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Votre conseiller financier. La matinale de Radio Classique avec David Abiker. Et Guillaume Tabard à 8h11, c'est l'éditorial avec le Figaro. Guillaume, bonjour.
Bonjour David. Alors
le score obtenu par Raphaël Glucksmann à la primaire de la gauche est assez spectaculaire. C'est deux tiers des votants. Est-il prévisible ? Et comment s'explique-t-il ? Et comment vous, vous l'expliquez ?
Écoutez, lorsque cette primaire de la gauche socialiste et social-démocrate a été décidée, tout le monde disait qu'elle avait été faite pour permettre une victoire de Raphaël Glucksmann. Donc, de ce point de vue, il n'y a pas eu de surprise. Mais au fil de la campagne, Glucksmann était devenu la cible de tous ses concurrents, en particulier d'Olivier Faure et de Ségolène Royal. Lui-même, il faut le dire, avait accumulé les maladresses, si bien qu'on avait fini par s'attendre à une bataille plus serrée et même plus ouverte que prévu. Alors, ces plus de 66%, vous avez rappelé son score, sont donc un succès incontestable. Et puis je dirais surtout que les 15% du premier secrétaire en place sont un camouflet personnel pour Olivier Faure, qui, je vous rassure, ne devrait cependant pas lui coûter son poste. Il y a aussi un point important de cette primaire, c'est que pour la première fois, le candidat à la présidentielle de cette famille politique n'appartient pas au PS. Après la déroute de Benoît Hamon en 2017, L'humiliation d'Anne Hidalgo en 2022, le vieux parti de Mitterrand, Jospin et Hollande n'est même plus en mesure d'envoyer l'un des siens sur la ligne de départ. Faut-il dire feu le PS ? La question est désormais clairement posée. Peut
-on dire que Raphaël Glucksmann est désormais le patron incontesté de la gauche non soumise à la France insoumise
? Écoutez, il est le candidat. Incontestable, mais je dirais que son score a une portée idéologique plus encore que personnelle. Car le point sur lequel Raphaël Glucksmann a toujours été le plus clair, c'est... Pas d'alliance avec LFI, un principe partagé avec Jérôme Getsch, ce qui fait que cette ligne, à l'arrivée, a été validée par 72% des votants, alors que la ligue d'union de la gauche sans digue, qui était celle d'Olivier Faure et Ségolène Royal, n'a totalisé que 22% des voix. Ce choix-là est donc clair, ce qui ne veut pas dire que le désormais candidat ne va pas continuer de subir la pression de tous ceux qui ne veulent pas d'une gauche sans les amis de Jean-Luc Mélenchon. A lui donc maintenant de tenir bon. Et puis à cette clarification idéologique s'ajoute aussi un soulagement pour Ravel Guxman, c'est que François Hollande, qui rêvait d'une primaire sans clarté et d'un vainqueur sans élan... pour s'imposer comme candidat de recours, au moins dans les médias, ce scénario-là, François Hollande va devoir le remiser.
Alors ce succès à la primaire va-t-il offrir à Raphaël Glucksmann un élan dans cette campagne ? C'est toute la question, parce que Benoît Hamon et Anne Hidalgo, ils avaient gagné la primaire, et puis ensuite ça avait capoté le moteur. Justement oui,
après chaque primaire, de gauche ou de droite, on a toujours constaté un effet mécanique immédiat dans les sondages. Mais à Benoît Amoingot, je vous l'avais rappelé, ou même une Valérie Pécresse à droite l'ont expérimenté, une primaire gagnée n'implique pas forcément une campagne réussie. Donc pour Raphaël Glucksmann, le plus dur commence maintenant. Et le plus dur, c'est d'obtenir la crédibilité suffisante pour contester à Jean-Luc Mélenchon sur sa gauche et à Édouard Philippe sur sa droite l'unique place, l'unique place en finale pour affronter Marine Le Pen à ce jour. Il en est loin. Et quand on regardait le meeting de Jean-Luc Mélenchon hier à Clermont-Ferrand, on comprenait que la deuxième bataille de Glucksmann, celle du vote utile à gauche, est elle-même très loin d'être
gagnée. Guillaume Tabard, éditorial à retrouver sur le Figaro.fr en vidéo et évidemment sur notre application Radio Classique. Merci Guillaume, à demain. Il est 8h15, alors que le ministre de la Défense, Pete S.Gate, le ministre américain, voudrait que l'exécution d'un condamné soit retransmise à la télévision début décembre, que l'on vient de remettre le prix Nobel de la paix à une juge. On va parler du recul de l'état de droit, y compris dans les démocraties. Je reçois ce matin l'avocat et ancien ambassadeur de France en charge des droits de l'homme, François Zimray. Il a notamment défendu Carlos Ghosn et Boilem Sansal. Il publie un innocent en prison, une réflexion sur l'avenir des droits de l'homme. dans la collection Trac.
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