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L'heure de l'invité du 20h ce soir, avec nous celui qui vient de remporter la primaire organisée par le Parti Socialiste et Place Publique. Raphaël Glucksmann n'emporte largement dès le premier tour avec plus de 66%. Il est ce soir notre invité pour sa toute première interview. Bonsoir Raphaël Glucksmann, merci d'être avec nous. Une victoire avec plus de 66%. Certains sont surpris ce soir, et vous
je suis heureux d'abord. Heureux que la ligne que je porte, qui est une ligne sans compromission, sans concession, soit à ce point majoritaire. C'était mon intuition. Et je me sens aussi investi d'une responsabilité immense. Parce que cette élection, elle ne va ressembler à aucune autre. Et que je sais
ce qui est en jeu. C'est la victoire d'une personnalité ou c'est vraiment la victoire d'une ligne qui était essentielle à vos yeux, celle d'une rupture claire et précise avec la France insoumise
? C
'est la
victoire de tous ceux qui croient qu'il faut une gauche démocratique dans notre pays, que la gauche doit rompre avec cette hégémonie de Jean-Luc Mélenchon sur elle, qu'elle doit proposer un projet qui renforce la République, qui renforce la démocratie, qui renforce la justice sociale, qui renforce l'impératif écologique. Moi, je suis convaincu qu'il y a des millions de Françaises et de Français qui attendent ce moment, qui attendent de pouvoir voter sans sacrifier une partie d'eux-mêmes, sans se dire que simplement ils votent contre, mais qu'ils veulent pour ce qu'ils croient, pour ce qui constitue leur identité politique. Moi, c'est à eux que je m'adresse. Votre temps est venu. Cette élection va être
notre élection. Vous savez qu'en politique, les trahisions, elles viennent souvent de nos amis. Les échanges ont été assez rudes dans les débats. Vous êtes ce soir. qu'on comprenne bien. Le candidat d'Olivier Ford, de Ségolène Royal, vous êtes le candidat du Parti Socialiste. Moi, je suis le candidat des socialistes, des
places publiques, de GRS, de ces dizaines de milliers de citoyens qui sont venus nous rejoindre. Je suis le candidat de tous et je vais les rassembler. Et je sais qu'ils savent, eux, au plus profond d'eux-mêmes. que le combat qu'on a amené est trop existentiel pour s'adonner à des petites phrases ou à des rancœurs. Et donc, il y aura le rassemblement. Il y aura le rassemblement, mais il sera plus large. Ce n'est pas simplement ceux qui ont participé à la primaire. Moi, je lance un appel à tous les citoyens écologistes, humanistes qui regardent la catastrophe arrivée et qui sont saisis d'effroi pour chasser cette boule qui germe en eux. Eh bien, il faut s'engager politiquement et on va le faire ensemble.
Une question, Olivier Faure, avec 14% des votes et toujours ce soir le premier secrétaire du Parti Socialiste, vous le trouvez légitime ? C'est normal qu'il reste à sa place ? Mais moi, je vais faire avec le Parti Socialiste. Je suis le candidat aujourd'hui du Parti Socialiste.
Mais ça a été tranché. Vous savez, on a fait un processus démocratique. Moi, il y a beaucoup de gens qui m'ont dit, ne va pas dans la primaire, ça va être un piège, ça va être un combat de boue, ça va être terrible. Mais j'avais une intuition. et je m'y suis tenu, c'est qu'il fallait trancher. Il fallait trancher toutes les questions. Et ce soir, elles ont été tranchées de manière évidente, nette, nous n'y reviendrons
plus. Autre intuition que certains ont peut-être, ils s'interrogent. Disons que... On passe la présidentielle, on est au moment des législatives. Qui tiendra le stylo des investitures ? Parce que les investitures avec la France insoumise, c'est celle d'Olivier Faure. C'est vous qui tiendrez le stylo des investitures ? C'est important pour ceux qui nous écoutent ce soir. La question est
réglée. La question est réglée ? La question est réglée. C'est votre engagement. Il y avait un enjeu de ligne. Il n'y aura pas d'accord avec la France insoumise. Mais il y aura un accord avec la gauche démocratique, avec la gauche républicaine. Et nous allons gagner l'élection présidentielle. Moi j'en suis... absolument convaincu. Vous savez, je suis certain que les Français ne voteront pas pour un ancien Premier ministre d'Emmanuel Macron, pour continuer les dix années qui ont tant abîmé notre pays à force d'injustice et d'impuissance. Et je suis aussi convaincu qu'ils ne voteront pas pour le bruit et la fureur, que Jean-Luc Mélenchon fait peur à trop de monde. donc, nous serons, nous, la force qui barrera la route à l'extrême droite. Et je vous le dis, Mme Le Pen ne sera pas à l'Élysée en mai 2027 parce que la France, ce n'est pas cela. Ce n'est pas la démagogie, ce n'est pas la xénophobie, ce n'est pas la soumission à Trump et à Poutine. La France, c'est celle de De Gaulle et de Blum. C'est un pays libre, c'est un pays de justice.
Eh bien, on va réveiller ça. Raphaël Glucksmann, autre ami potentiel des prochaines semaines, c'est François Hollande qui semble... présent depuis plusieurs mois, qui s'interroge sur sa candidature éventuelle. Qu'est-ce que vous lui dites ce soir ? Il vous a félicité. Lui, il parlait d'union dans son livre. Regardez. Vous lui dites quoi ? Rejoins-moi. Je ne sais pas si vous vous tutoyez ou vous voyez. Rejoignez-moi. Qu'est-ce que vous lui dites ce soir ? Je lui dis qu'il est le bienvenu
dans cette dynamique. Et je lui dis qu'il a un titre qui s'appelle « Unir ». On va partir au combat uni. On sait ce qui est en jeu, on est des républicains, on est attachés viscéralement à la démocratie. On voit que l'élection de la France en 2027, elle va décider du destin de l'ensemble du continent européen, qu'il y a une guerre qui menace le sol européen, qu'il y a partout une faiblesse des démocraties face aux tentations autoritaires, que nous avons, nous, une responsabilité qui nous dépasse et qui
nous transcende. Juste une question. Aujourd'hui, vous êtes entre 11 et 13% dans les sondages. Vous êtes peut-être dans une nouvelle dynamique. Si dans plusieurs mois, vous restez à 11 ou 13%, est-ce que vous serez candidat jusqu'au bout ? Ce type de question, il y a une consoeur qui l'a posée à Jacques Chirac il y a quelques années et il avait souri et il a fini président.
Il y aura un bulletin de vote au moment des élections présidentielles. Pourquoi ? Quel que soit le score dans les sondages. Parce que nous allons créer une dynamique. Et vous verrez, vous serez surpris. Et vous savez, les journalistes, les commentateurs, quand ils parlaient de la primaire, ils expliquaient que j'allais définitivement me noyer dans cette bataille. Eh bien, ils ont eu tort. Et ils auront tort à nouveau. Ce soir, le message, il est extrêmement simple. La gauche démocratique est de retour. Et elle va gagner l'élection présidentielle. C'est ma conviction la plus profonde. Vous allez voir la campagne qu'on va faire. On va lancer dès demain un porte-à-porte partout dans le pays. Nous allons aller partout, dans chaque ville, dans chaque village, dans toutes les sous-préfectures, dans tous les quartiers. Et nous allons renouer avec quelque chose qui fait défaut aujourd'hui. Le dialogue, l'écoute, la discussion sur ce qu'on veut faire de notre pays. Moi, quand je regarde l'état de la France aujourd'hui, je sens une... immense tristesse et une colère profonde.
Et justement, cette colère des lycéens, juste une question d'actualité. Est-ce que vous soutenez, vous, d'abord cette colère lycéenne ? Est-ce que vous souhaitez une convergence des luttes comme le souhaite la France insoumise ce que je souhaite, c'est qu'on leur apporte des réponses.
Parce que les lycéens qui sont aujourd'hui dans la rue, ils ont... Donc plutôt le dialogue que... Mais ils ont demandé des choses très simples. Avoir un enseignant face à eux pour apprendre. Pouvoir étudier dans des lycées qui ne sont pas délabrés ou insalubres. Eh bien, nous avons les réponses. Nous allons remettre l'école au cœur du projet national. Et nous allons faire de l'éducation nationale. mais le centre de nos priorités. Pourquoi ? Parce que c'est ce qu'a fait la France. Moi, quand je vais partout dans le pays, je visite à chaque fois les écoles et je suis désespéré par ce qu'on a fait de l'école de la République. Vous savez, les écoles... C'est les maternités françaises. C'est là où on accouche des citoyens. Eh bien nous, on va relancer la grande fabrique française. Ce que je propose au pays, c'est un nouveau contrat patriotique. On vaut mieux que ce qu'on montre aujourd'hui et on va le montrer.
Merci Raphaël Glussmann. Juste une dernière question. Certains disaient que vous manquiez de caractère depuis le début de cette campagne. Est-ce que cette victoire va vous permettre de fendre un peu l'armure ? Je vais fendre l'armure, mais vous
savez, moi j'ai une conviction profonde. C'est que ce moment historique est un moment de bascule. Et je me suis préparé toute ma vie pour ce moment où les démocraties devraient affronter leurs ennemis et montrer qu'elles sont fortes. Eh bien moi, je vais redonner de la force à la gauche et de la puissance à la France. Et rien, rien ne me fera lâcher. Merci
Raphaël Glucksmann d'être venu sur France 2 pour cette
première interview.
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