Chargement...
Chargement...
L'heure de notre 10 minutes info, ce sera donc Raphaël Glucksmann, le candidat de la gauche sociale démocrate. Il a donc été désigné à l'issue de cette primaire avec plus de 66% des voix, résultat sans appel. Mais maintenant, le défi s'annonce immense, rassembler son camp et convaincre les Français. Le plus dur est donc à venir. Bonjour Diane Lamotte. Bonjour. On en parle avec vous. Vous êtes chef de groupe chez Ipsos BVA. Merci d'être avec nous. Alex Bouillaguet est également présente. Je le disais, donc plus de 66% élus dès le premier tour. Victoire écrasante. Est-ce qu'il faut tout de suite la nuancer, dézoomer un petit peu et se dire quand même, on parle de très peu de votants dans cette primaire
Alors c'est sûr que le nombre de votants fait que ça permet de nuancer un peu ce score. Mais néanmoins, il faut voir que Raphaël Glucksmann part avec un gros socle de légitimité. C'est 66% des votants qu'on votait pour lui. On pouvait s'attendre à moins, on pouvait peut-être s'attendre à plus, mais de 60% c'est déjà énorme. Il s'avance quand même en confiance dans cette présidentielle.
y a une forme de surprise de cette élection dès le premier tour, Alex. C'est ça, c'est quand même le fait majeur, c'est qu'il n'y ait pas eu de second tour. Et ça pour lui c'est précieux parce que forcément ça lui donne les coups des franches, ça lui donne le fait de pouvoir tendre la main aux autres pour dire « moi je vais rassembler, on a vu cette photo de famille hier sur la scène, c'était pas les effusions, c'était pas les embrassades, c'était pas... » Mais tous ont joué le jeu, tous étaient à ses côtés. Et ça, c'est important. Et c'est vrai que ces 66%, dès le premier tour, ça peut créer une petite dynamique derrière lui. C'est mieux que si ça avait été un match extrêmement serré au second tour.
C'est mieux, mais pardon, j'insiste un peu. On est loin des 2 700 000 votants de la primaire qui avait élu François Hollande candidat.
Oui, c'est sûr. Après, il faut regarder aussi les conditions. Pour participer à la primaire, c'est sûr que le prix de 15 euros a sûrement mis une barrière. C'était un euro à l
'époque.
Oui, à l'époque c'était un euro, donc forcément la comparaison est un peu plus difficile. En plus de cette barrière, il faut aussi regarder le score de Jean-Luc Mélenchon qui actuellement dans les intentions de vote est très haut. Ça, c'est sûr que ça va être une difficulté supplémentaire pour Raphaël Glucksmann.
C'est intéressant de vous citer Jean-Luc Mélenchon. C'est un des enseignements de cette primaire. C'est cette ligne anti-LFI, anti-alliance avec LFI de Raphaël Glucksmann qui l'emporte aussi, Alex.
C'est vrai qu'on a répété pendant toute cette campagne que l'enjeu de cette campagne, c'était aussi le positionnement vis-à-vis de la France insoumise. les alliances et ce qui avait rupture, que Ravel Guzman n'a pas avancé masqué, avec Jérôme Guetsch d'ailleurs, ils étaient deux dans la primaire, à dire c'est fini. Oui, les gauches sont irréconciliables. Oui, Jean-Luc Mélenchon a franchi un pas de trop. Et oui, il n'y aura plus d'alliance à l'avenir avec la France insoumise. Donc ça, ça veut dire que les adhérents, ils ont décidé de faire un choix et un vote utile. Ils se sont dit... Qu'est-ce qu'il faut faire par rapport à la France insoumise ? Oui, une rupture pour que la social-démocratie finalement reprenne un peu ses aises. Et en même temps, propulser dans cette campagne présidentielle le candidat tout simplement qui a le plus de chances de l'emporter. Parce qu'aujourd'hui, effectivement, il est entre 10 et 13% dans les sondages. Et donc, votons utile pour mettre quelqu'un qui pourrait éventuellement être compétitif.
Il y a un effet vote utile ? Alors il y a clairement un effet vote utile sur Glucksmann. Après, il reste aussi encore à mesurer parce que ça se trouve, cette nouvelle dynamique va susciter un peu plus d'afflux vers sa candidature. On ne le sait pas, on va voir dans les prochains jours, les prochaines semaines. Mais c'est sûr que quand on le comparait par rapport aux intentions de vote sur Olivier Faure, il était beaucoup plus haut. Olivier Faure était entre 4 et 5 %. Glucksmann est beaucoup plus haut.
-ce que le défi, ça va être de rassembler aussi son camp ? Je voudrais qu'on écoute Olivier Faure hier soir qui s'est adressé, puisque ça a été une claque pour Olivier Faure, le premier secrétaire du Parti Socialiste, qui n'accède donc pas au second tour. Il s'est adressé à Raphaël Glucksmann lors de sa réaction sur scène. Écoutez.
Raphaël Glucksmann, tu as su convaincre une majorité des votants et je respecte trop le processus démocratique de la primaire que j'ai voulu pour ne pas l'accepter avec sagesse.
on a un soutien, un peu du bout des lèvres, on a connu plus chaleureux, on peut le dire quand même.
Oui, mais il y a un soutien, mais c'est évident que l'enjeu pour Glucksmann, ça va être de rassembler son camp. Il l'a dit lui-même hier, c'est de rassembler la gauche autour de sa candidature. On verra ce que ça donne en termes d'intention de vote dans les semaines et les mois à venir, évidemment. Mais c
'est vrai que c'est un réel désaveu pour Olivier Faure, parce que moi, je l'ai rencontré quelques jours avant, il y avait une inconnue, et honnêtement, il y avait un second tour dans la tête de tous, et ce second tour aurait opposé Raphaël Guzman et Olivier Faure. Il est le patron des socialistes, il est celui qui représente les accords passés avec la France insoumise, et il est désavoué dans les urnes, pas compétitif. Ça va être compliqué pour lui de poursuivre aussi à la tête du Parti Socialiste. Donc en même temps, il ne va pas pouvoir non plus faire trop d'ombre à Raphaël Luxman. Parce que s'il lui met des padons dans les roues, les sympathisants, les adhérents socialistes vont assez vite dire « Mais attends, pragmatisme, nous on a une présidentielle en jeu et il faut que tout le Parti se mette derrière. » Donc il est un petit peu piégé, Olivier Faure.
À la fois, il ne va peut-être pas non plus être complètement à fond derrière. Il y a plusieurs manières de s'engager. En général,
les socialistes sont souvent assez seuls après des primaires. Alors François Hollande, non, il y avait eu la machine de guerre. Mais Ségolène Royal, on ne peut pas dire qu'elle était extrêmement épaulée. Benoît Hamon, encore moins.
Benoît Hamon, il
s'est retrouvé un peu lâché seul en race campagne. effectivement, avec tous les éléphants qui lui ont tourné le dos. Donc ça, c'est vrai que c'est assez simple. Sauf que Benoît Hamon, et il faudra voir ce qui va se passer pour Raphaël Guzman, il a très vite plongé. C'est-à-dire qu'il a été désigné, dans les sondages, il s'est mis à exister, et tout d'un coup, ça a été une pente assez raide et assez rapide. Et donc, dans ces cas-là, tous les éléphants socialistes se sont dit, bon, c'est perdu. C'est perdu pour cette fois. Et il
y a eu les nombreux ralliements à Emmanuel Macron. Olivier Faure, pour revenir sur cette claque, parce qu'il n'y a pas d'autres mots franchement face à cela, qu'est-ce que ça raconte ? Est-ce qu'il a eu du mal à se décoller cette étiquette d'ambiguïté ? Ses adversaires parlaient d'ambiguïté stratégique vis-à-vis de LFI. Ça, ça a pu jouer ? Alors
oui, ça a pu jouer. Là, ce qui est clair, vous l'avez dit, c'est que les adhérents ont fait le choix d'une ligne. qui ne va plutôt pas dans le sens d'un rapprochement avec LFI. Ça, pour le coup, c'est assez évident dans ce vote. Et ça peut rappeler un peu la position de Raphaël Glucksmann aux élections européennes en 2019 ou en 2024, où il incarnait un peu un vote utile anti-Macron, finalement.
parlait de rassembler le camp. Raphaël Glucksmann a aussi fait un appel du pied à d'autres parties de gauche. On a la réponse de Marine Tondevelier, qui a tweeté dans la foulée hier soir, qui a regretté que le candidat soit celui de... du refus de l'union. C'est pas la bonne partie du tweet, mais on le voit, ça va être une difficulté, ça, pour Raphaël Glucksmann, quand même, de rassembler derrière lui. Il a besoin, notamment, des écologistes
est-ce qu'il en a besoin ? Peut-être, mais c'est vrai qu'il y a plusieurs difficultés pour Raphaël Glucksmann, notamment la question de la candidature de Marie-Thondelier, mais aussi celle qui est un peu en suspens de François Hollande. On en a un peu parlé, on l'a un peu évoqué. Est-ce qu'il va y aller ? S'il y va, c'est très compliqué pour François Hollande comme pour Raphaël Glucksmann. Ils sont un peu sur le même positionnement. Et finalement, l'enjeu dans cette présidentielle, c'est pour Raphaël Glucksmann d'incarner un espace entre Jean-Luc Mélenchon et également cet espace du centre qui concurrence aussi un peu l'électorat de Raphaël Glucksmann.
Ça complique la tâche pour François Hollande. 66% pour Raphaël Glucksmann. François Hollande espérait, de ce qu'on entendait, une espèce de... de primaire comme ça, un peu en demi-tente, ou en tout cas un résultat pas aussi net pour pouvoir arriver plutôt vers décembre ? Là, c'est sûr que la netteté du résultat,
sa clarté, fait que c'est très compliqué d'arriver et de se présenter. Là, encore une fois, Glucksmann part avec un socle de légitimité qui est assez positif et qui peut le lancer
dans une vraie dynamique. fait, il faudrait vraiment que Raphaël Guzman s'effondre dans les mois qui viennent, d'ici à Noël, puisque c'est le rendez-vous que s'est fixé François Hollande, pour que François Hollande ait une carte à jouer, sinon il n'en a aucune, parce qu'il apparaîtrait automatiquement comme le diviseur à gauche. Et donc ça, en général, ce n'est pas bon. Après, concernant Marine Tondelier et d'une certaine manière les communistes, Raphaël Guzman, il va falloir qu'il fasse le boulot, parce qu'en fait, il faut qu'il aille grappiller ces 2% par-ci, ces 2% par-là. Le problème, c'est que quelle est sa fibre sociale ? Qu'est-ce qu'il dit sur les retraites ? Qu'est-ce qu'il dit sur un certain nombre de sujets qui sont des sujets socialistes ? Ne pas parler que de l'Ukraine, que des grands enjeux géopolitiques. Il va falloir qu'il s'ancre à gauche tout en voulant aussi récupérer le centre droit. Pas évident.
C'est cette image-là qui va devoir travailler, sortir des grands sujets internationaux. D'ailleurs, il a annoncé sur France 2 hier faire un grand porte-à-porte partout en France. On le sent, il va falloir se montrer plus proche des Français et du quotidien des Français ? Oui,
complètement. Et d'ailleurs, quand on interroge les Français, mais plus là dans des études qualitatives sur ce qu'ils pensent de Raphaël Glucksmann, ils pensent qu'il est sincère, qu'il y a une nouvelle façon de faire de la politique, ce qui est assez positif. Mais dans le même temps, les Français identifient mal le programme de Raphaël Glucksmann, mais aussi sa vision. de la société et sa vision qu'il porte pour la société française. Donc c'est évident qu'il va devoir être plus direct, plus transparent sur ses mesures, sur le pouvoir d'achat et tout ce qui concerne les Français. Et peut
-être
un
petit problème, peut-être, de style. C'est-à-dire que Raphaël Guzman, ce n'est pas François Hollande, Jacques Chirac ou Nicolas Sarkozy, je vous cite trois personnalités extrêmement différentes, mais qui a réussi à créer un lien avec les Français. Raphaël Guzman, il a un côté un peu plus coincé, même hier dans une victoire, on le sentait un tout petit peu compassé. Et ça, il va falloir qu'il se transcende aussi, qu'il aille vers les gens, qu'il se serre des mains, qu'il, comme on dit, tâte le cul des vaches, parce que c'est important de créer ce lien avec les Français qui effectivement... ne le connaissent pas beaucoup. Ça fait réagir Jean-Mathieu.
On peut voir qu'en politique, vous devenez intéressant quand vous êtes une menace pour les autres. Là, ce qui m'a étonné hier, c'est qu'après l'annonce de ces résultats sur les réseaux sociaux, aucune réaction des insoumis. Et vous avez, Jean-Luc Mélenchon n'a pas réagi, Emmanuel Bonpas, alors que c'est la cible première, on le sait très bien. Et c'est là où c'est assez étonnant, c'est-à-dire, est-ce qu'ils ne le considèrent pas parce qu'ils ne le voient pas comme une menace, ou au contraire, ils ne veulent pas dire que c'est une menace ? En tout cas, aujourd'hui, normalement, si c'était véritablement un danger pour LFI, déjà, l'organigramme de LFI aurait réagi, on attend toujours maintenant, savoir ce que va dire Jean-Luc Mélenchon de cette candidature.
Merci beaucoup, merci à tous les trois, merci d'avoir été avec nous ce matin.
Transcription automatique (Whisper + diarisation) — des erreurs d'attribution ou de transcription sont possibles. Vérifiez toujours avec la vidéo source horodatée.