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Bonjour, Gabriel Attal. Bonjour, Anne-Pierre Coudray. Merci beaucoup d'avoir accepté notre invitation. Je suis ravi,
bienvenue à
Ventre. Oui, vous nous avez donné rendez-vous dans votre circonscription devant une école primaire. Pourquoi ?
C'est là où tout mon parcours politique a commencé. Et puis l'école, parce que pour moi, il n'y a rien de plus important que l'école. C'est mon combat et c'est ce pourquoi j'ai envie de continuer à me battre dans les années à venir.
Je vous propose de vous emmener dans un autre type d'école, une école de cuisine réservée aux demandeurs d'emploi. Allez, je vous emmène. Je vous suis. C'était quand votre première
élection ? ... à l'époque ? 2014, j'ai 25
ans.
Ah oui Voilà ma voiture, ça vous dérange pas si je conduis ? Avec plaisir. Là on va à Grigny.
'est parti.
risque d'avoir un peu de circulation. Est-ce que vous vous souvenez d'où vous vient votre vocation politique ? Le moment où vous vous êtes dit c'est ça que je veux faire. Mon premier souvenir politique, j
'avais 13 ans, c'est quand Jean-Marie Le Pen est... ...ensemble à la manifestation qu'il y avait eue
et je m'étais dit quand même pour que mes parents... aillent ensemble, alors qu'ils sont divorcés depuis des années, qu'ils ne veulent plus se parler, mais qu'ils aillent ensemble avec nous manifester, c'est quand même que c'est quelque chose de très fort et de très marquant. Et c'est là où j'ai commencé à m'intéresser à la politique.
présidentielle, c'est encore autre chose. À quel moment vous vous êtes dit je suis légitime pour y aller
Moi j'ai toute la vie, je suis jeune, je pourrais me dire cette élection elle a l'air très compliquée, à vrai risque le RN l'emporte et donc je vais jouer la prochaine, je vais attendre 5 ans, 10 ans, 15 ans, 20 ans pour me présenter, j'ai l'âge pour ça. Et si j'y vais là, c'est parce que je me dis que si on rate l'opportunité là en 2027 de faire les bons choix pour l'école, pour l'innovation, pour les salaires, on va le payer pendant très longtemps.
Alors, vous êtes très jeune, vous êtes le plus jeune candidat. Est-ce que cette jeunesse, c'est un atout ou c'est un inconvénient, un handicap ? Franchement, j'en sais rien. Je pense que
c'est les deux, en fait. Ce qui est sûr, c'est que c'est quelque chose que je peux pas changer. Et quelque chose qui est de moins en moins vrai chaque jour.
Votre défi à vous, c'est de faire oublier le macronisme, finalement. Ça fait dix ans que vous êtes dans cette équipe. Comment vous allez y arriver ? Moi,
je ne fais rien chercher à faire oublier. Je ne vais pas prendre les gens pour des imbéciles en leur disant, je ne sais pas qui est monsieur Macron, je n'ai rien à voir avec ce qui s'est passé ces dernières années. J'ai été ministre, j'ai été Premier ministre. Je demande à être jugé, à être comptable de ce que j'ai fait dans les fonctions qui m'ont été confiées au moment où elles m'ont été confiées.
y a une phrase. qui a marqué les Français, quand vous êtes arrivés à Matignon, c'est celle sur l'autorité.
casses, tu répares, tu scelles et tu nettoies, tu défies l'autorité, on t'apprend à la respecter.
Évidemment, ça a eu une résonance particulière, là, en ce moment, avec la crise de l'ICF.
Mais ça avait eu une très forte résonance à l'époque, parce que pour les gens, c'est du bon sens, en fait. Est-ce qu'il y a des conséquences quand il y a de la délinquance ? Si on donne le sentiment que les partis dits de gouvernement s'occupent pas de ces sujets-là, y compris avec une très grande fermeté et même une forme de radicalité, on laisse aux extrêmes le sentiment qu'il n'y a qu'eux qui peuvent s'en occuper.
Elle est fracturée, la France, aujourd'hui
? Il y a beaucoup de fractures. Si vous écoutez de certains discours politiques et
médiatiques, vous avez l'impression que globalement les vieux sont des égoïstes qui veulent rien partager et que les jeunes sont des fumistes qui veulent pas bosser. C'est ça aujourd'hui le débat public sur les générations, ce qui est fou.
là on arrive à Grigny, c'est l'une des villes les plus pauvres de France, avec un taux de chômage deux fois supérieur à la moyenne nationale, qui monte jusqu'à 40% chez les jeunes. Et on va rencontrer un homme qui a refusé cette fatalité, c'est le chef étoilé Thierry Marx. On nous a parlé d'un bâtiment avec des peintures. Beaucoup de couleurs. Très joyeux. Normalement, on nous attend. Bonjour.
Bonjour, bienvenue à Cuisine, notre emploi.
Bonjour. Bienvenue.
Le
principe,
c'est d'accompagner des personnes dans un projet métier pour les ramener à l'emploi.
Combien de vos stagiaires trouvent un emploi à l'issue de la formation
? 92%. 92% de nos stagiaires retrouvent un emploi. parce qu'ils ont choisi le projet. C'est-à-dire que le vieux concept de l'emploi par défaut, globalement, il faut accepter que ça ne fonctionne plus. Vous nous dites ce qu'ils sont en train de faire ? Oui, ils sont en train de faire de la pâte à choux. C'est
difficile, la pâte à choux. Bonjour.
Alors, c'est de l'eau, de la farine, du beurre et des oeufs. Mais il faut les mettre au bon moment. T'as mis assez d'oeufs, là. Donne ta poche, maintenant. Protège ta main avec le dessus de la poche pour ne pas te salir la main.
êtes restée au chômage combien de temps ? Je suis restée au chômage deux ans. Et qu'est-ce qui bloquait ? Je ne trouvais pas. Je postulais, je postulais, je ne trouvais pas. Gabriel Attal, vous, vous êtes pour réduire la durée d'indemnisation de 18 mois à 15 mois. On voit que parfois, il faut du temps.
ne marche que si vous amplifiez l'accompagnement à travers Pôle emploi pour que des personnes puissent retrouver un travail. Mais ce qu'on voit,
c'est que dans d'autres pays voisins de te décourage de chercher ? On sait,
c'est montré. En général, ce qu'on voit, c'est que la reprise dans l'emploi, elle se fait soit au tout début quand les gens viennent de tomber au chômage. soit à la toute fin quand on arrive à la fin des droits. Moi, ce que je crois, c'est que le travail, c'est ce qui permet de s'en sortir. Et j'imagine que quand vous étiez sans emploi, vous étiez pas bien. C'est pas qu'un sujet de salaire, c'est aussi un sujet d'activité, etc.
Vous avez de plus en plus une partie du pays qui, lui, n'a pas un restat libre suffisant. Et ça devient très, très abrasif. Je suis un grand patron, un jour, qui nous avait dit, je lui demande, mais pourquoi il nous avait aidé ? Il m'a dit, mais on va s'entretuer. Cette fracture sociale est devenue tellement toxique, tellement dure, la croissance d'un pays qui ne profite qu'un certain, c'est dangereux.
Ce que les gens n'arrivent pas à comprendre, c'est qu'on est à presque 9% de chômage et pourtant il y a des dizaines de milliers d'emplois qui ne sont pas pourvus dans la restauration. Il y a un problème, non ?
Le problème qu'on a aussi dans l'idée professionnelle, c'est qu'on continue à former des jeunes dans des filières pour lesquelles on sait qu'il n'y a aucune insertion dans l'emploi. Bien sûr. Objectivement, des filières comme... CAP vente, bac pro, secrétariat. On sait que c'est même pas 10%, 15% d'insertion dans l'emploi ensuite.
Ils sont beaux ces choux. Magnifique, vous voyez. 8 semaines de formation. Elle a le sourire. Et elle va nous faire un chuchotillier qui va me faire craquer.
on cherche le café de la place.
Le café de la place ?
Près de l'église. Juste là. Juste qu'on puisse se garer. Là, on va la prendre, là.
Entrez des artistes.
Alors là, ils ne savent pas que j'arrive avec vous. D'accord. C'est une surprise. Bonjour. Oui, c'est une surprise. C'est une sacrée surprise. Bonjour, monsieur. Bonjour. vous les entendez, les clients, la journée ? On
les entend tous les jours. On enchaîne des crises. On a eu le Covid, ensuite on a eu la hausse des matières premières, de l'énergie. Aujourd'hui, on a le carburant. Qu'est-ce qu'il fait, le carburant ? Il laisse les gens à la maison. Vous pouvez regarder autour de vous, il n'y a plus personne. Les gens ne viennent plus. Là, vous sentez
la baisse d'activité
? On la sent, on la vit. C'est violent. Vraiment, c'est violent.
Gabriel Attal, face au carburant, on a l'impression qu'il n'y a pas de réponse, qu'il n'y a pas de solution. Ça, c'est terrible, non ?
Ce qui est très dur, c'est que la source de cette crise du carburant, c'est quand même un conflit qu'on ne maîtrise pas.
a essayé de plafonner en fait l'augmentation des prix. Ça c'est sur la réponse apportée. En Espagne notamment. Oui bien sûr,
Espagne, Allemagne. C'est
pour ça en fait, pourquoi on ne pourrait pas le faire en France ?
Bah parce qu'en fait...
Baissez les taxes sur les carburants ?
Enlever les certificats.
Bah juste à titre temporaire parce que là on est vraiment dans des grosses difficultés.
Il y a des pays qui ont fait un choix d'avoir un modèle social moins généreux et quand il y a des crises ils ont plus d'argent à mettre pour protéger les gens. Pour autant vous n'avez pas l'impression qu'on recule aujourd'hui en France ? Non mais je vous donne la comparaison. Ils ont un point commun tous, ils partent plus tard à la retraite que nous.
S'il fallait baisser les dépenses sociales, vous seriez prêt à les baisser où
un grand sujet. Là, ce serait quelque chose qui mériterait la réflexion. On nous demande beaucoup d'efforts aux Français, mais effectivement, quand on voit toute la partie parlementaire, sénateur, ce qu'on aimerait bien, c'est aussi voir une réforme à leur niveau. Non,
on l'a fait à l'Assemblée. On n'a plus de retraite des députés. C'est très bien, on a la même retraite que tout le monde.
Qu'est-ce que vous attendez d'un président de la République ? Il faut retrouver de la confiance. À partir du moment où les gens ont peur et où ils n'ont plus confiance, les gens se remettent sur eux-mêmes. ne se déplacent plus, ne consomment plus, ne travaillent plus, ne se parlent plus. C'est ça que j'attends d'un président de la République, c'est qu'il incarne ce chemin qui donne de l'espoir. Et à qui il faut donner de l'espoir en premier ? Dans le contexte actuel, c'est à nos jeunes.
-ce qui vous interpelle le plus dans la société française d'aujourd'hui
fait,
on n'a plus confiance
en nos capacités. C'est même pire que ça. Non seulement, on n'a plus confiance en nos capacités, mais on s'interdit même de rêver. Moi, j'ai envie que les jeunes croient à nouveau que la France, elle va pouvoir faire des innovations de rupture, que le futur avion bas carbone qui pollue pas, c'est des Français qui vont pouvoir le sortir. De la même manière que c'est la France qui a inventé le TGV, le Concorde, le nucléaire civil, etc.
est maintenant sur le site, le campus de l'université Paris-Saclay, 30 000 personnes. C'est le général de Gaulle, le tout premier, qui a lancé le plateau de Saclay. Bonjour. Bonjour. Merci beaucoup de nous accueillir dans ce site stratégique qu'on a hâte de voir. Frédéric Pascal, vous êtes le patron de l'intelligence artificielle ici à Paris-Saclay. Vous avez vos papiers d'identité ? J
'ai une photo de mon passeport. Ça sera parfait.
que c'est un site sensible ?
Exactement, oui. Bonjour.
on va faire un saut dans le futur, alors, c'est ça ?
Ah oui. Donc là, on est au cœur du réacteur. Donc vous voyez, il y a de plus en plus de bruit. Quand il y a du bruit, il y a de la performance. Donc ici, on parle de 129 millions de milliards de calculs par seconde. Donc c'est gigantesque.
Vous me disiez que 90% de la recherche française s'appuie sur ce supercalculateur ? Oui,
tout à fait. Il y a des chercheurs qui en quittent la France, y compris en Europe. On ne voit quasiment personne, c'est un serveur, mais tout le monde est dessus.
est très impressionné là, mais est-ce que la France est suffisamment performante ou est-ce qu'on est loin du compte aujourd'hui par rapport à l'étranger ?
On est très très loin du compte par rapport aux Etats-Unis et à la Chine. Quand je dis très très loin, c'est des facteurs 20, 30, 40, c'est des différences énormes. Mais même en Europe, on est loin. C'est aussi des questions que j'avais à vous poser, comment vous voyez l'investissement sur ces sujets. Aujourd'hui l'Europe, c
'est 3% de la puissance de calcul mondiale. Moi, je veux que ça devienne 20% de la puissance de calcul mondiale. Et c'est possible d'y arriver, faire l'équivalent de la PAC, la politique agricole commune, mais pour l'IA et pour l'innovation.
S'il y a une pandémie, le vaccin, c'est ici qu'il va être trouvé. C'est ici s'il y a suffisamment de puissance de calcul. C'est un point absolument essentiel.
donc, c'est dans la santé qu'on est les plus
forts en IA aujourd'hui ? il y a Harvard et Saclay.
le monde nous envie Saclay à l'extérieur.
Bonjour. On a des données ici qu'on peut valoriser et qu'on va valoriser en mettant un algorithme d'intelligence artificielle pour trier et détecter ces patients graves qui eux risquent de perdre la vue en moins de 48 heures. On a
des talents autour de la table, on le voit, on a vu des choses, mais il nous faut des moyens. Le risque, c'est que les chercheurs partent à l'étranger. C'est Google, Meta, qui payent dix fois plus que ce qu'on est payé ici. En Europe, en Allemagne, les salaires sont trois fois supérieurs à ce qui se fait en France pour les chercheurs. En Finlande, un tout petit pays, les salaires sont trois fois supérieurs.
ce soit en Asie, Singapour, quand vous êtes recruté, on vous donne un million d'euros tout de suite ou un million de dollars pour monter votre labo, sans discuter.
Ça vous a déjà tenté de partir à l'étranger ?
Oui, j'y réfléchis, effectivement, surtout vu la situation en France.
La situation politique ?
La situation économique, la dette, les coûts dans le budget du CNRS, on l'a vu encore il y a quelques semaines, ça fait froid dans le dos. Si on laisse ça se produire, et ça se produit déjà,
on ne peut même plus ambitionner en France d'être pionnier ou leader en quoi que ce soit. Si on regarde depuis 30 ans... Par rapport à la richesse nationale de la France, les dépenses de retraite ont augmenté de 20%. Les dépenses d'éducation et de recherche ont baissé de 15%. Un pays qui veut investir pour l'avenir, qui veut être puissant à l'avenir, c'est presque l'inverse qu'il devrait faire. Moi, ma proposition, c'est d'assumer qu'il faut qu'on change notre système et qu'on passe en partie à la retraite par capitalisation. Qui dit retraite par capitalisation dit des fonds de pension qui vont pouvoir investir dans des start-up. Parce que la vraie différence qu'on a entre les Etats-Unis et la France, c'est que les Etats-Unis ont un autre système de retraite. L'argent des retraites, il est investi dans l'économie et notamment dans les start-up qui innovent. Parler des retraites, c'est aussi quelque part parler du financement de notre économie et de l'innovation.
Merci beaucoup à tous d'avoir accepté de participer.
Merci et bravo parce que franchement, ça donne confiance de vous voir avec tous vos projets et plein de succès à vous. Merci.
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