as su convaincre une majorité des votants et je respecte trop le processus démocratique de la primaire que j'ai voulu pour ne pas l'accepter avec sagesse. Je veux d
'abord commencer par féliciter très chaleureusement Raphaël Glucksmann pour sa victoire nette, sans bavure, éclatante. Je suis heureux de la clarté du message qui a été porté à travers ce vote.
à part Jérôme Gage et probablement, d'ailleurs pour le connaître, Emmanuel Morel, mais on ne l'avait pas là, on a vu tout l'enthousiasme qui suscitait chez Ségolène Royal. Et d'une certaine façon, c'est Olivier Faure aussi. Ça
va être compliqué
quand même.
Ça va être compliqué. Vous connaissez le dicton sur les primaires machines à perdre. lors de toutes les dernières primaires qui ont eu lieu. On l'a vu avec Benoît Hamon. On l'a vu avec Benoît Hamon. On l'a vu à droite avec Valérie Pécresse et François Fillon dans une moindre mesure. Les anciens concurrents de la primaire, la plupart du temps, finissent par se répandre en off auprès des journalistes pour faire des croche-pattes au candidat qui a été désigné. Et je lisais ce matin un off dans la lettre hebdomadaire, la lettre politico où les proches d'Olivier... commençait déjà à critiquer Raphaël Luxman et à instaurer une forme d'ambiance un peu bizarre. Je pense que ça va être compliqué pour lui en interne. Je pense que ça va être aussi compliqué pour lui en externe, du point de vue extérieur. Vous parliez tout à l'heure de... de son attitude, de son charisme. Et notamment de la jeunesse qu'il faut aller chercher et du fait qu'il peut avoir une carte à jouer. Moi, je regarde beaucoup les réseaux sociaux, notamment X, donc ex-Twitter et Instagram. Et en fait, Raphaël Glucksmann est très souvent caricaturé ses prises de positions publiques, ses apparitions. Hier, il chantait La Marseillaise, un peu à contre-temps. Ça a été largement caricaturé et moqué sur les réseaux sociaux. Et ça marche bien, en fait, sur les réseaux sociaux, toutes ces prises de parole. On voit que c'est quelqu'un qui n'est pas habitué. Ce n'est pas un homme politique. Il est apparu il y a huit ans à peine. Et encore que sur la scène nationale, il n'est pas encore très connu. Et je pense que ce côté un peu, peut-être un peu... Je ne dirais pas qu'il manque de charisme, mais ce côté peut-être un peu gauche... peut lui nuire sur les réseaux sociaux. Et moi, j'ai vu ça, parce que j'ai suivi la campagne de Pécresse en 2022. J'ai vu, alors à l'époque, c'était les militants zémoristes qui reprenaient tous les extraits un peu malaisants de Valérie Pécresse sur les réseaux sociaux. Et ça a fini par, petit à petit, infuser et créer une forme de manque de légitimité de la candidate. J'ai bien peur pour Raphaël Guzman, mais peut-être que ça ne sera pas le cas. que les militants insoumis, très actifs sur les réseaux sociaux également, continuent de se gargariser et de se moquer des sorties un petit peu maladroites du candidat Glucksmann. Et Dieu sait s'ils sont actifs sur ces quelque chose.
Claire, alors si on regarde de l'autre côté, la primaire à droite, c'est plié, il n'y en aura pas, c'est sûr ?
Il y en a encore quelques-uns qui continuent de la réclamer. Je ne sais pas si raisonnablement ils y croient. C'est vrai que le calendrier commence à... On est quand même bientôt en novembre. Tout le monde commence un peu à se dire que, espérons que ça se décante naturellement et que ça se cristallise, disons, après Noël. Mais non, je ne vois pas de primaire à droite. Hélas, on aurait eu le droit peut-être à un petit spectacle aussi. Bah
oui, vous le regrettez. Oui,
je le regrette beaucoup.
Alors justement, c'est la question qu'on va se poser maintenant, c'est de savoir si David Gysnard, alors lui qui est très présent, vous allez nous expliquer comment et pourquoi, très présent sur les réseaux, on a l'impression que c'est lui qui va gagner la présidentielle, alors qu'il est quand même, si on en croit les sondages, encore très très très très très loin. Est-ce qu'il est une... une épine dans le talon de David Lysnard, pardon, de Bruno Retailleau, qui a du mal aussi, pour ce qui le concerne, à décoller dans les sondages. On écoute d'ailleurs ce que Bruno Retailleau disait avant l'été, d'un éventuel ralliement qui, pour lui, ne faisait pas trop de doutes de David Lysnard.
pense qu'on va se rejoindre parce qu'on a les mêmes convictions. Il ne peut pas me reprocher, David. Écoutez, j'étais un ministre de l'intérieur de combat, un ministre de l'intérieur qui n'a rien cédé, ni au président de la République, sur l'immigration, sur l'Algérie. Et quand j'ai vu que le premier ministre était en train de faire des accords de boutiquier avec M. Olivier Faure, je suis parti du gouvernement. Beaucoup de gens m'ont dit « tu n'aurais pas dû partir ». Je suis parti pour que mes convictions puissent être respectées. Depuis quand il y a eu à la tête de LR un président ? aussi libéral en termes économiques que moi. Donc, je pense que David nous rejoindra. Nos chemins se recroiseront. C'est ce que je souhaite.
il parlait, c'était le 1er avril. Dominique, ça ne marche pas. Ça ne prend pas encore.
En fait, là, c'est de l'arithmétique. Si vous êtes à côté d'Edouard Philippe, d'Éric Zemmour, de Nicolas Dupont-Aignan et de Marine Le Pen. De toute façon, l'espace est très étroit. Si en plus vous avez un David Lysnard qui arrive et qui mord carrément sur votre domaine, ce n'est pas possible que ça décolle. Pas possible. Donc la logique, c'est la logique du ralliement, dans un sens ou dans un autre. Ce sont deux candidatures qui sont très proches. David Lysnard est un profil un peu différent. C'est un grand élu local. Il a un côté très intellectuel, c'est un entrepreneur dans l'âme, et ça correspond à une droite qui attire la sympathie d'une partie des Français, je pense supérieure aux intentions de vote qu'il peut obtenir dans les sondages, parce qu'on le voit plus pour le moment en une figure inspirante ou intéressante ou nouvelle qu'en un candidat éligible. mais il représente quelque chose, quelque chose de très dynamique, et aussi auprès d'une partie, pas forcément des plus jeunes, mais je dirais les quadras, même des trentenaires qui sont sensibles à ce type de discours. Donc il y a quelque chose qu'on n'a pas nécessairement aujourd'hui l'électorat LR.
C'est
une nécessité, et ce qui sera très assurément un échec... c'est si les deux persistent. Ils n'ont aucune chance. Imaginons la fusion des deux. Il y a quelque chose de possible compte tenu, encore une fois, de la faiblesse actuelle, je parle à ce jour, des autres candidats de ce côté-là. Edouard Philippe, sans démériter, n'est pas dans une forme éblouissante. Et donc, il y a toutes les raisons de penser que les deux que représentent David Lysnard et Bruno Retailleau sont en mesure d'être... plus haut que lui, malgré la concurrence à droite, ce qui serait déjà un exploit, et de pouvoir jouer un rôle clé, y compris d'accéder au second tour.
Alors il y a deux étiquettes néanmoins qui les séparent. On dit que, à tort ou à raison d'ailleurs, Bruno Retailleau, à chaque fois on lui colle l'étiquette de conservateur, et David Lysnard, celle de libéral. Et on sait combien être libéral en France, c'est... Pas vraiment simple. Alain Madelin, on sait quelque chose, en 2002, ça ne lui avait pas vraiment réussi. Qu'est-ce qui les distingue ? Qu'est-ce qui les rapproche ?
Effectivement, Bruno Retailleau est un libéral aussi. D'ailleurs, il ne cesse de le rappeler. Mais David Lysnard assume une forme d'ultra-libéralisme. il assume d'être l'un des politiques français les plus libéraux, au même titre qu'un Guillaume Casbarian, qui est dans les rangs de Gabriel Attal, exactement. Effectivement, est-ce que ce libéralisme débridé parle à la population ? Je ne le sais pas. En revanche, ce que j'observe, c'est qu'effectivement, il y a une bulle, mais sur les réseaux sociaux, on parle énormément. de David Lysnard. Dans les milieux économiques, on parle de plus en plus de David Lysnard. En revanche, là où ça paraît quand même plus compliqué, je pense que si vous allez au fin fond de la Creuse ou du Gard… Personne ne le connaît. Personne ne le connaît. Mais ce qui est intéressant, quand on regarde les opinions… Je vois Dominique Rédier qui s'est… Le fin fond du Gard !
Non, je m'attendais à ce que vous parliez de l'Aveyron et je n'aurais pas accepté.
Moi, je viens de l'Hérault, j'ai failli dire l'Hérault, mais j'ai dit le Gard, c'est les concurrents. Mais je regardais les opinions favorables dans le journal La Tribune du dimanche. Et en fait, David Lissnard est à 16% d'opinions favorables dans la population. Je trouve ça énorme pour quelqu'un qui paraît pourtant si peu connu. C'est le même score que Raphaël Glucksmann ou qu'Éric Zemmour, par exemple. Effectivement, on a l'impression qu'il y a un petit élan qui est en train de s'imprimer. Et moi, je pense qu'à terme, là où il aurait pu desservir Bruno Retailleau, s'ils arrivent à se rejoindre, ils pourraient le servir. Parce que là où David Lissnard aurait été invisible s'il était resté chez LR, qu'il a quitté il y a quelques semaines, quelques mois, aujourd'hui il a imprimé un petit peu sa marque. Il imprime un début de dynamique et peut-être qu'au moment où il rejoindra, parce que je ne doute pas que ce soit le cas, Bruno Retailleau, peut-être que ça pourra créer un petit élan supplémentaire que pour l'instant Bruno Retailleau a du mal à imprimer. Alors avant de vous écouter,
Claire, et d'avoir la réponse. La réponse. On va écouter quelqu'un qui soutient complètement et à 100% Bruno Retailleau et quelqu'un qui, lui, a les suffrages de beaucoup de Français.
Bruno Retailleau a toutes les qualités pour créer les conditions, un, de la surprise du premier tour, et deux, du rassemblement nécessaire du second. Il y a la possibilité d'écrire ce chemin. Bruno n'est pas seul, il y a partout en France des élus, des responsables d'associations, beaucoup de français, qui prennent nos valeurs, qui n'ont jamais accompagné le macronisme sur ce chemin qui est désormais une impasse, qui n'ont jamais accompagné non plus la transgression de vouloir déstabiliser les traditionnels partis de gouvernement, et au fond... Le Pen et Mélenchon, l'ERN et l'FI ne sont que les enfants en ligne directe de la déstabilisation des partis de gouvernement.
Alors, pourquoi ça ne marche pas pour le moment entre Retailleau et Lysnard ?
à l'origine, c'est très bizarre cette affaire. C'est quand même deux hommes qui se connaissent bien, qui s'apprécient bien, sincèrement. Et les conditions de départ de David Lissnard, que je me souviens à l'époque, étaient quand même très étranges. Le départ du parti. Du parti. Ça s'était fait dans la précipitation. Il était allé dans le bureau de Bruno Rotaillot avec une lettre justifiant son départ. Alors nous, on s'attendait à un truc très vénère, entre guillemets. En fait, c'était assez clean, parce qu'il s'aime bien. Et donc, en fait, c'était une espèce de départ fracassant qui, au fond, n'avait pas beaucoup de sens, ni sur le fond, ni sur les liens qu'il y a entre les deux hommes. On comprend pourquoi David Lissnard l'a fait. Enfin, on comprend. En tout cas, lui, son idée, c'était de se lancer maintenant, de se lancer seul, de tenter et de voir si ça prend. Aujourd'hui, on l'a testé chez nous et il était autour de 2-3%. Et en fait, ce n'est pas lui faire offense que de quand même dire au bout d'un moment, oui, il représente quelque chose, mais ce courant très libéral... C'est une force d'appoint formidable quand vous appuyez un candidat à droite, mais ça ne vous fait pas gagner une présidentielle. C'est tout, c'est comme ça, peut-être un jour, mais pas cette fois. Donc aujourd'hui, Bruno Retailleau et David Disnard, c'est la possibilité d'un gagnant-gagnant. Bruno Retailleau, pour éventuellement passer la barre des 10%, ne peut pas se permettre d'avoir un David Lysnard, même titre qu'une Sarah Knafo d'ailleurs, qui est un peu sur les mêmes sujets, lui mordre les mollets et lui faire perdre quelques points électoraux. Et David Lysnard, objectivement, n'est pas assez puissant. pour prendre le risque d'être ensuite accusé d'avoir été celui qui a fragilisé le candidat des Républicains, qui, comme on vient de le montrer en plus, commence en tout cas à montrer des signes d'un possible... Il y a une possible photo de famille à droite qui n'existe pas encore, mais qui est là. Il y a un monde où il y a un Bruno Retailleau, un François Baroin, un Gérard Larcher, un David Lysnard. Et là, ça commence à représenter quelque chose. Je ne sais pas si ça crée une dynamique. Mais en tout cas, vous ne pouvez pas être celui qui est resté au bord du chemin en s'entêtant sur une candidature qui, a priori, n'ira pas au bout.
êtes d'accord avec ça, Dominique ? Je suis d'accord avec ça,
oui. Et si je puis me permettre de revenir sur un point, l'ultralibéralisme de David Lysnard, parce que nous sommes en France, nous disons cela. Oui
! C'est un libéralisme, tout court.
Il est pour la baisse significative des prélèvements obligatoires, contre le blocage des loyers, pour la protection de la propriété privée. Mon Dieu, quelle audace ! Il faut être en France pour trouver ça ultra. C'est toujours ultra chez nous. Non, c'est ultra de ce côté-là. Toujours, toujours. Ça, c'est quelque chose qui témoigne de la culturation de ce pays qui, en 1789, quand même, a inventé la liberté économique. La Régulation française, elle est d'abord... ultra libéral sur le plan économique même si maintenant on a changé profondément tout cela etc donc c'est c'est aussi quelque chose qui correspond c'est pour ça que cette référence même rapide à l'histoire est importante ça correspond profondément à l'esprit français y compris dans ce que ça peut avoir, c'est une forme d'individualisme français, ça. Je prends des risques, je crée des richesses, je veux que ce soit reconnu, je veux être remercié pour cela, je veux pouvoir le transmettre à mes enfants, etc. Tout ça, c'est une vie sinon de héros et de saints, une vie très digne. de contribution à son pays dans l'épanouissement personnel. Ça correspond à ce que les Français souhaitent pour pratiquement tous. Et donc, c'est ce discours-là qui est... Et la droite, au fond, elle ne l'a pas porté, ce discours. Je vous dirais la droite d'avant, Retailleau. Elle ne le portait plus, ce discours. Elle a parlé un peu... Un peu comme les écologistes en matière de l'environnement. Elle n'a pas inventé un discours de droite pro-environnement, mais favorable aussi à la croissance et au profit. Et puis sur la sécurité, elle a prononcé des paroles. rarement eu les actes qui allaient avec, donc elle était un peu timide. Bref, on retrouve à travers ces deux figures, mais je dirais ces deux figures, c'est une bonne idée de les comparer comme cela, parce que je n'en vois pas une troisième qui, on peut toujours en trouver trois, quatre, cinq, mais là, ces deux figures qui représentent ce que la France de droite est et qu'elle a oublié de dire qu'elle était, en ajoutant, même si c'est une évidence, que Bruno Retailleau et David Lysnard sont des élus locaux. très expérimenté.
Bien sûr. Bruno Rutaillot, qui va sortir un livre d'ailleurs, qui va sortir cette semaine, dont on va voir la couverture. Dès qu'on boit... De combat et d'espoir, l'être aux Français, ça sonne évidemment comme un programme politique pour la présidentielle. Alors on va dire un mot aussi de ce qui se passe un peu dans la rue aujourd'hui avec un homme qui est très présent, alors pour le coup Jean-Luc Mélenchon et la France Insoumise très présente. La crise des lycées profite-t-elle à Mélenchon ?
'est-ce que vous en pensez ? En tout cas, il fait ce qu'il sait faire de mieux, souffler sur les braises, récupérer les colères. Effectivement, Jean-Luc Mélenchon a énormément de relais dans les lycées, dans les universités. Je crois que c'est plus de 40% des lycéens et des étudiants qui sont sympathisants, mélenchonistes et LFI. Donc forcément, la colère lycéenne qui s'exprime... qui est légitime d'ailleurs depuis maintenant deux semaines, un peu plus de deux semaines, elle est alimentée, elle est accompagnée, mais je ne pense pas qu'elle soit totalement à l'initiative de la France insoumise. Est-ce qu'il peut récolter les fruits de ce qui est en train de se passer ? Je ne sais pas. Il faut se souvenir que... Lui dit que c'est... le mouvement lycéen le plus fort depuis mai 68. Il faut se souvenir qu'en 90 et en 98, il y a déjà eu, à la même période de l'année, c'était en octobre, des mouvements lycéens de la même ampleur, voire un peu plus grands, et qui ont fini aussi par s'essouffler quelques semaines plus tard. Alors lui, il surfe dessus, vous allez voir.
à 16 ans, on doit pouvoir donner son avis, non pas secondairement, mais comme tous les autres, comme citoyens, c'est-à-dire qu'il nous faut le droit de vote à 16 ans. Voilà la proposition que contient notre programme depuis le premier jour. Alors, je pense qu'il y en a qui pensent comme à l'époque, quand on a dit on va donner le droit de vote à 18 ans, c'est bien raisonnable. 18 ans, ils sont jeunes, ils ont le sang vif, il vaut mieux qu'ils attendent un peu, comme tous les autres jusqu'à 21 ans. Il y a quelqu'un qui propose de rétablir le droit de vote à 21 ans ? Non, bien sûr. Mais le droit de vote à 16 ans changera tout. Et d'abord le devoir de respect à l'égard de la jeunesse.
Dominique Reynier, bah... Il sait faire de la politique, quand même.
Oui, le droit de vote à 16 ans, c'est dans le programme du PS. Donc, ce n'est pas un point de rupture. Non, non, bien sûr, bien sûr.
Il y va franchement, là. Oui,
c'est ce qu'applique l'Autriche. On vote à 16 ans, l'Autriche, au Brésil aussi. Ce n'est pas non plus une innovation. Je n'ai pas été impressionné par l'idée. J'entends bien,
j'entends bien.
Donc, c'est une espèce de... C'est ce discours, malgré tout, qui est un discours de flatterie. D'ailleurs, je ne me souviens pas que quand le droit de vote a 18 ans, historiquement...
74, oui.
Je ne me souviens pas, les historiens n'ont pas relevé une opposition de la population.
Non, à l'époque, moi je m'en souviens assez bien, mais non, il n'y avait pas eu d'opposition. C'était quand même une petite révolution, parce que de 21 ans à 18 ans, c
'était
pas rien. Le droit
de vote des femmes a été aussi une sacrée révolution.
Je n'étais pas là.
Pourtant, en France, c'est tardif. En tout cas, je suis davantage au rôle actif de la France insoumise sur les mouvements lycéens. Pour avoir vu moi-même des députés en écharpe au milieu de manifestants, je trouve qu'ils prennent de gros risques. Ils ne savent pas savoir, c'est étonnant ça, ce que c'est que la jeunesse manifestante et pour quelle raison, une fois qu'on la pousse à agir. avec des discours enflammés, on se trouve bien démunis et un peu désemparés quand on leur demande de se calmer parce qu'ils ne vous écoutent pas nécessairement. Ce n'est pas comme les 80 000 jeunes au Stade de France quand Léon XIV leur a demandé de faire cinq minutes de silence. Ils se sont exécutés et ça a été impeccable. Là, ce n'est pas pareil. y a une espèce de jusqu'au boutisme de Jean-Luc Mélenchon. Moi, je crois qu'il met tous les feux sous sa machine. Il n'a plus le temps.
Il
n'a plus le temps. Il n'a pas l'espoir d'être élu président de la République. Il en rêve, mais il sait que ce n'est pas raisonnable. Par contre, être au second tour, oui. Essayer d'empêcher la recevabilité de l'élection de Marine Le Pen, en l'espèce qui serait la candidate préférée... Jean-Luc Mélenchon et inversement, d'où ce couple quand même qui va nous conduire jusqu'à la présidentielle, peut-être pas au second tour, on le verra, et ensuite peser beaucoup sur la législative s'il n'est pas élu. Et tout est là. Et il ne va reculer devant rien. Et je crains, moi, que nous entrions dans un régime de type insurrectionnel qui ne lâchera plus jusqu'en juillet 2027, après les législatives.
Ça, c'est intéressant ce que vous dites. Alors, il y en a un qui a rarement la parole, je dirais, douce et qui fait rarement, je dirais, dans la modération qu'on va écouter. Et lui, qui a une vision assez... assez radical aussi et assez pessimiste.
Ce n'est plus un mouvement lycéen, c'est le début d'émeute urbaine et de guerre civile. Donc c'est clair que la situation est dramatique maintenant. Moi je suis un peu dubitatif sur tout ça. C'est-à-dire que je pense que le gouvernement a laissé démarrer l'incendie. C'est-à-dire que... Sûrement ? Non, pas sûrement. Vous savez, avec ce gouvernement, j'hésite toujours entre l'incompétence et le cynisme.
L
'incendie,
on ne pourra pas l'éteindre
De ce qu'on lisait, ça décélère. On parle de
décélération.
Voilà. Ce que je trouve regrettable, c'est que... En fait, si on est juste un tout petit peu intellectuellement honnête, et on a chacun les thermomètres qu'on a, moi en l'occurrence, c'est mes petites sœurs, c'est la génération, vraiment typiquement la génération Covid, qui objectivement a passé vraiment un sale moment, qui est un peu perdu, et qui, pour reprendre le titre du Parisien, correspond beaucoup plus à ce que elle me raconte, c'est peut-être... une génération, peut-être, qui a tendance à aller vers une forme de désenchantement
vers
une forme de révolution, comme on a pu l'observer sans doute en mai 68. Alors, évidemment... Mais 68,
c'était plutôt une révolution de la croissance.
Oui, c'est pour ça que c'est absurde, sur le fond, intellectuellement, de comparer. Là, on est dans quelque chose, je trouve, quand j'écoute la génération d'en dessous... et encore une fois, c'est très subjectif, mais même, on le voit sur les réseaux sociaux, il y a une forme de grande inquiétude, de pesanteur, et je pense qu'à l'origine, en plus de toutes les revendications objectives, donc l'état d'élabrement de certains établissements, je pense que c'est ça l'origine qui s'exprimait. Et par-dessus ça... vu qu'il y avait, et ce n'est pas une critique, un vide idéologique autour de ce mouvement, c'était plus une espèce de vague d'inquiétude. Évidemment, vous avez des mouvements comme la France Insoumise qui sont venus combler cet espèce de mouvement et qui en ont fait ce qu'on a vu, ce qu'ils en ont fait par la suite, et ensuite les violences, et oui, qui parfois les dépassaient. C'était assez incroyable, si vous pouvez le regarder en replay, il y a ces France Télé qui a fait succession, et à un moment... qui en gros suit tous les candidats à la présidentielle. Mais pas que, puisqu'à un moment, on suit Eric Cochret, le député insoumis, qui est avec des gamins, et en fait, il commence à jeter, il commence à avoir des petits incendies, et on le voit démuni. et en effet très gêné, et on le voit arrêté, presque dépassé par sa créature. Et donc, tout ça pour revenir à ce que je trouve particulièrement laid chez Jean-Luc Mélenchon, c'est d'avoir travesti un vrai truc dans cette génération post-Covid, et qui rentre dans une ère de grande inquiétude, c'est son désenchantement, et c'est sans doute à ça qu'il aurait fallu répondre.
sûr. C'est l'heure des coups de griffes et des coups de cœur.
Wally, coup de cœur, coup de griffe. Alors coup de cœur un peu ironique pour Gilles Platret, qui est le maire d'Hiverdroite de Châlons-sur-Saône. Bien sûr. Et qui a déclaré sa candidature à l'élection présidentielle en fin de semaine dernière. Ça fait un 26e.
Voilà,
vous parliez tout à l'heure de 25 candidats, en voilà un 26e. Coup de cœur ironique parce qu'il a l'air de croire en ses chances et que c'est très bien pour lui. et qu'on espère qu'il sera au second tour contre Olivier Becht, qui est le député attaliste, qui lui aussi croit en ses chances. Donc voilà, ça me fait rire de voir des illustres inconnus. C'est la démocratie. Voilà, c'est la démocratie. Coup de griffe sur le budget, sur la dette dont pas grand monde ne parle, alors que les débats sur le projet de loi de finances commencent demain à l'Assemblée nationale. Vous savez que je vais suivre ça pour le Figaro. Et comment ? Vous prenez quelques forces cette nuit. Oui, voilà. Après, je vais aller camper là-bas. Mais voilà, à l'heure où, effectivement, on parle de plus en plus de crises qui pourraient être créées en Europe à cause de la France, voire parfois de mise sous tutelle potentielle du pays, on ne parle quasiment pas de la dette, on ne parle quasiment pas du budget de l'État qui va être débattu et on préfère... se concentrer sur des sujets mineurs. Donc je voulais mettre le doigt là-dessus. Bon courage pour la suite. Merci. Claire
Alors, coup de cœur, ça vient de sortir. C'est Mathieu Garigou Lagrange qui a fait sur France Culture une série de quatre épisodes sur Charles Pasqua. c'est vraiment super. C'est extrêmement bien fait. De toute façon, Garigou Lagrange est très très fort pour ce genre de truc. C'est un travail d'archives. d'intervention, d'historien. C'est vraiment super, je le conseille. Très intéressant. C'est 30 minutes, 4 épisodes de 30 minutes. Chaque épisode,
30 minutes.
Voilà. Et on vit
avec Charles Pasqua. Oui,
on peut entendre le bel accent de Pasqua, qui j'ai appris à un jour jeune déminer au couteau. Enfin, un champ de mine. J le goût du risque. C'est la
classe politique d'alors. Oui, ça avait une autre gueule.
Et le coup de griffe, c'est la réaction de Anne Carson, qui est la prix Nobel de littérature.
Oui.
Donc quand même grand prix littéraire. Ce ne devrait être un honneur que de s'inscrire dans la lignée de tous ceux qui l'ont précédé. Et quand on lui a demandé ce qu'elle en pensait, elle a dit d'abord que le jury était fou. Bon, jusque-là, ça peut aller. à la fin, elle a dit, c'est très bien, je pourrais mettre un autocollant sur mes livres.
Et bien voilà.
Quelle élégance. J'ai trouvé ça un brin vulgaire. Voilà mon coup de gris.
Dominique.
de cœur, coup de griffe ? Oui, mon coup de cœur, c'est ce qu'on en a parlé tout à l'heure. J'avais fait une étude en 2011 qui s'intitulait « 2011, la jeunesse du monde »
et
qui faisait émerger au niveau d'une trentaine d'États. On avait interrogé une trentaine de milliers de jeunes de 16 à 29 ans. Ça faisait émerger le malaise existentiel, d'ailleurs avant le Covid. C'est vrai que le Covid a beaucoup renforcé. auxquels on n'a pas répondu depuis maintenant longtemps. Et donc, dans cette crise actuelle, il y a toute cette partie, et vous aviez raison de le dire, qui mérite plus qu'une attention sérieuse.
Bien sûr.
Et donc, je suis prof, j'ai des étudiants, et encore ce matin, je faisais cours en Zoom parce que je n'ai pas pu accéder à ma salle de cours. Je me suis retrouvé dans les mêmes conditions avec mes étudiants que pendant le Covid. C'est vraiment absolument désespérant de voir ça. Et mon coup de griffe, c'est Bali Bagayoko, parce que je l'ai entendu dire quelque chose qui n'est vraiment pas acceptable, à plusieurs reprises d'ailleurs, et que probablement d'autres que moi ont entendu, puisqu'il l'a dit à la télévision, en tout cas ça passait à la télévision, il a accusé les forces de l'ordre de comportement raciste, en indiquant de manière appuyée, avec des mots manifestement préparés. qui n'avaient pas le même comportement avec les manifestants de couleur qu'avec les autres. Donc c'est vraiment... Ça, c'est très incendiaire. En Mélenchon, il met le feu à la dette, il met le feu à la rue, il met le feu aux établissements scolaires, en quelque sorte. Il faut prendre au sérieux quand même cette façon de jeter la colère dans les rues et puis ensuite de ne pas pouvoir la maîtriser.
moi j'ai des coups de cœur aussi, j'en ai un, alors ça va vous faire sourire parce que c'est un coup de cœur plus amical qu'autre chose. C'est Jean-Louis Borloo. Jean-Louis Borloo, qui s'est retrouvé dans une réunion avec deux des candidats à la présidentielle à Dijon hier, qui étaient donc Gabriel Attal et Édouard Philippe, où il est dit qu'il pouvait éventuellement se servir de tiers de confiance. Mais il a surtout fait une apparition, comme il fait de temps en temps, ici ou là, à la tribune, qui a été la plus applaudie de toutes celles qu'on a écoutées. Et à chaque fois qu'il apparaît, quelque part, tout brouillon, désordonné qu'il est. Il a quand même des idées. Après, il faut les mettre en musique, ce n'est pas toujours évident. Mais en gros, il dit que la France, il faut revoir son organisation, qu'on a beaucoup de doublons, qu'on a une espèce de maquis organisationnel qui est insupportable et qui est une des causes du malaise français, des difficultés que... que la France rencontre aujourd'hui. Alors, c'est quelqu'un qui ne va pas se présenter à l'élection présidentielle, parce qu'à chaque fois qu'il prend la parole, il arrive, il dit, voilà, dans les 15 derniers mois, j'ai eu deux cancers, tous les maux qui peuvent exister sur la Terre, MAUX, mais enfin, il est toujours là, quand même. Et donc, c'est bien qu'en France, il y ait des esprits aussi qui fassent, comme disait Jean-Pierre Chevènement par le passé, qui fassent turbuler le système. Et mon autre coup de cœur, je l'ai oublié. Je ne peux pas vous en parler. Ah, si, bien sûr, on me le souffle dans l'oreille. C'est De Gaulle. Alors, pas Charles De Gaulle, mais les deux films qui lui ont été consacrés. Et pourquoi De Gaulle ? Ça a été maintes fois évoqué. Mais c'est que là, il vient de passer les 6 millions de spectateurs, ce qui n'est pas rien. 6 millions de spectateurs, c'est deux films que je vous conseille et que je vous recommande d'aller voir si ce n'est pas déjà fait. et qui sont absolument admirables et qui, évidemment, ont quelques correspondances avec la période dans laquelle nous vivons aujourd'hui. Ça faisait longtemps que je n'avais pas entendu dire et crier « Vive la France » dans une salle de cinéma, ni quelques applaudissements à l'issue des projections. Merci à vous trois, merci beaucoup, merci de nous avoir suivis. Je vous donne rendez-vous la semaine prochaine où il sera évidemment encore question. de l'élection présidentielle, avec d'autres sujets, ou des sujets comme ceux qu'on a évoqués aujourd'hui, qui vont continuer à nous occuper. Et il y aura peut-être, probablement d'ailleurs, un petit peu de budget, là, pour le coup, parce que ça risque de s'exciter du côté du palais Bourbier. Bourbier. Voilà. Et on vous fera, on essaiera de vous décrypter cette actualité-là. Merci à vous. Bonne soirée et bonne nuit. À lundi prochain.
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