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parler, merci encore, d'Octua Boros, avec Mathilde Palot qui déclenche une polémique politique. Pourquoi importer le conflit israélo-palestinien dans la lutte contre le cancer ? Nous sommes avec le professeur David Kayad, vous êtes oncologue. Dites-nous comment vous réagissez ? Alors peut-être Gabriel Kuzel, le temps de vous installer. Gabriel Kuzel, comment on peut réagir par rapport à cela ? On aura dans un instant Stanislas Ropère aussi au téléphone. Comment on peut réagir par rapport à cela ? On a reçu, nous, plusieurs personnes qui viennent parler du cancer. On a entendu les auditeurs d'Europe 1. se battre avec cette maladie qui touche énormément de personnes. On verra les chiffres avec le professeur Kayad. Comment peut-on en arriver là, Gabriel ? Moi,
les bras m'en tombent. Je trouve ça d'une indécence absolue. Je pensais qu'au moins, la classe politique pouvait être d'accord sur ce sujet-là. Vous voyez, des sujets qui font consensus. Le chagrin d'un décès, une maladie, la lutte contre une maladie. Moi, j'avais eu l'impression, vous voyez, je m'étais trompée, que de fait, d'un bout à l'autre de l'échiquier politique, eh bien, on était sur... cette grande cause nationale, et sans doute même internationale d'ailleurs, mais en l'occurrence qui touche la France, et bien je me rends compte que non. En réalité, c'est très très frappant parce que la France insoumise clive tout ce qu'elle touche. On peut parler de n'importe quel sujet, elle va cliver ce pays, donc elle porte des accusations. On va l
'écouter ? Exactement, c'est encore le mieux. D'autant plus que c'est très long, c'est un poste de trois minutes et que c'est assez alambiqué. C'est difficile quand même de faire le lien. Écoutez.
La Macronie ? la droite et l'extrême droite, s'épinglent la poitrine de rose. Quelques semaines après avoir forcé la réintroduction de deux pesticides qui s'attaquent directement au cerveau des enfants, alors qu'ils soutiennent les directives européennes omnibus qui vont faire exploser le nombre de pesticides autorisés en Europe, alors que le Rassemblement national a voté contre la prise en charge totale des traitements du cancer du sein par l'assurance maladie, ces gens sont des hypocrites. Voilà pourquoi je ne porterai pas le ruban d'Octobre Rose.
Gabrielle Cusel, ensuite le professeur Kayat.
Alors déjà, on voit que ce n'est pas une réponse qu'elle a fait ainsi. Vous voyez, parfois, il y a une réaction sur des plateaux qui dépasse la pensée. Là, non, c'est une réflexion extrêmement construite. Elle arrive avec un message, un message qui est potentiellement dangereux parce qu'il éteint finalement sur un sujet aussi grave la confiance d'un certain nombre de femmes. Et donc, elle en fait un sujet très politique. Moi, je crois que le fait que Marine Le Pen ait porté ce ruban rose-là, profondément indisposé, et qu'elle a voulu se démarquer, et elle a choisi d'attaquer sous cet angle-là, je ne suis pas sûre que ce soit tout à fait gagnant pour elle. Pour moi, ce sera contre-productif, parce qu'encore une fois, je suis persuadée que la cause du cancer du sein unit, et que c'est insupportable de voir certains se désolidariser.
Professeur Kayat, comment réagissez-vous, vous êtes en direct sur Europe 1, à ces propos de Mathilde Panot sur Octobre Rose ?
Bonjour. Écoutez, moi quand j'ai entendu ça, j'ai eu beaucoup, beaucoup, beaucoup de peine. Parce que ces mots frappent de plein fouet le parcours tellement difficile de tellement de femmes dans le monde, dans notre pays, mais dans le monde. Il faut savoir que le cancer du sein, ça touche un peu plus de 55 000 femmes chaque année en France. Et qu'il faut savoir que même si nous sommes à plus de 88% de guérison dans ce cancer-là, nous avons quand même en France 11 000 femmes qui meurent chaque année de cette maladie. 11 000 femmes qui meurent chaque année. 11 000 familles endeuillées chaque année. Votre livre,
les gestes qui changent tout, cancer, il y a alimentation, la nouvelle donne, votre livre qui est sorti le 16. septembre, il y a moins d'un mois, justement sur ces sujets. Vous êtes en colonne et
vous dites 11 000 femmes qui meurent. Qui meurent, ça veut dire 11 000 familles qui sont endeuillées chaque année en disant c'est 110 000 personnes, 110 000 femmes. Il faut imaginer ce que ça représente. Tout ce chagrin, tous ces destins broyés, toutes ces femmes qui luttent avec tellement de courage. Moi ça fait 49 ans que je fais ce métier, 49 ans que je les accompagne, que j'essaie de les aider. que j'essaie de les sauver ou de les faire vivre un peu plus, pour qu'elles aient le temps de voir grandir leurs enfants, etc. Et quand on en fait un objet politique, un objet polémique, je trouve ça indécent.
Et elle dit justement, elle en fait un objet polémique, mais elle en fait un objet politique, vous avez dit le mot politique, parce qu'elle dit elle-même que le cancer est une maladie politique. Professeur Ayat, on va marquer une pause, on revient sur Europe 1. Vous qui avez vu des destins, c'est... s'évanouir entre vos doigts. Vous qui avez vu des familles brisées de vos yeux, vous qui voyez justement des âmes qui s'en vont meurtries par le cancer et notamment le cancer du sein. On va marquer une pause, on revient en direct sur Europe à propos de cette polémique de Mathilde Panot sur Octobre Rose. Est-ce que selon vous le cancer est une maladie politique ? Appelez-nous au standard d'Europe. Aujourd'hui je m'intéresse de près à une réalité préoccupante, l'épidémiologie des cancers. est en pleine mutation. Certains cancers, jardices rares, connaissent une progression inquiétante. Page 11 du livre du professeur David Kayat, « Les gestes qui changent tout » aux éditions Fayard. Au cours des dix dernières années en France et dans le monde, certains cancers ont vu leur incidence ou leur mortalité diminuer grâce au dépistage organisé à l'éducation et à la santé. Pourtant, là c'est un pavé dans la main, on n'est pas dans l'éducation et la santé. On a Octobre Rose qui est critiqué, vilipendé par Mathilde Panopoulos. Professeur Cayette, avant de vous redonner la parole, on a Jean-Luc qui nous appelle d'Ile-de-France. Comment vous réagissez entre le fait qu'on est en plein mois d'Octobre Rose et pour venir en aide à ces femmes qui ont le cancer du sein, dépister le cancer du sein, et on a Mathilde Panot qui jette un pavé dans la mare en disant qu'Octobre Rose, en tout cas le ruban rose, est lié directement à Israël. Bonjour Luc-Éric.
bonjour Kelly, bonjour à tout le monde.
vous réagissez à la polémique de Mathilde Panot, mon cher Luc Éric ? Vous avez 67 ans, vous appelez « deal de France ». Oui,
exactement. Je reprends le terme qu'a utilisé tout à l'heure Gabriel Cusel, c'est totalement indécent. Je dirais qu'aujourd'hui, la lutte contre le cancer, d'ailleurs contre toutes les maladies, les pandémies, etc., doit être universelle et on doit trouver un consensus à ce sujet-là. Et aujourd'hui, contesté pour diverses raisons... qui peuvent s'entendre, mais quand j'ai entendu tout à l'heure le post de panneau que vous avez passé en quelques secondes, qui mélange un ensemble pour fustiger certains partis politiques par rapport à d'autres, et dire qu'elle ne va pas porter le ruban rose parce qu'effectivement elle est contre le RN ou contre l'LR ou contre je ne sais pas trop qui, c'est un peu gênant. Moi je dirais qu'une seule chose, c'est qu'aujourd'hui au niveau de LFI, on voit systématiquement la cause palestinienne qui est mise en avant, quels que soient les sujets d'ailleurs. Dans tous les cas, regardez ce qui se passe aujourd'hui avec les étudiants. La cause palestinienne
est mise en avant et c'est toujours le même coupable, Israël, pour être clair et précis.
De manière systématique, et vous allez voir que bientôt on va entendre le boycott des laboratoires Teva, parce que Teva c'est des produits israéliens, et qu'on va dire qu'il ne faut surtout pas acheter de médicaments en provenance d'Israël parce que ce sont les laboratoires Teva, que les laboratoires Teva, s'ils sortent des génériques pour lutter contre le cancer, le boycott israélien doit être maintenu parce que c'est Israël qu'on encourage. et qu'on facilite au niveau de la vente. En fait, il y a une ineptie dans ce parti-là qui est systématiquement d'avoir un vote communautaire. Ils veulent attirer le vote communautaire. J'entendais Mélenchon hier qui parlait de donner le vote aux gamins de 16 ans. Qu'est-ce qu'un gamin de 16 ans peut avoir comme réflexion politique sur le moyen terme ? On voit bien qu'il y a de la récupération à tous les niveaux, au niveau de LFI. Et tout est bon pour leur cause, en sachant que Mélenchon a comme objectif d'être au second tour. Donc il veut draguer le plus largement possible. Plus il va avoir un électorat qui va être attentif à ses propos, même si c'est complètement iconoclaste, plus il va se rassurer en se disant « j'ai le sens d'être au deuxième tour ». La position de panneau est inaudible, mais le fait de refuser de soutenir la lutte contre le cancer est une aberration en toi, et à mon avis, ça va les éloigner même d'un certain électorat.
Mais visiblement, et non, c'est même pas peur, même pas mal, lorsque vous dites effectivement que ça va les éloigner. Peut-être qu'ils parlent d'une sorte d'électorat qui est peut-être insensible. Merci en tout cas d'avoir appelé Luc et Eric au Standard Europe 1. C'est vrai qu'on peut se poser beaucoup de questions, comme l'a souligné Gabriel Cluzel, c'est indécent. Professeur David Keillat, je reviens. Vous avez écrit les gestes qui changent tout, cancer et alimentation, la nouvelle donne aux éditions Fayard. Dans votre livre vous parlez du cancer de l'utérus, du cancer gastrique, du cancer ORL, du cancer du pancréas, du cancer du poumon, évidemment du cancer du sein. Et je rebondis sur ce que disait Mathilde Panot qui disait que c'était un cancer. politique, le cancer était une maladie politique.
Le cancer est une maladie politique, je l'avais... Oui absolument, mais pas dans le sens polémique, dans le sens où il est capable de donner une image et une perception de ce qu'est une société. Est-elle solidaire ? Le cancer a besoin de solidarité, il a besoin d'engagement, il a besoin de réalisme et d'optimisme et de vision du futur, de préparer le futur, d'investissement si vous voulez, dans la recherche, etc. Et tous ces mots que je viens de prononcer caractérisent l'objet politique. Et je me rappelle que la première fois qu'on a dit que le cancer était politique, c'est quand je suis allé voir Jacques Chirac à l'époque. en 2000 pour lui proposer de signer la charte de l'UNESCO contre le cancer que j'avais écrit avec un certain nombre de cancérologues dans le monde pour rappeler le droit des malades et le devoir des gouvernements face à la maladie cancéreuse et dans la discussion que j'ai eu avec lui mais pourquoi le cancer et pourquoi pas le diabète ou je sais pas quoi je lui dis monsieur le président Vous savez, à l'époque, je parle de 2000, je dis, quelqu'un qui meurt d'une bronchite ou d'un diabète, ça ne va pas influencer le vote de la famille. Par contre, quelqu'un qui a attendu deux mois pour avoir un scanner parce qu'il avait un cancer du poumon, quelqu'un qui s'est vu annoncer le diagnostic au téléphone sur la messagerie, comme ça se faisait à l'époque, quelqu'un à qui on a annoncé sans humanité. qu'ils rechutaient d'un cancer, ça, ça va induire un changement dans le vote, parce qu'on va estimer que la société ne regarde pas avec assez d'empathie les citoyens.
Professeur Kayat, dernier mot en une phrase, pourquoi il faut lire votre livre
que le cancer n'est pas une fatalité, contrairement à ce que tout le monde pense. Ça ne vient pas par hasard. Dans 40% des cas, on peut éviter le cancer, ou en tout cas éviter d'avoir un cancer grave, en faisant un certain nombre de gestes. que j'explique dans ce livre, ça touche à l'alimentation, ça touche au dépistage, ça touche au diagnostic précoce. Et c'est un livre à la fois plein d'optimisme et pour expliquer les choses aux gens.
Les gestes qui changent tout, cancer et alimentation, la nouvelle de nos éditions Fayard. Merci infiniment, professeur, d'avoir été avec nous dans le studio d'Europe 1. Et je rappelle vos mots, le cancer a besoin de solidarité. d'engagement. On marque une pause, on revient en direction européen, on va enjamber la polémique de Mathilde Panot pour parler véhicules, voitures, automobiles, mondiales de l'automobile qui s'ouvrent aujourd'hui. Et comment vous voyez ce mondial de l'auto ? Alors moi, très sincèrement, je vais vous dire, quand on voit le mondial de l'auto et quand on voit des BYD partout, je me pose des questions sur l'industrie française.
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