Chargement...
Chargement...
Justement, parlons-en, cher Olivier d'Artigolle, de Marine Le Pen, puisqu'on a parlé de François Hollande, on a parlé de Jean-Luc Mélenchon. Antonin André a raison de dire que vous êtes un compteur, vous nous prenez par la main. Comment ça s'est passé avec Marine Le Pen ? Elle vous a reçue ? Elle a été... Non, car j'étais en
Corse, on a eu un entretien téléphonique. J'ai d'abord envoyé mon texte à Marine Le Pen, à partir de tous les éléments que j'ai pu rassembler. J'ai essayé de tout passer au peigne fin. Elle avait témoigné, écrit sur son enfance. Il y a eu bien sûr beaucoup d'ouvrages consacrés à cette question, plus ou moins orientés. Et j'ai donc tout passé au peigne fin. Après, je compose mon texte. en gardant des éléments, en en supprimant d'autres. Il y a aussi une subjectivité, je la revendique, une sensibilité. Je lui ai envoyé ce texte et je lui ai dit est-ce qu'on peut en parler ? Elle m'a répondu positivement. Et on a eu un échange. Comment dire ça ? En fait, je pense qu'elle peut dire aujourd'hui davantage de choses depuis que Jean-Marie Le Pen n'est plus là. Marine Le Pen a appelé son père pendant toute sa vie, depuis son adolescence et son engagement en politique, je dirais pourquoi elle s'est engagée en politique d'après moi, en parlant de son père, en disant Le Pen, exactement comme Claude Chirac pouvait dire Chirac. Et elle a commencé à dire... Gluxman,
Glux.
Glux, oui, exact. Et elle a commencé à dire papa... l'ultime crépuscule de la vie de Jean-Marie Le Pen et après sa disparition. Et peut-être que, je pense qu'elle a vu que mon sujet n'était pas orienté, que je voulais simplement raconter une genèse française. Qu'est-ce qui vous a marqué le plus dans tout ce qu'elle vous a raconté ? Ce mot est trop souvent utilisé, donc galvonné, mais sa résilience. Quand il y a le souffle qui emporte la façade de la Villa Poirier. Elle a 8 ans. C'est là où ils habitent avec ses parents. Elle a 8 ans, avec une organisation familiale un peu particulière, puisque les parents, le couple Le Pen est à un étage, et les trois filles habitent l'étage supérieur. Ils sont gardés par une nourrice qui est arrivée dans la famille Le Pen à 14 ans, une jeune bretonne. Elle ne devait rester qu'une semaine pour les vacances d'été. Elle est restée... jusqu'à ses 26 ans, c'est elle qui s'occupe des filles. Et le couple Le Pen vit la bamboche. Ils vivent les soirées parisiennes, ils ont beaucoup d'invitations, ils reçoivent aussi beaucoup, c'est à la fois un appartement de QG politique et d'amusement. Et le soir de l'attentat, les trois filles... sont mises chez des amis à eux, et le couple Le Pen poursuit sa vie en allant dans une soirée électorale américaine, sur les élections américaines. Les filles, le soir de l'attentat, ne sont pas avec leurs parents. C'est inimaginable. Et elle me dit, dans l'entretien qu'on a eu, il n'a plus jamais été question de l'attentat. Il ne fallait pas en parler. C'est-à-dire, avec Le Pen, il faut tracer, c'est les aléas de la vie politique, et c'est comme ça. 16 ans, sa mère, Pierrette Le Pen, je raconte, c'est connu, mais dans quelles conditions, quitte le domicile. Elle pense, comme cela se passe pour des copines à elle, que la garde alternée va se mettre en place, qu'elle va revoir sa mère dans quelques semaines, elle ne la revoit pas pendant 15 ans. Et elle se retrouve dans ce huis clos. Mais la mère ne donne aucune nouvelle. Aucune nouvelle. Et elle se retrouve dans ce huis clos à Montretout, où Jean-Marie Le Pen est à un étage, le premier, elle au second, encore des étages qui séparent. Et il est très malheureux du départ dans les conditions très particulières de sa femme. Et elle m'a donné cette anecdote en disant, il m'appelle un soir, Marie ne vient et il lui tend le portrait de sa mère, encadré, un beau portrait. Elle dit, prends ça, je ne veux plus le voir. Et quelques minutes après, il appelle de nouveau, redescend Marine, redonne-moi le portrait. Donc elle a vécu ce... Il l'appelle au téléphone ? Non, non. Quand même. Et elle est très certainement allée en politique pour aller chercher l'attention de son père. pour qu'elle soit considérée dans le regard de son père. Jean-Marie Le Pen n'est pas du tout sur question éducative. Pour lui, l'éducation des filles, leurs vacances, leur activité parascolaire, ça ne l'intéresse pas du tout. Marine Le Pen me disant, si vous ne pouviez pas soutenir une discussion politique ou philosophique avec lui, vous n'existiez pas. Et donc, elle s'engage en politique. pour aller sur le terrain de son père et pour qu'il puisse la regarder.
Oui parce qu'il disait des filles, il disait l'éducation des filles se fait par la mère, ça ne l'intéressait pas. Et elle a voulu être le fils Le Pen. Oui. Et je pense qu'elle est plus masculine que ses soeurs, c'est le fils Le Pen quelque part. Et
en retrouvant ça, alors je lui ai posé la question, 'est intéressant Catherine parce que c'est la question que je lui ai posée à l'ultime fin de notre entretien, et si Jean-Marie Le Pen avait eu un fils ? Comment cela se serait-il passé pour ce fils ? Et elle me dit très mal. Oui,
sûrement. Parce
que très certainement qu'il a dû quand même adoucir les choses, puisque c'était Marine Le Pen étant la plus garçonne des trois filles dans sa jeunesse. D'ailleurs, tu
racontes l'émission... Oui, l'heure de vérité, où il était arrivé, qui l'a propulsé tout de suite, et où il était arrivé avec ses trois filles blondes, c'était Dallas, avec leur brushing, elles étaient superbes, elles croisaient les jambes, elles les décroisaient, enfin, regardez que ça. Alors, il les a
médiatisés très tôt.
Il les a médiatisés parce que, bon, et ça avait l'air d'une famille qui s'entendait très bien. Moi, j'avais été les... Pardon, mais je... Vous avez raison. J'avais été l'interviewer à Montretout. pour Jour de France, et là je m'avais vu Pierrette Le Pen, et c'était... Et puis un mois après, enfin quelques mois après, 3-4 mois plus tard, elle s'en va, comme ça, avec le biographe de son mari. Avec
le biographe de son mari, qui était beaucoup donc à Montretout. Et je raconte cette anecdote qui est sidérante, ça se passe très mal le divorce, très très mal, et à un moment donné, les avocats se mettent en contact, et le deal se passe sur ce point précis. Jean-Marie Le Pen a gardé l'urne avec les cendres de la mère de Pirette Le Pen. Il les garde, il ne veut pas les restituer. Et elle, elle a gardé son oeil de verre en double.
est-ce qu'il a vraiment un oeil ? Aucun ne veut rendre à l'offre. Et donc,
ça s'est organisé nuit, le soir très tard, à Saint-Cloud, où l'avocat... Deux, Jean-Marie Le Pen avait l'urne, avec les cendres de la mère de Pierrette. L'autre avocat, qui était Gilbert Collard, avait le bleu de l'envers. Et ils se sont donc nuitamment échangés l'urne et l'urne. C'est une scène de film. C'est une scène de film. C'est une série de films, on n'y croirait pas. Mais oui,
c'est sidéant. Qu'est-ce que tu veux dire après ? Moi j'ai une curiosité sur Eric Zemmour, qu'est-ce qu'il y a de marquant ? D'abord c'est rigolo Eric Zemmour parce qu'on
a passé deux heures au café Mabillon à Saint-Germain et donc il y a beaucoup de personnes. Moi j'ai des valeurs, des repères de gauche, mais je suis d'une gauche ouverte au dialogue. Mon grand-oncle communiste, maire conseiller général d'un petit village d'un sud Gironde, ancien résistant, avait l'habitude le dimanche de prendre un verre de Lilay, qui est un apéritif de Gironde, avec le curé. Et donc il s'empaillait comme c'était Pépone et donc Camillot, ça c'est mon adolescence et mon enfance. Après il se tapait l'épaule, il se retrouvait le dimanche d'après, et mon grand-oncle, ce vieux communiste... et qui est parti après, a été très malheureux quand le curé est décédé. Donc moi je viens de cette famille-là. Donc je suis à Mabillon, d'un rendez-vous à Mabillon, et donc les gens voient Zemmour avec Dartigol, il y a un petit côté vu à la télé, c'est nous à l'époque, qu'est-ce qui se passe ? On a passé deux heures où les gens se demandaient mais qu'est-ce qu'on était en train de préparer ? Bon, rien si ce n'est écrire sur son enfance. Son enfance m'a beaucoup touché. Il y a d'abord cette mère. c'est Romain Garry, on ira chialer sur les tombes de nos mères, parce que cette promesse de l'aube, en fait, elle n'est pas tenable. Mais il me parle de sa mère avec une densité, avec une force, avec ce petit gamin qui lit très tôt les illusions perdues, et qui, quand il a le premier prix à l'école, le premier prix, c'est une balade sur un bateau mouche avec sa mère. Donc c'est très beau, c'est des images très fortes, mais... 'est-ce qu'ils font tous ces candidats avec l'amour si considérable de leur mère ? avec des pères qui le plus souvent ont été, il me semble, défaillants, ou par une trop forte autorité, mal menée, mal digérée, ou pour une absence. Sur Attal, je raconte le dernier dialogue avec le père, c'est difficile. François Hollande, je l'ai dit. Pour d'autres, le père de Bruno Rotaillot a aussi une particularité, il me semble. Voilà. En
tout
cas, l'objet du livre...
Vous avez vous-même un passé politique, vous avez dit communiste, est-ce que ce passé communiste n'aubert pas votre regard sur les différentes possibilités Je
pense que mon engagement politique a peut-être développé en moi une certaine forme de sensibilité sur la question sociale, sur un certain nombre de... Mais je me suis échappé de la politique, parce que la politique devenait quelque chose que je n'aimais plus. Peut-être que ce retour vers ses enfants, c'est aussi une nostalgie pour moi de ce qu'a pu être la politique pendant des années, ce qu'elle n'est plus du tout aujourd'hui. Et je pense que ce livre est le livre d'un honnête homme, dans le sens où vous ne trouverez aucun portrait, où je règle des comptes, où j'oriente le récit. Ce n'est pas l'objet. Et je suis tellement... Content d'être devenu ainsi, c'est l'expérience de quelques années de vie, alors que je ne l'ai pas toujours été.
En tout cas, tous vous ont donné leur confiance et c'est à lire aux éditions Fayard. Merci beaucoup Olivier D'Artigol d'avoir été avec nous. Tout destin est cousu d'enfance. Et
merci à Catherine.
Et à vous Pierre. Les titres, merci beaucoup et merci surtout à vous d'avoir fourni autant de littérature. Parce que c'en est. 19h43, on se retrouve dans un instant. A tout de suite.
Transcription automatique (Whisper + diarisation) — des erreurs d'attribution ou de transcription sont possibles. Vérifiez toujours avec la vidéo source horodatée.