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Et notre invitée ce soir dans Objectif Élysée 2027 sur CNES et sur Europe 1, c'est Marine Le Pen, candidate à l'élection présidentielle. Bonsoir Madame Le Pen. Bonsoir. Merci d'être avec nous ce soir. Nous allons évoquer ensemble l'actualité, le mouvement des lycéens qui dure déjà depuis trois semaines avec leurs revendications qui sont légitimes mais aussi des violences inadmissibles de la part de casseurs qui ont suivi dans les mobilisations. Sébastien Lecornu lui-même estime que le mouvement lycéen est en train de se transformer en violences urbaines, c'est grave, de la part d'un Premier ministre. Vous avez des choses à dire. à cette jeunesse. On va prendre le temps de les exploiter, de les exprimer. Une jeunesse qui pourtant ne ménage pas le Rassemblement national dans les manifestations. Mais avant cela, je vous pose la même question que j'ai posée à Bruno Retailleau lors de notre première émission. Pourquoi les Français vous choisirez, vous, Marine Le Pen, pour devenir leur présidente
que je suis la femme de la situation. Parce qu'ils me connaissent depuis longtemps. Ils connaissent mes défauts. Et puis ils connaissent aussi mes qualités. Et notamment, je crois, la persévérance, la lucidité et le courage. Ce sont des qualités qui sont particulièrement nécessaires dans la situation que connaît notre pays aujourd'hui. On
dit aussi beaucoup parce qu'on ne les a pas essayés. On n'a pas essayé le Rassemblement national. Ça pourrait être un motif de vote pour vous, mais pour la France insoumise. C'est
vrai, mais c'est aussi parfois un inconvénient. En réalité, c'est un argument à double tranchant parce qu'il nécessite une part de confiance. Mais je crois qu'une majorité de Français sont prêts à nous faire confiance parce qu'au fur et à mesure des années, ils ont vu que ce que nous disions était juste, que ce que nous proposions étaient des mesures de bon sens et surtout que nous avons le caractère pour les appliquer parce que ce n'est pas le tout d'avoir des bonnes idées. On en a vu certains qui avaient des bonnes idées et qui arrivaient au pouvoir, les ont oubliés, ne se sont pas sentis tenus par leurs promesses. Vous pensez à Emmanuel Macron ? Oui, je pense aussi à Nicolas Sarkozy, qui a pu décevoir, il faut le dire, parce que les promesses qu'il avait pu faire n'ont pas
obligatoirement été tenues. C'est votre quatrième candidature. Est-ce que vous estimez que vous êtes prête ? Est-ce que ce n'était pas le cas avant ? Est-ce qu'il vous manquait ? L'expérience, les cicatrices ? Et est-ce que vous avez rêvé depuis toute petite d'être présidente de la République ? Non, pas du tout.
C'est une obligation familiale ? Non, mais pas du tout. C'est une obligation morale. C'est l'immense amont que je porte à la France qui m'a poussé à un moment donné à présenter ma candidature, mais je n'avais pas du tout envisagé de le faire en réalité avant de le faire. Et bon, voilà, aujourd'hui, effectivement, lors de ma quatrième campagne présidentielle, qu'est-ce qui a changé ? Plein de choses. D'abord, la situation de la France a changé. Et puis, est-ce qu'on est différents ? Bien sûr, on est différents. On est différents d'il y a cinq ans, différents d'il y a dix ans, différents d'il y a quinze ans. J'ose espérer qu'on est meilleurs.
Est-ce que vous aviez fait une croix définitive sur cette candidature avant le jugement du 7 juillet en appel ? Est-ce que vous y étiez dit c'est fini, c'est terminé, ça ne sera pas pour moi ce tour
Non. Vous
avez toujours
cru, malgré la justice ? Je savais que ce n'était pas moi qui prendrais cette décision. Mais je suis plutôt d'un naturel optimiste. C'est ma nature. Oui, bien sûr. Mais je considère que la peur n'écarte pas le danger. Et j'étais lucide sur le danger. Je suis là
devant vous ce soir. Est-ce que le danger est écarté ? A priori, la Cour de cassation n'a pas encore rendu sa décision. Est-ce que vous pensez que vous pourrez aller au bout de votre candidature ? Le
danger est écarté. Définitivement, je veux rassurer ceux qui nous regardent. Rien ne vous empêchera d'être candidate. Rien ne peut m'empêcher depuis le 7 juillet d'être candidate à l'élection présidentielle. S'il y avait eu un doute, je n'aurais pas pris ce risque. Mais pourtant,
la plus haute juridiction de notre pays ne sait pas prononcer. On est bien d'accord. Oui, mais ce
n'est pas le sujet. La décision de la cour d'appel, en réalité, fait que l'inéligibilité est purgée. Et que donc, quelles que soient les circonstances, quelle que soit la décision de la cour de cassation, que j'espère d'ailleurs positive, je serai candidate à l'élection présidentielle.
Encore un mot de politique. Le plan B a longtemps été Jordan Bardella. Ce n'est plus le cas parce que vous êtes la candidate. Est-ce qu'il est toujours votre plan M comme Matignon ? Malgré les accusations décrites antisémites de jeunesse qui sont distillées au compte-gouttes par Mediapart, est-ce que vous pourriez changer d'avis ? Pas du tout. Je n'ai absolument aucune
raison de changer d'avis parce que Jordan Bardalda est innocent de la diffamation commise contre lui, à grand renfort d'ailleurs de proxy, parce que je note que quand Mediapart dit quelque chose, l'intégralité quasiment, pas toute, mais heureusement, mais l'intégralité presque de la presse considère que c'est paroles d'évangile. Or, connaissant M. Edouard Plenel, on devrait savoir pourtant que le passé parle pour lui et qu'il n'en est pas à son premier coup fourré, si je puis me permettre. Mais vous
n'avez jamais douté de Jordan Bardella ? Vous lui avez demandé les yeux dans les yeux. Est-ce que ses écrits, ses propos antisémites, vous les avez tenus, Jordan Bardella ?
Jamais. Mais non seulement je le crois quand il me dit qu'il n'a jamais tenu ses propos, mais de surcroît, jamais. Je ne l'ai entendu ni aucune personne du RN tenir le moindre propos. Et il a démontré, je crois, par son engagement auprès de nos compatriotes juifs, sa volonté
irréductible de les défendre. Marine Le Pen, vous avez toujours été intransigeante sur la question de l'antisémitisme. Vous avez vous-même sorti votre propre père Jean-Marie Le Pen du Front National en 2018. Si ça avait été le cas, si vous aviez le moindre doute pour Jordan Bardella, vous auriez fait la même chose ?
Probablement, j'aurais beaucoup réfléchi. En effet, la situation n'est pas exactement la même entre Jean-Marie Le Pen et Jordan Bardella. Mais je n'ai absolument aucune raison, encore une fois, de douter de Jordan Bardella. Et je tiens à vous dire d'ailleurs que le mouvement ne doute pas de Jordan Bardella. Et nos électeurs ne doutent pas de Jordan Bardella. Et ils savent aussi d'où vient l'attaque. Et cette attaque, elle est effectuée par un journal d'extrême-gauche qui a fait de la lutte contre le Rassemblement national, l'alpha et l'oméga en réalité, de son travail.
Vous comparez les propos qu'a pu tenir votre père à un moment à ceux qu'aurait pu tenir Jordan Bardella ? Non, pas du tout. Vous faites une échelle
? Non, je ne compare pas du tout ces propos. Pour le coup, vous le savez, je ne vais pas revenir sur les désaccords que j'ai pu avoir avec mon père. Mais la situation est totalement différente. Et je note une chose, c'est qu'aujourd'hui, la justice est saisie. Donc Mediapart doit faire une chose, c'est apporter la preuve de ce qu'il a écrit et des accusations que je trouve scandaleuses qu'il formule. Une plainte en diffamation ? Oui,
et une autre qui va suivre de ce que j'en sais. Plus rapide ? Je
n'ai pas encore la possibilité
de rendre la justice rapide, ça viendra. En tout cas, cette affaire n'a pas impacté vos électeurs. Dans notre dernière balise d'intention de vote réalisée par OpinionWay, on s'aperçoit que les intentions de vote pour vous au premier tour augmentent. Vous êtes à 35% dans cette balise qui s'affiche, je le dis pour nos auditeurs d'Europe 1. Vous êtes à 35%, Jean-Luc Mélenchon à 15%, M. Glucksmann à 13%, Edouard Philippe à 12%, M. Retailleau à 6%, Gabriel Attal à 5%, Eric Zemmour à 5%. Ça veut dire qu'à ce niveau-là, qu'est-ce qui peut vous faire perdre ? de Marine Le Pen
Il s'agit là d'un sondage d'opinion, c'est une photographie, l'intégralité des candidats ne seront pas sur la ligne de départ, nous le savons bien. Je le regrette d'ailleurs que dans l'élection présidentielle maintenant, il y a toute une série de candidats. qui sont candidats pendant un certain temps, soit pour être munis, soit pour vendre un livre. Et en fait, on voit bien qu'au bout d'un moment... Vous pensez à qui ? Il n'en reste plus tant. Vous ne voulez pas donner de nom, ce soir ? Non. Donc nous verrons bien. Ce que nous allons faire, nous, durant cette campagne, c'est aller auprès des Français, comme j'ai commencé à le faire dès fin août, pour leur exposer le projet qui est le nôtre, qui est un projet, vous le savez, que nous avons fixé sous... de la renaissance de la france car je crois que c'est à une véritable renaissance que nous appelons le pays c'est vrai que le travail est immense je pense que chaque français en a pris conscience qu'il n'y a pas un seul domaine dans lequel les choses vont bien nous allons avoir un énorme travail nous sommes prêts à mener cette oeuvre de redressement Cette bataille, peut-être ? Oui, cette bataille, bien sûr. Une élection, c'est une bataille. On a des concurrents. Parfois, on a des concurrents qui vont au-delà de vos concurrents. Mais j'ai l'habitude de tout ça. Vous avez l'habitude des attaques de M. Mélenchon de tous, d'ailleurs. Je crois qu'il n'y en a pas un qui n'a pas positionné sa campagne. Avec un objectif, c'est de lutter contre le RN. Je voudrais juste leur rappeler une chose à tous. Le RN n'a aucune responsabilité. Je n'ai aucune responsabilité dans la situation du pays, ce qui n'est pas obligatoirement le cas de tous, voyez-vous. Nous n'avons pas de responsabilité dans l'effondrement budgétaire, dans la situation de la dette, dans le drame des finances, dans le drame de l'insécurité, dans l'immigration hors contrôle, dans l'effondrement du logement, dans le recul majeur de la santé. Nous n'avons aucune responsabilité. Donc si leur programme consiste uniquement à lutter contre le Rassemblement national, je crains qu'ils passent à côté de préoccupations
essentielles des Français. Marine Le Pen, nous avons sondé aussi avec l'Institut CSA pour signer aux Européens le JDD les Français pour leur demander ce qu'ils estiment être la priorité absolue pour le prochain ou la prochaine présidente de la République. Sans surprise, c'est le pouvoir d'achat qui arrive en tête très très loin. C'est vraiment une inquiétude transversale. À gauche, à droite, pour les hommes, les femmes, les jeunes, les actifs, les retraités et les moins jeunes. Ensuite vient l'insécurité. Il y a aussi le montant du déficit public. C'est intéressant de voir que la dette finit par quand même percuter l'opinion publique. L'axisme du gouvernement
qui n'a jamais véritablement rien fait pour faire comprendre à ces casseurs que ce qu'ils faisaient était inadmissible, inacceptable. Deuxièmement, en continuant à faire payer pendant des années et des années toutes les dégradations aux Français. en disant aux Français, écoutez, vous avez déjà payé les abribus, vous avez déjà payé les lycées, vous avez déjà payé les poubelles, vous allez les repayer une deuxième fois, et puis une troisième fois, et puis une quatrième fois. Cette situation, évidemment, n'est pas... Et vous, présidente de la République, il n'y aurait
pas l'état d'urgence ? On ne pourrait pas
manifester ? Non, mais pas du tout. Je veux dire, moi, je suis très attachée à la liberté de manifestation. Ce que je note, c'est que depuis maintenant près de 15 ans, toute manifestation... sauf quelques exceptions notables, comme celle qui a réuni 800 000 personnes pour la venue du pape. Mais toute manifestation est infiltrée par des black blocs, par des casseurs professionnels. Et en réalité, toute même réclamation sociale est discréditée par l'intervention de ces personnages qui sont extrêmement violents et même de plus en plus violents. Donc il faut, pour préserver la liberté de manifester, mettre... hors d'état de nuire à ces manifestations, ceux qui viennent y apporter le chaos, le désordre et la dévastation. – En amont
des manifestations, les empêchés de paraître dans
les manifestations et dans les cortèges ? – Mais notamment en amont, nos services de renseignement sont de très bonne qualité, ils font très bien leur travail, ils savent pertinemment qui sont tous ces gens, comment ils s'appellent, où ils habitent, quel est leur père, leur mère, leur emploi, et par conséquent, il faut… prononcer des interdictions de manifester lorsque, de manière récurrente, on retrouve toujours les mêmes casseurs. Vous pensez que le ministre de l'Intérieur ne peut peut-être pas le faire ? Oui, il ne veut, ne peut. Je ne sais pas si c'est de l'incapacité ou si c'est une absence de volonté. Je constate que ces faits se reproduisent de manière systématique. Or, il y a... Très certainement, dans ces cortèges, des jeunes qui ont effectivement des raisons d'interpeller le gouvernement. Bien sûr, il y a des choses qui ne fonctionnent pas. Il y a des parcours sup qui est une aberration et tous les parents le savent. Il y a des emplois du temps qui n'ont ni quai ni tête, mais tout ça, c'est la conséquence des décisions politiques. Il y a effectivement un certain nombre de lycées qui sont vétustes. Il y en a d'autres qui sont saccagés. Donc il faut aussi faire la différence, si vous voulez, qu'on dépense de l'argent public quand un lycée est en situation de vétusté, bien sûr, évidemment. Mais lorsque cet argent public est dépensé pour réparer les dégradations qui sont commises tout au long de l'année, toujours
par les mêmes, ça, ça n'est pas admissible. D'accord. On l'est 21h15, on est en direct sur CNews et sur Europe 1. Encore un mot des forces de l'ordre qui ont encore manifesté aujourd'hui, qui disent leur ras-le-bol. Le président Macron aurait dit qu'il manquait d'empathie dans le maintien de l'ordre. Qu'est-ce que vous lui dites ce soir Marine Le Pen et Emmanuel Macron ?
Je lui dis qu'il est très injuste. Et qu'en cela, je crois qu'ils ront avec l'obligation qui est la sienne en tant que président de la République. La situation des forces de l'ordre est extrêmement compliquée. Car ils sont confrontés à des agressions qui sont des agressions graves. Je rappelle qu'il y a eu près de 900 blessés dans les forces de l'ordre. J'aimerais que ceux qui nous écoutent nous entendent. 900 blessés, c'est... considérable, ça vous dit, le niveau de violence qui est celui de ces fameux casseurs, de ces fameux black blocs. Donc quand on dit à des policiers dont 900 membres ont été blessés, qui travaillent dans des conditions difficiles parce qu'ils sont face à des jeunes, qu'ils manquent d'empathie, je comprends la colère de certains.
En même temps, vous comprenez que quand on est face à des jeunes mineurs, il faille prendre des mesures de précaution. Mais ils le comprennent aussi,
madame. Ils sont aussi des parents, des pères, des mères. Ils n'ont pas envie de se retrouver dans cette situation. La normalité, c'est la violence de certains manifestants. Il y aurait pu y avoir une manifestation sans violence. Il y aurait pu y avoir des pancartes, des banderoles. Beaucoup le sont. Des cortèges sans qu'il y ait de violence. C'est la violence qui... en réalité, cherchent l'affrontement avec la police et la police se sent aujourd'hui découragée. démotivés et objectivement abandonnés par le pouvoir.
Vous n'avez pas l'impression que c'est le prélude à ce qui pourrait être le climat qui pourrait régner dans le cas où vous seriez élu à l'Elysée ?
Non, je sais que c'est la petite musique qui est diffusée par certains, peut-être parce qu'ils cherchent à faire peur, je ne le crois pas du tout. Ça a toujours existé. Et la sérénité ? Ça a existé pour le CPE, ça a existé, on ne va pas retourner jusqu'à... mai 68, ça a existé pour la réforme de Vaquet, ça a existé... Ça a toujours existé, cela, si vous voulez. Et personne n'a véritablement pris le parti de tenter de faire que ça ne se reproduise pas. Mais ceci n'a rien à voir avec l'élection présidentielle. Certains vont-ils tenter de mettre le désordre ? Peut-être. Moi, j'ai tout à fait confiance dans le ministre de l'Intérieur. qui durant 15 jours sera chargé d'assurer la sécurité pour régler ces quelques difficultés. Donc ce sera à lui qu'incombera le maintien de l'ordre. Pour l'instant, ce sera, si tant est qu'il soit toujours là, M. Nunez pendant 15 jours. C'est à lui que vous vous adressez ce soir, en cas d'élection. Oui, bien sûr. Je n'y crois pas beaucoup. Je pense qu'il ne sera pas là. Non, je dis je ne crois pas beaucoup qu'il y aura plus de violences que pour la moindre manifestation que nous vivons depuis maintenant 15 ans. On
va écouter deux représentants des syndicats lycéens, en tout cas qui ont accepté de nous répondre pour vous poser une question. Ils ont des questions très très concrètes à vous poser. Nathanael Combary, président du syndicat Renouveau Lycée, qui est proche de Gabriel Attal, et Ruben Strachan, qui est de l'Uni, qui est donc un syndicat de droite. Écoutez-les tous les deux.
Madame Le Pen, j'ai une question très concrète pour vous parce que je vous ai entendu dire que vous vouliez répondre aux revendications des lycéens et que vous nous avez entendus. Donc moi, je m'en réjouis. Par contre, je suis quelqu'un de taquin. J'ai épluché votre contre-budget et j'ai vu que vous prévoyiez de retirer 5 milliards d'euros aux régions et donc in fine à nos lycées. Donc sur la question du bâti scolaire, moi, je ne comprends pas vraiment. Est-ce que vous pouvez m'expliquer comment vous voulez répondre à la problématique du bâti scolaire en France tout en retirant 5 milliards à nos régions qui administrent notre bâti scolaire ?
Bonjour Madame Le Pen, à l'Uni nous sommes très attentifs quant à vos propositions sur l'éducation nationale et sur l'enseignement supérieur. Nous avons entendu récemment votre proposition de supprimer la plateforme Parcoursup entre le lycée et l'université. Donc ma question est la suivante, car à l'Uni nous croyons profondément en la méritocratie, que l'université doit être réservée aux étudiants qui ont de bons résultats et aux plus méritants. Donc de quelle manière comptez-vous garantir une véritable sélection entre le lycée et l'université ?
ces deux questions je précise que les autres syndicats lycéens n'ont pas voulu vous poser de questions allez-y répondez maintenant c'est normal que le
Le jeune qui m'a posé la première question ne comprenne pas, parce que je n'ai pas encore présenté ni ma réforme du millefeuille territorial, ni d'ailleurs encore mon projet sur l'éducation et sur l'enseignement supérieur. En réalité, il faut qu'il comprenne que nous allons opérer une modification des compétences qui sont accordées à telle ou telle collectivité. Donc il ne s'inquiète pas, nous entendons maintenir les lycées. dans un bon état de marche. En revanche, je vous le dis avec la plus grande simplicité et la plus grande conviction. Ceux qui cassent au lycée et qui ont plus de 16 ans, ceux qui dégradent... tous les jours, ceux qui cassent ou qui dégradent à l'université. Parce que les portes n'ont pas des trous de manière spontanée. Les portes des toilettes ne disparaissent pas de manière spontanée. Les faux plafonds ne sont pas détruits de manière spontanée. Il y a des gens qui commettent des dégradations. Ceux qui commettent des dégradations et qui ont plus de 16 ans. Ceux qui menacent. leurs camarades, ceux qui menacent ou qui agressent les élèves, les étudiants ou les professeurs, ceux qui ne supportent pas qu'on ait un avis différent des autres, ils seront exclus du lycée ou exclus de la faculté. Vous les privez d'éducation ? Non, non, ils iront se trouver une institution qui acceptera de les éduquer. Mais il n'est pas admissible, encore une fois, que l'argent des contribuables non seulement serve à réparer leurs petits amusements, mais il n'est pas non plus admissible que ceux qui ont envie d'étudier. Et qui parfois, Mme Ferrari, n'ont pas le luxe de se faire une deuxième année, voyez-vous, parce qu'ils travaillent, parce qu'ils ont des problèmes financiers. Il n'est pas admissible que cela soit empêché dans l'enseignement qu'ils souhaitent obtenir par certains qui pensent qu'on vient au lycée ou on vient à l'université pour casser le matériel ou pour casser les bâtiments. Ça, ce ne sera plus possible. Alors ils iront travailler, peut-être pour se payer le privé, je ne sais pas, ils verront. Mais en tout cas, l'école est obligatoire jusqu'à 16 ans, mais il est obligatoire de se comporter corps. dans nos lycées et dans nos universités encore une fois je vous le dis très calmement,
mais avec beaucoup de fermeté. 5 milliards, vous voulez retirer 5 milliards aux régions, c'est vrai ? Ça va impacter évidemment les lycées, les constructions éventuellement de nouveaux lycées ? Ah bon, ça pourrait
peut-être impacter quand même l'ensemble d'une administration qui n'a cessé de grossir dans ses collectivités, avec un nombre de fonctionnaires territoriaux qui a explosé, et donc je viens dire très tranquillement qu'il faut... Il faut que l'on procède à leur remplacement à hauteur de 1 sur 2 parce que la masse, encore une fois, de fonctionnaires territoriaux est aujourd'hui très importante et a
augmenté
de manière... Donc nous avons fait une proposition où nous avons calibré exactement combien nous souhaitions à la fin du quinquennat remplacer de nombre de fonctionnaires d'Etat, de fonctionnaires hospitaliers étant entendu que nous ne touchons pas bien entendu. aux soignants, mais aux supports administratifs. Et ça va permettre de faire des économies qui sont, Mme Ferrari, je suis
obligée de vous le rappeler, absolument nécessaires. 5 milliards. Parcoursup, nous a demandé Ruben Strachan. Est-ce que vous voulez le supprimer ? Certains de vos députés parlent de la suppression. Vous vous parlez d'une sélection. Comment vous sélectionnez
-vous ? Non mais suppression ou réforme, ça revient au même. Il faut quand même un moyen. Pour pouvoir accueillir les choix des étudiants. On va revenir à quelque chose de relativement simple. Les lycéens vont faire à la fin du deuxième trimestre une liste avec les choix qui sont les leurs. Ce que nous souhaitons, c'est qu'il y ait une transparence totale dans les critères qui sont choisis par les différentes universités ou les différentes écoles. Que les étudiants, les lycéens... sache ce qu'on attend d'eux. Et les universités décideront si elles accordent plus d'importance à la note au bac ou si elles mettent dans ces critères également le livret scolaire, c'est-à-dire les notes qui ont été obtenues tout au long de l'année. Mais au moins, les étudiants seront exactement ce que l'on attend d'eux et ce qu'ils peuvent espérer en fonction de leurs propres résultats.
C'est l'exclusion de tous ceux qui commettent des infractions à partir de 16 ans. Est-ce qu'il y a des mesures graves caractérisées ? Il y a d'autres mesures plus positives ?
Ce qui m'horrifie un peu dans ce que j'ai pu voir avec tous les Français depuis quelques jours, c'est cette pulsion de mort en réalité qui est imprimée, impulsée par notamment les mouvements d'extrême-gauche, qu'ils soient d'ailleurs politiques ou qu'ils soient syndicaux, auprès de la jeunesse. Cette pulsion de mort avec des pancartes à mort, je trouve ça terrible. Cette pulsion de dégradation, je trouve ça terrible. La jeunesse, c'est l'âge le plus beau de la vie. C'est celui où précisément tout est possible. Et moi, ce que je souhaite faire dans mon projet, c'est de permettre à l'ensemble de ces jeunes de rêver à nouveau en français. Je veux qu'ils aiment. Et c'est la raison pour laquelle j'ai toute une série de propositions pour leur permettre de s'installer, de devenir propriétaires, de trouver un logement. Je veux qu'ils entreprennent. Et c'est la raison pour laquelle nous facilitons, nous allons faciliter leur mobilité. Je veux qu'ils puissent rentrer voir leur famille quand ils sont en train d'étudier. que dans le lieu de domicile de leur famille donc c'est concrètement c'est le permis de conduire qui sera pris en charge quand je dis gratuit je sais que certains français sourcils évidemment rien n'est jamais gratuit c'est un effort mais c'est très important notamment dans la ruralité parce que ceux qui veulent travailler ont besoin d'avoir leur permis de conduire et puis c'est aussi vous le savez nous l'avons déjà proposé la possibilité pour les jeunes de 18 à 25 ans de voyager dans les trains grâce aux places vides qui ne sont pas vendues par la SNCF. Là encore, grâce à un effort de l'État, parce qu'ils doivent pouvoir bouger, visiter, aller voir leur famille, lutter contre la solitude aussi parfois qui les touche. Donc il y a comme ça toute une série de mesures qui leur permettent de... de ne plus avoir peur de l'avenir. Parce que c'est ça, en réalité, ce contre quoi je veux lutter. Je ne veux pas d'une jeunesse qui a peur de l'avenir. La jeunesse, c'est le temps de l'audace, c'est le temps de l'envie, c'est le temps des rêves, c'est le temps de la création. C'est ça que je veux leur rendre. Et c'est pour ça que nous avons choisi d'ailleurs la Renaissance comme étant le support en réalité de ce que nous offrons
et ce que nous proposons aux Français. On voit ce sondage, on est sur CNews et sur Europe 1, à propos de ce permis de conduire gratuit pour les jeunes de... Moins de 25 ans ayant un casier judiciaire vierge. Ah oui, parce que l'État ne fait pas
d'efforts. L'État ne va pas faire d'efforts parce que derrière l'État, il y a des Français. Les Français ne vont pas faire d'efforts pour des gens qui, en l'occurrence,
n'en font pas. 50% des Français, ils sont favorables. Car neuf opposés, ils n'ont peut-être pas bien compris ce qu'était cette mesure. Pourquoi vous la preniez ? C'est plus en direction d'un public, j'imagine, rural qu'urbain. Oui,
bien sûr. Bien sûr, bien sûr. Les jeunes, le nombre de jeunes, vous savez, le nombre de jeunes... qui renoncent à prendre un emploi parce que pour aller à leur emploi, ils n'ont pas de transport public, ils ont besoin d'une voiture et ils n'ont pas les moyens financiers pour pouvoir payer leur permis de conduire. Eh bien ça, ça n'est pas possible. Donc il faut évidemment les aider. De la même manière, la priorité d'accès, la priorité nationale pour l'accès aux logements... au logement étudiant, c'est évidemment quelque chose qui va également leur permettre de pouvoir se loger là où ils ont les plus grandes difficultés pour le faire. Et nous voulons qu'ils restent en France. Et c'est aussi pour ça que nous les exonérons d'impôts sur le revenu pour ceux qui travaillent jusqu'à 20 ans parce que je veux qu'ils restent en France, je veux qu'ils participent à la richesse de notre pays, qu'ils créent de la richesse dans notre pays. Oui, moins de 30 ans. Et c'est très important pour nous. tente d'avantager tout ce qui nous apparaît être également positif pour la collectivité. Il y a beaucoup, par exemple, d'étudiants qui travaillent. Nous allons faire un effort pour les étudiants qui travaillent à côté de leurs études. Il faut évidemment qu'ils valident leur trimestre. Mais si c'est le cas, nous opérerons une aide financière à leur égard. Je crois que tout ça va dans le bon sens et correspond d'ailleurs à la volonté que nous avons de leur permettre d'entrer sur le marché du travail le plus tôt possible. Ça, c'est tout le volet de l'effort que nous faisons pour l'apprentissage et pour l'alternance, qui me paraît être
une voie royale. Et pourtant, on le voit dans ces manifestations, et pas forcément parmi les casseurs, le Rassemblement national à mauvaise presse. On a un sondage Ipsos-BVA pour le CVIPOV qui dit que 43% des jeunes de 18 à 24 ans disent vouloir voter Jean-Luc Mélenchon en 2027, 21% pour vous. Comment vous l'expliquez ? Ce sont ceux-là qui
manifestent en réalité. En tout cas, ce sont ceux-là qui manifestent bruyamment, violemment, et donc qui attirent les caméras. Mais ça n'est pas représentatif de l'ensemble de la jeunesse. Il y a beaucoup de lycéens, encore une fois, qui ont des vrais reproches à faire sur les emplois du temps. On dit que les emplois du temps sont des gruyères. Oui, c'est vrai, mais c'est lié à quoi ? C'est lié à la réforme du bac. C'est qu'à force d'avoir multiplié les options... En réalité, ils ont des emplois du temps qui sont effectivement insupportables. Vous refondez tout du sol au plafond ? Il faut refonder tout. Il faut déjà revenir à l'enseignement des fondamentaux. Et ça, c'est quelque chose qui est absolument essentiel. C'est pour ça que je regrette un peu que l'école ne soit qu'à 5% des préoccupations. Parce qu'en réalité, c'est l'avenir de la France qui se joue à
l'école. Marine Le Pen, 21h30, on est sur CNews et sur Europe 1. On passe à l'épreuve des faits. C'est une petite séquence courte qui va nous permettre de voir si vous avez changé d'avis au cours des années. On va le vérifier grâce à des archives vidéo. Vous avez changé d'avis sur certains sujets. Oui, je le dis en général, à la différence des
autres.
Je vais vous questionner là-dessus. La première archive, elle date de 2016. Vous dites que vous voulez quitter l'Union européenne. On va vous écouter parce qu'hier, vous étiez à Bruxelles. Vous n'étiez pas exactement le même discours. 2016, Marine Le Pen.
faut croire en la politique, croire en l'état-nation. Regardez les Britanniques, ils ont eu ce courage. Contre tous les prophètes de malheur, ils ont choisi leur destin. Ils ont décidé de redevenir maîtres d'eux-mêmes et de quitter l'Union européenne. Ils ont fait le choix de l'indépendance. Au Royaume-Uni,
une femme a accepté la charge de mener à bien le Brexit. Ce référendum sur notre appartenance à l'Union européenne, je
le ferai
en
France. Parce que vous avez le droit à la parole dans votre pays.
avez-vous changé d'avis, Marine Le Pen ? Parce que c'était irréalisable ?
Non, non, pas du tout, parce qu'en réalité, c'est Jordan qui avait dit que c'était très juste, on ne quitte pas la table quand on est en train de gagner la mise. La politique a beaucoup changé en Europe. Il y a beaucoup aujourd'hui de mouvements politiques qui pensent la même chose que nous, c'est-à-dire qui ont la volonté de changer le fonctionnement de l'Union européenne. Car il y a une chose qui n'a pas changé en revanche, c'est les critiques que je formule à l'égard de l'Union européenne, dont je considère qu'elle est de moins en moins démocratique. que les politiques qu'elle met en œuvre, notamment les politiques de décroissance, ont eu des effets dévastateurs sur notre industrie, sur notre économie. Donc je conserve l'ensemble de ces critiques à l'égard de l'Union européenne. Mais aujourd'hui, j'ai des alliés pour changer cette Union européenne, pour transformer l'Union européenne en Europe des nations. Il y aura, Madame Ferrari, quatre. 4 des 5 plus grands pays de l'Union européenne qui vont avoir des élections en 2027. L'Espagne, la France, la Pologne et l'Italie. Ces 4 grands pays peuvent faire basculer... la direction qui est celle de l'Union européenne depuis des années et que nous contestons formellement parce que nous jugeons aussi l'arbre à ses fruits et que le moins qu'on puisse
dire, c'est que ce n'est pas brillant. C'est pour ça que vous voulez aussi réduire la contribution de la France à l'Union européenne, la réduire de 11 milliards d'euros. Hier, d'ailleurs, 31 milliards ont été votés à l'Assemblée nationale.
Je veux la réduire parce qu'elle n'a eu de cesse d'augmenter dans des proportions tout à fait spectaculaires et que lorsqu'il y a eu l'élargissement, Jacques Chirac a dit qu'il accepte... que notre contribution nette... c'est-à-dire ce que nous laissons à l'Union européenne, ce que nous ne retrouvons pas en réalité par l'intermédiaire des différents programmes, s'établissent à 5 milliards. Nous souhaitons aussi qu'ils s'établissent à 5 milliards. Aujourd'hui, c'est 10 milliards. On nous dit que demain, ça va être 15 milliards. C'est insupportable. Nous ne pouvons plus accepter cela. L'Union européenne est en train de s'attribuer des compétences que personne ne lui a déléguées. Ils veulent faire un service de renseignement européen. européens, ils s'occupent de diplomatie, ils s'occupent d'aide au développement, ils veulent maintenant avoir une armée. Donc on va les pousser à revenir à leurs compétences propres, dont la PAC, qu'il faut évidemment sanctuariser. Mais nous n'avons aucune raison d'accepter que toute une série de pays aient négocié au fur et à mesure des années des rabais. Et c'est encore le cas cette année. Et nous, nous négocions jamais aucun rabais. Nous nous retrouvons donc dans une situation au regard des autres pays qui, économiquement, est plus mauvaise. Nous nous retrouvons quasiment dans les pays qui sont les moins bénéficiaires du marché unique. Et malgré cela, notre contribution en aide continue à augmenter. Mais il n'y aura pas de référendum sur la sortie de l'Union européenne. Non, il n'y aura pas de référendum. Je l'ai annoncé en 2017, d'ailleurs, de manière très claire. à la différence des autres. J'ai vu beaucoup de responsables politiques qui changent d'avis. Ils n'expliquent jamais pourquoi. C'est-à-dire qu'ils vous disent quelque chose comme une évidence. Je suppose qu'ils y croient. Et puis après, ils arrivent et ils vous disent autre chose comme une évidence. Et ils n'expliquent pas pourquoi ils ont changé d'avis. Moi, il m'est arrivé d'abandonner des mesures, rarement. Mais j'ai toujours expliqué
aux Français pourquoi je le faisais. Sur les retraites, on va écouter une archive de septembre 2021. C'était sur Europe 1. Vous parliez de la retraite à 60 ans. On l'écoute.
Je maintiendrai le retour à la retraite à 60 ans avec 40 annuités. C'est marrant parce que jamais on ne va au bout. Quand on m'interroge sur la retraite à 60 ans, on ne dit jamais avec la condition des 40 annuités. Et c'est pourtant absolument essentiel parce que la retraite à 60 ans, ça ne veut, si je puis me permettre, rien dire si on n'appuie pas cet âge sur 40 annuités. Pareil, là vous avez changé d'avis ? Oui, parce qu'on a 1 300 milliards d'euros de dettes supplémentaires depuis Emmanuel Macron. C'est quand même pas rien. Sur 3 500, c'est absolument considérable. Il a fait plus de dettes que tous les présidents de la République réunis à lui tout seul. Je suis obligée d'en tenir compte. Et j'ai donc proposé une réforme qui m'apparaît équilibrée, que je d'ailleurs révélerai le 17 novembre prochain et qui permet à ceux qui sont en fait... Avec de la capitalisation ? Avec une... un pilier en effet de capitalisation mais qui permet pour ceux qui ont commencé à travailler avant 20 ans de bénéficier d'un âge légal à 60 ans avec évidemment 40 annuités et ceux qui ont commencé après 20 ans progressivement iront jusqu'à 62 ans avec 42 annuités ça me paraît juste et c'est économiquement
On y reviendra dans un instant en détail avec Agnès Zernier-Molinier. Il y aura aussi le face à la rédaction dans un instant avec Louis de Ragnel, Gautier Lebray de Charleur, Donner Lasse. Dernière archive très courte que je vous montre. Jean-Luc Mélenchon, vous l'avez déjà affronté à plusieurs reprises lors des débats en 2002. En 2012, on va regarder les échanges et on va voir ce que ça pourrait donner en 2027.
souffre beaucoup, M. Mélenchon notamment, des critiques qui sont faites aux politiques. Et pourtant, qu'est-ce que vous les méritez ? Parce que qui a contribué à faire croire aux Français que l
'intégralité des hommes politiques était malhonnête ? C'est vous. Et c'est vous. Parce que vous. Parce que... Mais oui, bien sûr, vos partis. Mais qui est allé, celle-là ? Qu'est-ce que j'ai fait ? Le RPR, l'UDF, le PS et le
PC. Vous voulez que je vous rappelle un certain nombre d'affaires ? Votre seule stratégie de campagne, depuis que vous avez démarré votre campagne, a été une succession. quasi quotidienne d'ailleurs, d'injures. Le 18 janvier, lors d'un point presse à messe, vous m'avez traité de semi-démente. Ça vous laisse une bonne moitié. De vampire.
S'il vous plaît, Jean-Luc Mélenchon, on laisse terminer Marine Le Pen.
Le 8 février, Marine Le Pen, que vous êtes bête. C'est le débat auquel vous vous préparez, Marine Le Pen, avec Jean-Luc Mélenchon.
Non, ce ne sont pas des débats de second tour. Mais à l'époque de votre premier extrait, il était sénateur socialiste, car il fait beaucoup d'efforts pour le faire oublier, mais il a été tout de même sénateur socialiste pendant 27 ans. C'est toujours bon aussi de le rappeler. Donc j'ose espérer, si tant est, qu'il accède au second tour, car l'élection n'est pas faite pour personne. Y compris pour vous ? Pour personne. Tant que les Français ne se sont pas exprimés, il faut avoir la modestie de ne pas tirer des plans sur la comète. Mais j'ose espérer que si un débat de second tour doit m'opposer à lui, il se comportera de manière plus courtoise. Vous y croyez je vous ai dit au début de cette émission que j'étais une grande optimiste.
Marine Le Pen, il est l'heure de passer au face à la rédaction. On va s'installer sur le plateau principal. Et nous ont rejoint sur le plateau Louis de Ragnel. Bonsoir Louis, Charlotte Dornelas du JDD, Louis de Ropin et Gauthier Lebrecht de CNews. Bonsoir Gauthier. Allez-y, commencez.
Je vais poursuivre sur Jean-Luc Mélenchon. Marine Le Pen, est-ce qu'au fond vous ne rêvez pas, vous vous en défendez en disant que vous voulez un second tour avec le bloc central, mais est-ce que vous ne rêvez pas de ce second tour avec Jean-Luc Mélenchon puisque c'est votre meilleure chance aujourd'hui de l'emporter ?
Monsieur Lebrecht, si j'en rêvais, je vous le dirais. Voilà, vous voyez, j'ai cette qualité. Admettez cela, c'est que quand je pense quelque chose, je le dis. Bien sûr que je suis comme vous, je regarde les sondages et bien sûr, j'imagine qu'il pourrait y avoir un vote contre. Jean-Luc Mélenchon, si nous nous retrouvions tous les deux au second tour. C'est précisément l'hypothèse qui me paraît la moins agréable et la moins utile. Ce que je veux, c'est gagner... avec des gens qui vont voter pour ce que je leur propose, pour le projet de renaissance de la France. Pas contre. Je l'ai dit, je le répète et je le pense, je préférerais gagner l'élection présidentielle face à un candidat. du centre que face à Jean-Luc Mélenchon, qui certainement se sera calmé d'ici là, parce que je commence à bien le connaître. En général, le loup met son habit de grand-mère dès qu'on s'approche de l'élection. Mais je sais qu'il représente un épouvantail pour un certain nombre d'électeurs.
Mais Marine Le Pen, vous avez perdu deux fois face au bloc central. Est-ce que vous n'avez pas la crainte de perdre une troisième fois alors qu'il y aurait un front républicain ? Certainement un barrage antifasciste avec tout ce qu'on connaît à chaque fois, place de la République ?
Non, je n'ai pas peur, M. Lobrette. Je n'ai pas peur. Je n'ai pas peur et précisément, je pense que nous avons la possibilité de gagner face à un candidat du centre et qu'il serait bon que nous le fassions parce que ça nous donnerait une puissance. L'expression de la volonté populaire serait ainsi telle. qu'on pourrait mettre en œuvre toutes les réformes absolument nécessaires. Pour la France. Parce que si vous saviez le nombre, vous imaginez le nombre de choses qu'il y a à faire. Quand on voit, je l'ai dit tout à l'heure, l'état de la santé, de l'éducation, du logement, de l'insécurité, de l'immigration, des finances, il n'y a plus rien, encore une fois, qui tienne de but. L'agriculture, même notre puissance nucléaire se remet difficilement des attaques dont elle a été l'objet pendant des années. Donc il y a... un travail herculéen. Et moi, j'ai besoin de ce soutien du peuple. J'ai besoin de son énergie. J'ai besoin de sa volonté. Et je pense que je l'aurais plus en gagnant face à un candidat du centre que face à Jean-Luc Mélenchon. Mais bon,
on ne pourra pas non plus
être trop difficile. La
fameuse rengaine de Marine Le Pen et la meilleure assurance vie du système, que dit souvent Éric Zemmour, c'est terminé.
– Oui, lui n'a jamais été la garantie de personne du coup, il n'a pas pu le démontrer toujours. Donc je trouve ce genre d'attaque un peu basse. Est-ce qu'on pourrait dans une campagne présidentielle demander gentiment, moi je le demande en tout cas à mes interlocuteurs, de débattre sur le fond ? Est-ce qu'on peut arrêter de se limiter aux invectives, aux c'est nul, c'est une trahison, c'est grotesque ? Est-ce qu'on peut, si possible, échanger argument contre argument ? Nous sommes un grand peuple politique. Nous adorons la politique. Nous adorons le débat d'idées. Et notre classe politique... Je vais effondre ce débat d'idées et je le regrette parce qu'il y a beaucoup de choses à dire. Il y a des options différentes qui sont sur la table. Et pour que les Français puissent faire un choix, puissent se déterminer, il faut qu'ils puissent avoir les arguments des uns et des autres. Et c'est malheureux parce que j'ai le sentiment qu'avec certains journalistes, nous avons la possibilité, comme nous le faisons ce soir, de proposer nos solutions. Mais avec la classe politique, c'est de
plus en plus difficile. Jean-Luc Mélenchon sature littéralement l'espace médiatique avec ses meetings, avec les manifestations. Vous semblez presque discrète à côté de lui. Est-ce que c'est le meilleur en campagne ?
Il ne sature pas. Il fait des meetings. Il est en campagne. C'est normal. Il est rentré avant tout le monde. Il a fait ses
universités d'été avant tout le monde. C'est
son libre choix. Il fait sa campagne comme il le souhaite. Dieu merci d'ailleurs. Il fait campagne. Il fait des meetings. Il fait quelques provocations qui lui permettent d'avoir un écho médiatique. Il fait là quelque chose qui me paraît éminemment en revanche critiquable. C'est précisément nourrir cette... Pulsion de dégradation et cette pulsion de mort et cette pulsion de contestation de tout chez une certaine jeunesse. Il fait de ces jeunes des ennemis de tout. Il faut qu'ils détestent leurs parents, leurs grands-parents, la police, l'État, l'école. Il faut qu'ils détestent tout, l'avenir. Mais bon sang, on a autre chose à offrir à la jeunesse. leur vie peut être tellement belle, pour peu qu'on leur laisse la possibilité de la construire, que c'est vraiment dommage de voir ça. – Dernière question. – Une
dernière question, Laurence y a déjà fait référence tout à l'heure, mais vous êtes prête à un débat de second tour avec lui, à la violence de ce débat
? — Mais oui. Encore une fois, je ne suis pas sûre que ce débat serait si violent que cela. Voilà. Je n'en suis pas sûre avec lui. Vous savez, le lundi, vous vous faites insulter. Le mardi, vous le rencontrez au Medef. Il est plutôt courtois. Le mercredi, à nouveau, ce sont des invectives. Bon... Il faut
tomber un bonjour,
c'est
tout. 21h45, on est en direct sur CNews et sur Europe 1 pour Objectif Élysée 2027. Louis Dureg, elle a une question pour Marine Le Pen. Oui,
Marine Le Pen, dans les meilleurs sondages, vous êtes à 36, 37% d'intention de vote au premier tour. Mais le défi pour vous au second tour, si vous y parvenez, c'est de parler aussi à tous ces électeurs de la droite, de Bruno Retailleau jusqu'à Edouard Philippe, en gros, l'électorat de François Fillon en 2017. Qu'est-ce que vous leur dites ?
pardon de vous contredire, mais au second tour, je ne vais pas me contenter de parler à la droite. En réalité, je vais parler à la France parce que c'est exactement le sens d'une élection présidentielle. Je vais donc m'adresser à tous les Français et je vais leur dire que contrairement à... à la caricature qu'ils ont pu entendre sur nous. S'ils regardent précisément ce que nous proposons, nous avons la possibilité de sortir la France de la situation très compliquée dans laquelle elle est actuellement plongée. Et de lui redonner non seulement des marges de manœuvre, mais une espérance. C'est ça que je veux faire. Et que nous pouvons entrer dans cette... dans une nouvelle renaissance, qui d'ailleurs ne serait pas seulement celle de la France, mais aussi celle de l'Europe. Donc je m'adresserai à tous. Mais vous savez, les électeurs sont des adultes. Ils sont majeurs. Ceux qui veulent... peuvent aller regarder et trouver les propositions qui sont faites par les uns et par les autres. Et moi, j'ai confiance dans le peuple français. J'ai confiance dans son instinct de survie. Et je crois que cet instinct de survie est peut-être... plus acérée encore à cette présidentielle qu'il ne l'a été lors des dernières.
Et est-ce que vous êtes prête à faire des inflexions ? Parce que justement, là, vous parlez à vos électeurs du premier tour. Mais justement, si vous voulez parler à des gens qui sont parfois un peu méfiants, défiant à l'égard de votre programme... Il manque un
B. Il manque un B. Vous avez dit
de parler à tous les Français. Il y a forcément des Français qui vous connaissent mal, ont de la défiance, sont inquiets par rapport à vos propositions économiques ou par rapport à d'autres propositions. Est-ce que vous serez prête à un certain nombre d'inflexions, à bouger sur un certain nombre de mesures ?
modifier mon programme ou mon projet pour les rassurer. Vous voyez, il y a deux temps en réalité. Il y a une double élection. Il y a une élection présidentielle et il y a une élection législative. L'objectif est de gagner l'élection présidentielle, puis après de constituer une majorité aux élections législatives. Je pense que nous sommes d'ailleurs les seuls, je l'ai dit, à pouvoir obtenir une majorité absolue. Mais si ça n'était pas le cas, et même si c'était le cas, nous avons évidemment, et ce sera le rôle de Jordan Bardella, l'objectif de constituer une majorité la plus large possible. Mais mon projet, il est cohérent. Moi, je suis prête à discuter, je suis prête à échanger. Je suis
prête à échanger,
mais la limite, c'est la cohérence du projet. Il faut que le projet reste cohérent.
Donc vous êtes prête à travailler avec des gens, des Républicains
Présidente de la République, je ne vais pas travailler avec les uns ou avec les autres. Moi, j'aurais reçu mandat du peuple français sur un projet qui est clair, qui est détaillé, qui est cohérent. Après, à l'Assemblée nationale, la majorité qui se constituera... devra évidemment discuter, devra trouver peut-être sur certains sujets des compromis. Mais moi, ça ne me dérange pas. L'idée de compromis ne me dérange pas. tant que ça n'atteint pas la cohérence du projet.
D'accord, mais justement par rapport à cette cohérence du projet, vous pourriez aller de où à où pour rassembler une coalition, une grande majorité ?
Mais monsieur, c'est aux autres qu'il faut le demander. Vous voyez, ce n'est pas véritablement à moi en réalité. Moi, j'ai toujours dit, je m'adresse à l'ensemble des Français. Ça veut dire qu'il y a des gens qui vont venir, qui vont voter pour moi et qui vont venir de la gauche. Il y a des gens qui vont venir de la droite et donc il y a... Pas de surprise, d'ailleurs, à retrouver au sein du mouvement que j'ai dirigé durant un certain nombre d'années, des gens qui viennent de la gauche et des gens qui viennent de la droite. C'est précisément parce que ce projet, c'est un projet qui défend la France et qui ne défend pas la droite ou qui ne défend pas la gauche. Moi, j'entends des candidats à la présidentielle qui disent « oui, alors pour sauver la gauche, pour redresser la droite », je crois qu'ils se trompent d'élection. Voilà, je le dis franchement, je pense qu'ils se trompent d'élection.
de Ragnel, c'était vos questions. Charlotte Dornelas du GDD, c'est à vous la parole.
Oui, alors vous avez beaucoup parlé de la jeunesse. On a beaucoup parlé ces derniers jours de la jeunesse qui casse, qu'on a opposée à celle qui construit. Mais il y a un fait qui est indiscutable, c'est qu'il y a un malaise aujourd'hui dans la jeune génération, une détresse immense dans cette jeune génération, qui se décrit, sans y apporter les mêmes réponses, comme sacrifiée. Est-ce que vous êtes d'accord avec ce mot ? Quelle est la réponse que peut apporter le politique à cette détresse ou à ce qui a été sacrifié dans cette génération ? C'est la France qui est
sacrifiée. Donc sa jeunesse l'est. comme l'ensemble du peuple français et sacrifier, sacrifier sur l'autel des erreurs qui ont été commises, sacrifier sur l'autel de la perte de notre souveraineté, de la perte de notre puissance, de la perte de notre fierté nationale. Bien sûr, c'est d'autant plus difficile pour les jeunes de se projeter en réalité dans la France telle qu'on leur laisse. Mais moi, je viens leur dire qu'il n'y a pas de fatalité, que la France, elle sera ce qu'ils vont en faire, ce que nous... allons en faire ensemble et qu'elle peut à nouveau encore une fois avoir de très belles heures retrouver cette puissance cette espérance recréer de l'emploi parce qu'ils sont très inquiets d'avoir un emploi demain ils sont très inquiets du niveau d'insécurité parce qu'ils en sont souvent les premières victimes les jeunes mais ça n'est tout ça n'est pas une fatalité il y à à côté de nous des pays en europe où vous pouvez vous balader à 4h du matin en mini-jupe, avec un collier en or, sans risquer de se faire agresser, violer ou dépouiller. Il n'y a pas de fatalité, il n'y a que des mauvaises politiques qui ont été menées. Donc je leur dis de ne pas perdre espoir, mais de se choisir aussi un chemin. Et ce chemin-là, ça ne peut pas être celui de la révolution, dont nous savons tous, parce que nous connaissons nos classiques. qu'elle mange ses enfants.
Justement, il y a la question de la jeunesse. Vous avez dit que le monde adulte souffre lui aussi de cette réalité. Mais s'il y a bien une génération qui a été sacrifiée, c'est celle de ces dernières années à l'aide sociale à l'enfance. Vous avez pris la parole sur ce sujet. Vous êtes la seule, en tout cas à ce stade de la campagne, à l'avoir fait sur la protection de l'enfance et en présentant cette fois-ci votre projet. Et vous avez dénoncé dans un même mouvement deux erreurs, deux drames, deux catastrophes. Ce sont vos mots. Entre les enfants qui nécessitent une prise en charge et qui sont mal pris en charge, tout le monde est d'accord sur ce constat, et les enfants qui devraient rester dans leur famille, comment est-ce que vous comptez justement, et qui sont placés aujourd'hui, comment vous comptez rétablir une juste mesure dans la protection de tous ces enfants
? D'abord, je vais créer un ministère de plein exercice. Deuxièmement, je vais nationaliser, retirer au département et prendre à nouveau la responsabilité par l'État de la gestion de l'aide sociale à l'enfant, ce que j'appellerais l'aide sociale à la famille. Parce que vous avez raison de le rappeler, il y a deux situations dramatiques. Il y a la situation des enfants qui sont retirés à leur famille et dont la moitié sont retirés. Non pas à cause de maltraitance, mais en réalité en raison des difficultés souvent financières, des difficultés de logement de la famille. Et là, je considère que la solidarité de l'État doit évidemment venir au soutien de ses familles pour pouvoir maintenir ce lien familial. Et puis il y a ceux que l'on retire, il y a mille raisons pour cela. Une maman solo qui a par exemple une grave maladie qui doit être hospitalisée pendant deux mois, eh bien on prend l'enfant. Et on le place. Mais je dis d'abord, laisser l'enfant dans sa famille. Deuxièmement, la laisser dans la famille proche. Les parents, les grands-parents, les oncles, les tantes, les cousins, déjà. Et puis après, les familles d'accueil. Donc il faut évidemment vérifier l'agrément, donc il faut vérifier, faire une enquête de moralité, y compris d'ailleurs pour ceux qui s'occupent des enfants dans les foyers. Et le dernier stade, c'est le foyer. Et puis, il y a aussi ces enfants qu'on maintient dans des foyers alors qu'ils n'y sont pas en sécurité. Et là, il y a vraiment une... Tout est à changer, tout est à revoir. Mais je vous dis ça, mais... On faisait les mêmes reproches à la DAS. Quand vous voyez qu'il y a des foyers dans lesquels une soixantaine d'enfants ont été soumis à un réseau de proxénètes, ça n'est pas admissible. Et des foyers qui n'étaient pas agréés. Donc tout cela ne doit plus exister. Donc en tout cas, on mettra en place tout ce qu'il est nécessaire de mettre en place pour que ça n'arrive plus. En revanche, les enfants qui sont maltraités, il ne faut pas attendre un mois, deux mois, trois mois, comme c'est souvent le cas. On ne peut pas dire à un enfant « toi, tu es dans tel département, tu as de la chance, ça va aller vite, mais toi, tu es dans un autre département, tu as moins de chance, ça ne va pas aller vite ». Il faut donc, encore une fois, qu'il y ait des critères qui soient clairs et que ce soit un ministre de plein exercice qui se charge de nos plus faibles, de ceux qui n'ont aucune capacité de se défendre et qui ont déjà un... démarre dans la vie dans des conditions absolument épouvantables et dont on rend la vie parfois encore plus difficile, encore plus épouvantable. 21h55, une dernière question. Vous
avez également insisté justement dans votre volonté de réorganisation de cette aide sociale à la famille sur la question de la responsabilité des acteurs de la protection de l'enfance. On a compris ces derniers temps et à grand renfort de rapports que la dissolution de la responsabilité faisait qu'il n'y avait jamais de responsabilité engagée. Comment est-ce que vous comptez justement ? la rétablir, cette responsabilité, pour que les gens répondent de leurs actes vis-à-vis de ces enfants ?
Il
suffit d
'appliquer la loi. Mais encore faut-il qu'au départ, il y ait une véritable surveillance dans les embauches. C'est-à-dire qu'on a plus de critères d'exigence pour embaucher quelqu'un qui garde une banque que pour embaucher quelqu'un qui s'occupe d'enfants. Et particulièrement d'enfants qui n'ont souvent plus de famille et qui donc... non plus la possibilité de saisir personne. C'est la raison aussi pour laquelle je pense qu'il faut que les enfants puissent avoir un avocat, quelles que soient les circonstances, parce qu'ils doivent pouvoir saisir et parler à un adulte qui ne soit pas exclusivement les adultes qui se chargent d'autres, dont je tiens à dire quand même qu'il y en a énormément, parce que c'est important pour moi. Il y en a énormément qui sont des gens. fabuleux, remarquables, pleins d'amour, qui élèvent ces enfants souvent un peu cassés, qui sont merveilleux. Il y a des associations extraordinaires. J'ai rencontré la présidente de l'association de La Mouette. La Mouette, ils font un travail extraordinaire. Ils ont créé le salle Mélanie, Amélie, pardon. Il faut absolument les démultiplier d'ailleurs parce qu'elles permettent de recueillir la parole de l'enfant. Donc il faut... Mélanie, c'est ça ? Je ne sais plus si c'était Amélie ou Mélanie. Mélanie, elle me pardonnera. Mais il faut qu'il y en ait dans tous les commissariats, il faut qu'il y en ait dans toutes les gendarmeries. Mais voilà, il y a des gens merveilleux dans ce système de protection de l'enfance. Il y en a qui sont à écarter d'urgence et pour certains à condamner lourdement.
21h57, dans un instant, Agnès Verdier-Molinier va venir pour parler pouvoir d'achat, pour pouvoir parler d'impôt, budget. Mais une dernière question de Gauthier Lebrecht.
Marine Le Pen, sur l'immigration, vous allez sans doute me dire que l'immigration zéro, c'est impossible. Mais est-ce que vous, présidente de la République, ça serait l'immigration presque zéro
ne sais pas ce que ça veut dire presque zéro, mais...
L'immigration la plus faible possible.
Oui, je pense qu'il faut, compte tenu de la situation catastrophique dans laquelle nous sommes, limiter au maximum l'immigration. Aujourd'hui, nous n'avons pas un besoin d'immigration de travail, puisque nous avons une grande partie quand même des étrangers qui sont en France, qui sont déjà au chômage. Donc déjà, la première des choses, c'est peut-être de ne pas les laisser au chômage avant d'en faire venir d'autres. Je pense que le droit d'asile a été totalement détourné de son objectif. Je pense que le regroupement familial, nous ne pouvons plus en supporter la charge. Je pense que les MNA, il faut régler le problème avec les pays mineurs d'originaires, les mineurs non accompagnés, sachant que d'ailleurs je les sors. de la protection de l'enfance parce que je pense que ça relève de l'immigration et non pas de la protection de l'enfance. Et même pour les étudiants, il faut que nous soyons beaucoup plus exigeants, y compris dans les critères des pays auxquels nous accordons la possibilité d'envoyer des jeunes pour bénéficier de l'enseignement en France.
Alors on sait bien évidemment que sur l'immigration, les mains du président de la République sont quelques parliers. par le Conseil d'État, le Conseil constitutionnel. Et vous avez justement vu ce qu'a dit le président du Conseil constitutionnel, Richard Ferrand. Il a dit que votre référendum, ce n'était pas possible. Qu'est-ce que vous lui répondez à Richard Ferrand ? Alors
d'abord, je lui réponds qu'il a... Comment dire ? Il a violé son serment.
Il est là aussi grâce à vous. Vous êtes abstenue pour sa nomination.
Oui, quelque part, vous avez raison. Mais comme c'était lui ou Taubira ou lui ou Dupond-Moretti, si vous voulez... Ce n'est pas annoncé comme ça. Je peux vous dire que oui. Parce que si sa nomination n'était pas passée, alors il aurait fallu aller chercher... pour le président de la République les voix de LFI. Sinon, rien ne passait. Et par conséquent, il n'aurait pas pris de risque. Il aurait donc choisi une figure qui soit une figure qui agrée à LFI. Je ne suis pas sûr qu'on aurait vraiment gagné au change. Il n'en demeure pas moins que M. Ferrand a violé son serment. Il a prêté serment auprès du président de la République. Et dans son serment, il y a une obligation qui le tient, qui est de ne pas... prendre position publiquement sur un sujet qui pourrait, soit qui a été, soit qui pourrait être soumis à la décision du Conseil constitutionnel. Donc vous demandez sa démission ? Je pense qu'il devrait dans ces conditions partir parce qu'il a violé, encore une fois, le... les exigences d'une loi organique tout de même. Rien ne l'oblige. Et il devrait le savoir. Et de surcroît, sur le fond, il se trompe. Et permettez-moi, si vous m'accordez... une minute trente, de vous lire une interview, la réponse du général de Gaulle qu'il a donnée dans une interview sur ce sujet. L'article 11 est en tête de ceux qui fixent les pouvoirs du président de la République. Il lui attribue le droit de soumettre au référendum tout projet de loi portant sur l'organisation des pouvoirs publics. Je répète et je souligne, dit-il. Tout projet de loi portant sur l'organisation des pouvoirs publics. Or, qu'est-ce que c'est qu'une constitution, sinon précisément l'organisation des pouvoirs publics ? Par conséquent, ne pas admettre qu'on puisse proposer au pays un changement de la constitution portant sur l'organisation des pouvoirs publics, c'est nier que ce qui est écrit, est écrit. Monsieur Ferrand devrait revoir toutes ces interviews du général de Gaulle.
Marine Le Pen, vous serez la présidente de tous les Français ? Oui. Puisqu'on découvre ce matin, sondage IFOP pour Marianne, que 46% des Français de confession musulmane envisagent de partir si vous êtes élu, et 43% des électeurs de la France insoumise. Vous leur répondez quoi ?
Ils ont tort. C'est leur pays, ils sont français, on n'a qu'un pays. Et par conséquent, on peut être en désaccord avec moi, mais je suis quelqu'un d'éminemment respectueux de la démocratie, d'éminemment respectueux de l'ensemble des opinions politiques. Nous, nous ne sommes pas comme LFI. Alors LFI, ils projettent sur les autres leur propre vie, si je me permets. C'est-à-dire que comme eux, ils ne supportent pas, ils considèrent comme des ennemis leurs adversaires. Ils sont prêts très certainement à leur faire beaucoup de mal s'ils arrivaient au pouvoir. Ça n'est pas mon cas. Ils pourront continuer très longtemps à être en désaccord avec moi. Ça ne me pose absolument aucun problème. Tout ce que je veux, c'est que la France soit remise en ordre. Être remise en ordre, ça n'est pas brimer. Ça n'est pas être dans le répressif. Ça veut juste dire faire appliquer la loi. Vous avez le droit d'être en désaccord. Vous avez le droit de manifester. Vous n'avez pas le droit de casser, de brûler, de violenter. Ça, ça n'est pas possible. aussi parce que c'est interdit par la loi et accessoirement c'est aussi interdit par la morale. Donc ils n'ont aucune raison de s'inquiéter, ils pourront rester bien entendu, ils pourront même continuer à faire des manifestations autant qu'ils le souhaitent, pour peu qu'ils ne créent pas grâce à cette manifestation, le chaos. – Là vous parlez de LF, Gauthier vous parlez des compatriotes musulmans. – Alors quant aux musulmans…
– 46% à vouloir quitter le pays si vous voulez. – Mais alors
quant aux musulmans, merci de me donner l'occasion de leur dire qu'ils ont tout à fait tort de craindre mon… arriver au pouvoir car je suis également extrêmement respectueuse de la liberté de conscience et de la liberté religieuse.
L'islam est compatible avec la République ?
Oui, je l'ai dit dix fois, je sais que ça va encore énerver certains qui vont sauter sur leur chaise en disant c'est odieux. Ce qui n'est pas compatible avec la République, c'est la charia. Ce qui n'est pas compatible avec la République, c'est le fondamentalisme islamiste. Voilà, ça, ça n'est pas compatible avec la République. C'est clair et ça a même été rappelé d'ailleurs dans un arrêt de... la Cour européenne des droits de l'homme qui a dit la charia est incompatible avec la démocratie. Donc ceux qui sont des adeptes du fondamentalisme islamiste et qui cherchent à imposer la charia en France me trouveront sur leur chemin. Les musulmans, eux, n'ont absolument aucune raison de s'inquiéter. Ils pourront continuer à exercer leur religion, à avoir leur croyance sans aucune difficulté. Je me permets de vous rappeler quand même qu'à Mayotte, il y a 80... 17% je crois de musulmans. Et je fais 60%.
Mais les femmes musulmanes ne pourront plus porter le voile demain dans la rue.
Je vais faire un référendum sur un projet de loi que nous avons rendu public, qui est un projet de loi de lutte contre les idéologies totalitaires. Je considère que le voile participe en réalité de cette idéologie totalitaire. D'ailleurs il suffit de regarder les pays musulmans où les fondamentalistes islamistes arrivent au pouvoir. La première des choses qu'ils font c'est d'imposer... Mais je le ferai de manière progressive. Je commencerai par l'interdire dans les universités, dans les fédérations sportives, dans les bâtiments publics. Et puis progressivement, j'espère convaincre les femmes musulmanes qu'elles seront beaucoup plus libres.
Ça veut dire que vous ne l'interdissez pas dans la rue ?
Si, je l'ai dit, je le ferai de manière progressive. Oui, vous n'avez pas cité la rue,
vous avez cité l'université, mais pas la rue. Non, je l'ai dit, je
commencerai par, puis l'objectif... Parce que Richard
Ferrand vous dira peut-être que ce n'est pas possible dans la rue. Il faudra interdire la kippa aussi.
Oui, mais entre-temps, nous aurons fait voter par référendum la loi de lutte contre les idéologies islamistes. Ce que je veux que vous compreniez, c'est que cette loi n'interdit pas les signes... ostensible de cette idéologie totalitaire sur la base de la laïcité. Ils combattent ce signe parce qu'ils sont. ceux d'une idéologie totalitaire, comme nous irons chercher les financements de cette idéologie totalitaire, les réseaux de cette idéologie totalitaire, les associations qui soutiennent cette idéologie totalitaire ou qui recrutent pour cette idéologie totalitaire. Vous voyez, ça n'a rien à voir avec la problématique de 2004, ni même avec la problématique de la laïcité.
Merci Gauthier Lebrecht, Charlotte Dornier, La Suisse de Ragnel. On passe au vrai ou faux avec Agnès Verdi-Molinier. Bonsoir Agnès Verdier-Molinier, vous êtes directrice de l'IFRAP, un groupe d'économistes qui analyse les programmes des candidats. Je rappelle les grandes lignes du contre-budget que vous avez présenté Marine Le Pen. 140 milliards d'économies sur 5 ans, 30 milliards de baisse d'impôts et une règle d'or pour amener le déficit de l'État à 3% du PIB. Agnès, bonsoir, allez-y. Bonsoir. Bonsoir Madame Le
Pen. Alors j'ai lu votre contre-budget et c'est vrai que vous annoncez 140 milliards d'euros d'économies. Et vous savez que la situation de la France est catastrophique au niveau budgétaire. On est peut-être à la veille d'une crise de la dette. Et vous savez aussi que les retraites dans ce pays représentent 24% de l'ensemble de la dépense publique. C'est plus de 420 milliards d'euros par an. Et dans votre contre-budget, finalement, moi, je ne trouve pas d'économie sur les retraites. Et c'est assez préoccupant parce que... Après toutes ces années, on a travaillé sur ces questions, la Fondation IFRAP. on voit qu'on ne peut pas faire 140 milliards d'euros d'économie si on ne traite pas le sujet de l'éléphant dans la pièce. Donc vous restez aux 62 ans, finalement vous dépensez de l'ordre de 10 milliards d'euros de plus, c'est votre chiffre, 9,5 milliards à l'horizon 2031, en repassant à l'âge de 62 ans. Mais aussi vous nous rajoutez une ligne en disant « je fais 15 milliards d'euros d'économie sur les retraites ». On a l'impression que c'est un peu magique.
'est normal parce qu'on ne vous l'a pas encore présenté.
D'où ça
sort
ces 15 milliards et qui sont supérieurs à la réforme Borne ? Parce
qu'en réalité, il y a notre réforme qui coûte 10 milliards et puis il y a le déficit des 10 milliards du corps. Nous vous présenterons le 17 novembre notre réforme des retraités. Vous vous apercevrez... qu'en réalité, nous avons beaucoup travaillé à précisément augmenter l'activité. Certains veulent augmenter l'activité en faisant travailler plus tard. Nous, nous voulons augmenter l'activité en faisant travailler plus tard. Et nous voulons aussi boucher l'intégralité des trous de tous ces tuyaux qui, en réalité, au fur et à mesure des années, ont subi des exceptions, des cadeaux, et qui fait qu'il n'y a plus de corrélation véritablement entre la masse de travail qui est fournie et les cotisations qui sont versées. Donc nous avons travaillé là-dessus, nous allons présenter cette réforme de retraite le 17 novembre. Mais ce que je voudrais dire... D'abord, Madame, c'est que quand on dit les retraites c'est horrible, c'est l'éléphant dans la pièce, c'est 400 milliards, personne n'envisage de supprimer le paiement des retraites quand même. C'est 400 milliards ? Non, mais Madame, c'est 14% du PIB. Il y a 25% de retraités dans notre pays. Donc, ce n'est pas non plus absolument délirant. Vous me diriez, il y a 45% du PIB qui va au paiement des retraités. Je vous dirais, oui, là, il y a un problème parce qu'il y a 25% de retraités. Donc, c'était 13%, c'est aujourd'hui 14%. Nous savons que nous avons des problèmes démographiques. Et je crois que je suis une des seuls, d'ailleurs, à proposer de relancer la
natalité. Vous savez qu'on dépense plus de 80 milliards. euros pour les retraites chaque année par rapport à la zone euro hors France. C'est absolument gigantesque. Vous savez aussi qu'on a un problème de taux d'emploi. Il faut qu'on travaille plus en France. Est-ce qu'on peut s'en sortir dans la situation actuelle en travaillant moins et moins longtemps ? Personne n'a dit qu'on travaillerait moins. On ne peut pas s'en sortir comme ça. Tous les autres pays européens sont allés vers le report de l'âge. Nous, on serait les seuls à pouvoir le faire comme par l'opération du Saint-Esprit. Tout d'un coup, les 9,5 milliards, hop, ils sont gagés par 15 milliards. Et on dit que ça efface. Vous ne pouvez
pas juger de cette réforme sans que nous l'ayons déjà présentée. Parce que ce n'est pas vous, je connais l'IFRAP, je connais très bien le sérieux de son travail. Et d'ailleurs, vous savez vous-même, parce que vous avez fait un rapport sur ce sujet, l'IFRAP a fait un rapport sur ce sujet en juin 2025, que si nous avions le taux d'activité... En France, nous avons 69%. Si nous avions le taux d'activité de l'Allemagne, il y aurait 50 milliards de déficits publics en moins. Voilà déjà une solution qui me paraît assez légitime. Mais c'est en travaillant plus
longtemps. Comment font les Allemands pour avoir 77% de taux d'activité ? Ils sont justement sur un âge de départ à la retraite qui est beaucoup plus tardif que le nôtre. Vous
faites partie de ceux... qui... restent enfermés dans le triangle des Bermudes. Moi, j'essaye toujours de sortir du cadre. Je vois tous les candidats à la présidentielle dont le projet est en réalité d'avoir des retraités pauvres. Ce qu'il faut, c'est avoir des retraités pauvres. Et qu'est-ce qu'on sera heureux quand on aura des retraités pauvres ? Eh bien moi, je suis très fière que dans notre pays, nous ayons des retraités qui soient peut-être les moins pauvres d'Europe. Je trouve que c'est un objectif légitime et c'est un choix de société, ce que je viens vous dire. La réforme que nous allons proposer sera... à l'équilibre. Vous n'allez pas me croire sur parole, mais vous attendrez le 17 novembre et je vous le prouverai. Le
sujet, c'est qu'il faut faire des économies sur les retraites. Et que c'est de l'ordre de 30 milliards d'euros qu'il faudrait réaliser. Alors il
faut faire trahir les gens jusqu'à 75 ans, alors
? Non, mais non, bien sûr que non. Mais si on repousse à 65, puis 66, comme l'ont fait tous les autres pays autour de nous... On arrivera à redresser nos finances publiques en travaillant plus, en créant de la valeur. Autre sujet.
Non, pas autre sujet. Tous les pays n'ont pas notre taux de cotisation. Nous, nous cotisons 28%. C'est considérable, c'est parfois le double des autres pays. Bon, ça c'est la première des choses. Deuxièmement, le premier emploi effectif d'un jeune enfant, c'est 27 ans. En Allemagne, c'est 24 ans. Est-ce que vous ne croyez pas tout de même qu'avant de vouloir faire souffrir les gens, de les faire travailler encore plus longtemps, y compris s'ils ont fait un travail extrêmement pénible, y compris s'ils n'arrivent pas à retrouver de travail, parce que bien souvent, les entreprises les virent à partir de 55 ans. On peut quand même se le dire parce que nous le savons, et l'une et l'autre. Est-ce qu'on ne peut pas commencer à mettre en place les conditions pour que des jeunes puissent entrer et trouver un travail plus tôt, vers 24 ans ? que vers 27 ans. Quand on
repousse l'âge de départ, on fait monter le taux d'activité des seniors et ça s'est vu dans tous les pays qui l'ont fait. Par ailleurs, bien sûr qu'il faut commencer à travailler plus jeune, mais il faut travailler plus jeune, il faut travailler plus quand on travaille et il faut travailler ensuite plus longtemps. C'est comme ça que la France en sortira. Il nous manque 7 milliards d'heures non travaillées en France parce que justement, on a ces trois problèmes sur l'activité. Ensuite, autre sujet, c'est la masse salariale publique. C'est 14% de notre dépense publique. Et là, là-dessus, je regarde votre contre-budget. Je vous ai entendu tout à l'heure, vous avez dit non-remplacement d'un départ sur deux dans les collectivités locales. C'est déjà un peu plus clair par rapport à ce qui est dans le document, dans le tableau. Mais qu'est-ce que vous faites exactement pour économiser sur le train de ville d'État, pour gagner en efficience ? Vous ne dites jamais exactement le nombre de postes au total sur l'ensemble des trois fonctions publiques que vous n'allez pas renouveler au moment des départs à la retraite. Quel est votre chiffre ? Est-ce qu'on peut le connaître ? Est-ce qu'il peut être officiel ? Parce qu'on a vu tellement de candidats nous dire qu'ils allaient réduire le nombre de postes et ne jamais le faire. Alors si vous ne dites pas officiellement le nombre de postes que vous comptez réduire, je doute que vous le fassiez ensuite.
8500 fonctionnaires, enfin ne pas remplacer en réalité, en ne les remplaçant pas un sur deux, 8500 fonctionnaires d'ici la fin du mandat. Dans la territoriale, 90 000... Et dans la fonction publique hospitalière, nous ne toucherons pas aux soignants, je le dis très clairement, mais dans l'administration, nous allons économiser 22 000... Postes. Ce qui fait donc 9,5 milliards à l'horizon 2031. Ça, c'est extrêmement clair. Mais en réalité,
là encore, ça ne suffit pas. Ah oui, mais alors d'accord. Madame. Et là, quand vous nous dites que vous économisez sur le train de vie de l'État, vous ne nous dites pas le nombre de postes de l'État que vous supprimez. Je ne l'ai pas entendu encore pour l'instant. Je viens de vous dire 83 500. 83 500. au niveau des opérateurs.
Oui, enfin, pas uniquement, mais vous savez, il y a aussi un certain nombre de secteurs où il va falloir, par exemple, embaucher encore des gens, parce qu'il en manque. Vous parlez des opérateurs de l'État, mais vous
ne parlez pas des
ministères
eux-mêmes.
On va les redispatcher. Nous ferons ce qu'il y a au mieux, Madame, pour que l'État fonctionne à nouveau. Ce que je veux dire, c'est que... Depuis que j'ai présenté ma trajectoire budgétaire, je croise des gens qui me disent « c'est pas assez » et d'autres qui me disent « c'est trop ». Alors il faut savoir, il faut se mettre d'accord. Est-ce que c'est trop ou est-ce que c'est pas assez ? Moi je pense que c'est intelligent. Ça n'est pas le coup de rabot idiot, stupide que nous avons eu l'habitude de voir. On consiste à dire « là on va tout raboter et puis comme ça, ça ira mieux ». Non, parce que le pays n'ira pas mieux. Donc nous modulons cela pour que nos services publics soient plus efficaces, pour que nous évitions... un effet récessif parce que c'est un danger. Parce que quand on fait beaucoup d'économies, il y a un risque d'avoir un effet récessif. Vous avez donc évidemment constaté que beaucoup... Des économies que nous faisons sont des économies non récessives. Vous qui êtes à l'IFRA, vous n'allez pas me dire que la suppression de l'ADEME est récessive. Je pense qu'on peut se passer de l'ADEME sans que ce soit véritablement récessif. La baisse de la contribution à l'Union européenne, ce n'est pas récessif.
Il est temps justement de dire la vérité aux Français sur ces économies qu'il faut faire. Et ces économies qu'il faut faire, il faut les faire en travaillant plus longtemps et en ayant une administration. En souffrant.
En fait, ce que les gens, ce que les économistes... supporte pas, c'est qu'on arrive à présenter une trajectoire budgétaire où on essaye de ne pas trop faire souffrir les gens. Non, il faut qu'ils souffrent.
Mais oui, mais la réalité, c'est que c'est pas exactement réel ce que vous présentez. Vous dites, je fais 15 milliards d'un côté, je fais 9 milliards de l'autre, j'équilibre à la fin. C'est pas possible. Même avec la réforme borne, le Conseil d'orientation des retraites nous dit qu'en 2032, on sera encore en déficit. Donc là, vous reculez, vous recréez du déficit et ensuite vous nous dites... Non, mais je ne peux pas vous laisser dire ça.
Je ne peux pas vous laisser dire ça parce que vous connaissez très bien les ressorts de l'économie et vous savez très bien que faire uniquement des économies, c'est aller à la récession directe. Et qu'il faut donc en même temps faire des économies. Et relancer l'économie. C'est-à-dire relancer les moyens de production. C'est la raison pour laquelle, oui, nous baissons des impôts. Et notamment des impôts de production.
Dernier sujet que j'aimerais aborder avec vous. Sur la production, vous dites choc de compétitivité. Vous baissez les taxes de production, ça va dans le bon sens. Vous allez sur une baisse du prélèvement forfaitaire unique, ça va dans le bon sens. Il y a plein de mesures comme ça qui sont intéressantes pour l'économie. Mais de l'autre côté, vous voulez absolument remettre en place un impôt sur la fortune financière. Donc en fait, vous nous dites, si vous n'êtes pas... à la tête de votre entreprise, si vous avez des actions dans des entreprises, on va vous taxer. Et je trouve que c'est antinomique. Parce que quelqu'un qui va monter une start-up, un jeune entrepreneur, qui peut-être un jour va réussir, il va se dire... Quelqu'un qui va investir dans cette start-up, finalement, il va se dire, moi, je vais peut-être me retrouver à l'impôt sur la fortune financière qui est proposé par le Rassemblement National. Pourquoi est-ce que vous vous accrochez ? absolument à cet impôt sur la fortune financière, qui en fait est un retour à l'ISF. L'ISF, ça n'a jamais apporté quelque chose de positif à la France. – Marine Le
Pen. – Agnès, je vous apprécie énormément, mais j'ai le sentiment toujours que vous êtes plus intéressé par les questions que vous posez que par les réponses qu'on peut apporter. Donc je vais quand même essayer de vous répondre. – Merci. – Je considère qu'il est juste. que dans une situation aussi difficile que celle que nous vivons, avec des classes moyennes et des classes populaires qui souffrent terriblement de la situation, tout le monde fasse un effort. Et je considère qu'à partir du moment où nous accordons une baisse de 20 milliards d'impôts de production, qui va permettre de réindustrialiser le pays, qui va permettre aux entreprises de pouvoir à nouveau réinvestir, que nous baissons les dépenses contraintes des salariés de ces entreprises. ce qui va permettre aux salariés de vivre mieux. Et bien ceux qui gagnent ou ont gagné très bien leur vie et ont un patrimoine important puissent également... à l'effort et c'est un effort qui est mesuré quand même puisque nous exonérons les outils les outils de travail nous exonérons la résidence principale ou unique jusqu'à un certain seuil nous exonérons les investissements dans les entreprises donc nous faisons en sorte que ça ne nuise pas à l'économie mais tout le monde doit faire un effort et je veux dire je trouve un peu Étonnant d'ailleurs que des gens qui ont un patrimoine important ne se disent pas « Moi j'ai envie de participer à la relance de la natalité, j'ai envie de permettre qu'on puisse financer des jeunes qui ont envie de s'installer et de faire leur troisième enfant. » Parce que nous avons des mesures sur ce sujet. Parce que somme toute, si le pays va bien, nos entreprises iront bien. Et si le pays ne va pas bien, nos entreprises n'iront pas bien. Nos
ménages en question, les entrepreneurs. Les investisseurs, ils sont déjà surtaxés. Vous avez lu nos rapports. C'est incroyable. Le niveau de fiscalité sur le capital qu'on a en France, c'est 60 milliards de plus par an. Et c'est de ça qu'on souffre aussi. Ce n'est pas qu'une question de dépense. C'est une question de... Je vais
quand même terminer sur une chose. J'aimerais que tout le monde soit bien au courant de tout. Moi, je considère que le coût du travail est vraiment très important. Et donc, je ne m'oppose pas aux exonérations de charges dont bénéficient les entreprises pour tous les... du SMIC jusqu'à, dégressivement, trois fois le SMIC. Mais ça coûte 77 milliards, madame. C'est 77 milliards dont beaucoup manquent du coup au régime, à la branche vieillesse de l'assurance maladie. Parce que vous voyez, si par exemple il n'existait plus d'exonération, eh bien la branche vieillesse de l'assurance maladie serait excédentaire de 14 milliards au moment où nous parlons.
— Non mais d'accord. Mais vous comprenez. Oui, mais ce que je veux vous expliquer... — Malgré ces allègements de charges, malgré ces allègements d'impôts, nos entreprises, elles payent plus de 150 milliards. Elles payent le prix du modèle social français par rapport à la moyenne de la zone euro. — Ce que je veux vous expliquer, c'est qu'il y
a des choix de société. Préserver la retraite des Français, c'est un choix de société. Permettre à ceux qui ont commencé avant 20 ans, qui font un travail manuel et qui ont vraiment du mal à aller comme vous leur... Jusqu'à 65 ans, c'est un choix de société. Alléger le coût du travail par ses exonérations, c'est aussi un choix de société. Mais tous ces choix de société bénéficient toujours à quelqu'un. Allez, il est 22h23, on est en direct sur CNews et
sur Europe 1. Mais ça, vous me le direz, madame, au bout de 5 ans. Avec Pierre Devineau et François-Olivier Gisbert. Pas tout de suite, pas avant. Parce qu'avant,
c'est un
procès d'intention. J'ai encore une question à vous poser, Marine Le Pen, avant qu'on écoute Pierre Devineau et François-Olivier Gisbert. À propos de l'Ukraine, vous étiez à Bruxelles hier. Vous avez dit que vous alliez arrêter les aides à l'Ukraine 6 mois après votre éventuelle accession à l'Elysée. Vous dites qu'on n'a plus les moyens. vous a répondu dans une interview à nos confrères du Financial Time. Il dit qu'il ne votera pas pour vous et pour cause. Mais il dit qu'il pense que Mme Le Pen ne maîtrise pas bien certains détails. L'expérience de notre armée sur le plan technologique est très importante pour nos partenaires. Il cite le Royaume-Uni, les Etats-Unis, mais la France aussi. Il dit que l'industrie française a tout à gagner à cette technologie, cette coopération, cette coproduction. Qu'est-ce que vous dites à M. Zelensky ? Emmanuel Macron, d'ailleurs, qui vient de le rencontrer, dit qu'il est capital que l'Ukraine ait encore les moyens de se défendre.
Ce sont donc deux discours qui sont totalement différents. Ce que dit M. Macron n'est pas du tout ce que dit M. Zelensky. Moi, j'entends, je n'ai rien à titre personnel contre M. Zelensky. Et d'ailleurs, on pourrait parfaitement débattre de ce sujet quand il le souhaitera. Est-ce que vous iriez
en Ukraine
? Si j'y suis invité... Robert Ménard, qui était notre invité, vous incite à y aller. Oui, je me moque complètement de ce que M. Ménard me suggère de faire, je vous le dis très sincèrement. Mais si M. Zelensky souhaite que nous discutions, je viendrai avec plaisir en Ukraine. Mais ce que je veux lui dire, c'est que nous n'avons plus les moyens financiers d'apporter une aide qui aujourd'hui, jusqu'à présent, nous a coûté en engagement 6 milliards d'euros par an. J'aimerais pouvoir aider financièrement l'Ukraine. J'ai dit que nous continuerions d'ailleurs à apporter notre aide militaire, éventuellement du matériel, mais nous ne pouvons plus nous permettre de ne pas réserver à notre propre peuple et aux difficultés qui sont les siennes l'argent qu'ils ont versé par l'intermédiaire de leurs impôts. La technologie ukrainienne
en matière de fabrication de drones, on en a besoin aujourd'hui, nous, armées françaises. – Enfin non, nous avons une
base industrielle et de défense qui est de très très grande qualité et avec du matériel qui est également de très grande qualité. Ça ne veut pas dire que l'Ukraine, j'allais dire par l'immense souffrance. qu'elle vit quand même, n'a pas acquis certainement une expérience et que nous pouvons débattre de cela. Mais nous avons fait jusqu'à présent tout ce que nous pouvions faire pour l'Ukraine. Donc il y a un moment où nous ne pouvons plus faire. Et je crois que c'est l'honnêteté que de le dire à M. Zelensky, de ne pas le mettre au pied du mur et de lui dire, voilà, je vous annonce que compte tenu de l'effort financier extraordinairement important que la France va être amenée à faire, nous ne pouvons plus nous engager à persévérer dans le versement de sommes qui restent quand même considérables par rapport à notre budget. 22h26, c'est l'heure
de la confrontation sur CNews et sur Europe. On donc rejoint Pierre de Villeneuve, signature de CNews et Européens, Franz Olivier Gisberg, écrivain et plume libre, qui tentera de dresser un portrait de vous. Pierre de Villeneuve, d'abord, peut-être vous commencez, allez-y.
Votre nièce Marion Maréchal, Madame Le Pen, a récemment publié un livre intitulé « Si tu te sens Le Pen », référence émouvante à une lettre que Jean-Marie Le Pen lui avait écrite pour s'accrocher en politique. Le Pen, c'est un nom, c'est connu dans le monde entier. Chez moi, en Poland, on dit « Les peines ». C'est un héritage aussi, c'est une façon de penser. Ma question est simple. Qu'est-ce qu'il y a de Le Pen en vous et qu'est-ce que ça signifie pour vous
Pour être honnête, il y a pas mal de Le Pen quand même. En moi, je crois qu'il y a un caractère, il y a des convictions, il y a une solidité, il y a une résistance à la douleur, il y a une volonté. Voilà, tout ça sont des qualités, je crois, que je... que j'ai eu en héritage.
– Vous appeliez votre père, je crois, Le Pen. –
Oui.
– Parce que
Parce que l'homme public était une personne différente de mon père. Donc mon père, c'était papa, et puis l'homme politique, c'était Le Pen.
Vous êtes au plus haut des sondages, c'est-à-dire encourageant et incertain. Vous en serez d'accord. Les gens vous aiment, vous suivent, et pas uniquement sur le fond, mais ils vous aiment parce que vous êtes Le Pen, parce que vous avez une façon d'être, vous avez un tempérament. Ma question, à nouveau, c'est... Qui êtes-vous exactement, Marine Le Pen ?
Je vais être la dernière bien placée pour me définir moi-même. Ça, c'est facile, ça, pardonnez-moi. Non, non, mais je suis désolé, mais je crois que je suis une combattante. Voilà, je suis une combattante. Je suis une combattante de la France. Il y en a beaucoup d'autres, d'ailleurs, qui combattent pour la France dans des métiers qui sont différents. Moi, je me suis engagée en politique, ou plutôt, elle m'a rattrapée. Parce qu'en réalité, elle me faisait horreur, compte tenu de toutes les souffrances qu'elle avait générées dans ma jeune enfance et dans mon adolescence. Mais elle m'a rattrapée, peut-être parce que j'ai rattrapé ce virus dont, paraît-il, on ne guérit jamais, même quand on le croit. Mais j'aime mon pays infiniment. C'est un peu cette phrase d'Henri IV qui dit... En français moderne, l'immense amour que je porte à la France m'a toujours tout rendu facile et honorable. C'est vrai qu'il est facile de se battre pour son pays quand on l'aime autant que je l'aime.
manque cruellement dans ce début de campagne présidentielle un récit. Jean-Luc Mélenchon emporte un. C'est un tribun aguerri. Il veut en finir. Il veut en finir avec la Vème République. Il veut abolir la République, en tout cas la Vème. Il veut abolir la dette, abolir, raser, couper. On en pense ce qu'on veut, mais c'est un récit. Quel est votre récit ? Quel est, je dirais, la France Le Pen ?
C'est un récit de destruction quand même. Vous l'admetterez. Je l'ai dit, je l'ai expliqué et je l'expliquerai lors de mon premier grand meeting le week-end prochain à Orléans. On peut peut-être avoir un petit teaser. J'ai mis cette campagne présidentielle sous 'aune de la Renaissance. Je crois que nous sommes dans une période de... pré-renaissance, où existent des obscurantismes, où nous sommes confrontés à des changements technologiques qui sont des changements technologiques majeurs, où il est nécessaire peut-être de défendre à nouveau le beau, le grand, la création, le progrès, une certaine vision de l'homme. Et c'est tout ce que je décrirai au cours de cette campagne présidentielle, parce que je pense que cette renaissance, elle ne va pas, comme je l'ai dit tout à l'heure, d'ailleurs emporter élevé la france mais toute l'europe qui a encore des choses à dire au monde
présidente dans la question pierre oui absolument qu'elle serait là on a besoin d'un choc d'autorité ce qu'on entend beaucoup dans cette campagne comment est ce que vous voulez rétablir l'autorité sans tomber encore une fois dans ce qu'on appelle communément l'autoritarisme
j'ai envie de vous dire que l'autorité elle est où elle n'est pas – Et d'ailleurs, je vais vous dire, je suis un peu atterré par les démonstrations virilistes de certains de mes concurrents. Alors on boit de la bière, on se tape dans les mains pour faire comme si… – Vous pensez à quelqu'un ? – Oui, je pense à Gabriel Attal, je pense à Edouard Philippe qui font des sortes de démonstrations de virilité qui montrent leur biscotto mais qui en réalité ne montrent que leur faiblesse. Parce que quand on est obligé de se montrer tel que l'on n'est pas… C'est un grand aveu de faiblesse. Moi, je suis tel que je suis. Et les Français me connaissent depuis... très longtemps. Ils savent, encore une fois, que j'ai des convictions très profondes, que quand je souhaite faire quelque chose, c'est parce que j'y ai réfléchi et que j'ai la volonté et le courage, le courage de le faire. Je n'ai pas besoin de rouler des mécaniques comme ils le font. Je n'ai pas besoin, encore une fois, de me montrer différemment de ce que je suis. Et peut-être parce que je suis une femme.
Alors justement, ça nous amène, merci beaucoup Pierre Devineau, à la question de François-Olivier Gisberg, le portrait qu'il va... de brosser de vous
Oui, puisque vous vous rappelez que vous êtes une femme, je vous pose une question toute bête, mais il y a beaucoup de personnalités, des femmes, qui ont dit à propos de cette élection présidentielle, je pense à Yael Brown-Pivet ou Ségolène Royal, il n'y a pas de femme dans cette campagne. Alors c'est quoi ? Vous n'êtes pas une femme ?
Oui, mais Yael Brown-Pivet, c'est la seule qualité. Vous êtes
toujours une
femme ? Être une femme est la seule qualité qu'elle s'accorde. Moi, je suis aussi une femme, si je puis me permettre. Mais je ne conteste pas cela. Mais c'est vrai que je vois que beaucoup ne semblent pas m'accorder ce statut. Donc je le dis à tous, je suis une femme. Et qu'est-ce que ça apporte en plus ? Ah, ça, il faudra attendre de voir. Mais je pense que ça apporte une forme de proximité quand même, une forme de pragmatisme, un lien au réel. que bien souvent, les candidats à la présidentielle, et particulièrement les présidents, perdent. Quand on est une femme, on a plusieurs vies. On le sait, on en a au moins trois en général, professionnels. On est une mère et on est une femme. Et on a un rapport à la réalité quotidienne qui n'est pas obligatoirement celle des hommes qui parfois... partent comme des ballons, comme ça, avec le pouvoir, s'envolent comme des ballons avec le pouvoir et perdent le contact avec le sol. Moi, je ne perds pas le contact avec le sol.
Justement, à propos de contact avec le sol, là, c'est une question un peu futile, mais elle en dira long votre réponse sur votre implication présidentielle. Édouard Philippe a dit qu'il ne dormirait pas à l'Élysée s'il était élu le 2 mai 2027. Vous, qu'est-ce que vous feriez ?
On ne peut pas faire autrement. Donc vous irez
à l'Élysée ? Qu'est-ce que vous allez
faire des chats, alors ? Je les mettrai à la lanterne, puis j'irai les voir le week-end. Non, mais on est obligé d'être à l'Elysée parce que c'est là que l'on doit pouvoir venir vous chercher à la moindre difficulté. C'est là où on est susceptible de prendre des décisions et de les transmettre. Je ne dis pas que c'est plaisant, très certainement, mais quand on s'engage dans cette mission, parce que c'est une mission, il faut en accepter évidemment les désagréments.
Alors, il y a 45 ans, je me souviens, je m'étais voté dans une émission de télévision face à votre père où je m'étais comporté comme un petit roquet, quoi. Très agressif. Évidemment, ça s'était terminé à mon détriment. Et aujourd'hui, c'est vrai que ça ne risquerait pas d'arriver. Et là-dessus, il faudrait que je vous apportiez une réponse. Et ça prolonge la question de Pierre Domino sur les rapports avec le père. Parce que, en fait, pourquoi c'est différent ? Parce que vous n'êtes pas votre père. Non, non, mais vous n'êtes pas votre père sur plusieurs points. C'est-à-dire, il n'y a pas de dérapage antisémite, il n'y a pas de... Et il y a autre chose, mais il y a aussi une autre différence. Ce serait intéressant, vous la creusiez. C'est que votre père était très libéral. Et vous, vous êtes quand même... Je ne dis pas que vous avez le programme des socialistes de 1980, ça a peu changé, vous avez mis de l'eau dans votre vin. Mais quand même.
n'est pas tout à fait vrai. La réalité, c'est qu'il était très libéral quand le danger en France et dans le monde était le socialocommunisme. Mais entre-temps, le danger a changé. Le danger est devenu le mondialisme et il a été le premier des anti-mondialistes. Précisément en expliquant que le mondialisme ferait disparaître nos frontières, nos identités, mettrait en danger nos emplois, notre pouvoir d'achat, etc. Donc quand on fait de la politique, on doit protéger son peuple du danger. d'aujourd'hui, pas du danger d'hier, du danger d'aujourd'hui et si possible d'ailleurs de celui de demain. Ce qui fait qu'il a évolué en réalité au cours de sa carrière et le Riganien qu'il était à un moment donné est devenu un anti-mondialiste. Mais non, nous sommes... Très différent parce que nous ne sommes pas la même personne. C'est aussi simple que cela. Que nous n'avons pas eu la même enfance. Que nous n'avons pas souffert de la même manière. Car il a beaucoup souffert de son enfance. Il a perdu son père à 14 ans. Mais nous n'avons pas souffert de la même manière. Et que la vie vous façonne.
on a eu un grand moment de télévision tout à l'heure, on en sort, c'était le débat avec Agnès Verdier-Molinier qui ne lâche rien. Et ça rappelait un peu, disons, vous avez un procès en suspicion d'une grande partie, pas de la classe politique, aussi des Français, qui se disent, elle a un petit côté socialo, vous voyez ce que je veux dire ? C'est-à-dire on va dépenser, c'est pas grave, la retraite a 62 ans, mais allons-y, etc. Or, moi, c'est ça qui est intéressant. D'ailleurs, vous en avez pris plein la gueule avec votre contre-budget présenté. Ce n'est pas une espèce de contre-budget, c'est une trajectoire budgétaire. Non, mais il y a des instituts sérieux, l'Institut de l'entreprise, qui a dit que vous proposiez 140 milliards, mais qu'en fait, en comptant bien, ça faisait 7 milliards, etc. Bon, on ne fait pas ça, on ne va pas faire des chiffres. Il y a quelque chose de très important, Madame, très important. – Votre, l'excellent, parce qu'on peut en parler comme ça, l'excellent Jean-Philippe Tanguy, qui est je crois votre excellent ami, il a fait une proposition, et j'ai cru savoir que c'était avec vous, enfin que c'était avec votre accord plein, le plein accord de Marine Le Pen, que le RM appliquerait la règle des 3%. C'est bien ça. Elle a entendu ça.
Il
y a quelques mois.
Nous avons explicité, je l'ai fait dans une tribune d'ailleurs, puis lors de notre conférence sur la trajectoire budgétaire, que nous allions faire voter une règle d'or. que nous avons explicité, que nous allons nous appliquer, et même nous allons aller plus loin
que la règle d'or que nous allons faire. Et 3%, ça ne veut pas dire tout de suite, c'est impossible, 3%. Ben oui, la règle d'or, c'est la règle d'or de... Ben oui, c'est une règle d'or, c'est Bruxelles qui a tenté de l'imposer. Tous les économistes disent que si vous avez des déficits budgétaires, comme le déficit budgétaire français actuel d'ailleurs, c'est-à-dire plus de 5%, on va peut-être vers les 6 pendant qu'on y est, de toute façon, il n'y a pas de croissance. D'ailleurs, là, on va avoir une semi-récession en 2026. Ça ne marche pas. Donc si on veut de la croissance comme au temps du général, il faut faire un déficit budgétaire le plus faible possible. Souvenez-vous. Plus 7, plus 5, plus 6% de croissance.
On ne passera pas au dernier mot. Comparaison n'est pas raison, en l'occurrence, parce qu'il y avait aussi un levier qui était quand même très considérable, qui était la monnaie. Ce que je voudrais dire tout de même à ceux qui nous écoutent, c'est qu'ils se fassent leur opinion par eux-mêmes. Parce que j'entends beaucoup d'instituts, de think tanks, d'associations. Tous ces gens ont vécu sur la bête pendant des années. Ils ont tous été subventionnés, financés par les pouvoirs, les uns après les autres, qui sont aujourd'hui, ces pouvoirs, des adversaires de ma candidature. Donc je leur demande de ne pas se laisser avoir par les instituts montaigne, les instituts ceci, les instituts cela. Une règle d'or, c'est une bonne idée. Qu'ils se fassent de l'heure, bien sûr. Mais ce qui est très important, c'est que nous devons retrouver notre souveraineté. Et à partir du moment où nous sommes... Oui, mais c'est comme ça qu'on l'a, parce que quand on n'a
pas de règle d'or comme aujourd'hui... On n'a pas de souveraineté aujourd'hui. Vous avez raison. Je préfère que nous
nous imposions, encore une fois, une règle d'or plutôt que de subir la loi des reins des marchés. Vous êtes pour la règle
d'or. C'est bien ça. Oui,
je l'ai dit. On arrête les conneries. Oui, et nous l'inscrirons dans la Constitution. On ne peut pas faire mieux. Donc il y a beaucoup de choses que vous annoncez que vous ne pourrez pas faire. C'est ça que je veux dire. Mais bien sûr. Les dépenses. Mais non, monsieur, puisque nous allons faire, nous l'avons dit, nous avons présenté les économies considérables que nous allions faire. Nous allons faire, à l'issue du quinquennat, 140 milliards d'économies. Et ces 140 milliards d'économies incluent les éléments de baisse d'impôt qui sont calculés déjà. Les éléments de baisse d'impôt que nous allons mettre en œuvre. pour soulager le pouvoir d'achat des Français, notamment sur l'énergie, mais aussi pour permettre aux entreprises de recréer de la richesse. Tout cela est inclus dans cette trajectoire. Si vous permettez, un petit
coup de questionnaire de Proust, avec des réponses évidemment très rapides. Votre vertu préférée ? La loyauté. Votre principal trait de caractère solidité. Votre principal défaut ? Je suis d'une mauvaise foi absolue. Parfois. Vos compositeurs préférés Vivaldi. Et vos héros dans la fiction ? Dans la vie ? Dans la vie ou dans la fiction ? Dans la vie, les deux ?
Dans la fiction... Santiago, du vieil homme et la mère, parce que c'est le courage et la persévérance. C'est merveilleux. Et dans la vie richelieu.
Et de Gaulle ? Parce que vous êtes un peu gaulliste, non ? Je suis gaullienne. Je suis gaullienne, pas gaulliste. Il n'y a pas d'héroïne là-dedans, non ? Bon, il y a Jeanne d'Arc. Bon, d'accord. Et les personnages historiques que vous méprisez le plus
y en a. Laval, Isabaud de Bavière, tous les traîtres. Pétain,
bien sûr. Question désagréable, comment aimeriez-vous mourir ? Et ce sera la dernière, j'imagine. Oui, c'est Proust. J'en ai encore deux ou trois, comme ça, peut-être, non ? Comme tout le monde dans mon lit, quoi. Si possible... Et les fautes que vous pardonnez facilement aux autres
?
Sans que
Sans qu'on l'ait provoqué, si possible. Les fautes que vous pardonnez facilement aux autres fautes que je pardonne... Je pardonne la faiblesse. Je pardonne la faiblesse, mais pas la déloyauté. — Et pas les échanges. — Et votre devise ? — Ma devise ? Bon, celle de la Roche-Jacquelin, peut-être. Si j'avance, suivez-moi. Si je recule, tuez-moi. Si je meurs, vengez-moi. —
Merci
beaucoup,
François-Olivier Gisbert. Pierre Devineau. On passe au dernier mot. Voilà, on est avec Marine Le Pen. C'est la dernière phase de notre émission. On est presque plus de deux heures ensemble. Marine Le Pen, je vous demanderai dans un instant une phrase pour résumer notre conversation. Mais vous n'avez pas parlé de l'IA. Il n'y a pas grand-chose d'ailleurs dans le programme du RN à propos de l'intelligence artificielle. C'est un vrai sujet, vous le savez, pour les jeunes qui sont extrêmement inquiets. On a demandé une intelligence artificielle. J'ai mis une question à partir des éléments qui ont déjà distillé vos députés, etc. Elle va vous poser une question et vous allez lui répondre. On l'écoute.
Bonsoir Marine Le Pen, j'espère que vous allez bien. Votre parti l'admet, moi, l'IA, je vais supprimer des emplois. 63% des moins de 35 ans pensent que je pourrais les remplacer. Vous leur promettez un accompagnement ? Mais vers quel métier ? Puisque même moi, je ne sais pas lequel. Merci.
Il est sûr que nous sommes au devant d'une gigantesque révolution, mais l'avenir sera ce qu'on en fera. Il y a toute une série de métiers qui naîtront également de l'IA. Ce que nous espérons en réalité, c'est réussir à tirer de l'IA. une amélioration, en fait, d'abord de la manière de travailler, mais aussi une amélioration des politiques publiques, une amélioration dans le domaine de la santé, notamment, mais aussi une amélioration dans le domaine de la sécurité. Vous vous servez de l'IA, vous, vous avez des appels ? Bien sûr, je me sers de l'IA et je fais travailler mes équipes, et nous présenterons évidemment notre projet sur les nouvelles technologies, je fais travailler mes équipes précisément sur la manière dont l'État doit pouvoir se servir de l'IA pour améliorer le changement. service qu'il rend au public. Et assurer notre souveraineté française en matière d'IA. Bien sûr, et bien sûr pour assurer notre souveraineté et puis également pour réfléchir à la manière de contrôler, contrôler, disons d'éviter les effets les plus néfastes qui pourraient être ceux de l'IA avec les dangers que nous connaissons car il y a potentiellement... Un danger d'autonomisation de ces intelligences artificielles. Donc peut-être faut-il créer l'AIA, l'Agence internationale de l'intelligence artificielle, pour que l'ensemble des pays qui participent du développement de cette nouvelle technologie soient capables de mettre des limites, des mesures. Donc réglementation internationale et nationale. Oui, il n'y a que cela. Il n'y a évidemment que cela qui pourrait fonctionner, exactement comme on l'a fait pour l'énergie
nucléaire. Marine Le Pen, c'est le dernier mot, une phrase pour résumer votre état d'esprit et ce que vous voulez que les Français retiennent ce soir.
Venez avec moi. Je vous emmène dans une extraordinaire aventure qui va être la renaissance de notre pays. Vous l'aimez, je l'aime. Et par conséquent, ce sentiment va se traduire dans un avenir qui sera meilleur et où, je l'espère, de moins en moins de Français auront peur.
Merci beaucoup d'avoir participé à notre émission. Merci à vous. Élysée, Objectif 2027. Merci à vous. Bonne soirée sur CNews avec Gauthier Lebrecht Kivounastan et Frédéric Joncheret sur Europe 1. Bonne soirée.
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