Chargement...
Chargement...
'antenne d'Europe 1 et celle de CNews, on sera avec Philippe De Villiers dans une seconde juste. Tour d'horizon de ces images pour voir si tout est sous contrôle, selon l'expression. Avec Nantes, que vous connaissez bien, Philippe Develier, cette faculté qui a été ravagée. Je disais tout à l'heure qu'il y a une part de responsabilité, bien sûr, de l'équipe municipale nantaise, mais aussi de la personne qui dirige l'université, la présidence. Mérignac, où manifestement c'est assez calme. Et Strasbourg, où il y a eu quelques échauffourées tout à l'heure. Lucas Buzutti est avec nous en studio. S'il se passe quelque chose, il nous alertera. Philippe de Villiers, j'ai lu attentivement votre livre. Et là, au début, je suis dit non. Je trouve qu'il en fait beaucoup. Voilà ce que je me suis dit au départ sur le constat. Je vais lire le début. Aujourd'hui, tout est laid. Tout est fade. Tout est numérique. On ne jette plus un seul regard vers son voisin. On ne prend plus la main de celui qui glisse au fossé et tremble en tendant les doigts gourds. Il n'y a plus d'entraide. Le nivellement universel a tué la vraie unité sociale. Ce ne sont plus que des solitudes agglomérées autour de l'homme global. Nous sommes entrés dans la société de la déliaison. Bien sûr, ça existe. Mais enfin, tout n'est pas laid. Vous trouvez que tout est laid ? Oui.
Quand j'étais petit, quand vous étiez petit, sur les mêmes territoires, à quelques kilomètres près, nous vivions dans une société de voisinage. Et ça change tout. C'était une société dans laquelle on vivait. dans un lien d'abord vertical entre les vivants et les morts, non pas pour que ce soit les morts qui commandent les vivants, mais pour qu'on aille chercher, nous les vivants, une force de résurrection chez les morts. Et ensuite, une société de voisinage horizontale, c'est-à-dire que tout le monde se connaissait, tout le monde se saluait, tout le monde s'entraidait. Et qu'est-ce qu'on a fabriqué aujourd'hui ? C'est de cette laideur que je parle. On a fabriqué une société de solidaires solitaires. Je vous donne un exemple que vous avez vécu. Quelqu'un, un nouveau voisin qui glisse au fossé et qui tend les doigours pour appeler à l'aide. À l'époque, la main qui vient prendre celle du miséreux, du misérable... de celui qui est dans la détresse, c'est la main de son voisin, de sa famille, c'est une main du voisinage immédiat. Et aujourd'hui, c'est la main de l'État. On lui jette une prestation, mais sans un seul regard. En d'autres termes, on a fabriqué, et c'est ça qui l'est, Une société de solidaires, solitaires. On est tous solidaires, on n'a que ce mot-là à la bouche, mais on est solitaires. Il y a autre chose dans l'exemple que vous venez
de dire et qui influence beaucoup aujourd'hui les esprits, c'est que si vous voyez quelqu'un dans la rue, sur une route de campagne, avec la voiture ouverte par terre, vous pouvez imaginer que c'est un piège. Et que cette personne n'est peut-être pas en difficulté comme on l'imagine. Parce que circule sur les réseaux sociaux, attention, ne faites pas voir, ça peut être un piège chez une personne qui en fait veut... veut vous piéger tout simplement et une fois que vous serez arrêté, vous serez en difficulté. Alors moi j'ai beaucoup aimé le début, évidemment parce que le début est d'abord, vous êtes écrivain, vous avez quelque chose qui n'est pas si fréquent, c'est-à-dire que vous êtes entrepreneur, vous êtes écrivain, vous êtes homme politique et vous avez dans votre ADN quelque chose qui n'est pas si fréquent parce que les chefs d'entreprise parfois... où les entrepreneurs n'ont pas toujours cette dimension littéraire, culturelle que vous avez, et puis vous avez fait de la politique. Donc il y a un plaisir de lire. Et ce plaisir de lire, on ne nous cachait rien de la vie, c'est au début du livre, on ne nous cachait rien de la vie, ni les larmes, ni les agonies, ni la mort. D'ailleurs, on agonisait et on mourait chez soi, devant de belles assistances. Les mystères du temps, de ses laideurs et de ses charmes étaient à portée de l'enfance, sculptée. sur les traits parfois exagérés des visages de gravité. On ne nous dissimulait rien, on nous élevait, on nous apprenait le va-et-vient entre le visible et l'invisible, avec en filigrane l'idée qu'on doit traverser la vie comme un guet, il faut y mettre la manière, sans choir ni trébucher. Donc là, on est sur autre chose. Et cette première partie est intéressante de ce point de vue-là. On ne nous cachait rien.
Quand j'étais petit... On habitait dans un village, ça s'appelait la Macarrière. Cette maison était à 200 mètres du bourg et entourée de fermes. Et j'allais ouvrir mes persiennes le matin en écoutant, j'avais 10 ans, en écoutant les trois mélodies qui réveillent la campagne. J'entendais l'appel du coq, symbole du soleil qui se lève. J'entendais l'angélus, l'appel à la prière dans le sillon. Et j'entendais Alcide le forgeron, sur son enclume, l'appel au travail. Et ces trois mélodies composaient en moi une symphonie qui ne m'a jamais quitté. En fait, la vie était une combinaison. de formes inédites, qui étaient comme une cascade d'eau vive et qui faisait qu'on était heureux. La vie était une sorte de liturgie. C'est-à-dire qu'entre la liturgie religieuse et la liturgie temporelle, il y avait un lien. On vivait avec un sens. Et tout était enraciné. Aujourd'hui, tout est déraciné. Vous savez, Simone Weil, que je cite, la grande philosophe, l'ami de Gustave Thibon, dit une chose très très juste qui explique tout ce qui se passe aujourd'hui. L'enracinement est le besoin le plus profond, le plus méconnu de notre époque.
Oui, mais c'est la généralité qu'on peut remettre en cause. Moi, je vais prendre votre famille, par exemple. Vous avez un petit-fils qui s'appelle Jacques. Il a un talent fou, il a 21 ans, il n'est pas du tout déraciné. Il y a une famille qui prolonge. Dans des familles, on prolonge l'idée d'enracinement. Il y a des choses qui se transmettent de père en fils. Ça existe quand même. C'est la généralité. Il y a aussi une autre France
qui veut ça. D'accord. Alors justement, ça, c'est la partie résurrection. C'est qu'en fait, c'est le retour à la filiation. Alors pour l'instant, c'est minoritaire. Ce sont des minorités salvatrices. Mais si j'ai fait ce livre, c'est parce que... Je pense toujours aux mots des Grecs, c'est au début du crépuscule que la chouette de Minerve prend son envol. Et en fait, la chouette de Minerve, toute en sagesse, nous dit « rien n'est fini ». L'histoire est imprévisible, ce sont toujours les hommes qui commandent. Et ce que je sens en ce moment, et j'ai écrit ce livre cet été, avant... Louise Montangon, que vous avez reçue sur votre plateau, qui est à elle seule une petite lumière, une petite luciole dans la nuit, parce qu'à elle seule, elle a mis la pagaille partout en rétablissant le bon sens. Et avant le Stade de France, avant la venue du pape. Et là, on a vu toute une jeunesse, non pas une jeunesse qui brûle les écoles, mais une jeunesse qui brûle les cierges. Donc, en fait, ce que je crois dans l'histoire de France, ce sont toujours les minorités. Les minorités créatrices, les minorités restauratrices, les minorités salvatrices. qui gagne. Et c'est la raison pour laquelle je pense que le pays va renaître à la vie. Et c'est la
deuxième partie du livre, évidemment. La perte du passé équivaut à la perte du surnaturel dans l'enracinement, la grande philosophie, la post-modernité, distoptique de l'époque. D'où nous viendra la renaissance à nous qui avons souillé et vidé tout le globe terrestre du passé, seul, si nous l'aimons, les déconstructeurs le savent mieux que nous parfois, car ils ont médité Orwell, qui contrôle le passé. contrôle l'avenir, qui tient la souvenance, tient le récit. C'est vraiment d'abord très très bien écrit, puis c'est très référencé. Il y a souvent des citations. Alors, vous m'avez fait sourire parfois sur des choses, parce que je me suis dit, mais il emploie un mot. Là, vraiment, il faut aller dans le dictionnaire, parce que personne ne connaît ce mot-là. À l'âge de 6 ans, j'entendais dans les chants voisins les toucheurs de bœuf qui dariolaient. Mais personne ne sait ce que ça veut dire, darioler. C'est quoi d'arioler ? C'est un mot qui est maintenant reçu à l'UNESCO.
D'ailleurs, c'est un très joli mot, je trouve. Merveilleux mot, mais
ça veut dire quoi
? Le d'ariolage, c'est le langage du toucheur de bœufs avec ses bêtes. C'est-à-dire que c'est une mélodie très particulière qu'apprenaient les jeunes toucheurs de bœufs. C'est quoi un toucheur de bœuf ? Un toucheur de bœuf, c'est celui qui conduit les bœufs. C'est le fermier qui conduit la paire de bœufs avec son aiguillon et le fameux joug
qui
tient les bœufs. Et en fait, on croit qu'un bœuf ne fait que souffler à la crèche. Non, un bœuf, il tire la charrette et il est intelligent. Mais il comprend un langage qui est une sorte de langage musical. Et le Dariolash, c'est une musique démo que mon voisin, Samuel Gilbert, qui était un paysan extraordinaire, un érudit, un alphabète érudit, m'a expliqué un jour. Et surtout, ce qui était fascinant pour moi, c'est que j'entendais « Allez, allez, Verlindou, mon... » Et un jour, je lui dis « C'est quoi ça ? » Il dit « C'est le nom de mes bœufs. » parce que c'est un ancien de 14-18, et il a appelé ses bœufs par le nom des batailles auxquelles il a participé. Et ça, c'est ça, en fait, le temps long. Et c'est ça qu'on a perdu.
Alors la Vendée, d'ailleurs, c'est assez intéressant, parce que cette Vendée qui a donné, puisque vous parlez de la guerre de 14, on a mis parfois les Vendéens, qui n'étaient pas toujours les plus dociles, on les a envoyés au front. Et c'est assez, comment dire, aujourd'hui, ça a été travaillé, on le sait, on a envoyé aussi les Corses au front, parfois en premier, parfois les Bretons en premier en 14-18, parce que ce n'étaient pas toujours les plus dociles. C'est assez étonnant dans cette
période. Oui, en fait, ce qui est fascinant pour la Vendée, c'est qu'elle a connu une première hors d'Alie en 1793, l'extermination de masse, génocide. Et malgré tout, la fibre française revient. Et quelques générations après, deux, trois générations après, les Vendéens changent de chemin creux. Ils ne se battent plus dans les chemins creux contre les Bleus, ils se battent dans les chemins creux du côté de Verdun. C'est une autre forme de chemin creux. Et là, en fait, on retrouve un chef. qui est un républicain qui s'appelle Clemenceau. Et c'est Clemenceau qui vient visiter les Vendéens dans la tranchée en disant « Bonjour les petits gars ». C'est formidable la France.
Alors dans ce premier chapitre, vous parlez évidemment aussi de football. J'ai aimé avec passion Copa, puis Anthony Fontaine, j'ai connu l'une de mes premières prostrations lorsque la radio nous a appris la blessure de Jonquet durant l'époque suédoise. Bon, l'équipe de France de football quand même, elle vous plaît aujourd'hui. Alors... Quand vous la voyez cette équipe de France, quand vous voyez la Coupe du Monde, vous vous dites, bon, c'est une France différente, sans doute,
mais... D'abord, on a un point commun tous les deux, qu'on n'a jamais évoqué, c'est que vous étiez footballeur. Oui, quoi, j'étais footballeur. Je jouais
Poussin, Pupille, Mini, mais cadet.
J'étais footballeur et j'ai vécu un drame personnel. 'est que, à un moment donné, mon père m'a dit, il faut que tu partes à Paris faire des études, chercher une peau d'âne. Donc je suis parti à Sciences Po. Et là, j'ai quitté mes copains, alors que j'étais capitaine de l'équipe. Que le
football français ait manqué un grand talent, j'en suis convaincu. Mais bon, Mbappé, par exemple,
pour vous. Mais Mbappé, je voulais être footballeur professionnel. Et là, mon père m'a dit... Fais des études. Tes frères, oui. Donc Pierre, le chef d'état-major des armées. Et Bertrand, eux, ils étaient très bons. Ils pouvaient jouer deuxième division au moins. Moi, non, j'étais bon. Mais Mbappé, il vous plaît autant que Jonquet ? Alors, non. Pourquoi ? Parce qu'en fait... Il est meilleur, hein ? Oui, mais... Il fait une carrière internationale. Alors, à l'époque, les footballeurs avaient le respect de leur public, le respect de leur sport, de leur activité et une certaine discrétion. Jonquet, par exemple, ne s'est jamais exprimé sur le plan politique. Et je trouve que cette confusion des genres pour les sportifs de haut niveau aujourd'hui qui deviennent des stars sur les plateaux de télé, c'est très malheureux. C'est ça que vous aimez pas. Quand Mbappé a dit le petit temps à propos de Naël, j'ai été profondément choqué parce que c'est pas son rôle à lui. D'abord, il n'y connaît rien. il gagne beaucoup d'argent au Real Madrid. On lui demande de jouer au foot, de taper dans le ballon, mais pas de s'exprimer sur la cité. C'est un autre métier. C'est comme Teddy Riner. C'est un autre métier. On demande aux politiques de résoudre des problèmes, ce qu'ils ne font pas d'ailleurs, mais on ne demande pas aux footballeurs en plus d'avoir des
résultats. Mais un comédien, il a le droit de parler alors ? Un comédien, un chef d'entreprise, il a le droit de parler ? Ou que seuls ceux qui font de la politique ont le droit de parler ?
Notez qu'un chef d'entreprise qui explique qu'il y a trop d'impôts de production, il est dans son rôle. C'est très différent. Mais un comédien, il aurait besoin de parler ? Non, mais un footballeur, par exemple, qui dirait, je m'inquiète pour le football français, parce qu'il n'y a pas assez de stades, ou qu'il n'y a pas assez de... que les clubs, ou que la jeunesse des clubs est univoque, elle n'est pas assez large, etc. Oui, à ce moment-là, oui, ça,
c'est intéressant. Bon, je termine juste ce premier parti, et après on parlera de résurrection, bien sûr. Enfin, la France, aujourd'hui, bien malade, qui glisse doucement vers la... La France prise dans le syndrome amérindien. Ce peuple prestigieux et raffiné qui, en un siècle seulement, s'est laissé mourir. La France dont les tissus se déchirent et qui perd son être profond jusqu'au goût de se survivre et de se perpétuer. La France qui flotte entre l'ancienne France déchue et la nouvelle France de Robespierre en Gandoura. La nouvelle France de Robespierre en Gandoura. Alors, ce qui m'intéresse, lorsque je vois votre parcours... Vous êtes peu trompé. Vous êtes peu trompé. L'analyse que vous avez faite sur Maastricht, je pense que vous aviez raison rétrospectivement. Vous étiez avec Philippe Seguin, vous avez eu raison. La perte de la souveraineté, vous avez eu raison. La perte du sens sur beaucoup de domaines, vous avez eu raison. Mais vous n'avez pas réussi à faire passer ces idées au plus grand nombre. C'est lié à votre avis, à vous, à votre personnalité, c'est-à-dire une sorte pour les uns et les autres de grand bourgeois ou de quelqu'un de l'élite, une manière de s'exprimer qui a été caricaturée. Je pense effectivement dans des émissions sarcastiques. C'est lié à vous, c'est lié à ce que les Français ne voulaient pas entendre cela. Comment vous expliquer ? que ces idées, et rétrospectivement d'ailleurs Maastricht, c'est intéressant, comment vous expliquez que ça n'a pas fonctionné
Je vois deux raisons. La première, c'est que j'ai été massacré. J'ai vécu comme un paria. Parce que j'avais un nom, une chevalière. que j'appartenais à une famille qui a payé l'impôt du sang depuis Assings, une famille qui n'a jamais posé le havre sac, et on ne me l'a pas pardonné. Quand j'allais sur un plateau de télé, à l'heure de vérité par exemple, je me souviens de Levail, etc. C'était un massacre.
Yvan
Levail ? Oui. Les guignols. Quand j'allais dans la rue, que je parlais avec quelqu'un, la personne me disait « Ah, vous avez dit hier que... » J'ai dit « Non, j'ai rien dit, donc qu'est-ce que c'est que cette histoire ? » Ah ben c'est les guignols qui l'ont dit. Donc les guignols parlaient à ma place. Donc vous ne pouvez pas vous en tirer quand vous êtes traité de cette manière-là, de manière soviétique. Et la deuxième raison, elle est plus actuelle, c'est que les Français voient les choses avec un temps de retard. C'est terrible. Et donc aujourd'hui, par exemple, je dis qu'il faut sortir de l'Union européenne, sinon on est mort. Il y a une minorité active qui pense cela.
Personne ne le propose d'ailleurs. Mais personne
ne le propose parce que les gens pensent que c'est encore trop tôt. Alors en privé, ils me disent tous, tu as raison, mais on ne peut pas. Parce que je dis, si le peuple français ne reprend pas le contrôle de ses lois, de ses frontières, de sa monnaie, de sa justice, de son état de droit. on ne pourra rien faire. Et d'ailleurs, on ne peut rien faire, puisque même, je voyais hier que l'andouille bretonne. va être interdite parce qu'elle ne correspond pas à la norme écologique européenne. Pourquoi personne ne le propose ? Pourquoi ni Marine Lapen, ni
Bruno Retailleau, ni David Lissard ? Personne ne le
propose ? Personne ne le propose parce que les hommes politiques ont un temps de retard, c'est tout. Mais vous savez, dans l'histoire, c'est comme ça que ça s'est passé. Si vous prenez 1914, si vous prenez 1940, la classe politique française est médiocre. Depuis toujours ? Depuis longtemps, oui.
Je cite parfois Michel Audiard qui disait depuis le dernier des Valois, ça va mal. Oui. Alors là, il y a quelque chose qui ne va pas. Où vous dites que c'est laid depuis 10 ans, 20 ans ou vous dites que depuis toujours ça a été laid ?
Mais regardez, Pascal, je citais Clémenceau. Clémenceau était un individu. On pourrait citer De Gaulle, on pourrait citer Napoléon. Dans l'histoire de France, vous savez, ce sont toujours... des chefs qui ont sorti le pays du pétrin. Et nous sommes aujourd'hui dans une situation où l'affaissement de la classe politique est d'abord un affaissement intellectuel. C'est-à-dire qu'en fait, c'est trop difficile pour les hommes politiques de dire la vérité. Et si vous me permettez, je voudrais dire que... Voilà ce que je reproche, moi, à la classe politique qui nous gouverne. Elle a abandonné les trois matrices. La première matrice, c'est la matrice anthropologique. Puisqu'il n'y a plus de différence entre la vie et la mort, qu'on peut donner la mort et qu'on peut donner la mort par compassion. Donc je suis appelé à devenir un monstre, un monstre policé, un monstre médicalisé. La matrice géopolitique, puisqu'on a décidé de ne pas recouvrer notre souveraineté. On a transféré la souveraineté. Donc je suis appelé à ne plus être souverain, je suis appelé à devenir un rouage, un monstre, un rouage. Et enfin, la troisième matrice, la matrice civilisationnelle. puisque chacun est appelé à devenir un Bernard l'ermite qui donne l'hospitalité de sa coquille vide pour une population qui vient d'ailleurs, avec une civilisation qui vient d'ailleurs. Donc je suis appelé à devenir un monstre, un rouage et un Bernard l'ermite. Donc je n'ai plus de lien avec le temps long et j'appartiens à une société... en voie de liquéfaction.
Je ne vous interromps pas, mais je pourrais vous apporter la contradiction. Quand vous dites un monstre, il y a beaucoup de gens qui nous écoutent. Parfois, être celui qui va arrêter la vie de son fils, de sa femme, que sais-je, ça peut être aussi un acte d'amour. Et c'est vécu comme ça. Je le sais puisque je l'ai entendu parfois.
Je vous ai entendu faire des louanges sur le pape. Vous n'étiez pas comme ça il y a encore 15 jours. Oui, mais je vais vous adapter. Je ne sais pas si je m'adapte. Je porte la parole. C'était très clair. Je porte la parole. Le discours du pape à Lourdes, par exemple, il a été très clair. Et quand il prend Marie-Garance dans ses bras, ça c'est la résurrection. Ça c'est la
séusation. J'entends ce que vous dites, je ne vous donne pas là mon avis. Je porte là, il y a des gens qui sont en train de nous écouter. Souvent j'ai cité Charles Bietry. Vous êtes
modérateur.
Non, je ne suis même pas modérateur. Je porte la parole de... J'ai souvent cité Charles Bietry. Et que vous connaissez.
Ce que le pape a dit de très fort, c'est qu'on ne peut pas donner la mort par compassion. Or, avec cette nouvelle loi sur l'euthanasie, on appelle les familles... à se tenir la main devant le mourant et à lui dire, allez, papa, maman, on t'aime, on t'aime, on va t'aider à partir. Donc c'est une inversion totale. Nous sommes dans une inversion de la distinction du bien et du mal. C'est-à-dire que le mal devient bien, le bien devient mal. Et c'est une inversion qui est
mortifère. En tout cas, sur cette loi, ce qu'il faut condamner, c'est les dérives possibles. Et souvent, elles ont été mises en exergue ces derniers mois dans le débat. Bien sûr qu'il y a des dérives possibles et que la loi Les Cleonetti était sans doute suffisante. C'est ce que disait également Nicolas Sarkozy l'autre jour. Alors, je disais, bon, j'espère que vous étiez peu trompés. Et je voulais vous faire un échange avec Alain Juppé et Jack Lang. très significative de ce point de vue-là. C'est vrai que c'est toujours intéressant de voir sur une période ceux qui ne se sont pas trompés et ceux qui se sont trompés. Souvent, j'ai cité par exemple Raymond Barre. Raymond Barre, il s'est peu trompé sur certaines choses. Il était contre la cohabitation, il était contre le septennat, contre le quinquennat, pardon, il était bon. Donc, c'est intéressant avec le recul de voir ceux qui ont pris les bonnes positions et les mauvaises positions. Mais il est 10h27, on a une page de publicité, nous sommes sur Europe 1, nous sommes sur Antenne de CNews.
Transcription automatique (Whisper + diarisation) — des erreurs d'attribution ou de transcription sont possibles. Vérifiez toujours avec la vidéo source horodatée.