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Vous avez parlé des agriculteurs. En ce moment, il y a toujours des manifestations lycéennes qui se poursuivent et on s'attend à d'autres mouvements, notamment ce samedi 17 octobre. Est-ce qu'on doit s'attendre à une convergence des luttes ? Est-ce que vous redoutez ces manifestations attendues samedi ? Et d'ailleurs, à ce sujet, quelles sont les remontées que vous avez à ce stade ? Est-ce qu'on risque de voir des violences dans les rues en France ce samedi ? Il
y a plusieurs questions dans votre question. Déjà, le regard des informations qui nous sont remontées dans la matinée, ça ne ressemble plus à un mouvement lycéen. Là, on a un mouvement de violence urbaine. D'ailleurs, l'intensité de la violence a encore augmenté ces derniers jours. singulièrement en zone urbaine précise Paris, Créteil, Lyon, quelques points disséminés sur le territoire, et dans lequel il y a pour le coup un appel de violence qui est absolument épouvantable. Ce matin, autant que ces derniers jours, des tirs de mortier avaient lieu de la rue vers les lycées, on a même eu des intrusions. de personnes qui sont allées tirer au mortier dans les lycées. Je pense que maintenant les mots, j'invite aussi la classe médiatique à être techniquement précis dans les mots qu'on emploie, ce n'est pas un mouvement lycéen. C'est faire injure d'ailleurs aux lycéens qui ont voulu témoigner une angoisse, un mécontentement ou demander des choses au gouvernement ou aux conseils régionaux. Il faut vraiment faire la part des choses entre les violences urbaines. qui ne trouvent pas de cadre légal et d'acceptation, par définition, d'un cadre de revendication. Donc ça, il faut le faire parce que ça serait aussi jeter l'opprobre sur les lycéennes et les lycéens qui ont exprimé un mécontentement. Donc voilà, il faut le dire, je l'ai dit hier au Sénat, on a globalement quelque chose comme 200 lycées, sur les 3700 que compte le pays, dans lesquels il y a une violence qui s'enquisse, qui n'est pas d'ailleurs toujours une violence qui vient des lycéens ou de jeunes. de gens qui sont du lycée concernés, mais qui viennent évidemment de l'extérieur. Donc ça, malheureusement, c'est un problème d'ordre public. Est-ce qu'en même temps... Il faut oublier les revendications des lycéennes et des lycéens de France. Non. Et d'ailleurs, on est à 92 ou 93 000 contributions sur la plateforme. Vous avez vu hier qu'on a commencé à faire un certain nombre d'annonces sur les réponses que l'on peut donner. On va saisir les conseils régionaux parce que beaucoup de questions bâtimentaires qui méritent d'ailleurs d'être objectivées parce que tout ça, il n'y a pas un lycée qui ressemble plus à un autre. Donc il faut aussi territorialiser tout ça. Le ministre est revenu sur la question des remplacements. J'ai ouvert moi-même un débat sur la question du nombre de professeurs au regard de la chute du nombre d'élèves, c'est-à-dire au fond le débat démographique. C'est un beau débat politique qui dépasse d'ailleurs à mon avis les semaines qui viennent. C'est pratiquement un débat de présidentiel la démographie. Retraite, assurance, maladie, de l'autre côté école. Donc non, pour moi je reste évidemment très ouvert à ça. Ensuite, samedi. Je le rappelle parce que parfois sur les réseaux sociaux on voit des choses un peu curieuses, parfois aussi d'ailleurs dans les médias, c'est une démocratie. Donc il y a un cadre de droit qui protège justement les citoyennes et les citoyens lorsqu'ils veulent exprimer un mécontentement. C'est vrai le droit de grève, c'est vrai le droit de manifester. Donc par définition, un certain nombre de mouvements, la France Insoumise, le nouveau parti anticapitaliste, le syndicat, la CGT, ont commencé à rentrer en contact avec les préfectures, notamment à Paris, pour faire des déclarations de manifestation. Et c'est bien leur droit. Et d'ailleurs, même si je ne suis pas d'accord avec eux, je me battrai jusqu'au bout, comme dirait l'autre, pour qu'ils aient toujours ce droit. Pourquoi d'ailleurs faut-il le faire, cette déclaration ? Parce que ça permet au mieux, au service de l'État, d'organiser la protection des manifestants. Parce qu'à votre question, est-ce qu'on redoute de la violence ? Oui, oui, vous voyez bien que nous n'arrivons plus à avoir une manifestation dans ce pays, en tout cas ces derniers temps, dans lequel des mouvements violents de l'ultra-gauche, notamment... parfois de l'ultra-droite, en l'espèce ces derniers jours de l'ultra-gauche, qui s'insèrent justement dans les cortèges et notamment qui donnent à voir une violence épouvantable dans les fins de cortège. C'est pour ça que je me suis aussi un peu fâché par deux fois récemment à l'Assemblée nationale et au Sénat, parce qu'en fait, on est en train de tout mélanger. Et donc la condamnation de la violence, elle n'est pas que politique ou morale, elle permet aussi de reprotéger le cadre d'expression du mécontentement par ailleurs. Alors ensuite, convergence et lutte, ça c'est un mot très politique. Vous avez bien le droit d'ailleurs, je fais aussi de la politique. Moi, le week-end, je suis dans la ville dans laquelle je suis élu, dans laquelle j'ai grandi, à Vernon dans l'heure. Je vois bien quand même, il y a des angoisses, on est dans une forme de moment de permacrise, des guerres, des incertitudes sur le pouvoir d'achat, l'inflation. C'est pour ça qu'on a aussi pris des mesures inédites sur le carburant, le sentiment qu'une crise pousse une autre. C'est sûr qu'il y a un moment de fatigue dans le pays. Je le ressens profondément. Après, que la classe politique ou que certains mouvements politiques veulent récupérer cette fatigue pour le transformer en carburant électoral, ça n'a échappé à personne. Et d'ailleurs, c'est leur droit. Je pense que les Françaises et les Français ne seront pas dupes. Après, il y aura une grande journée de mobilisation aussi. C'est le 18 avril prochain. Je le dis, mais on fait comme s'il n'y avait pas un grand rendez-vous démocratique qui structure quand même la vie du pays depuis 1962, c'est-à-dire l'élection au suffrage universel direct du président de la République. Et au fond, c'est aussi à la campagne présidentielle de démarrer, pour être complètement transparent avec vous. Parce que pour une population, pour des concitoyens, des concitoyennes qui ont des aspirations de long terme, c'est aussi à l'élection présidentielle de donner aussi à voir une espérance et une vision. Pour notre part. J'ai toujours été clair, le gouvernement se déconnecte de la campagne présidentielle. Ça n'empêche pas qu'on fait du mieux que l'on peut, et plus d'ailleurs, pour répondre à toutes les crises telles qu'elles surgissent. On l'a vu avec le drame épouvantable de Liana, cette loi intégrale qui est une première réponse, dont je note que trop peu de personnes parlent dans le débat public. C'était seulement en mai et en juin dernier. Nous sommes en train de répondre sur les sujets de sécurité civile avec Laurent Nunez. On se rappelle les incendies, Landes, Gironde. Quand on parle de ce sujet aujourd'hui, ça n'intéresse presque plus personne dans le débat public parce que tout le monde parle des lycées. Quelque chose me dit que lorsqu'il y aura peut-être moins d'actualité sur les lycées et qu'on voudra parler du fond sur les lycées, on aura du mal à parler du fond sur les lycées dans le débat public. C'est un peu malheureusement aussi notre système politico-médiatique. Enfin moi je veux dire aux Françaises et aux Français que... Comme on n'a pas d'agenda électoral, on n'est pas obligé de raconter n'importe quoi aux gens, c'est une grande liberté. Ça permet d'être responsable et de dire que l'ensemble des graves difficultés que le pays peut connaître, les ministres sont complètement mobilisés pour y répondre avec beaucoup de sérieux. Après, une fois de plus, c'est une démocratie, donc les gens veulent manifester, c'est bien leur droit, mais dans le respect de l'état de droit précisément et en refusant la violence, je le redis, on n'est pas loin d'un peu moins de 1000 policiers et gendarmes blessés. moins de 300 en dessous, enseignants, proviseurs, blessés. Il faut aussi défendre le service public et celles et ceux qui le rendent. C'est aussi ça un grand pays. Je pense qu'on est encore un grand pays, un grand peuple. Il faut aussi qu'on se comporte comme tel.
Monsieur le Premier ministre, Anne Renaud de l'AFP. Vous avez répondu la semaine dernière aux inquiétudes des Français sur les carburants. Vous répondez aux inquiétudes des agriculteurs aujourd'hui. Pourquoi attendre pour répondre aux inquiétudes des lycéens qui manifestent depuis trois semaines ? Et d'autre part, trouvez-vous que le débat budgétaire part bien ? avec le refus des députés de plafonner un abattement pour les retraités.
Deux questions différentes. On n'attend pas pour répondre aux préoccupations des lycéens. Après, vous voyez bien que les revendications sont très disparates et que d'ailleurs, même nous et vous, médias et politiques, vous auriez bien du mal à lister deux ou trois chantiers très précis. Quand le ministre de l'Education nationale, ce qui d'ailleurs a fait réagir dans le pays, a déployé ses 3000 enseignants pour faire des remplacements, les Français se sont dit, mais pourquoi ils attendent seulement maintenant, etc. La réalité, c'est qu'en fait, ce sont des réservistes qui font les remplacements en général en période hivernale et on a appelé ce corps de réserve tout de suite. Mais c'est une réponse immédiate. Ça permet aussi aux Françaises et aux Français de comprendre comment fonctionne le ministère de l'Éducation nationale, qui est un gros ministère avec des gens absolument remarquables qui y sont engagés. Enfin, c'est une grosse structure. Deux, pardon, j'ai renvoyé à fin octobre, mi-novembre. Ce n'est pas l'année prochaine ou la cinglingling. Des moments dans lesquels on peut changer la copie budgétaire d'un budget qui augmente d'1,2 milliard d'euros l'année prochaine, dans la manière notamment d'attraper le sujet de la démographie, vous disais-je. Je ne peux pas dire que la classe politique se soit beaucoup emparée de ma proposition. Tout simplement parce qu'une part des élites de ce pays, y compris les élites politiques, sont dans un déni sur la démographie. Or c'est vrai de la question des retraites, c'est vrai de la question du vieillissement de la population pour les dépenses maladie, et c'est vrai de l'école. Bon, et ça, moi je veux traiter ce sujet avec Edouard Geffray, parce que pour avoir présidé un département rural, c'est aussi une question d'aménagement du territoire. Où sont nos écoles demain avec 1,6 million d'élèves en moins d'ici 2035 ? C'est un beau sujet. Moi je propose que ce débat on commence à l'avoir dès maintenant. Donc nous on y répond, après vous ne me referez pas. Je ne ferai jamais n'importe quoi. Donc on voit bien le système où il faut tout de suite alimenter les bandeaux des chaînes info, les réseaux sociaux, pour tout de suite donner l'impression qu'on donne du sucre rapide. Je me refuse à tomber là-dedans. Et j'essaie le plus sérieux possible dans la manière de répondre à ces questions. Ensuite, le débat parlementaire. Il ne faut pas non plus inquiéter ni les Français, ni le monde économique, ni les marchés financiers. Les premières lectures. Des textes économiques et financiers au mois d'octobre et au mois de novembre ont toujours été des premières lectures, dans lesquelles les formations politiques marquent des engagements, défendent des sensibilités. Ce test, on n'a jamais vu de compromis apparaître en octobre et en novembre. Et vous le savez, puisque l'année dernière, c'est en décembre et en janvier que ces compromis sont apparus. Donc je pense qu'il faut aussi expliquer, qu'on fasse notre travail, d'expliquer aux Françaises et aux Français, mais aussi au monde économique. je jette le pavé dans la mare, et au monde financier, évidemment, dans un moment dans lequel les taux d'intérêt sont plus élevés, il faudrait expliquer comment ça fonctionne, notre système. Première lecture, on se compte. En décembre, il faudra trancher autour de compromis qui fonctionnent. Voilà, donc je pense qu'il faut le faire avec beaucoup d'ouverture d'esprit et beaucoup de calme. Merci à toutes et à tous. Merci beaucoup.
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