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Et alors le président de la République vient de réagir à l'instant sur le réseau social. Je le découvre en même temps que vous. Au principal et à l'enseignante blessée ce matin dans un collège à Aubagne, aux élèves et aux parents sous le choc, j'adresse ma pleine solidarité et mon total soutien. Je salue le sang-froid. Et la réaction exemplaire de l'équipe éducative qui a permis d'éviter le pire. Bonjour Valérie Gass, merci d'être avec nous, chef du service politique chez RFI. On voit évidemment Emmanuel Macron qui publie ce message à l'instant sur le réseau social X et qui met en avant le courage de l'équipe éducative. C'est vrai que là, en fait, c'est eux qui ont été en première ligne.
Oui, comme le rappelait Noémie, c'est visiblement le personnel du collège qui a réussi à ceinturer le jeune qui est en train de tirer sur les professeurs et le proviseur. Oui, le président de la République est en déplacement au salon de l'automobilier ce matin. Et en fait, il est sollicité, il avait déjà réagi sur le mouvement des lycéens. Et là, bien évidemment, c'est un événement terrible qui se passe encore dans un établissement scolaire. Et bien évidemment, le président a réagi à chaud. Comme le disait Serge, en effet, le gouvernement ne veut pas tarder. Et là, il y a une prise en compte tout de suite de cet événement dramatique et l'envoi de ministres sur place pour bien marquer la préoccupation du gouvernement et la volonté de tirer les choses au clair. d'en tirer les premiers enseignements dans l'après-midi. Il
faut reconnaître que ce sont quand même des faits qui sont assez inédits. Alors pas le fait d'avoir des personnels enseignants ou un principal pris pour cible par des élèves. Malheureusement, ces dernières années, on a eu plusieurs attentats terroristes commis contre des enseignants. On pense bien sûr à Samuel Paty et Dominique Bernard. Des enseignants également pris pour cible par des élèves. Agnès Lassalle, bien sûr, on a tous en tête la mort de cette professeure. Donc ça, ça arrive encore en juin 2025. C'était une assistante d'éducation qui avait été tuée par un élève de 14 ans le matin au moment où les élèves rentraient dans l'établissement. Et alors qu'un contrôle, une fouille des sacs était organisée par les gendarmes. Là, la nouveauté quand même, c'est le mode opératoire. C'est un jeune qui est passé à l'acte non pas avec un couteau, non pas avec une arme blanche, mais avec une arme à feu. Alors d'après les premiers éléments que nous avons recueillis, il s'agit d'un fusil de chasse. de calibre 12. Donc peut-être se l'est-il procuré tout simplement chez lui, si quelqu'un dans sa famille... chasse ou un permis de chasse. Mais c'est assez inédit. Ce n'est pas la première fois que ça arrive. Il y a déjà eu des précédents en France, mais c'est quand même très rare. On est très loin, bien sûr, de ce qui peut se passer aux États-Unis avec des tueries de masse et des jeunes qui sont armés. Et c'est sans doute aussi pour cela qu'il y a cette réaction et ce déploiement de trois ministres cet après-midi sur place parce qu'effectivement, les faits sont marquants. Mathieu Oque, bonjour.
Merci d'être avec nous, politologue, secrétaire général du think tank gaulliste millénaire. Merci d'être avec nous. Effectivement, la question qui va se poser, qui se pose depuis ce matin, c'est la question de la sécurité des établissements. Là, on parle d'une arme, enfin voilà, ce n'est pas un petit couteau, on parle d'une arme qui arrive à pénétrer dans un établissement scolaire. Ça pose cette question-là, forcément.
Oui, en effet, nous avons produit une étude il y a quelques années déjà de cela sur l'insécurité dans les établissements scolaires. Est-ce qu'il pouvait être fait face à ce phénomène ? Ce que l'on peut voir déjà, si on prend les chiffres du ministère de l'Éducation nationale, qui a été rapporté par la mission d'information au Sénat il y a un peu plus d'un an de cela, il y a un peu plus de 900 enseignants du secondaire qui ont été agressés sur une année, donc l'année 2021 de mémoire, qui ont été agressés par, ou 2022, qui ont été agressés du coup... par une arme. Mais souvent, quand on dit par une arme, dans les services du ministère de l'Éducation nationale, c'est par une arme blanche ou par une batte de baseball, un bâton, etc. Et là, pour le coup, il n'avait jamais été relevé, à ma connaissance, de phénomènes où on voyait effectivement une arme à feu être employée pour viser le personnel de l'Éducation nationale et un enseignant. Donc ça, c'est quand même un premier point qui est très marquant et qui ne veut peut-être pas dire grand-chose, mais qui en tout cas... est un point de bascule. Ensuite, après, l'autre phénomène, c'est qu'on voit bien qu'il y a de plus en plus dans l'éducation nationale, finalement, dans l'école, une difficulté à être à l'abri des évolutions de la société. On constate une augmentation de la violence d'un point de vue statistique, pas forcément que chez les jeunes, mais dans la société en règle générale, qui se répercute effectivement dans les établissements scolaires, ce qui suppose... pour les établissements scolaires et donc pour les collectivités locales qui ont à la charge des infrastructures, que ce soit les départements pour les collèges et les régions pour les lycées, de remettre à niveau ou de re-réfléchir à la sécurisation de ce qu'on appelle les abords des établissements.
Ça pose la question de la sécurisation de ces établissements et là en l'occurrence, c'est ce qu'on disait, les collèges relèvent du département.
c'est aussi l'une des réponses du gouvernement dans la rapidité. Alors bien sûr, il y a raison, il y a la gravité des faits, mais il y a aussi la nécessité, dans un moment pareil, présidentielle, mobilisation lycéenne, 17 octobre qui arrive, à ne pas laisser les sujets se mélanger, je dirais. Donc il fallait répondre rapidement, puisqu'on le dit depuis ce matin, il n'y a pas de lien avec la mobilisation lycéenne. Mais pour autant, le gouvernement doit aussi répondre à un certain nombre d'autres urgences. Et vous l'avez dit, il y a un double problème. de la sécurisation à l'extérieur mais aussi à l'intérieur et qui ne dépendent pas effectivement des mêmes secteurs. On verra ce qu'en diront les ministres tout à l'heure. Et puis il y a aussi cette nécessité de répondre. peut-être, en tout cas ponctuellement, à ce problème-là, pour ne pas que ça enflamme aussi tout le débat présidentiel, où chacun aura sa recette, parfois du « il y a qu'à faut qu'on » sans forcément budgéter tout cela, en disant que le gouvernement n'a rien fait ou que le gouvernement a mal fait, et inversement. Donc c'est aussi une réponse, c'est un peu de la politique politicienne, mais ça existe aussi dans ce genre de débat, il y a la réponse. Par rapport à l'événement de la gravité d'Aubagne, mais aussi à le contexte dans lequel ça se déroule. Et ça, c'est la responsabilité des politiques. On a vu les réactions de ce matin, en particulier de Mme Le Pen ou de M. Attal. On vient de l'évoquer à plusieurs reprises, celle d'Emmanuel Macron. On le sait, ce genre de sujet, de manière générale, et à juste titre, enflamme très vite le débat politique qui n'en a. Absolument pas besoin parce qu'on va revenir à un moment donné aussi au débat sur les moyens nécessaires et on le sait dès demain, c'est le début du débat budgétaire à l'Assemblée nationale qui a déjà vécu des premiers épisodes en commission et que là on va parler des moyens pour les portiques si c'est nécessaire, des moyens aussi du personnel non enseignant dans la communauté éducative. qui peuvent aider à détecter parfois, parce qu'on évoquait le débat de la santé mentale, qui peuvent aussi participer à tout ça. Donc c'est un grand tout, mais on sait que dans ces moments-là, chacun y voit un petit peu midi à sa porte, dans son couloir politique, sans forcément voir les choses d'une manière un peu plus systémique et générique.
Vous l'avez dit, Fanny, comme à chaque fois, on va se reposer la question de sécuriser les établissements scolaires. Ça suscite toujours beaucoup d'émois parce que, par principe, quand les parents déposent leurs enfants le matin à l'école, au collège, au lycée, il y a l'idée que pendant ce temps où ils sont à l'intérieur de l'établissement scolaire, il ne peut rien se passer. Et là, on a effectivement cet élève qui rentre avec un fusil de chasse et qui blesse un principal et une enseignante et qui aurait pu blesser des élèves s'il les avait pris pour cible, ce qui ne semble pas être le cas. Alors, on va reparler de la question des... portique de sécurité, mais c'est un peu un serpent de mer. On sait que ça coûte très cher, on sait que ça ne détecte pas. Ça ne détecte pas un couteau en céramique, par exemple, ça ne détecte pas une arme par destination, parce qu'on peut se saisir, même une paire de ciseaux peut servir à attaquer quelqu'un. Alors là, on est sur une arme à feu, donc un portique détecte une arme à feu, mais on sait aussi que les portiques, c'est ce qui crée des gros attroupements devant les établissements, donc des cibles aussi potentielles en matière d'attentats. Donc je crois qu'il y a déjà eu beaucoup de réflexions autour de ça. Et puis je reviens sur cette affaire en Haute-Marne en juin 2025, cette assistante d'éducation qui avait... été tué par un élève alors que les gendarmes étaient à quelques mètres de là puisqu'ils procédaient à des fouilles aléatoires de sacs pour regarder si justement certains élèves venaient au collège avec un couteau. Et donc on avait bien l'exemple que... Même la présence des forces de l'ordre ce jour-là n'avait pas empêché cet élève de s'en prendre à cette mère de famille de 31 ans qui l'avait tuée. Un mot pour dire que ce jeune-là a été jugé en juillet dernier, qu'une altération du discernement a été reconnue par les juges, notamment parce qu'il a souffré d'un délire de persécution. Mais que les magistrats ont estimé que ça ne devait pas entraîner une diminution de sa peine au regard de la gravité des faits et au regard de son risque de récidive très élevé. Aucun signe d'empathie et de remords notamment exprimés par ce jeune lors du procès. Il a été condamné à 18 ans de prison. Il encourait 20 ans de prison. La moitié de la peine maximum encourue pour un majeur, à savoir la perpétuité.
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