Chargement...
Chargement...
François Ruffin est l'invité de notre émission spécial objectif 2027 après Marine Le Pen, Dominique de Villepin, Edouard Philippe et d'autres. Il sera à son tour soumis au feu roulant des questions de la rédaction de LCI. François Ruffin figure des combats pour les droits sociaux, ceux de l'égalité salariale, notamment prend la parole à l'avant-veille de la journée. Peut-être de convergence des luttes. Certains prophétisaient de nouveaux gilets jaunes, certains parlent de gilets jeunes. Le candidat sera confronté au scénario d'Alain Boer qui va revenir dans un instant, aux questions de Mathilde Guénégant pour la politique, de François Langlais pour l'économie. Il se soumettra aussi au périlleux exercice du oui ou non. Bonsoir François Ruffin. Bonsoir. Commençons par les manifestations. Il y en aura, mais jusqu'à quel point ce sera ce samedi 17 octobre ? Quand on voit les images des convergences et luttes, comme on les appelle, le nombre de ronds-points et de centres de rassemblement qui se précisent, est-ce que l'ampleur du mouvement est inévitable ? Est-ce que vous la voyez déjà ? Est-ce que vous la souhaitez ?
je souhaite toujours que les gens se mobilisent, qu'ils revendiquent, qu'ils cherchent à obtenir de nouveaux droits et qu'ils se fassent entendre dans un temps où le pouvoir ne veut pas entendre. J'entendais la réaction aujourd'hui d'Edouard Geffray qui après cinq semaines de mouvement lycéen dit « le temps des décisions est proche ». On attend plus d'un mois pour des demandes qui sont extrêmement basiques. Moi, je vais dans les assemblées générales de lycéens. Ce que j'entends le mot que j'entends le plus, c'est le mot moisissure. C'est-à-dire que ce n'est pas normal qu'on soit 36 par classe. Ça veut dire qu'on ne veut plus de parcoursup. Et sur ces demandes de base... Cinq semaines plus tard, il n'y a toujours pas de décision du gouvernement. Non, le temps approche. Donc il est évident que cette manière de gérer, en espérant le découragement, le pourrissement, ça contribue à nourrir ce qu'Alain Bauer a appelé une rage.
Est-ce qu'il y a une ambiguïté de la France insoumise ? Il y a deux camps en France. Ceux qui disent bravo la France insoumise, eux, sont populaires dans ce mouvement. Il y a deux camps et peut-être plus, mais en tout cas un autre camp en disant la France insoumise incendie tout ça. Je crois qu'il ne faut pas
chercher des raisons de détourner. Ce que disent les jeunes, les lycéens en l'occurrence, et qui est, je le répète, tout à fait basique. Et donc, la première chose à faire, c'est d'aller les écouter et de prendre des décisions. Vous savez, moi, ce qui me marque dans ce temps-là, c'est que, alors qu'on devrait avoir une réponse politique, et avec des choses simples, dans le prochain budget, il n'y aura pas 1588 postes d'enseignants de supprimés. On ne va pas économiser 600 millions d'euros sur l'éducation nationale. On veut aller vers la fin de Parcoursup. On met de l'humain en face de l'humain. Vous dites ça. Vous dénouez la situation. Et il n'y a pas de réponse politique. À la place, il n'y a qu'une réponse policière.
Vous ne m'avez pas répondu tout à fait sur la France insoumise. C'est un aspect du débat. Oui ou non, est-ce que vous considérez que la France insoumise... Alors, tout le monde en politique exploite un peu, mais va plus loin que ça. Non,
je dis que le gouvernement n'a pas à accuser la France insoumise. Le gouvernement, il a à prendre ses responsabilités. C'est un faux procès
pour vous ? Pardon ? C'est un faux procès ? En tout cas,
ce n'est pas la réponse qui doit être apportée. Le sujet, les jeunes, quand ils parlent et que je les écoute, je les écoute à eux, je les écoute à Paris, je les écoute à Amiens, ils ne sont pas agités comme des marionnettes avec quelqu'un qui vient de dire « voilà, dites ça sur les moisissures ». Non, par contre, simplement, vous savez, c'est la troisième crise. pendant le mandat d'Emmanuel Macron, où on n'a pas de réponse politique, mais on a une réponse policière. Ça a été la crise des Gilets jaunes. Il a choisi de laisser pourrir, d'attendre, de ne pas offrir de réponse sur le référendum d'initiative citoyenne, par exemple, et de faire le blabla du grand débat. Et il croit gagner comme ça. Mais à la fin, et c'est la même chose sur le mouvement du retraite, mais à la fin, le pouvoir y gagne, ce que la démocratie y perd.
François Ruffin, vous allez être soumis à un feu roulant de questions. Alain Bauer va soumettre des scénarios, Mathilde Guenégant, qui est la grande reporter qui suit la gauche, qui va vous interviewer, mais aussi François Langlais. Disons les choses, allons-les à la caricature. Il y a ceux qui disent, François Ruffin, le pauvre, il est pris entre des géants. D'un côté, il a Jean-Luc Mélenchon avec la puissance de la France insoumise. De l'autre, il a Raphaël Luxman. Vous avez vu les sondages, très bons sondages de Raphaël Luxman. Il a réussi là une poussée considérable. Et vous, vous vous retrouvez là entre deux.
Il y a un choix qui a été fait, vous savez, moi j'étais pour qu'il y ait une grande primaire qui aille de Poutou à Hollande, et j'étais pas le seul, puisque c'est 80% des électeurs de gauche qu'il a réclamé, 80% des électeurs insoumis, 80% des électeurs socialistes. Et les appareils, en effet, en ont décidé autrement, et ont fait le choix de la division. Et bien dans ce temps-là, moi je continue à réclamer que pour la suite, on est de l'union. L'union pour la présidentielle, ça paraît désormais bien compliqué, mais il va falloir penser. aussi à s'unir pour les élections législatives.
Le phénomène de la nouvelle gauche, certains disent la nouvelle France, Bali Bagayoko, regardez ces quelques images, c'est l'homme qui danse, qui chante, il était sur notre plateau, il s'appelait le ministre de la Street, il a une popularité imparable chez les jeunes, on verra d'autres séquences un peu plus tard dans l'émission où il appelle les mamans avec le téléphone du jeune, etc. Qu'est-ce que vous en faites ? Moi,
je suis ému quand je vois Bali Bagayoko qui, devant un lycée, entonne. la marseillaise avec les jeunes. Parce que, vous savez, moi je me suis bagarré pour qu'on n'abandonne pas le drapeau tricolore, pour qu'on n'abandonne pas l'hymne national au rassemblement national. Et de voir qu'il y a un moment comme celui-là, moi c'est un moment qui me met les poils, c'est un moment qui m'émeut, c'est un moment où c'est la France que je veux, c'est cette France qui se rassemble derrière ces symboles qui sont issus de la Révolution française et qu'on doit poursuivre.
Marine Le Pen, ce soir, confirme, elle considère que la France n'a plus assez d'argent pour aider l'Ukraine. Avez-vous à telle raison ? Je
pense qu'il est plus nécessaire aujourd'hui que jamais de soutenir l'Ukraine face à une Russie qui refuse de négocier. Donc il faut le faire. Maintenant, il est évident que la manière dont on présente les choses, en disant on va augmenter le budget de la défense, on va donner de l'argent à l'Ukraine, mais pendant ce temps-là, il va falloir se serrer la ceinture dans les hôpitaux, dans les lycées, et que finalement on vient dire aux Français, il faut choisir, soit on aide les uns, soit les autres, c'est une manière de rendre ce soutien international complètement impopulaire. Et donc moi je dis qu'il ne doit pas y avoir à choisir entre se protéger sur le terrain de la défense et... construire des services publics qui soient solides. En fait, le cœur de ce que je pense, c'est qu'il faut en finir avec un état subvention, et il faut revenir à un état action, un état action qui prend de l'argent, parce que la France a un fort taux de prélèvement obligatoire, mais simplement ce taux-là, il ne sert pas pour l'école, il ne sert pas pour la défense, il ne sert pas pour l'éducation, pour la santé, pour la justice, et il sert pour... de la redistribution notamment aux entreprises de ce pays, mais aussi pour des subventions au logement, pour des subventions à l'agriculture, pour des subventions à l'énergie. Et donc, en fait, il faut que ce qui est prélevé serve à constituer la colonne vertébrale de la nation et de l'État.
Il y a un courant pour parler davantage à la Russie, pour nouer davantage ou renouer davantage à la Russie. Marine Le Pen le dit, et ce qu'elle appelle faire la paix, Jean-Luc Mélenchon, qui était assez sévère à l'égard de l'Ukraine. qui disait qu'il faut peut-être se demander si ça n'a pas un rapport, il parlait de la situation actuelle, avec les tirs en profondeur que fait l'Ukraine, position qui jusque-là n'avait pas été celle des Français. On citait hier tout à l'heure le pape François qui avait des positions aussi pas si loin de ça. Est-ce que vous êtes de ce courant, oui ou non ?
Moi, je dis que la France et l'Europe doivent être assis à la table des négociations et on doit tout faire pour que s'ouvrent des négociations avec la Russie de Vladimir Poutine. Il faut qu'il y ait des négociations. Donc, Poutine, autour de la table. Évidemment. Et il ne s'agit pas de déléguer ça, comme on le fait aujourd'hui à Washington, avec seulement les émissaires américains. On a un rôle à jouer. C'est nous qui sommes le carnet de chèques. C'est nous qui payons. Et en achetant du matériel de guerre aux États-Unis. Donc, évidemment, quand on paye, on a notre mot à dire. Vous savez, il y a un proverbe qui dit, quand on n'est pas autour de la table, c'est qu'on est au menu. Là, pour l'instant, l'Europe est au menu entre Vladimir Putin et Donald Trump.
Donc votre idéal, c'est une conférence où il y aura Zelensky, Trump et les Européens ? Bien
sûr qu'elle se déroule sur le continent européen a priori. Il faut parvenir à ça. Il faut parvenir à ça avec des compromis, des concessions qui soient faites pour que l'Ukraine, pour que la Russie retrouve la paix.
Va nous rejoindre Alain Boer, je vous en prie Alain Boer, c'est une tradition de cette série Objectif 2027, François Ruffin, où chacune ou chacun des candidats se soumet au scénario, vous ne les avez pas, c'est le secret absolu, on pourrait avoir un huissier qui ouvre l'enveloppe, voilà, on n'a pas besoin de ça pour être sûr de votre secret Alain Boer. Premier scénario, bonsoir, rebonsoir.
Bonsoir, monsieur le président de la République, d'abord vous venez d'être élu après une campagne pleine de rebondissements. Et évidemment, à peine élu, vous êtes face à toute une série de problèmes qui sont ceux d'un chef de l'État. Et il s'agit moins d'un scénario jeu de société qu'une confrontation avec la dure réalité de la vie à l'Élysée. Suite à un nouvel affrontement entre manifestants et policiers, deux personnes sont très grièvement blessées. L'une par mortier. l'autre par une grenade. Votre nouvelle majorité vous pousse à prendre des mesures visant à changer l'équipement des policiers. Et parmi tous ceux qui vont apparaître, voilà, que supprimez-vous et que gardez-vous ? Alors vous avez le canon à eau, j'espère qu'il va apparaître, en tout cas c'était prévu pour, la grenade lacrymogène, la grenade assourdissante, la grenade de désencerclement, Et le LBD ? Vous pouvez tout supprimer si vous avez envie, je précise. Mais la question qui est posée, c'est qu'a priori, vous avez aussi peut-être besoin d'une police. Oui,
on a besoin d'une police. Je veux dire un mot à ce sujet. Vous avez cité tous les cas de viol, d'inceste, qui non seulement aujourd'hui ne sont pas prévenus dans les écoles, mais font fort peu l'objet d'un traitement. de la moindre investigation, il peut y avoir des viols dans notre pays, sans que le téléphone portable de la victime et du suspect soient fouillés, sans qu'il y ait une interrogation, de mise en garde à vue du principal incriminé. Je dis ça, pourquoi, monsieur Bauer ? Parce que je considère que depuis quelques années, il y a un détournement des moyens de la police, que la police, elle n'est plus mise à sa place, là où elle devrait être au service de la société, au service des citoyens. pour les gens et bien elle est mise maintenant au service du pouvoir comme une force de coercition qui lui sert de protection et je pense que c'est dangereux pour la police elle-même que d'en faire finalement un bouclier c'était le cas dans le mouvement des gilets jaunes pas de réponse politique mais une réponse policière ça a été le cas dans le mouvement des retraites ou contre 80% des français contre tous les syndicats unis on utilise la police comme une protection pour le pouvoir, et c'est le cas encore, je vais vous répondre, sur le mouvement des lycéens.
Alors répondez François Ruffin, allons au nerf, oui ou non, est-ce que vous supprimez certains... Vous avez donné la philosophie générale. D
'abord je vais vous dire, c'est pas François Ruffin omniscient qui arrive à l'Elysée, Jupiter, il faut en finir avec ça. Donc ça veut dire qu'au moment où vous avez des décisions à prendre, vous entrez en discussion. Vous entrez en discussion avec qui ? Avec M. Boer, vous serez le bienvenu. Vous entrez en discussion avec les syndicats de policiers, vous entrez en discussion avec les syndicats de salariés, avec les syndicats de lycéens, avec les syndicats d'étudiants pour discuter de comment on va faire pour trouver une solution politique, ça c'est une chose, mais pour adapter la réponse policière. Donc voilà, je pense qu'il faut en finir avec l'homme tout seul qui, du jour au lendemain, décide de ça. Maintenant, il y en a une là-dedans qui est à proscrire, c'est la grenade de désencerclement. puisque là on n'est pas dans le cas d'une arme utilisée normalement en manifestation, mais c'est défini comme étant une arme de guerre. Donc ça n'a pas sa place pour le matériel. François
Ruffin, est-ce que vous maintenez, oui ou non, le LBD ? Tout à l'heure, il y a quelques minutes seulement, quelques dizaines de minutes, porte-parole d'un des syndicats de policiers disait « nos hommes sont très frustrés qu'on leur dise utiliser le moins possible le LBD », alors qu'une autre partie de l'opinion, notamment après les éborgnés, dit au contraire que c'est l'arme de la honte. Est-ce que vous la maintenez ?
Elle doit être utilisée avec beaucoup de réserve. Mais là, ce qui ne va pas, c'est que dans le maintien de l'ordre aujourd'hui, vous avez des unités qui ne sont pas spécialistes du tout du maintien de l'ordre. Ce n'est pas comme si vous aviez des CRS. Moi, j'ai connu des manifestations. Il n'y avait quasiment que des CRS et des renseignements généraux à l'époque. Là, vous avez toutes les unités, dont ce n'est pas la spécialité, qui viennent se mêler de ça. Ça ne va pas. Ça ne va pas non plus quand on a... Vous savez, je fais un rapport, moi, sur la police. la formation est complètement insuffisante. Non seulement la formation initiale a été raccourcie, on est passé de 12 mois à 9 mois, mais ensuite, derrière... La formation continue est inexistante. Tous les syndicats de policiers que j'ai interrogés me disent non, il n'y a pas de formation continue. Non, on a besoin, non seulement on a besoin d'agents, l'État a besoin d'agents, mais on a besoin d'agents qui soient formés, qui soient formés continuellement. Sinon, qu'est-ce qui se passe ? Vous mettez en danger les manifestants, mais vous mettez en danger les policiers eux-mêmes. Et c'est bien ce qui est en train de se produire.
La police, François Ruffin, a été qualifiée par la France Insoumise en des termes très durs parfois. violence, mais aussi la police est raciste. On dit un certain nombre de représentants de la France Insoumise. Le pensez-vous
L'expression de racisme systémique me convient. C'est-à-dire qu'il ne s'agit pas d'incriminer un individu à l'intérieur de la police, mais le fonctionnement général, sur un point particulier, qui est le contrôle d'identité, qui est fait l'objet d'une inflation. En fait, comme ce qui devrait être pour moi les deux piliers de la police, c'est-à-dire une police du quotidien, ce qu'on a appelé l'îlotier, qui a complètement disparu. Et de l'autre côté, la police d'investigation, la police judiciaire, qui est bien mal en point, on a remplacé ça par ce que des policiers eux-mêmes appellent la bâtonnite, une politique du chiffre. et notamment sur les contrôles d'identité. – Attendez,
attendez, avant d'avancer, vous portez quand même une accusation, vous considérez que les contrôles au faciès sont trop courants en France ?
– Il est montré que comparé aux autres pays européens sur les contrôles d'identité, la France le pratique de manière beaucoup plus importante, c'est 47 millions au moins de contrôles d'identité l'année dernière. – Mais au faciès ? – Et ce qui est démontré… en comparaison avec nos voisins espagnols, allemands, c'est que ce sont des contrôles qui sont beaucoup plus ciblés en termes de population. C'est vrai Alain Bauer
c'est surtout que dans les autres pays, il n'y a pas de contrôle d'identité. Le contrôle d'identité pour le contrôle d'identité n'est pas prévu. D'ailleurs, beaucoup de pays n'ont pas de pièce d'identité obligatoire. C'est un des éléments particuliers de l'histoire du pays. Après, quand vous discutez avec les policiers eux-mêmes, ils vous expliquent, et c'est assez curieux d'ailleurs, qu'ils font plus, puisqu'il m'arrive de parler beaucoup avec les baqueux, qui ne sont pas toujours docteurs en philosophie, qu'ils font plus de contrôle à la capuche qu'au faciès. C'est un sujet... Je ne dis pas que l'un ne va pas parfois avec l'autre, mais c'est un sujet qui est un peu différent. Mais il y a un sujet qui est le contrôle d'identité, pour le contrôle d'identité, comme un moyen de reprise en compte du territoire par rapport à des individus qui, eux, pensent qu'ils sont face à une autre bande, l'autre bande s'appelant la police. C'est un sujet qui méritera sans doute une discussion avec mes collègues sociologues.
L'acte contrôle d'identité... Il n'y a pas de statistiques. Quand on rentre au commissariat, on ne dit pas « j'ai contrôlé tant de personnes, il n'y a pas de rapport à faire sur cette question-là ». C'est perçu comme étant un geste anodin. Or, la personne qui le subit en face, ce n'est pas vrai. Ce n'est pas anodin de se balader tranquillement dans la rue et à un moment d'être contrôlé. Donc moi, je suis pour qu'il y ait un moratoire sur les contrôles d'identité, que pendant quelques mois, la police fonctionne sans... cet outil-là, et qu'on voit ce qui manque, ce qu'on voit, de quelle manière on peut travailler autrement, et avec quand même un objectif qui est pour moi de retrouver à la fois la police du quotidien, l'îlotier, et de l'autre côté, la police du quotidien. – M. Ruffin, est-ce que ce n'est pas le
même contrôle du territoire ? Vous savez, les chiffres ont été donnés dans cette émission, il y a peut-être 600 000, 700 000, 800 000 clandestins en France, donc le territoire n'est même pas correctement contrôlé, avec les contrôles d'identité.
– Mais là, c'est le contrôle aux frontières, et vous savez, moi je ne suis pas… – Pas seulement, ils sont là. – Je ne suis pas… Un adversaire du contrôle aux frontières. Je vous dis qu'aujourd'hui, pour moi, les forces de police ne sont pas utilisées sur les missions qui pourraient être les plus utiles à la société, qui pourraient être les plus utiles aux Français. On a parlé de pédocriminalité, c'est un chapitre, mais par exemple sur la question du narcotrafic. Alors parlons-en,
parlons-en puisqu'on va aller à un deuxième scénario avec Alain Boyle. Durant les
célébrations de votre victoire, de nombreux élus sont visés par des tirs près des mairies. dont les auteurs sont identifiés comme appartenant au narcotrafic et qui revendiquent publiquement leurs actions coordonnées, notamment la seule structure véritablement mafieuse que la France connaît, qui est la DZ mafia. Quelles mesures comptez-vous prendre contre des organisations criminelles de cette nature ? Quelque chose de très particulier dans l'histoire de la France, qui jusqu'à présent n'avait pas véritablement connu de mafia. Elle avait connu des mafieux, mais pas de mafia.
La question du narcotrafic, vous dire que pour moi, ce n'est pas quelque chose que j'ai découvert les dernières années. Ce sont des quartiers que j'ai vus. Pour moi, la question de la sécurité, c'est une question de gauche. Parce que ceux qui sont touchés par l'insécurité, ce ne sont pas les riches qui sont dans les beaux quartiers, qui ont des digicodes à l'entrée et des caméras de vidéosurveillance pour se protéger. Ce sont les habitants des quartiers populaires, ce sont les nôtres. Et c'est des vies qui sont pourries, parce que c'est du bruit la nuit, c'est la peur de rentrer chez soi. Donc c'est quelque chose à prendre absolument au sérieux. Et sur la question du narcotrafic, moi j'étais très content que le sénateur Jérôme Durin, socialiste, ponde un rapport sur cette question-là, et j'étais aligné sur le volet répressif, c'est-à-dire il faut taper les gros bonnets au porte-monnaie. Il faut avoir les moyens d'aller faire des investigations à peu près partout et les assécher de ce point de vue-là, non pas seulement en ramassant le dealer en bas de sa tour, mais en cherchant à monter les étages, donc ça demande de l'investigation, ça demande du temps. J'ajoute, et il en était d'accord avec moi, que pour moi on doit fonctionner sur deux jambes. Il y a la jambe qui intervient à l'extérieur, qui fait de la répression. Donc ça veut dire des officiers de police, mais ça veut aussi dire les services d'impôt. Ça veut dire les douanes qui se mettent en action sur les grands trafiquants. Mais à côté de ça, il doit y avoir une police de la proximité qui est capable d'avoir du renseignement. D'où le rôle de l'îlotier aussi. Et enfin... La principale bataille contre la drogue, si on veut la gagner, elle se gagnera pas de l'extérieur, elle se gagnera de l'intérieur des quartiers. Par ceux qui sont les premiers concernés. Les parents qui disent à leurs gamins, quand tu reviens du collège, passe plus par tel endroit et tel endroit, évite ce point-là, etc. C'est eux en fait qui doivent être aidés pour venir lutter contre le trafic de drogue dans leur quartier. Or, ça, ça veut dire quoi ? Ça veut dire les associations. Ça veut dire les centres sociaux. Ce sont des points d'appui. Ce sont finalement pour moi des bastions de la République dans des endroits qui sont parfois compliqués. Or, la politique du gouvernement qui est de dire on veut renforcer la répression, mais sur le volet, aide. à ceux qui font un travail de prévention, d'accompagnement, de soutien dans les quartiers, là, c'est complètement abandonné. – François
Ruffin, pardon, vous n'êtes pas un peu dans le monde des bisounours ? Alain Boer, ici présent, rapporte des choses incroyables. Il dit que depuis des années, de plus en plus, ce sont les pompiers qui sont visés quand ils vont dans certains quartiers. Les pompiers, encore une fois, ce n'est pas l'affrontement avec la police où il y a une certaine tradition, hélas, mais enfin, il y a une tradition. Les pompiers, théoriquement, tout le monde aime les pompiers. – Personnel médical. – Pour en arriver… Ça paraît incroyable. François Ruffin, franchement, beaucoup de ceux qui nous écoutent se disent qu faut vraiment être sacrément détraqué pour s'attaquer à des pompiers, à des infirmiers qui viennent aider des vieilles gens. Il y a là quelque chose d'anormal.
Et en quoi je dis que je n'ai pas de problème avec la répression, je n'ai pas de problème avec le bâton, je n'ai pas de problème avec la sanction, mais ça ne suffit pas. Il faut avancer sur les deux jambes. Or, si on n'avance que sur une seule jambe, on ne règle pas les causes du problème. Il y a des gens qui, aujourd'hui, dans les quartiers et ailleurs, vous savez, on
est dans... J'insiste, pardon, pour en arriver à s'attaquer à des pompiers. Des bêtises, tout le monde a pu en faire dans sa vie, de voler un truc dans un magasin. C'est autre chose, là. S'attaquer à des pompiers, s'attaquer à une infirmière qui vient aider des gens, on sort du cadre.
Mais même, vous savez, moi, vous avez l'air d'écarter d'un revers de manche comme si s'attaquer aux forces de police, ça faisait partie désormais du paysage. C'est pas le cas pour moi. Je vous le dis, monsieur Rochebin, c'est pas le cas pour moi. Donc évidemment tous ceux qui représentent l'État, mais même les citoyens ordinaires. Moi je sais à quel point il peut y avoir des vies pourries, parce que c'est de l'inquiétude, on vit avec la peur pour ses enfants, notamment par le trafic de drogue, mais pas seulement dans les quartiers. Donc dire que moi j'ai pas de problème avec la sanction, j'ai pas de problème avec le bâton, ça m'a jamais posé de soucis. Mais qu'en revanche, ça doit absolument être complété. par le volet qui est le volet association, qui est le volet soutien scolaire, qui est le volet qui fait que les gens qui, dans les quartiers, font tout. pour que ça tienne debout, qui sont la pointe avancée de la République dans des endroits compliqués, qui se sentent soutenus. Or, aujourd'hui, ce n'est pas le cas. Suppression des contrats aidés, le plan Borloo pour la ville qui tombe à l'eau, etc. Il y a eu un complet désengagement sur ce volet-là, et ça ne peut pas marcher en n'ayant que la jambe sanction. Troisième. Tout ce qui tient, le sport. Moi, je vous dis, le prochain craquage que je redoute dans notre pays, c'est le craquage des associations. Parce que si on a encore du sport, de la culture, de la solidarité partout dans notre pays, c'est grâce aux associations. Quand on leur réduit année après année leurs subventions, quand on leur supprime les contrats aidés, quand on leur fait passer un temps administratif colossal pour faire des rapports d'activité, en fait, ceux qui tiennent le pays debout pour le sport, pour la solidarité, pour la culture, et bien ça les décourage. Et moi je crains. pour les temps à venir, le craquage du monde associatif.
Troisième scénario, Alain Bauer, et cette fois on part pour l'étranger, enfin l'étranger et France.
Monsieur le Président de la République, dans votre métier, si vous voulez être très collectif sur beaucoup de sujets, il y en a au moins un où vous êtes assez seul, où vous êtes décideur, vous êtes le chef de l'État, mais surtout le représentant de la France à l'étranger, et votre téléphone va sonner. quelques minutes après l'annonce de votre élection, et vous allez avoir un Donald Trump qui va vous appeler directement, comme il le fait parfois, dans des termes extrêmement aimables, comme il le fait par exemple avec le maire de New York, ce qui a toujours été un moment de stupéfaction totale, surtout quand c'est devant les caméras, là c'est juste dans votre téléphone. Et il vous invite, séance tenante, à venir passer le voir pour vous découvrir mutuellement à Mar-a-Lago. Que faites-vous pour votre première visite ? À l'étranger.
Quel silence ? Je réfléchis. Vous savez, je consulte. Je vais y compris consulter des gens qui viennent sur ce plateau comme Gérard Harrault. Il vous a piégé là, Alain Bauer. Je n'ai jamais vu un
silence pareil. C'est comme du Mozart, un silence de François
Ruffin. Gérard
Harrault, c'est un bon choix.
Je consulterai Dominique de Villepin qui a occupé des fonctions au Quai d'Orsay. Je veux dire, la première mission, c'est de consulter. Maintenant, Il est évident que je ne me précipite pas, je dirais, dans la gueule du loup. Puisqu'on a, en la personne de Donald Trump, dirigeant des États-Unis, un protecteur qui est devenu un prédateur. C'est ça la situation dans laquelle on se trouve. Et donc, évidemment, moi, je pense qu'il faut discuter avec tout le monde. C'est un chef d'État, donc on discute avec des chefs d'État. mais on ne se précipite pas et on construit des alliances. Or, voilà, la première chose, c'est de construire des alliances. Avec qui sommes-nous alliés ? Pour faire quoi ? Avec les Etats-Unis.
François Ruffin, derrière la question excellente d'Alain Bauer, et je notais votre silence, il y a la grande question. Est-ce qu'on peut être plus courageux face à Trump ? Vous avez vu Madame von der Leyen qui est allée s'humilier à ses pieds. Vous avez vu la danoise qui achète encore plus de F-35 alors qu'il l'a piétinée. Est-ce que vous, président, vous pourriez être plus audacieux face aux présidents des Etats-Unis ? Sans difficulté.
Vous savez, nous fêtons, ou les Etats-Unis fêtent le 250e anniversaire de leur déclaration d'indépendance. Il serait temps qu'on prenne la nôtre. Et l'exemple peut devenir d'Outa Trantique, du Canada, de Marc Carnet, qui lui a refusé de signer un accord asymétrique avec les Etats-Unis, qui lui a protesté fermement contre ce que fait Piétine. Donald Trump, le droit international, avec la Cour pénale internationale, Marc Carnet a montré du courage, alors qu'il est juste à côté. Madame Meloni, vous avez vu
le
courage de Madame Meloni qui a claqué littéralement Donald Trump. Eh bien, pourquoi nous n'avons pas ce courage ? Je pense qu'il y a une habitude qui a été prise. Vous savez, quand on a trois présidents de la République successifs qui ont été des « young American leaders », à la fois Nick Scola-Sarkozy, François Hollande et Emmanuel Macron, ça veut dire qu'on baigne dans un climat. où on est naturellement l'ami des États-Unis. Et je ne veux pas qu'on en devienne l'ennemi, mais simplement qu'on se dise qu'est-ce qu'on a comme intérêt commun, qu'est-ce qu'on a comme intérêt divergent. Et la deuxième chose, c'est qu'il y avait le chantage à l'Ukraine. Ils allaient cesser d'aider l'Ukraine. Et au nom de l'Ukraine, c'est comme si on devait accepter de se soumettre et de signer des accords qui sont complètement injustes. Je rappelle que l'accord signé sur le golfe de Donald Trump en Écosse, les importations aux Etats-Unis sont taxées à 15% et en retour c'est 0%. Mais ce n'est pas seulement ça, c'est que Mme von der Leyen s'engage à acheter de l'énergie aux Etats-Unis, à acheter des armes aux Etats-Unis et à ne pas toucher aux services numériques américains. Donc là, il est temps aujourd'hui que vis-à-vis des États-Unis, nous prenions notre indépendance. Mais ça ne veut pas dire la France tout seule. Ça veut dire que la France, elle doit trouver des alliés. Et moi, je regrette que finalement, c'est l'Espagne. Pedro Sanchez, qui aujourd'hui joue le rôle que jouait la France, à la fois un rôle de venir dire non sur la scène internationale. La France est grande quand elle dit non, quand la France du général de Gaulle dit non à l'OTAN, quand la France de François Mitterrand dit non à la guerre des étoiles, quand la France de Jacques Chirac dit non à la guerre en Irak. On a une fierté à ce moment-là. Est
-ce qu'on sort du commandement intégré de l'OTAN
? n'est pas le moment, évidemment. C'est quand le moment ? Ce n'est pas le moment. On a une guerre qui est aujourd'hui sur le continent européen. Ce n'est pas dans un moment comme celui-là qu'on balaye tout. Pas de l'OTAN, mais du commandement intégré, comme le général de Gaulle l'avait fait. Ce n 'est pas le moment. Et
après
? L 'utilité de l'OTAN. Est-ce que c'est nous qui devons quitter l'OTAN ou est-ce que finalement c'est les États-Unis qui doivent quitter l'OTAN ? Puisqu'ils se désintéressent du sort de l'Europe. Mais ce n'est pas spécifique à Donald Trump. Déjà Barack Obama avait dit que l'avenir c'était l'Asie. Donc nous nous faisions le passé. Joe Biden avait fait l'IRA qui était des mesures protectionnistes anti-européennes. Et Donald Trump prolonge ça de manière brutale et caricaturale. Mais là il y a un éloignement des États-Unis. Disons que c'est une chance. C'est une chance. Nous vivons un temps où il y a un espace qui s'ouvre. Est-ce que nous, on a rêvé d'être toujours sous la tutelle des États-Unis ? S'il y a bien un pays en Europe qui a rêvé, qui a désiré avoir une indépendance, entraîner d'autres pays avec lui, c'est la France. Notre chance, c'est qu'on a aujourd'hui des Suds globaux qui refusent d'être pris entre les impérialistes américains et chinois. Ça devrait être nos partenaires.
Merci, merci beaucoup Alain Bauer. On va continuer cette émission avec deux... Merci à vous. figure de la rédaction de LCI et TF1 qui vont vous interviewer. J'appelle Mathilde Guénégant, grand reporter. Elle a toute l'expérience puisqu'elle suit en particulier les parties de gauche pour TF1 et LCI. Bonsoir. Merci beaucoup Mathilde d'être là. Et François Langlais, le père la rigueur de l'économie sur TF1 et LCI. Et l'un et l'autre vont vous interviewer d'abord sur l'économie, ensuite et aussi sur la politique.
François Ruffin, bonsoir. Bonsoir à vous. Depuis quelques semaines, il y a une ambiance de crise financière à cause de la montée des taux d'intérêt auxquels la France s'endette, qui étrangle littéralement le pays, enfin qui contraigne notre marge de manœuvre budgétaire. Ce qui me frappe, fermement que je suis les campagnes électorales, c'est que la plupart des programmes... mentionne l'objectif de diminuer la dette. Et c'est nouveau, y compris celui de Jean-Luc Mélenchon, qui l'a présenté hier, y compris celui de Mme Le Pen, qui date de la semaine dernière. Est-ce que vous êtes inquiet aussi ? Est-ce que vous partagez cette préoccupation au point de dire « il faudra réduire la dette » ? je
dirais dans mon discours que ce n'est pas nouveau, monsieur Langlais. Vous savez, même Marx considérait que la dette, c'était une aliénation de l'État. Et qu'à la place de nourrir les services publics, on nourrissait les rentiers. Aujourd'hui, quand on voit que la totalité de l'impôt sur le revenu va servir à payer la charge de la dette, ça veut dire qu'on fait passer des salariés, des retraités qui sont aujourd'hui imposés vers... des rentiers vers des marchés financiers et souvent étrangers. Donc évidemment, je considère qu'aujourd'hui, c'est un grand souci. Vous savez, aussitôt après la crise Covid, j'ai été très inquiet. J'ai vu le grand dérapage. Je ne remets pas en cause le fait qu'on ait tiré la couverture, et de manière générale, et sans chipoter pendant la crise Covid. Je pense qu'il le fallait. Le problème, c'est après. Et le problème, tout de suite après, je me suis dit, mais ça devient de la folie. On décide de refaire des plans qui vont coûter des centaines de milliards d'euros, on décide de supprimer la taxe d'habitation, on décide qu'on va baisser les impôts de production. Tout ça, c'est de la folie. Les Républicains. à cette époque-là, lance une commission d'enquête
sur la dette publique. Je vous retrouverai tout à fait sur ce constat, mais à partir de là, il y a deux routes. Il y a ceux qui disent, il faut augmenter les impôts. Et les autres qui disent, ah non, c'est plutôt les économies dans une dépense publique qui représente 1700 milliards et qui est devenue hors de contrôle. Quelle est votre option ?
'abord, dire le rôle d'Emmanuel Macron quand même là-dedans. Parce que vous avez eu le chouchou des marchés financiers, du FMI, le Mozart de la finance, et que finalement, il nous fait non seulement 1300 milliards d'euros de dettes supplémentaires, mais à mon avis, ce qui est le plus tragique, c'est que ça ne sert même pas pour l'investissement. On le voit là, pas d'investissement en matière d'éducation. Pas d'investissement sur le grand défi démographique avec pas de loi grand âge. Pas d'investissement sur le plus gigantesque des défis qui est l'environnement, le défi climatique. Donc non seulement on a 1300 milliards de dettes supplémentaires, mais ça n'est même pas pour l'investissement. Alors ça c'est le passé,
vous allez en hériter si vous êtes à l'évisée. Deux routes, impôts, économie. Alors évidemment
il faut lever des impôts. De manière juste. C'est-à-dire que, simplement disons des choses simples, monsieur Langlais, les milliardaires dans notre pays doivent en proportion au moins payer autant d'impôts que leurs secrétaires ou que les infirmières. Les grandes entreprises dans notre pays doivent à minima payer autant d'impôts que la PME ou que le boucher du coin. Voilà, donc là, il y a un effort à faire sur ce plan-là. Mais maintenant, le cœur de mon raisonnement, je voudrais que, si vous me permettez, qu'on prenne deux minutes pour expliquer ça. Nous sommes passés d'un État action à un État subvention. Vous l'avez dit. Oui. C'est plutôt une parole d'homme de droite. Eh bien, je voudrais vous expliquer comment je le retourne en homme de gauche. Mais il faut faire un constat juste. Parce que sinon, les Français ne croient pas derrière l'écran. Ils disent, mais ils sont où ? Le taux de prélèvement obligatoire de notre pays est très élevé. Vous voulez l'augmenter encore ? Je veux l'augmenter de manière ciblée sur ceux qui aujourd'hui échappent assez largement à l'impôt, monsieur Langlais. Et je suis prêt à le baisser pour d'autres.
Au-dessus de combien ?
Mais ce n'est pas au-dessus de combien ? On voit que sur les grandes fortunes, ça se concentre sur le 0,01%. C'est là qu'il y a une chute de l'impôt par des mécanismes tels que les holdings. Sur les grandes entreprises, ce sont les plus grandes...
Vous évitez la question, François Ruffin. Rappelez-vous quand François Hollande avait dit 4 000 euros. Après, il avait corrigé il y a quelques mois sur LCI, il disait 4 500.
Là, on est sur les 500 fortunes ou les 1 000 plus grandes fortunes. Mais pardon, je précise la
question ici. Oui ou non, ceux qui... Ils sont au-dessus de 4 500 euros, c'est-à-dire quand même un peu plus de monde que ceux qui ont des millions ou des milliards. Ceux-là, est-ce qu'ils sont aussi visés par le plus d'impôts, d'après vous
? Je voudrais reprendre ensuite mon raisonnement. Non, mais ils sont visés ou pas, François Ruffin En l'état, non. D'accord ? En l'état, non. Maintenant, je vais vous dire au tchat. Ce n'est pas très
rassurant, en l'état. Ce
n'est pas très rassurant, en l'état, non. Mesurer à quel point, aujourd'hui, nous sommes dans une crise fiscale. Pourquoi ? Parce que... Plus personne ne comprend rien à sa feuille d'impôt, plus personne ne comprend rien à sa fiche de paye. Et tout ça étant devenu illisible, ça paraît injuste. Je vous dis, la condition sine qua non, c'est qu'il y ait pour moi des états généraux de la fiscalité. En 1788, il y avait une grande crise fiscale. Le roi avait besoin de sous parce qu'il a été mené la guerre d'indépendance aux Etats-Unis. Qu'est-ce qu'il fait ? Il réunit les états généraux et il demande. à ce qu'on se mette d'accord pour lever des impôts. Et ça débouche sur une crise démocratique. C'est un mal fini. Ça dépend de quel point de vue. Et ça dépend pour qui, surtout ? Pour Louis XVI, un peu moins bien. En tout cas, nous sommes dans la même situation. Alors, on est en 1788 aujourd'hui. Je ne dis pas qu'on est dans une situation pré-évolitionnaire. Je dis qu'on est dans un moment où, sur la question de fiscalité, ça paraît injuste à tout le monde. Et donc, si jamais on veut lever des nouveaux impôts, c'est la base du contrat de la nation. que l'impôt. Et donc il faut ce temps de discussion où il y a des retraités, où il y a des enseignants, où il y a des salariés et où il y a y compris bien sûr les entrepreneurs et un strapentin pour Bernard Arnault. Mais si on ne passe pas par ce temps-là pour définir un nouveau contrat, on n'y arrivera pas. Et je vais vous dire, pour moi aujourd'hui, la clé elle est du côté du MEDEF. Le MEDEF doit dire. Écoutez, il y a 211 milliards d'euros d'aides aux entreprises. Alors là-dedans, il y a un peu de tout. C'est des choux et des carottes. D'accord. Enfin, là vous avez par exemple, c'est dans les échos de mon ami Bernard Arnault, le crédit d'impôt recherche va redevenir la niche fiscale la plus coûteuse à hauteur de 7,4 milliards d'euros. Pour voir ce qu'elle produit en termes d'emploi. Justement, le rapport du Conseil d'analyse économique, de la Cour des comptes, les propos de M. Philippe Aguillon et compagnie disent qu'il y a au moins 3 milliards à les récupérer là-dedans. Donc moi je dis, la balle est dans le camp du MEDEF. Le MEDEF, il devrait dire, moi je vais montrer l'exemple. Voilà, on est prêt à récupérer 5 milliards là-dessus et 5 milliards là-dessus. Pourquoi ? Parce que si jamais ça ne vient pas d'en haut, l'exemple ne vient pas d'en haut. Pourquoi je suis un député au SMIC ? Pourquoi si jamais je deviens président, je serai un président au SMIC ? Parce que je pense qu'on est dans un temps où il n'y a besoin que l'exemple ruisselle d'en haut. Et voilà, ça doit être la clé. Sinon, comment en dessous on pourrait accepter de faire des concessions, d'aller faire des efforts, si l'exemple n'est pas montré dans vous ? Alors,
on va tout de suite s'interrompre un très court instant et on va vous retrouver. Et sur l'économie, évidemment avec Mathilde Guénégant, puisqu'il y a beaucoup de questions qui se posent sur la suite et notamment sur vos alliances, des alliances. On parlera de Jean-Luc Mélenchon, on parlera de Dominique de Villepin. Il y a presque une sorte d'idylle politique avec Dominique de Villepin. Étonnant tandem.
Un dialogue en tout cas. Et on verra.
Vous nous en parlerez. A tout de suite. NCI qui suit la politique et notamment les partis de gauche. Et vous, François Langlais, repartons avec vous. Repartons sur les retraites, évidemment. La grande affaire.
Oui, Bercy a publié hier des chiffres impressionnants sur le poids financier des retraites publiques dans le budget de l'État. Au total, c'est une cinquantaine de milliards d'euros. Et c'est réparti dans les différents ministères. 32% du budget de l'éducation nationale est consacré au paiement des retraites des anciens employés, des anciens employés de l'éducation nationale. 30% pour le budget de l'intérieur. Est-ce que ça ne démontre pas, par l'absurde si je puis dire, la nécessité absolue d'une réforme des retraites ? pour restaurer les marges de manœuvre budgétaires que vous appelez de vos voeux, justement pour constituer un État qui intervient dans les domaines où on en a besoin.
Monsieur Langlais, d'abord je me permets de vous corriger, et puis si vous voulez il y aura un fact-checking, mais les 32% ne financent pas les retraites des anciens enseignants, ça finance ceux des anciens fonctionnaires et la difficulté qu'on a. C'est
principalement les enseignants et
les
fonctionnaires du
ministère de l'éducation nationale. La grande difficulté qu'on a, monsieur, vous savez, j'ai connu le régime des mineurs. Le régime des mineurs, à la fin, il était hyper déficitaire. Pourquoi ? Il n'y avait plus de mineurs qui cotisaient. Et il y avait des mineurs qui étaient à la tête.
Ce n'est pas le cas pour les enseignants.
Eh bien, on est dans une situation qui est comparable. Ce n'est pas le cas pour les policiers. Monsieur Langlais, vous vérifierez,
d'accord ? Vous vérifierez. Mais je l'ai fait, monsieur Ruffin. Si je vous pose la question, ce sont des données qui sont publiées par Bercy, donc qui sont assez rigoureuses, qu'on connaissait d'ailleurs sous une forme plus parcellaire. En réalité, vous avez 50 milliards d'euros qui sont aujourd'hui prélevés sur les ressources de l'État pour payer les retraites. Monsieur Langlais,
vous vérifierez ce que je dis. D'accord ? Mais ce que je vous dis, c'est que comme il y a des gens qui, hier, étaient fonctionnaires, et qu'aujourd'hui, on recrute des contractuels qui ne cotisent plus au régime de la fonction publique, eh bien, vous avez... Ça fait mécanisme. Et de manière très importante. D'accord ? Donc, maintenant, je vais vous donner mon raisonnement sur les retraites. J'entends Edouard Philippe qui dit, voilà, 64 ans, 65 ans, etc. Moi, la question, alors, c'est la question du travail. D'accord ? Moi, je souhaite qu'entre 20 et 60 ans, tout le monde travaille. À 60 ans, on s'arrête. À 60 ans, on s'arrête. Je suis pour la retraite. À partir de 60 ans, après 40 annuités. Mais ça veut dire qu'entre 20 et 60 ans, on doit avoir comme objectif que tout le monde travaille. Or, aujourd'hui, on a dans notre pays un gigantesque gâchis productif. C'est quoi ? Ce sont les 100 000 personnes qui, chaque année, sont mises en idaptitude parce qu'ils sont broyés physiquement ou psychiquement par les troubles musculosquelétiques. Ou par les burn-out. 100 000 personnes, c'est comme si l'équivalent de toute l'industrie automobile disparaissait chaque année. Ça a plus que doublé en 10 ans. Et ça n'est un souci pour personne. C'est-à-dire des personnes qui, normalement, devraient cotiser, devraient travailler, devraient produire, et à la place, se retrouvent, malgré elles, à percevoir des aides et à coûter. C'est le premier gâchis. Mais vous avez un gâchis productif à l'entrée du marché du travail. Quand vous avez des jeunes qui sont stabilisés... deux ou trois ans après nos voisins européens, parce qu'ils passent par des stages, parce qu'ils passent par des CDD, parce qu'ils passent par de l'intérim. Et vous avez le même effet à la sortie, parce que vous savez qu'à partir de 50 ans, grosso modo, on devient un senior dans un certain nombre d'entreprises. Vous avez un gâchis sur les étrangers qui voudraient travailler et qu'on empêche de travailler. Vous avez un gâchis sur les personnes
en situation de handicap. J'entends vos arguments, et ils sont bien réels. On serait beaucoup mieux si tout le monde travaillait intégralement sa carrière. Il y a quand même la réalité démographique. Dans la fonction publique, vous avez un retraité pour un cotisant. Dans le secteur privé, c'est 1 pour 1,5. Et ça va ne faire que se détériorer. Donc le responsable politique que vous êtes ne peut pas ne pas s'intéresser à cette question. J'observe, et vous l'observerez avec moi, que tout... Les pays du monde ont fait une réforme de retraite. Tous les pays d'Europe sont plutôt entre 65 et 67 ans pour le terme de la carrière. Ça ne vous interroge pas ? Monsieur Langlais, je
vous dis qu'aujourd'hui, on est dans un temps de faillite des élites. Vous voyez à quel point la manière de penser depuis 40 ans est en faillite. Alors c'est la faillite sur la dette. Mais c'est la faillite sur le défi climatique, c'est la faillite sur la protection. Donc on est dans un temps où maintenant, les problèmes, il faut les prendre autrement. Quand vous avez eu la réforme Balladur, la réforme Fillon, la réforme Sarkozy, la réforme Raffarin, ça fait 30 ans qu'on fait des réformes là-dessus. Oui, parce que la démographie se détériore depuis 40 ans. Ce que je vous conseille, monsieur Langlais, ce que je souhaite pour les Français, c'est qu'on regarde le problème par un autre bout. Vous voulez que les gens travaillent plus, plus longtemps. Pourquoi ils veulent quitter le travail ? Pourquoi ils veulent quitter le travail ? Pourquoi quand il y a le conflit sur les retraites, en fin de compte, les gens parlent moins de leur retraite que de la peine qu'ils ont au travail ? C'est la moitié des salariés qui aujourd'hui sont dans un état d'anxiété au travail dans notre pays, contre 11% en Allemagne. C'est quatre fois supérieur.
Vous
pensez
que les patrons français sont
sauvages ? Je suis loin de dire que les patrons français sont sauvages, mais il y a des modes de management. par ce qu'on appelle les planeurs, par des objectifs qui sont chiffrés, qui font qu'il y a eu une dégradation du travail ces 40 dernières années. C'est chiffré par le ministère du Travail qui dit que c'était 11% des salariés qui avaient une triple contrainte physique dans les années 80. Aujourd'hui, on est passé à 35%, on est à 60% chez les ouvriers. Sur les triples contraintes psychiques, on était à 6%, on est passé à 35% et c'est à 50% sur les employés. Donc, si jamais... On dit aux gens qu'il faut rester plus longtemps au travail, c'est d'abord qu'est-ce qu'on y fait au travail ? Est-ce qu'on se réalise en réalisant ? Vous savez, moi, je suis un grand partisan du travail. Je pense que notre pays, il est comme après-guerre. On est dans un temps qui a besoin d'une grande reconstruction. Qu'on y est arrivé après-guerre parce que tout le monde s'est retroussé les manches. On avait les ponts qui étaient détruits, les routes qui étaient détruites, les usines qui étaient détruites. Tout ça, nos grands-parents l'ont reconstruit par du travail. Par du travail qui était respecté, qui était valorisé, qui n'était pas considéré comme un coup. Et avec une promesse qui était « grâce à votre travail, vous allez bien vivre ». Aujourd'hui, il faut qu'on retrouve ça. qui sont amenés à se retrousser les manches. Quel vide ! Vous savez, vous n'allez pas dire aux gens, vous allez travailler plus longtemps pour cotiser. Ce n'est pas un objectif, cotiser. Vous n'allez pas travailler longtemps pour le marché. Ce n'est pas un objectif ou la compétitivité ou la rentabilité. Qu'est-ce que c'est ? Ce n'est pas contradictoire. Non, je pense que le rôle d'un dirigeant politique, monsieur Langlais, c'est de fixer un horizon. Et de dire, voilà, oui, le pays a des défis à remplir, un défi productif, pas de grand pays sans grande industrie, sans une agriculture qui assure notre autonomie. Le défi démographique, il faut s'occuper des personnes âgées. Le défi climatique, ce qui suppose à peu près tout transformer, logement, déplacement, industrie, énergie, et que tout ça, ça réclame du travail. Et que dire aux Français, voilà, on va se retrousser les manches pour faire ça ensemble. Vous savez, c'est la phrase d'Antoine des Saint-Exupes-Tibery qui disait, s'aimer, ce n'est pas se regarder l'un l'autre. c'est regarder ensemble dans la même direction. Aujourd'hui, il n'y a pas de direction. On entend votre éloge du
travail, qui est d'ailleurs assez atypique pour un homme de gauche. Une question connexe, mais sur cette génération des baby-boomers, au fond, qui est à la retraite aujourd'hui, très largement, pas complètement, mais très largement, sont-ils, selon vous, les profiteurs qu'on dénonce, alors que les jeunes seraient les victimes du système ? Autrement dit, est-ce que vous voyez matière, en France, des arguments pour soutenir la thèse de la guerre des générations ?
Monsieur Langlais, quand je vois la France qui se déchire, ce n'est pas ça que je souhaite. Quand je la vois qui se déchire dans la rue, je ne veux pas ça. Je ne veux pas des Français qui s'opposent à d'autres Français. Et je ne veux surtout pas la guerre des générations. Et il y a quelque temps, dans la foulée du Covid, j'avais fait un rapport parlementaire pour contrer un contrat intergénération. Il s'agit de renouer un contrat. De fait, nous avons aujourd'hui une jeunesse qui est écrasée. qui est écrasé sur le plan financier, le taux de pauvreté chez les 16-30 ans, il est trois fois supérieur aux plus de 65 ans, qui est écrasé sur le plan immobilier parce qu'ils doivent, pour se loger, c'est devenu beaucoup plus cher que ça l'était pour nos parents ou pour nos grands-parents, qui est écrasé sur le plan professionnel parce qu'on y rentre par le plus mauvais bout, les CDD, l'intérim, qui est écrasé sur le plan politique, en plus avec l'abstention.
Mais François Ruffin, est-ce que oui ou non, ça voudra dire qu'il faudra aller chercher davantage chez les boomers pour payer les non-boomers ? C'est ça la question.
grandes questions et qui même peuvent trouver des échos. Chez le Macron de 2017, il proposait d'aller chercher la rente. La question, c'est celle de la grande transmission. On a une accumulation du patrimoine aujourd'hui chez les plus âgés et qui est au fond stérilisée. C'est comment ? Moi, je suis pour qu'il n'y ait pas de gâchis du capital humain. Stérilisé, ils l'ont gagné. C
'est
à eux. Le problème, c'est que ça ne sert à rien. Ça ne sert à rien. Il est placé, c'est son héritage. Par exemple, les 2000 milliards d'assurance-vie, j'étais par exemple favorable au livret industrie de Michel Barnier, les 2000 milliards d'assurance-vie, le taux d'épargne des Français n'a jamais été aussi élevé. Il ne faut pas dire des Français. Ça sert quand même à financer l'État qui en a grand besoin. En partie. Mais vous savez par exemple, les PME françaises sont aujourd'hui moins financées par l'assurance-vie que le Nasdaq américain. Donc, il y a une question de fléchage. Et donc, évidemment, cette question d'un impôt sur les héritages dorés. Je ne parle pas, moi, je suis pour que chaque famille puisse donner à son enfant l'équilibration d'une belle maison à 300 000 euros sans qu'il y ait un euro d'impôt.
Encore un impôt.
Vous dites
qu
'il
y en a trop.
Ce n'est pas un impôt. Vous savez, l'impôt sur les héritages, il existe, mais pour l'instant, il est troué. Ce qui fait que les personnes modestes vont parfois être amenées à le payer. Moi, je vous le dis, jusqu'à 300 000 euros, il n'y a pas un euro d'impôt qui est payé. Évidemment, vous le savez, M. Langlais, que la question de la grande transmission, de comment on fait pour que l'accumulation du capital a un bout, ça serve à l'économie française et ça produise de la vitalité. M. Ruffin,
votre candidature à l'élection présidentielle, elle passe par une victoire ? ou des victoires, Mathilde Guénégant, les sondages déjà.
Oui, alors il reste 185 jours avant le premier tour de l'élection présidentielle, ça passe vite. Alors François Ruffin, on imagine une chose, nous sommes le dimanche 2 mai 2027, il est 20h, votre visage s'affiche sur télévision des Français, vous êtes élu président de la République. Moi j'ai une première question, je voulais savoir si vous êtes vraiment prêt à gouverner. Est-ce que vous avez déjà réfléchi à un premier déplacement, une première mesure, qui serait votre premier ministre ? Est-ce que vous êtes prêt à gouverner ce soir ?
Bien sûr que j'y réfléchis. Je réfléchis à où serait mon premier déplacement. En tout cas, je pense que l'une des premières choses à faire, c'est d'aller en Chine. Si on veut une renaissance de l'industrie dans notre pays, la question des accords commerciaux, vous savez, on parle beaucoup du déficit public, mais pour moi, le déficit de la balance commerciale, c'est au moins aussi grave. Et on s'est habitué à ce déficit de la balance commerciale. Et quand je pense qu'il y a quelques années, Emmanuel Macron était allé rencontrer le président chinois et qu'il n'y avait même pas eu une négociation sur les accords commerciaux, c'était... tomber par terre. Donc évidemment, je réfléchis à ça. Mais vous savez, c'est pas comme si j'y réfléchissais depuis là, six mois, un an. En fin de compte, ça fait 25 ans. Moi, ça fait 25 ans que j'écoute les Français. Ça fait 25 ans que quand je vois un accident du travail, quand je suis à la sortie d'une usine, quand je discute dans un hôpital, je me demande mais qu'est-ce qu'il faudrait faire ? Qu'est-ce qu'il faudrait faire pour que le pays se remette debout ? Quels sont les chantiers qu'il faudrait remplir ? Donc ce n'est pas une improvisation même sur les quelques derniers mois. Vous aurez un livre qui paraîtra le mois prochain avec les 40 chantiers pour remettre le pays debout. Au boulot !
25 ans d'engagement, François Ruffin. Et si on rembobine juste le fil de votre première campagne présidentielle, vous avez fait une annonce de candidature aux 20h de TF1. Ça, c'était en janvier. Depuis, vous multipliez les déplacements. Il y a eu notamment une tournée des campings cet été dont une partie a été faite en trajet en autostop. Vous publiez des cahiers de campagne. Il y a celui sur l'industrie qui vient d'être rendu public cet après-midi. Et pourtant, dans les sondages, notre dernier sondage, Ipfob fiducial, ça ne décolle pas 2% des intentions de vote au même niveau que Fabien Ruffin. ou encore Marine Tondelier, pourquoi, selon vous, ça ne prend pas
Écoutez, moi, j'ai toujours été un partisan de l'Union. Quand je me suis présenté en 2017 aux élections législatives, j'étais la seule circonscription de France à l'avoir fait, en réunissant un soumis communiste et écologiste. Je proposais, moi, qu'on ait une grande primaire, qui aille de Poutou à Hollande, qui permette à la gauche d'avoir son candidat. Et je le dis, 80% des électeurs de gauche, 80% des électeurs insoumis, 80% des électeurs socialistes étaient favorables à ça. Maintenant, il y a les appareils qui ont décidé que c'est les forces centrifuges qui l'emportent. C'est les mêmes forces. Vous savez qu'en 2024, le soir de la dissolution, j'ai dit Front Populaire. Il y a deux. Personnes qui ont dit non tout de suite. C'était Jean-Luc Mélenchon et Raphaël Glucksmann. Et
vous avez essayé pourtant de vous incruster dans leur primaire des social-démocrates et ça n'a pas marché. Est-ce que sans union, votre candidature a encore du sens aujourd'hui
? Elle a un sens, je n'ai aucun doute là-dessus. Parce que si je ne suis pas là pour vous parler, qui va venir dire qu'il y a 100 000 personnes par an qui sont jetées, broyées par le marché du travail et qui se retrouvent en inaptitude ? Vous n'aurez personne pour en faire un combat. Qui va venir dire à quel point pour remplir les défis qui sont... ceux de notre pays, il faut un travail qui ne soit pas considéré comme un coût, mais qui soit considéré comme un atout. Il n'y aura personne pour le faire à ma place. Pour venir défendre les auxiliaires de vie, les femmes de ménage, les assistantes maternelles, celles dont on a dit pendant la crise Covid qu'elles tenaient le pays debout, mais qui n'en obtiennent ni reconnaissance ni rémunération. Il n'y aura personne pour le faire à ma place. Et une
campagne présidentielle, ça coûte de l'argent. Il faut aussi 500 parrainages pour valider. Aujourd'hui, vous en êtes où d'ailleurs ?
Le souci n'est pas là. Le souci n'est pas là. Ça permet de savoir si vous allez jusqu'au bout ? On pourra aller jusqu'au bout sur une campagne qui ne sera pas une campagne à 10 millions d'euros. On ne joue pas à armes égales dans cette campagne. Vous avez combien ? On doit avoir 200 signatures. Mais voilà, c'est en route. Mais je vous dis, le souci n'est pas là. Le souci, c'est quelle est l'utilité ? C'est ça la question que je me pose. Quelle est l'utilité ? Est-ce qu'à un moment, pour réussir à faire barrage, c'est pas faire barrage, c'est faire dérailler le train de la fatalité qui aujourd'hui emmène Marine Le Pen à l'Elysée, qu'est-ce qu'il faut faire ? Moi, je suis convaincu qu'il faut qu'on sorte de son couloir. que si on ne sort pas de son couloir, il n'y a pas d'espoir, il n'y aura pas de victoire. D'où les discussions que je tiens à entretenir avec tout le monde à gauche et même avec des gens qui ne sont pas issus de la gauche.
Justement, si on tire une ligne entre Jean-Luc Mélenchon et Raphaël Glucksmann, aujourd'hui, François Ruffin, vous vous situez où ? Plus vers l'un, plus vers l'autre, à équidistance ?
Mon histoire, elle est celle d'une gauche de gauche, non pas d'extrême gauche, non pas de gauche radicale, ce sont des mots que je n'ai jamais acceptés, mais d'une histoire de gauche et qui est en faveur d'une forte répartition des richesses. Quand je vois que les 500 fortunes sont passées de 6% du PIB dans les années 90 à aujourd'hui 35%, oui, je pense qu'il y a un gâteau qui est à répartir. Donc, sur le fond... Je suis plus proche de Jean-Luc Mélenchon. Sur la forme et sur le rapport à la démocratie, je peux avoir quelques soucis.
Est-ce qu'aujourd'hui, il y a quelque chose de rédhibitoire dans la campagne de Jean-Luc Mélenchon qui ferait qu'un ralliement serait impossible, oui ou non ?
Écoutez, si je pensais ce soir que Jean-Luc Mélenchon peut battre Marine Le Pen au deuxième tour, je serais déjà dans sa campagne.
il y a d'autres candidats qui peuvent avoir cet effet vote utile si l'objectif c'est de faire barrage à Marine Le Pen. Ça peut être Raphaël Glucksmann, ça peut être Edouard Philippe.
Ça ne suffit pas. Aujourd'hui il faut une remise à plat du système. On ne peut plus le bricoler. On ne peut plus le rafistoler. Il faut qu'il y ait une autre manière de
penser. Mais pardon François Ruffin, vous venez de dire quelque chose. Qui est le mieux placé à gauche pour battre Marine Le Pen au second tour ? En
l'état, pour l'instant, personne. C'est la tragédie. C'est la tragédie. Aujourd'hui, en l'état, Marine Le Pen, elle met des cartouches à tout le monde à gauche.
Êtes-vous si sûr de ça ? Regardez les scores de Raphaël Luxemann, la poussée de Raphaël Luxemann qui a surpris, y compris beaucoup de journalistes qui ne s'y attendaient pas. Est-ce que lui... On voit qu'en général, Jean-Luc Mélenchon est dans les sondages, mais pas toujours. Ça commence à s'équilibrer. Est-ce que Raphaël Luxemann battrait Marine Le Pen ? Écoutez...
Mécaniquement. Donc voyons ce que donne Raphaël Luxemann dans un mois, dans deux mois. Vous savez, flambée post-primaire, on en a connu un certain nombre, donc je pense qu'il faut avoir le calme des vieux sages et un peu regarder ce que ça donne après la flambée, si vous voulez bien, M. Rochemin. Mais par ailleurs, je veux dire, moi, quel est mon objectif politique ? c'est de réconcilier gauche et populaire partout dans le pays, à la fois dans les villes, dans les métropoles, dans les quartiers, mais aussi dans les campagnes. Je le dis, la figure de Raphaël Glucksmann n'est pas celle qui incarne le mieux, le plus naturellement, la réconciliation de gauche et de populaire. Et quand il dit qu'il est plus à l'aise à New York ou à Berlin qu'en Picardie chez moi, je pense que c'est un souci pour le projet politique qui est le mien, qui est de réconcilier gauche et populaire.
François Ruffin, il y a quelque chose d'étonnant dans votre parcours. Vous n'avez jamais été encarté autre que dans un parti que vous avez créé. Pourquoi ? Aucun parti n'a un jour trouvé, grâce à vos yeux, quand vous étiez jeune ?
savez, moi je suis venu à l'engagement, j'ai toujours été un révolté. Soucieux de justice sociale, d'empathie, de sentiment qu'il y a des gens qui sont humiliés dans la société, que je savais que les ouvriers qui, chez moi, Honeywell, Magneti-Marelli, Whirlpool, se sont pris des délocalisations en série. Et ça s'est construit, mon journalisme, en lien avec les syndicats, de gauche évidemment, mais ceci dit en étant un journaliste fier de son indépendance et dont le sous-titre... Ce journal est fâché avec tout le monde, ou presque. Donc voilà, avec un ADN plutôt libertaire. Et finalement, je vais vous dire, c'est parce que la profession n'a pas permis de m'accomplir. Finalement, parce que je devais devenir, après Merci Patron, après Nuit Debout, je considère que je devais devenir un Hanouna de gauche, avoir une émission de télé, une émission de radio, et pour accéder à l'appareil public. J'ai vu que j'allais être barré, marqué au fer rouge. Et je me suis dit, si je veux accéder à ça, ça passe en fait par la validation par des électeurs. D'où ma bataille dans la première circonscription de la Somme, avec un projet politique qui était de montrer qu'on pouvait réconcilier gauche et populaire dans un coin où le Rassemblement National était donné gagnant.
jeunes révoltés comme vous, il y en a beaucoup en ce moment dans les rues. La mobilisation continue, des lycées bloquées aujourd'hui, des manifestants dans les rues, encore 1400 du côté de Rennes, jaunes et jeunes. L'appel à la mobilisation du 17 octobre qui fait un lien avec les gilets jaunes. Moi j'ai une question, est-ce que le François Ruffin de 2026 est le même que celui de 2018 ? Vous étiez en première ligne pour défendre et soutenir les gilets jaunes, vous aviez préparé ce que vous appelez la réplique à Macron. Alors aujourd'hui, est-ce que vous êtes plutôt mobilisation de masse dans la rue ? où vous êtes plutôt, on réunit tout le monde autour d'une table pour trouver des solutions concrètes, ce qu'a fait le ministre de l'éducation avec les lycéens encore aujourd'hui.
Non mais le ministre de l'éducation, excusez-moi, c'est pathétique. On en est à un moment pathétique. Mais c'est un choix du gouvernement qui est celui du pourrissement. Parce que des solutions, il y en a à des problèmes comme celui-là. Il y a des messages à faire passer. Je veux dire, au bout de cinq semaines de mouvement, le ministre de l'éducation vient vous dire, le temps des décisions est proche. Au bout de cinq semaines de mouvement.
Mais qu'est-ce serait la technique, la méthodologie de François Ruffin ? La première chose,
c'est d'aller tout de suite écouter. C'est ce que j'ai fait, c'est le reportage. Vous êtes allé
sur les blocus avec les bonnes policières ?
Bien sûr, je suis allé à E, je suis allé à Amiens, je suis allé à Abbeville, je suis allé à Paris, et j'ai commencé par écouter, par prendre des notes dans mon petit cahier, le mot moisissure qui revenait tout le temps, le 36 par classe, parcours sup qui décide de nos vies par algorithme. Et donc, à partir de ça, je sais que... dans l'urgence, dire voilà, dans le prochain budget, il n'y aura pas 1588 suppressions de postes, c'est un message qui aurait dénoué une crise politique. Que de dire, pour l'orientation, on met de l'humain en face de l'humain, et on ne fait pas ça par un algorithme, je sais que c'est un message qui... Voilà, donc il y a des choses qui sont simples, parce qu'ils ne demandent pas la lune, qui permettent de dénouer des crises politiques. Mais là, le choix en série d'Emmanuel Macron depuis 10 ans, c'est de ne pas dénouer les crises. politique, c'est de les laisser pourrir.
Merci beaucoup, merci Mathilde et merci François. Dans quelques instants, restez bien avec nous. C'est une des marques de fabrique de cette émission. Vous allez répondre aux questions oui-non. Parfois c'est les plus difficiles, parfois non, certaines sont plus dures que d'autres, surtout dans un très court instant. Bonsoir, rebonsoir, Objectif 2027, Objectif Élysée avec un des candidats, François Ruffin, merci beaucoup d'être là. Après Marine Le Pen, après Édouard Philippe, après beaucoup d'autres dans cette émission, c'est votre tour, y compris des questions plus personnelles, après les questions politiques, économiques de tout à l'heure. Les posters que vous aviez dans votre chambre d'adolescents, vous nous avez cité trois noms, ils vont s'afficher ici, alors ce sont des noms. de chanteurs, d'artistes, d'écrivains. C'était Jacques Brel, c'était Renaud et c'était l'écrivain Jules Vallès. Jules Vallès, héros de plusieurs générations d'hommes et de femmes de gauche. Pourquoi ces trois personnages ?
Cela et d'autres. Je pense que finalement, j'ai été formé par des rencontres humaines, mais j'ai été aussi beaucoup formé par les chansons. Les chansons de Renaud que je connaissais par cœur, les chansons de Brel que je connaissais par cœur, l'insurgé de Jules Vallès. Mais il y a un oubli, c'est François Cavana. Moi, quand j'ai découvert François Cavana, je sais que ça a forgé une sensibilité et que dans le parcours d'un homme, les rencontres artistiques peuvent être au moins aussi importantes que des gens qu'on voit pour de vrai. Pas de Che Guevara. Non, il n'y avait pas de Che Guevara, il n'y avait pas de personnage politique sur les murs de ma chambre. Pas de Marx. Non, je me rêvais plus en artiste, en intellectuel qu'en dirigeant politique. Et moi, aujourd'hui, si je devais mettre des dirigeants politiques, je mettrais Jaurès, évidemment, mais je mettrais Abraham Lincoln et je mettrais Franck Delano et Roosevelt, qui pour moi est quelqu'un qui a réussi à faire que les États-Unis ne sombrent pas dans le fascisme. guerre et fasse entrer son pays pour venir participer à la libération de l'Europe. Il y avait l'Union soviétique de l'autre côté aussi, mais enfin, très grand président américain.
Est-ce que ça vous est resté au fond ? Est-ce que ce sont plus des références d'artistes, de jeunes passionnés d'artistes que d'hommes politiques en réalité ? Est-ce que vous êtes resté presque en électron libre ?
Oui, je pense que, en tout cas, je pense qu'il y a pour moi de l'artiste, il y a de l'art à mettre dans la politique. Et bon, ceci dit, quand je faisais de l'art des films, je mettais de la politique dans mon art aussi.
Marc de Fabrique de cette émission, la rubrique oui, non, on dit que c'est souvent les questions les plus difficiles, il faut y aller, oui ou non, et on va commencer. Première question, elle est liée évidemment aux événements d'actualité avec la journée de samedi sans doute. Voulez-vous, oui ou non, un bac plus sélectif ? Actuellement, c'est 95% de réussite.
pense que le sujet, ce n'est pas aujourd'hui d'avoir un bac plus sélectif. Et pas faire le jésuite. Vous avez été chez les jésuites à la Providence Amiens, comme Emmanuel Macron. Il faut dire oui ou non. Non. L'objectif aujourd'hui, c'est que quand on sort du collège et quand on sort du lycée, on ait un certain nombre de savoirs qui soient là. Or, ce n'est pas le cas. Et ce n'est pas le cas. Vous savez même comment on fait pour qu'au fil du particule scolaire, les jeunes, ils prennent confiance en eux plutôt que de voir détruire leur conscience en
eux. Question suivante, sur la régularisation des clandestins, on sait que c'est un grand débat européen, oui ou non, une régularisation des clandestins à la façon de ce que fait M. Sanchez en Espagne est-elle souhaitable ?
les travailleurs qui sont aujourd'hui sans papier doivent pour moi avoir des papiers. Quand ils travaillent, ils doivent travailler en étant couverts par le droit, dans la légalité. Tous ceux qui travaillent sur le sol français doivent pouvoir travailler en étant couverts par le droit du travail français.
Jean-Luc Mélenchon, élu président, élu président de la République, nous sommes le 2 mai ou le 3 mai, vous propose un ministère. Répondez-vous oui ou non ? Ça
dépend pour quoi faire, mais je sais qu'il y a eu des grands ministres dans notre histoire qui ont, par exemple au moment du Front populaire, qui ont apporté Léo Lagrange, qui a apporté les congés pour tous. Si à un moment, avec lui, avec un autre, ou animant moi-même un gouvernement, je peux être utile à ce qu'il y ait un peu plus de bonheur dans la vie des Français, je le ferai.
Emmanuel Macron. On l'a rappelé, vous étiez dans le même établissement scolaire à la Providence. D'ailleurs, par parenthèse, c'est une légende, n'est-ce pas ? Vous n'avez jamais connu ? Non, je n'ai jamais connu Emmanuel Macron quand il était jeune. Emmanuel Macron vous invite à boire un verre. Par exemple, pour parler d'Amiens et de cette époque-là, acceptez-vous
Aujourd'hui, non. Aujourd'hui, je ne vais pas prendre un verre. Je veux bien le rencontrer en tant que chef de l'État. pour dire que ce qu'il fait dans le traitement de la jeunesse qui est dans la rue aujourd'hui, ça ne va pas, qu'il doit y avoir une réponse politique qui est apportée et pas une réponse policière, mais c'est un député qui ira rencontrer un chef d'État. Ça paraît un peu sectaire. Non, ce n'est pas sectaire, je suis d'accord pour le rencontrer, mais simplement, nous avons des fonctions. Je suis représentant de la nation, il est le chef de l'État. Et de la même manière, vous savez, les ambiguïtés quand Emmanuel Macron reçoit Vladimir Poutine à Versailles ou Don Malteum au premier étage de la 3FM, je trouve que ça ne va pas. Je trouve qu'on se rend compte de chef d'État à chef d'État, ça se déroule au palais de l'Elysée.
Question suivante, en écho à un certain nombre de faits divers et de polémiques qui ont suivi. Existe-t-il, oui ou non, un racisme anti-blanc en France ?
Non, il peut y avoir des injures, mais ce n'est pas organisé dans la société. Et c'est ce qui fait la différence entre un racisme systémique qui peut être installé à l'égard des musulmans, des maghrébins, des personnes de couleur, et de l'autre côté, les blancs qui peuvent subir des agressions, qui peuvent subir des injures, mais ce n'est pas dans la société.
Question de société, oui ou non, êtes-vous favorable à la gestation pour autrui ? Êtes-vous favorable à la GPA ?
Non, je ne suis pas favorable à la gestation pour autrui. Je considère que c'est une marchandisation du corps.
Même éthique, comme on le dit parfois, c'est notamment Gabriel Attal qui a dit qu'on peut réfléchir à cela quand il n'y a pas de rétribution ou de rémunération. Je vous dis, moi, je ne suis pas favorable à la gestation pour autrui. Question plus large, Jésus-Christ était-il de gauche ? Le pape François avait eu cette confidence une fois, oui ou non ?
Oui, je suis vraiment convaincu que quand il dit que pas un riche... n'entrera au paradis. C'est comme si un chameau passait par le chat d'une aiguille. La compassion, l'empathie qu'il a pour les plus faibles dans la société, pour moi, la figure de Jésus-Christ qui a existé. Pour moi, ce n'est pas un demi-dieu ou le fils de Dieu, mais en revanche, qui a existé, c'est une figure qui porte des valeurs de solidarité et de partage. Vous êtes croyant ? Je ne suis pas croyant. J'étais le premier de ma famille à ne pas faire sa communion et en plus dans un collège qui était un collège privé. Mais ça n'empêche que j'avais beaucoup de sympathie pour les jésuites qui avaient choisi de mettre leur vie en adéquation avec leur foi. Je respectais ça.
Question suivante. Toujours oui ou non, la France de 2026 est-elle oui ou non en déclin ? Oui.
Il n'y a pas de doute là-dessus. Il n'y a pas de doute que pour moi, on vit un temps de faillite des élites, à plein de points de vue, et notamment sur une incapacité pour les gens, et c'est par là que le système craque, ils ne se sentent pas protégés. Ils ne se sentent pas protégés sur leur emploi, pas protégés sur leur niveau de vie, pas protégés sur le climat, pas protégés sur la dette, et donc on vit un temps où il faut penser complètement autrement.
Question 9, et toujours oui ou non, un humoriste de droite peut-il vous faire rire, oui ou non ?
J'ai aucun doute là-dessus. Vous savez, je peux vivre avec des gens de droite et les trouver parfois plus drôles que des gens de gauche. Vous avez des amis de droite ? Je veux dire, quand je vais au bistrot, je ne demande pas ce que les gens, le bulletin de vote qu'ils ont glissé. Vous voyez, ce n'est pas le sujet. Et d'ailleurs, je pense qu'en permanence, j'aime la différence. Quand je fais un rapport parlementaire avec Bruno Bonnel, j'ai de la joie, donc député macroniste, chef d'entreprise, j'ai de la joie de le faire avec lui. Quand je pars faire au boulot avec Sarah Salman, avocate de la grande bourgeoisie, J'ai du plaisir, j'éprouve du plaisir dans la différence.
Question suivante. Vous connaissez d'ailleurs, humoriste de droit, vous connaissez celle de Gaspard Proust qui dit qu'il n'y a pas de gens de gauche ? Vous vous rappelez ça ? Non. Il n'y a pas de gens de gauche. Quand le mur de Berlin est tombé, tout le monde est allé d'est en ouest, personne n'est allé de ouest en est.
Y compris à l'est, il y avait des gens de gauche qui ont combattu dans des syndicats contre un régime stalinien, un régime autoritaire. Le désir de liberté, il existe dans tous les cœurs, j'espère.
Et puis cette question encore, pourriez-vous, oui ou non, abandonner complètement la politique après 2027 ?
Jamais je n'abandonnerai un engagement public, une parole publique. Maintenant, pour ce qui est de l'engagement électoral, ça peut être différent. Mais en revanche, que je sois habité par des convictions, que je ne puisse pas voir des gens souffrir, ne pas avoir le droit à leur part de bonheur, et moi ne pas parler, ne pas agir à leur côté, ça c'est quelque chose que de toute façon, dans la durée, j'ai fait et que je poursuivrai.
Merci beaucoup François Ruffin, d'avoir été l'invité de LCI, l'invité de cet objectif.
Merci à toute votre équipe qui est derrière les caméras parce que tout ça c'est du travail qui nous permet d'avoir cet échange ici ce soir. Merci à vous.
Et merci beaucoup de l'encouragement. L'événement politique, on va le continuer dans quelques instants. Ce sera avec François-Xavier Bellamy.
Transcription automatique (Whisper + diarisation) — des erreurs d'attribution ou de transcription sont possibles. Vérifiez toujours avec la vidéo source horodatée.