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Nouveau numéro de notre route nationale 2027. Le deuxième candidat à avoir répondu à notre invitation, c'est Gabriel Attal. Nous l'avons emmené aux côtés de demandeurs d'emploi en réinsertion, mais aussi auprès de chercheurs spécialistes de l'intelligence artificielle. Regardez. Bonjour, Gabriel Attal. Bonjour, Anne-Phercoudray. Merci beaucoup d'avoir accepté notre invitation. Je suis ravi,
bienvenue à Ventre.
Oui, vous nous avez donné rendez-vous dans votre circonscription devant une école primaire. Pourquoi ?
'est là où tout mon parcours politique a commencé. Et puis l'école, parce que pour moi, il n'y a rien de plus important que l'école. C'est mon combat et c'est ce pourquoi j'ai envie de continuer à me battre dans les années à venir.
Je vous propose de vous emmener dans un autre type d'école, une école de cuisine réservée aux demandeurs d'emploi. Allez, je vous emmène. Je vous suis. C'était quand votre première élection ou votre premier engagement ?
2014, je suis élu conseiller municipal ici.
Et vous avez quel âge à l'époque ?
2014, j'ai 25 ans.
Ah oui ma voiture, ça vous dérange pas si je conduis ? Avec plaisir. Là on va à Grigny.
C'est parti.
risque d'avoir un peu de circulation. Est-ce que vous vous souvenez d'où vous vient votre vocation politique ? Le moment où vous vous êtes dit c'est ça que je veux faire.
Mon premier souvenir politique, j'avais 13 ans, c'est quand Jean-Marie Le Pen est arrivé au deuxième tour de l'élection présidentielle. Un sacré souvenir. Oui, en fait mes parents qui étaient divorcés depuis des années nous ont emmenés ensemble à la manifestation qu'il y avait eue et je m'étais dit quand même pour que mes parents... aillent ensemble, alors qu'ils sont divorcés depuis des années, qu'ils veulent plus se parler, mais qu'ils aillent ensemble avec nous manifester, c'est quand même que c'est quelque chose de très fort et de très marquant. Et c'est là où j'ai commencé à m'intéresser à la politique.
Une présidentielle, c'est encore autre chose. À quel moment vous vous êtes dit je suis légitime pour y aller
j'ai toute la vie. Je suis jeune, je pourrais me dire, cette élection, elle a l'air très compliquée, un vrai risque, le RN l'emporte, et donc je vais jouer la prochaine, je vais attendre 5 ans, 10 ans, 15 ans, 20 ans pour me présenter. J'ai l'âge pour ça. Et si j'y vais là, c'est parce que je me dis que si on rate l'opportunité, là, en 2027, de faire les bons choix pour l'école, pour l'innovation, pour les salaires, on va le payer
pendant très longtemps. Très jeune, vous êtes le plus jeune candidat. Est-ce que cette jeunesse, c'est un atout ou c'est un inconvénient, un handicap ? Franchement, j'en sais rien. Je pense que c'est les deux, en fait.
Ce qui est sûr, c'est que c'est quelque chose que je ne peux pas changer. Et quelque chose qui est de moins en moins vrai chaque jour.
Votre défi, à vous, c'est de faire oublier le macronisme, finalement. Ça fait dix ans que vous êtes dans cette équipe. Comment vous allez y arriver
? Moi, je ne vais rien chercher à faire oublier. Je ne vais pas prendre les gens pour des imbéciles en leur disant je ne sais pas qui est monsieur Macron, je n'ai rien à voir avec ce qui s'est passé ces dernières années. J'ai été ministre, j'ai été Premier ministre. Je demande à être jugé, à être comptable de ce que j'ai fait dans les fonctions qui m'ont été confiées au moment où elles m'ont été confiées.
y a une phrase. qui a marqué les Français, quand vous êtes arrivés à Matignon, c'est celle sur l'autorité.
casses, tu répares, tu scelles et tu nettoies, tu défies l'autorité, on t'apprend à la respecter.
Évidemment, ça a eu une résonance particulière, là, en ce moment, avec la crise de l'ICM.
Mais ça avait eu une très forte résonance à l'époque, parce que pour les gens, c'est du bon sens, en fait. Est-ce qu'il y a des conséquences quand il y a de la délinquance ? Si on donne le sentiment que les partis dits de gouvernement ne s'occupent pas de ces sujets-là, y compris avec une très grande fermeté et même une forme de radicalité, on laisse aux extrêmes le sentiment qu'il n'y a qu'eux qui peuvent s'en occuper. Elle est fracturée, la France, aujourd'hui ? Il y a beaucoup de fractures. Et moi, ce que je ne voudrais pas, et je vois que c'est la tentative de certains, c'est qu'on ajoute une fracture générationnelle aux fractures qui existent déjà. Si vous écoutez de certains discours politiques et médiatiques, vous avez l'impression que, globalement, les vieux sont des égoïstes qui ne veulent rien partager et que les jeunes sont des fumistes qui ne veulent pas bosser. C'est ça, aujourd'hui, le débat public sur les générations, ce qui est fou.
là on arrive à Grigny, c'est l'une des villes les plus pauvres de France, avec un taux de chômage deux fois supérieur à la moyenne nationale, qui monte jusqu'à 40% chez les jeunes. Et on va rencontrer un homme qui a refusé cette fatalité, c'est le chef étoilé Thierry Marx. On nous a parlé d'un bâtiment avec des peintures. Beaucoup de couleurs. Très joyeux. Normalement, on nous attend. Bonjour.
Bonjour, bienvenue à Cuisine Mode d'emploi. Bonjour. Bienvenue.
Alors, on est où ici ? Vous
êtes à Cuisine Mode d'emploi à Grigny. Et c'est quoi le principe ? Le principe, c'est d'accompagner des personnes dans un projet métier pour les ramener à l'emploi.
Combien de vos stagiaires trouvent un emploi à l'issue de la formation
? 92%. 92% de nos stagiaires retrouvent un emploi. parce qu'ils ont choisi le projet. C'est-à-dire que le vieux concept de l'emploi par défaut, globalement, il faut accepter que ça ne fonctionne plus. Vous nous dites ce qu'ils sont en train de faire ? Oui, ils sont en train de faire de la pâte à choux. Donc... C
'est difficile, la pâte à choux. Bonjour. Bonjour.
Alors, c'est de l'eau, de la farine, du beurre et des oeufs. Mais il faut les mettre au bon moment. Ça va, ça va. T'as mis assez d'oeufs, là. Donne ta poche, maintenant.
Protège ta main avec le dessus de la poche pour pas te salir la main.
êtes restée au chômage combien de temps
Je suis restée au chômage deux ans. Et qu'est-ce qui bloquait ? Je ne trouvais pas. Je postulais,
je postulais, je ne trouvais pas. Gabriel Attal, vous, vous êtes pour réduire la durée d'indemnisation de 18 mois à 15 mois. On voit que parfois, il faut du temps.
ne marche que si vous amplifiez l'accompagnement à travers Pôle emploi pour que des personnes puissent retrouver un travail. Mais ce qu'on voit, c'est que dans d'autres pays voisins de la France comparables à la France, vous avez une durée d'indemnisation qui est moins longue et vous avez plus de gens qui retrouvent un emploi plus tôt.
Quand on peut rester au chômage longtemps, ça dissuade de chercher, ça décourage de chercher ?
On sait, c'est montré. En général, ce qu'on voit, c'est que la reprise dans l'emploi, elle se fait soit au tout début quand les gens viennent de tomber au chômage, soit à la toute fin quand on arrive à la fin des droits. Moi, ce que je crois, c'est que le travail, c'est ce qui permet de s'en sortir. Et j'imagine que quand vous étiez sans emploi, vous étiez pas bien. C'est pas qu'un sujet de salaire, c'est aussi un sujet d'activité, etc.
avez de plus en plus une partie du pays qui, lui, n'a pas un reste à vivre suffisant, et ça devient très, très abrasif. Je me souviens d'un grand patron, un jour, qui nous avait dit, je lui demande pourquoi il nous avait aidés. Il m'a dit, on va s'entretuer. Cette fracture sociale est devenue tellement toxique, tellement dure, la croissance d'un pays qui ne profite qu'un certain, c'est dangereux.
que les gens n'arrivent pas à comprendre, c'est qu'on est à presque 9% de chômage, et pourtant il y a des dizaines de milliers d'emplois qui ne sont pas pourvus dans la restauration. Il y a un problème, non ?
problème qu'on a aussi dans l'idée professionnelle, c'est qu'on continue à former des jeunes dans des filières pour lesquelles on sait qu'il n'y a aucune insertion dans l'emploi. Bien sûr. Objectivement, des filières comme CAP Vente, Bac Pro, Secrétariat, on sait que ce n'est même pas 10%, 15% d'insertion dans l'emploi ensuite.
sont beaux ces choux. Magnifique, vous voyez, 8 semaines de formation. Elle a le sourire et elle va nous faire un chuchotillier qui va me faire craquer.
là on cherche le café de la place. C'est écrit
là, le café de la place.
Près de l'église. C'est juste là. Juste qu'on puisse se garer. Là on va la prendre là.
montrer des artistes.
Alors là, ils ne savent pas que j'arrive avec vous. D'accord. C
'est une surprise. Bonjour. Oui, c'est une surprise.
C'est une sacrée surprise. Bonjour, monsieur.
Bonjour.
vous les entendez, les clients, la journée ? On les entend tous les jours. Qu
'est-ce qu'ils ont sur les cœurs ? On enchaîne des crises. On a eu le Covid, ensuite on a eu la hausse des matières premières, de l'énergie. Aujourd'hui, on a le carburant. Qu'est-ce qu'il fait, le carburant ? Il laisse les gens à la maison. Vous pouvez regarder autour de vous, il n'y a plus personne. Les gens ne viennent plus. Là, vous sentez la
baisse d'activité
? On la sent, on la vit. C'est violent. Vraiment, c'est violent.
Gabriel Attal, face au carburant, on a l'impression qu'il n'y a pas de réponse, qu'il n'y a pas de solution. Ça, c'est terrible, non ?
Ce qui est très dur, c'est que la source de cette crise du carburant, c'est quand même un conflit qu'on ne maîtrise pas.
On va essayer de plafonner, en fait, l'augmentation des prix. Ça, c'est sur la réponse apportée. En Espagne, notamment. Oui, bien sûr.
Espagne, Allemagne. C'est
pour ça, en fait. Pourquoi on ne pourrait pas le faire en France ?
Parce qu'en fait...
Baissez les taxes sur les carburants. Enlever
les certificats.
Juste à titre temporaire, parce que là, on est vraiment dans des grosses difficultés.
Il y a des pays qui ont fait un choix d'avoir un modèle social. moins généreux et quand il y a des crises, ils ont plus d'argent à mettre pour protéger les gens. Pour autant, vous n'avez pas l'impression qu'on recule aujourd'hui en France ? Non mais je vous donne la comparaison. Ils ont un point commun tous, ils partent plus tard à la retraite que nous.
S'il fallait baisser les dépenses sociales, vous seriez prêts à les baisser où ? C'est
un grand sujet, là, ce serait quelque chose qui mériterait la réflexion. On nous demande beaucoup d'efforts aux Français, mais quand on voit toute la partie parlementaire, sénateur, ce qu'on aimerait bien, c'est aussi voir une réforme à leur niveau. On l'a fait
à l'Assemblée, on n'a plus de retraite des députés, on a la même retraite que tout le
monde. Qu'attendez-vous d'un président de la République ? Il faut retrouver de la confiance. A partir du moment où les gens ont peur et où ils n'ont plus confiance, les gens se remettent sur eux-mêmes. ne se déplace plus, ne consomme plus, ne travaille plus, ne se parle plus. Moi, c'est ça que j'attends d'un président de la République, 'est qu'il incarne ce chemin qui donne de l'espoir. Et à qui il faut donner de l'espoir en premier ? Dans le contexte actuel, c'est à nos jeunes.
-ce qui vous interpelle le plus dans la société française d'aujourd'hui ?
fait,
on n'a plus confiance en nos
capacités. C'est même pire que ça. Non seulement, on n'a plus confiance en nos capacités, mais on s'interdit même de rêver. Moi, j'ai envie que les jeunes croient à nouveau que la France, elle va pouvoir faire des innovations de rupture, que le futur avion bas carbone qui ne pollue pas, c'est des Français qui vont pouvoir le sortir. De la même manière que c'est la France qui a inventé le TGV, le Concorde, le nucléaire civil, etc.
est maintenant sur le site, le campus de l'université Paris-Saclay, 30 000 personnes. C'est le général de Gaulle, le tout premier, qui a lancé le plateau de Saclay. Bonjour. Bonjour. Merci beaucoup de nous accueillir dans ce site stratégique qu 'on a hâte de voir. Frédéric Pascal, vous êtes le patron de l'intelligence artificielle ici à Paris-Saclay. Vous avez vos papiers d'identité ?
J'ai
une photo de mon passeport. Ça sera parfait. Parce que c'est
un site sensible.
Exactement, oui. Bonjour.
Là, on va faire un saut dans le futur, alors, c'est ça
Ah oui. Donc là, on est au cœur du réacteur. Donc vous voyez, il y a de plus en plus de bruit. Quand il y a du bruit, il y a de la performance. Donc ici, on parle de 129 millions de milliards de calculs par seconde. Donc c'est gigantesque.
Vous me disiez que 90% de la recherche française s'appuie sur ce supercalculateur ? Oui,
tout à fait. Il y a des chercheurs dans qui de la France, y compris en Europe. On ne voit quasiment personne, c'est un serveur, mais tout le monde est dessus.
est très impressionnés là, mais est-ce que la France est suffisamment performante ou est-ce qu'on est loin du compte aujourd'hui par rapport à l'étranger ?
On est très très loin du compte par rapport aux Etats-Unis et à la Chine. Quand je dis très très loin, c'est des facteurs 20, 30, 40, c'est des différences énormes. Mais même en Europe, on est loin. C'était aussi des questions que j'avais à vous poser, comment vous voyez l'investissement sur ces sujets ? Aujourd'hui l
'Europe, c'est 3% de la puissance de calcul mondiale. Moi, je veux que ça devienne 20% de la puissance de calcul mondial. Et c'est possible d'y arriver, faire l'équivalent de la PAC, la politique agricole commune, mais pour l'IA et pour l'innovation. S
'il y a une pandémie, vaccin, c'est ici qu'il va être trouvé. C'est ici s'il y a suffisamment de puissance de calcul. C'est un point absolument essentiel.
donc, c'est dans la santé qu'on est les plus forts en IA aujourd'hui.
dans la santé, dans les mathématiques, pour avoir une idée, quand on parle de mathématiques, il y a Harvard et Saclay. Tout le monde nous envie Saclay à l'extérieur.
Bonjour. Bonjour. On a des données ici qu'on peut valoriser et qu'on va valoriser en mettant un algorithme d'intelligence artificielle pour trier et détecter ces patients graves qui eux risquent de perdre la vue en moins de 48 heures.
a des talents autour de la table, on le voit, on a vu des choses, mais il nous faut des moyens. Le risque, c'est que les chercheurs partent à l'étranger. C'est Google, Meta, qui payent dix fois plus que ce qu'on est payé ici. En Europe, en Allemagne, les salaires sont trois fois supérieurs à ce qui se fait en France pour les chercheurs. En Finlande, un tout petit pays, les salaires sont trois fois supérieurs.
ce soit en Asie, Singapour, quand vous êtes recruté, on vous donne un million d'euros tout de suite ou un million de dollars pour monter votre labo, sans discuter.
Ça vous a déjà tenté de partir à l'étranger ?
Oui, j'y réfléchis, effectivement, surtout vu la situation en France.
La situation politique ? La
situation économique, la dette, les coûts dans le budget du CNRS, on l'a vu encore il y a quelques semaines, ça fait froid dans le dos. Si on laisse ça se produire, et ça se produit déjà,
on ne peut même plus ambitionner en France d'être pionnier ou leader en quoi que ce soit. Si on regarde depuis 30 ans... Par rapport à la richesse nationale de la France, les dépenses de retraite ont augmenté de 20%. Les dépenses d'éducation et de recherche ont baissé de 15%. Un pays qui veut investir pour l'avenir, qui veut être puissant à l'avenir, c'est presque l'inverse qu'il devrait faire. Moi, ma proposition, c'est d'assumer qu'il faut qu'on change notre système et qu'on passe en partie à la retraite par capitalisation. Qui dit retraite par capitalisation, dit des fonds de pension qui vont pouvoir investir dans des startups. Parce que la vraie différence qu'on a entre les Etats-Unis et la France, c'est que les Etats-Unis ont un autre système de retraite. L'argent des retraites, il est investi dans l'économie et notamment dans les startups qui innovent. Parler des retraites, c'est aussi quelque part parler du financement de notre économie et de l'innovation.
Merci beaucoup à tous d'avoir accepté de participer.
Merci et bravo parce que franchement, ça donne confiance de vous voir avec tous vos projets et plein de succès à vous. Merci.
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