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Le grand entretien et nous recevons donc ce matin le candidat à l'élection présidentielle du parti socialiste et de place publique avec vos questions et vos réactions. Vous le savez chers auditeurs, le débat, la conversation vous est ouverte au 01 45 24 7000 et sur l'application Radio France. Bonjour Raphaël Glucksmann. Bonjour. Merci d'être avec nous ce matin sur France Inter pour votre première longue interview. Après votre victoire à la primaire de la gauche sociale démocrate, victoire sans appel. Avec plus de 66% des voix, on a beaucoup de questions à vous poser ce matin. Est-ce que vous allez réussir à rassembler ceux que vous avez affrontés et qui vous ont attaqué ? Quelle ligne et quel programme pour cette nouvelle campagne qui commence ? Mais d'abord Raphaël Glucksmann, dites-nous, quels sentiments vous ont traversé quand vous avez appris que vous aviez gagné cette primaire hier soir ? A quoi avez-vous pensé ?
'ai pensé aux militantes et aux militants qui ont cru dans mon intuition, dans la ligne que je proposais, dans cette clarification nécessaire des positions de la gauche démocratique. J'ai pensé à toutes celles et à tous ceux qui s'investissent. On a fait une campagne où il y a des milliers de militants qui, chaque jour, allaient expliquer, allaient porter la parole. Et c'est d'abord à eux que j'ai pensé. Ensuite, je me suis dit... Enfin.
Enfin ça commence.
Enfin la bataille de France commence. Enfin on a une gauche démocratique qui reprend de la force, de la vigueur, qui croit à nouveau dans ses principes et qui peut gagner l'élection présidentielle. Et enfin, on chasse l'esprit de défaite de nos âmes et de nos cœurs. Et c'est ça qui est le principal. Moi, je n'en peux plus, en fait, de cette gauche qui ne croit pas à la victoire. Et là, cette fois-ci, ce qui va se passer, c'est qu'on a réveillé une sorte de fierté. Une sorte de fierté dans cette famille socialiste, sociale-démocrate, qui a été habituée à la défaite et qui... Je pense qu'à chaque élection, il va falloir se sacrifier. Vous pourrez voter en étant fidèle à l'ensemble de vos convictions, sans sacrifier aucune part de vous-même. Et donc moi, j'ai hâte. hâte de mener
cette bataille. Et on va parler de cette campagne qui s'ouvre. Vous avez répété, Raphaël Guzman, pendant cette primaire, régulièrement face à vos concurrents, que vous n'étiez pas un professionnel de la politique, que vous assumiez de ne pas avoir d'expérience ministérielle. Et ça y est, vous êtes ce matin officiellement candidat. Est-ce qu'au fond de vous, vous vous sentez capable d'être président de la République ? Est-ce que vous vous voyez dans le bureau du général de Gaulle à l'Elysée ? Ou est-ce qu'au contraire, vous êtes pris depuis hier soir d'une forme de vertige ? Non, je sens une
immense responsabilité. Je sens une immense responsabilité parce que je sais le moment historique qu'on traverse. Et toute ma vie m'a préparé à ce moment historique. Je ne pense pas que l'expérience politique aujourd'hui prépare à la situation historique dans laquelle on se trouve. Parce que la classe politique a été élevée, éduquée, dans l'idée que tout serait toujours pareil. que la démocratie ne serait jamais menacée, que la République était intangible et naturelle, eh bien moi, toute ma vie politique m'a préparé à ce moment où tout peut basculer, où on vit un moment où... Donc il n
'y a pas de vertige,
il n'y a pas de peur chez celui qui
veut rentrer à l'Elysée.
Il y a une responsabilité immense. Moi, je mesure la gravité, la responsabilité. Mais ce que je dis, c'est que le vertige, c'est le vertige du moment historique qu'on traverse. Parce qu'en fait... Quand vous avez passé votre vie à croire que tout serait toujours pareil et que vous vous retrouvez dans une situation où en réalité la paix en Europe est menacée, où l'extrême droite est aux portes du pouvoir, où pour la première fois dans l'histoire de notre pays, l'extrême droite peut gagner par les urnes et être majoritaire en France, ça n'est jamais arrivé. Je crois qu'en fait, ce qui vous prépare à ça, c'est la capacité à vous battre. Et je veux dire aujourd'hui... Que cette élection, elle va ressembler à aucune autre. Que cette campagne ne ressemblera à aucune autre. Et qu'on a tous en nous une sorte de boule qui nous tenaille dans les tripes face à l'état de notre pays. Et je veux dire aussi que la France n'est pas condamnée au déclin, qu'on n'est pas condamnés à voir finalement notre République se déliter, qu'il y a plus en nous que ce que nous croyons et qu'en réalité il y a des millions de Françaises et de Français qui espèrent un sursaut.
Est-ce que vous êtes prêt, Raphaël Glucksmann, à subir l'épreuve d'une campagne présidentielle, ses coups bas, sa brutalité ? Hier soir vous avez été enfariné à la sortie du bar où vous fêtiez votre victoire. Ça vous donne un aperçu de ce qui vous attend ?
n'est pas la première fois. Moi je suis prêt. Je suis prêt à affronter la violence de cette campagne, sa brutalité. Déjà la primaire, j'ai entendu les commentaires et même des proches qui me veulent du bien me disaient mais ne va pas dans ce piège, c'est une machine à perdre, ça sera un combat de boue. Et le résultat c'est quoi ? C'est qu'en fait ce piège s'est transformé en tremplin et que mon intuition était juste qu'il fallait aller se battre pour clarifier, pour qu'il n'y ait rien sous le tapis, pour que tout soit ouvert. Et c'est l'honneur de notre famille politique d'ailleurs. Donc la violence d
'une campagne électorale vous y a prêt ? D'organiser un débat
démocratique pour trancher les choses et pour désigner son candidat. On est la seule famille politique à faire ça. Par contre sur la violence en politique, moi je vais vous dire. Chaque événement qu'on organise, chaque manifestation dans laquelle on se rend, il y a des militants insoumis qui harcèlent, qui insultent ou qui enfarinent ou qui menacent. C'est un militant insoumis hier soir qui vous a enfariné ? À Nancy, c'était le cas. C'est récurrent. Il y a un climat comme ça. Donc moi, je veux le dire. Jean-Luc Mélenchon, il doit décider si les sept mois qui viennent, ça va être ce type d'événement tout le temps. Et s'il décide que ce n'est pas ça, il doit désavouer formellement que ses supporters
agressent.
Vous avez déjà vu un militant socialiste ou un militant place publique aller troubler un événement de Jean-Luc Mélenchon ou de n'importe quel autre parti politique ? Non. Donc moi, je veux être très clair. Ce genre de comportement ne m'impressionne pas. Je n'ai pas peur. Et nous allons mettre fin à l'hégémonie psychologique, culturelle, politique, idéologique des brutaux et des violents sur la gauche française. Parce que la gauche française, ce n'est pas cela. Et la démocratie, ce n'est pas cela non plus.
Raphaël Glucksmann, le plus difficile commence. Vous l'avez vous-même reconnu, puisque vous allez devoir rassembler votre propre famille politique d'abord. Ségolène Royal, hier soir, disait chez nos confrères de France Info TV, le stagiaire a gagné la primaire malheureusement. Ça commence bien pour rassembler ceux que vous avez affronté à l'occasion de cette primaire.
Je reconnais bien là l'humour de Ségolène Royal, mais je ne répondrai plus à aucune... de ces petites phrases. Hier, nous étions tous sur l'estrade et je sais que ma responsabilité, c'est de rassembler l'ensemble de la famille socialiste d'abord, mais ensuite de m'adresser aussi aux écologistes, aux humanistes.
Mais ça, on va en parler à Raffeltsman, mais est-ce que vous êtes sûr que ceux que vous avez affronté, qui ont pu dire pique-pendre de votre candidature, seront loyaux à votre égard ? L'histoire des primaires à gauche a pu démontrer que cette loyauté, elle était extrêmement loin d'être automatique. Est-ce que vous avez confiance en eux ?
Monsieur Duhamel. La démocratie a tranché. La démocratie a parlé. Le résultat est absolument net. Donc les petits jeux, les petites phrases, ce n'est plus mon problème. Aujourd'hui, je veux que nous soyons tous réunis pour mener une bataille qui est une bataille existentielle. Ce n'est pas simplement l'avenir de notre famille politique qui se joue. C'est l'avenir de notre nation. Et quand on a l'extrême droite aux portes du pouvoir, moi je suis convaincu que chacun fera face à ses responsabilités. Et il y a de la place pour tout le monde. Il y a de la place pour tout le monde dans cette campagne. Chacun aura un rôle. Et donc moi je lance un appel à la responsabilité, mais pas seulement à la responsabilité. Je lance un appel au combat. Je suis certain, certain, que l'écrasante majorité de notre espace politique va se rassembler et va partir à la lutte.
Qu'est-ce qu'on fait d'Olivier Faure quand on est dans votre situation, que vous vous êtes vivement opposé pendant la campagne de la primaire sur la question des alliances à gauche ? Est-ce qu'il peut encore rester à la tête du Parti Socialiste, Olivier Faure
Je viens de vous le dire, on aura besoin de tout le monde. Moi, je veux qu'Olivier Faure fasse partie de cette campagne. Mais
maintenant, la ligne du Parti Socialiste, c'est vous.
Mais la ligne, elle est tranchée. Quand il y a eu... Un tel écart, une telle netteté dans la victoire, on ne reviendra plus sur la question de la ligne. On nous a assez reproché pendant la campagne de primaire de revenir trop souvent sur la discussion stratégique, sur la question des alliances. Et bien maintenant c'est réglé, on avait raison de le faire. Pourquoi ? Parce qu'en fait ça détermine l'avenir de la gauche française et qu'il fallait arrêter le flou et il fallait arrêter les compromissions. Le résultat est absolument clair. La ligne est
fixée. La ligne est fixée, mais est-ce que Olivier Faure est encore légitime pour diriger le parti socialiste, alors qu'effectivement il y a plus de 50 points entre lui et vous ? Est-ce qu'il peut encore, dans cette campagne, diriger la famille politique dont vous serez le candidat ?
Vous interrogerez Olivier Faure et les dirigeants du Parti Socialiste. Est-ce que c'est un premier secrétaire légitime ? Il y a un premier secrétaire au Parti Socialiste. Je ne suis pas, moi, cadre du Parti Socialiste. Donc maintenant je vais me concentrer sur une seule chose. Parler aux Français, parler aux citoyens, parler du travail, parler des salaires, parler de la révolution écologique, parler de cet été cataclysmique qu'on a vécu de sécheresse, de canicule. parler des méga-feux et faire en sorte qu'on ne zappe pas la révolution écologique. Je vais parler aussi de démocratie. Comment on fait pour sortir de ce système où un seul homme décide pour tous ? Avec moi, ce sera une équipe...
On va parler de tout cela dans un instant. Pour être extrêmement clair, l'enjeu d'Olivier Faure n'est pas seulement une question politicienne de savoir si vous le soutenez ou pas, c'est que c'est comme premier secrétaire du PS, lui, qui décidera... Qui seront les candidats d'une éventuelle majorité si vous étiez élu président de la République ? Est-ce que c'est Olivier Faure qui décidera des investitures de qui sera candidat dans les 577 circonscriptions françaises
? Le Parti Socialiste n'est pas Renaissance ou la France Insoumise. Le Parti Socialiste est un parti démocratique avec des instances qui décident. De manière collective, Olivier Faure, je vous le signale, n'est plus majoritaire de toute façon au sein de son propre parti. Donc moi je vous le dis. Nous allons créer ensemble une dynamique collective de la gauche démocratique. Et il n'y aura pas, c'est tranché, monsieur Duhamel, c'est fini. Il n'y aura pas d'alliance avec la France insoumise. Non, ça a été tranché. Ça a été tranché par plus de 66% des gens qui sont venus participer à cette primaire. Notre espace politique
ne
vit plus. Ne vit plus dans le flou, ne vit plus dans l'incertitude. Et c'était la base, c'était la condition de possibilité d'une victoire en 2027. Moi, je crois à une chose en politique, c'est la sincérité et c'est la clarté. Et donc là, nous avons tranché. collectivement, de manière démocratique. Et nous avons tranché pour la clarté et la sincérité. Il
va falloir maintenant que vous rassembliez ensuite au-delà de votre famille social-démocrate. Vous tendez des mains, vous lancez des appels. Marine Tondelier dit qu'elle regrette la victoire de celui qui a fait le choix du repli. Donc elle rejette la main tendue. Ça commence pas très bien.
Nous, on va mettre en place la révolution écologique. Yannick Jadot va être chargé des 100 jours de la révolution écologique. Je n'imagine pas que les écologistes qui ont alerté pendant des décennies en prêchant dans le désert vont refuser de participer à la mise en place enfin, enfin de cette transformation radicale. Pour
que les choses soient claires, vous appelez le parti écologiste à ne pas avoir de candidats et à soutenir votre candidature.
veux qu'on travaille ensemble. Je veux qu'ils rejoignent. Non mais, monsieur Duhamel, laissez-moi finir mes phrases. Je veux qu'on travaille ensemble. Pourquoi ? Parce que nous sommes profondément écologiques. Que notre projet va être profondément écologiste. Que je n'imagine pas meilleur leader pour faire la transformation écologique dans un gouvernement que Yannick Jadot. Que je n'imagine pas que les écologistes qui ont combattu pendant des décennies... pour qu'enfin on transforme nos modes de production, nos modes d'échange, nos modes de vie, pouvoir s'adapter au réchauffement climatique, pour pouvoir lutter contre le réchauffement climatique, pour pouvoir sortir des énergies fossiles. Je n'imagine pas qu'ils ne viennent pas avec nous. Mais moi je m'adresse d'abord aux électrices et aux électeurs qui sont convaincus que l'écologie politique est fondamentale. Et quels sont les principes qu'ont porté les écolos pendant des décennies sur la scène politique ? 'écologie, mais aussi une conception... démocratique de la société, décentralisée, mais aussi le fédéralisme européen. Et donc je n'imagine pas qu'avec le projet qu'on va porter, nous ne partions pas au combat ensemble.
Raphaël Klusman, un mot sur celui qu'on n'a pas entendu officiellement depuis hier soir, c'est François Hollande qui a refusé de participer à la primaire et s'est laissé la possibilité éventuellement de surgir au mois de décembre. Alors on peut lire dans la presse qu'il vous aurait félicité, il vous a envoyé un message, il vous a dit quoi François Hollande ? Il m
'a félicité pour cette victoire. Chaleureusement ? Chaleureusement. Pour la victoire aussi d'une ligne, d'une ligne d'une clarté. Et je vous le dis, François Hollande, je veux qu'il soit dans notre équipe. Je veux qu'il participe au combat commun. Et je veux aussi que Bernard Cazeneuve participe au combat commun. Et je veux aussi que les écologistes participent au combat commun. François
Hollande, vous pourriez lui proposer un ticket ? Vous à l'Élysée, lui, à Matignon
l'inverse ? Moi, je vais parler avec François Hollande et franchement, nos discussions, on les aura nous et ensuite on verra. Mais ce n'est pas une question de ticket, c'est une question de participer au combat commun. Moi, je n'imagine pas, honnêtement, je vous le dis, vu la gravité de la situation, je n'imagine pas qu'on puisse s'adonner à autre chose qu'à l'intérêt général. Et en particulier quand on a été président de la France, comme François Hollande. Donc, ce n'est pas simplement eux. Moi, je veux aussi dire une chose, parce qu'on a la passion des partis politiques et des figures politiques. Mais il y a une société civile. Moi, je fais appel à ces 12 millions de bénévoles qui font tenir la République pour qu'ils viennent avec nous.
On a beaucoup d'appels aux standards de France Inter et on accueille Benjamin. Bonjour, bienvenue Benjamin. Vous avez une question à poser à Raphaël Glucksmann.
Oui, tout à fait. En matière de rassemblement, je voulais savoir comment vous comptez rassembler les plus jeunes et les classes populaires qui ont abandonné cette gauche démocrate ou qui se sont sentis déçus par elle
et je pourrais ajouter la question de France sur l'appli Radio France qui dit « Comment comptez-vous vous faire élire si vous allez au second tour sans les voix d'Elefi ?
Alors déjà, c'est deux questions différentes. La première, celle de Benjamin, elle m'obsède. Et moi, j'ai une vertu que tout le monde peut me reconnaître, c'est la sincérité. Donc je vais vous le dire. La gauche démocratique, la gauche sociale-démocrate, elle a d'abord perdu les travailleurs. Ça, c'est la vérité et c'est ça qui m'empêche de dormir. Elle a perdu les travailleurs. Quand vous voyez des terres qui sont des terres socialistes depuis des générations et des générations comme le Nord, le Pas-de-Galais, comme l'Est... qui bascule au Rassemblement National, eh bien ça doit empêcher de dormir les dirigeants de la gauche démocratique. Et donc il va falloir parler aux travailleurs, remettre les travailleurs au cœur du contrat social, parler des salaires, proposer une hausse du salaire net sur la fiche de paix de manière directe, parler d'industrie. Vous savez, quand vous allez dans des anciens territoires industriels et que vous voyez des anciens ouvriers qui vous disent « mais nous » quand l'usine elle a fermé, c'était la gauche au pouvoir, et bien là vous êtes obligés de vous remettre en cause. Et donc la réindustrialisation sera au cœur de notre projet et le travail. Et pour la jeunesse, nous il faut qu'on reprenne une forme de radicalité que nous avons perdue. Et la révolution écologique, ce sera une radicalité. Et ce que je veux dire à cette jeunesse, c'est que nous sommes une rupture. Nous sommes une rupture avec ces dix années d'injustice et d'impuissance qui ont été les années macronistes. Nous sommes une rupture réaliste.
J'ai entendu Olivier Faure hier soir dire qu'il serait demain dans la rue aux côtés des lycéens. Est-ce que vous aussi vous serez dans la rue demain ? Ou est-ce que vous dites maintenant aux lycéens, on a entendu vos revendications, il est temps de reprendre le travail ? travail et de cesser de se mobiliser ? Non,
moi je n'appelle pas à la fin de la mobilisation des lycéens. Ce que je veux, c'est porter une réponse à leurs revendications. Nous, on a un plan de sauvetage de l'école publique, des lycées, des collèges publics qui répond aux revendications des lycéens. Avoir un enseignant devant eux en classe, que les enseignants qui sont absents soient remplacés. avoir enfin des lycées qui ne sont pas insalubres ou qui ne sont pas détériorés. Pouvoir, c'est le plan qu'on a proposé. Et en fait, ce qui se passe, c'est que nous, on doit répondre à des aspirations extrêmement profondes, au-delà même de notre plan sur l'école publique. Quand vous êtes jeune aujourd'hui, quand vous avez 16 ans, vous héritez de quoi ? Vous héritez d'un monde qui est miné par la catastrophe climatique. Vous héritez d'un monde qui est... qui est menacée par la guerre. Vous avez une dette immense et dans le même temps des services publics qui ne fonctionnent pas. Vous avez quoi ? Vous avez un avenir bouché. Eh bien nous, notre responsabilité, ça va être de proposer justement un horizon de transformation qui soit suffisamment radical. Excusez-moi, c'est très important. Un horizon de transformation qui soit suffisamment radical pour convaincre la jeunesse que si la gauche démocratique prend le pouvoir, eh bien, il y aura un changement profond dans la société. Et avec
une question très précise qui se pose, dans la façon dont les jeunes ont été confrontés aussi parfois aux forces de l'ordre, est-ce que vous, président, Raphaël Guzman, vous interdiriez les lanceurs de balles de défense, les LBD, qui ont été utilisés par les policiers ? Dans la question du maintien de l'ordre, est-ce que vous, président, vous dites qu'il n'y a plus de LBD qui sont utilisés par les policiers ?
Nous, nous engagerons une révision profonde de la doctrine du maintien de l'ordre. Vous savez, moi, je suis député européen. J'ai un poste d'observation à l'échelle européenne, qui est que je peux comparer. Je pouvais comparer les doctrines de maintien de l'ordre des différents pays. Et vous savez, en Allemagne, ça ne se passe pas de la même manière, le maintien de l'ordre. Et oui, il y a un problème quand vous avez un sitting, quand des jeunes lycéens sont attaqués. Donc vous en perdirez les
LBD.
Nous ne verrons pas, en tout cas, pas face à une manifestation lycéenne. Oui, nous interditons les LBD face aux manifestations lycéennes.
Alors, on parle d'actualité Raphaël Glucksmann. Demain à l'Assemblée commence le débat autour du budget 2027. Maintenant que vous êtes le candidat officiel de la gauche sociale-démocrate, on imagine que c'est vous qui allez fixer la ligne du groupe socialiste à l'Assemblée. Est-ce que vous allez leur demander de censurer le gouvernement
Alors déjà, je vais vous expliquer une chose, je traille. En étroite coopération avec Boris Vallaud, qui est le patron du groupe socialiste à l'Assemblée. Et depuis le début, nous travaillons ensemble. Et notre position, elle est extrêmement simple, extrêmement claire. Ce budget en l'état est inacceptable. Il est inacceptable qu'après neuf années qui nous ont mis dans le rouge sur les finances publiques et qui nous ont mis dans le rouge sur les inégalités sociales et sur l'état des services publics, il est inacceptable que le macronisme conserve ces tabous. Nous ils nous expliquent une chose simple. Ils disent la situation est tellement grave, la situation budgétaire, qu'ils ont fabriqué par ailleurs. qu'on ne doit pas avoir de tabou. Moi, je leur dis une chose simple, et avec Boris Vallou, on leur dit une chose simple, et avec les députés socialistes, on leur dit une chose simple. Mais s'il n'y a pas de tabou, pourquoi vous, vous conservez le tabou des contributions des plus hauts patrimoines, des plus gros héritages ? On a des propositions sur la table. Mais pas de censure, a priori. Mais ensuite, pas d'acceptation a priori. C'est très simple. C'est le jeu parlementaire. C'est très simple. Pas de censure a priori. Pourquoi ? Parce que ce qu'on veut, c'est un autre budget. Et donc on va rejeter ce budget. Si le Premier ministre nous écoute... et dit oui à la taxation des plus hauts patrimoines pour faire face à la situation budgétaire, oui à la taxation des plus grands héritages pour faire face à la situation budgétaire. Mais non, nous n'allons pas demander, nous, des efforts à ceux qui gagnent aux retraités qui ont une pension de 1250 euros. Non, nous n'allons pas baisser les APL quand nous refusons de toucher au super profit total. Je veux dire, vous voyez bien que là, il y a une question de justice. Si vous voulez que l'effort soit accepté par tous, il faut qu'il soit juste. problème du macronisme et le problème de la droite en général, c'est que leurs réformes échouent toutes. Pourquoi ? Mais posez-vous la question, pourquoi elles échouent ? Pourquoi ? Simplement parce qu'elles sont injustes. Et qu'en fait, depuis 10 ans, nous assistons à un transfert social inversé pour bien comprendre aux
plus
pauvres,
pour donner
aux
plus riches. Cela prendra fin avec nous. Juste pour poser une question, puisque vous dites censure a priori, le texte, on le connaît. Vous avez dit l'inversion. Vous avez dit, pardon, pas de censure a priori. Là, ça veut dire que si le texte reste en l'état, vous vous opposerez au budget, mais vous ne le censurerez pas.
Mais non, mais s'il ne bouge pas, il y aura censure. Mais donc il faut une négociation. C'est la position du groupe socialiste depuis le début. Vous savez, on a beaucoup moqué ce groupe. On a dit, ils ne savent pas où ils habitent. En réalité, c'est le seul groupe. qui a joué le jeu de la démocratie parlementaire depuis deux ans. Et moi, je suis fier de leur travail. Ils ont obtenu des choses dans les négociations et dans les rapports de force. Et aujourd'hui, c'est très clair, si la copie de M. Lecornu et du gouvernement ne bougent pas, eh bien oui, il y aura censure. Mais s'ils nous écoutent, s'ils sont capables de changer leur copie, s'ils disent « vous avez raison ». Dans un moment aussi grave, ceux qui ont le plus doivent contribuer le plus. Là, alors, il y a discussion.
Une toute dernière question, Raphaël Glucksmann, un journaliste de Libération qui vous consacre sa une ce matin. Vous dites vouloir faire une campagne punk, ce qui ne tombe pas totalement sous le sens depuis
le
début. C'est quoi une campagne punk ?
que je veux dire, c'est qu'il faut qu'on se lâche. On ne peut pas faire une campagne où on va dire... La raison sociale-démocrate exige de vous que vous refusiez le populisme. C'est mal de faire ça, attention, c'est dangereux. Non, on doit être iconoclaces, on doit changer nos mots. Vous avez été iconoclaces jusque-là ? Non, mais c'est ce que je dis. C'est ce qu'on va changer. C'est un travail sur soi. Mais c'est un travail sur soi, pas simplement de moi, de toutes mes équipes. On va constituer une équipe. Et vous savez ce qu'on va faire aussi ? Je vais vous dire, on va faire une chose qui n'existe pas en France. On va faire une campagne polyphonique. On va être... avec... Carole Delga, avec Boris Vallaud, avec Yannick Jadot, avec l'ensemble des socialistes, avec Nicolas Maillard-Signal, avec l'ensemble des socialistes, et bien au-delà des socialistes qui nous rejoignent. On va faire une campagne en équipe. En équipe. C'est fini, Jupiter. C'est fini, ce dieu romain qui arrive et qui dit « je vais tout changer ». C'est ce qu'on entend à chaque fois, Sarah Faglou. Non, ce n'est pas ce qu'on entend à chaque fois. À chaque fois, on compte dans le césarisme en France. Eh bien, nous allons faire l'expérience d'une démocratie adulte et nous irons partout dans le pays, partout pour dialoguer. Et on fera la rupture avec le macronisme. Et on sera la force qui empêchera la bascule de la France à l'extrême droite. Non, Madame Le Pen ne sera pas présidente en mai 2027. Nous l'empêchons. Merci Raphaël
Glucksmann. Merci d'être venu ce matin au micro de France Inter. La revue de presse à suivre.
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