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Bonjour Agathe et bonjour Roland Lescure. Bonjour à tous les deux. Merci d'être avec nous quelques heures après l'ouverture des débats sur le budget à l'Assemblée Nationale. Tariyer soir, on va en parler largement évidemment, mais d'abord entre 160 000 et 480 000, les chiffres selon la police ou les organisateurs de la mobilisation lycéenne. Et étudiante hier, mobilisation toujours forte après trois semaines. Pourquoi le gouvernement n'arrive pas à répondre à cette contestation et à ses revendications ?
Non, je pense qu'on va y répondre. On a commencé à y répondre par des mesures dites d'urgence pour notamment remplacer les profs absents. Mais vous le savez, on a souhaité consulter. Il y a une plateforme de consultation qui a été ouverte par le ministre de l'Éducation nationale. Et ça prend un peu de temps tout ça. Et notamment s'il y a des enjeux budgétaires. Dans le cadre de la discussion budgétaire, on y reviendra. J'aime à dire que devant chaque plus, il faut un moins. Il faudra qu'on équilibre si jamais on dépense plus pour la jeunesse. Et moi, ça me semble une très bonne idée. C'est une possibilité ? Vous n'êtes pas fermé ? Non. On n'est pas fermé. Le Premier ministre a écrit aux partis socialistes, à la fois représentants des groupes et du parti, pour leur dire que ça faisait partie des sujets qui sont importants aujourd'hui. Il y a les violences sexistes et sexuelles. Grande loi a été votée hier. Il y a l'agriculture qu'il faut soutenir. Il y a la jeunesse. Moi, ce que je dis, avec une certaine forme de gravité, c'est que... On peut faire évoluer les priorités du budget, on ne peut pas changer le cadre d'ensemble, parce qu'évidemment, 5% de déficit, c'est déjà beaucoup, et qu'il faut respecter ce cadre. Je l'ai dit hier aux parlementaires dans l'Assemblée, le monde nous regarde aujourd'hui.
Exactement, et on en parle dans un instant, mais juste vous dites, il y a une plateforme de consultation, les revendications des lycéens. On les connaît, on a cette mobilisation hier entre 161 000 et 480 000, on a la manifestation de samedi, les colères qui pourraient s'agréger, et un ministre de l'éducation qui nous disait il y a quelques jours que c'était la décrue du mouvement. Est-ce que vous avez parlé trop vite et comment vous faites pour sortir de l'impasse à court terme ? Il va falloir faire un gros chèque, Roland Lester
? Non, quand on écoute les revendications des lycéens, vous dites qu'elles sont claires. Il y a quand même une nébuleuse de revendications. Mais il y a des choses sur les rythmes
scolaires, sur Parcoursup. Par exemple, ça c
'est essentiel. Les rythmes scolaires, ça fait des années qu'on en parle. On est le seul pays du monde où on travaille de 8 à 18 heures. Et moi je suis d'accord avec les lycéens, c'est trop. Mais il y a eu des consultations là-dessus. Vous savez que ceux qui sont le plus opposés à ça, c'est quand même les représentants des syndicats d'enseignants. Ça crée aussi un défi pour les collectivités locales. de transport scolaire. Donc, ce qui est clair, c'est que je ne pense pas qu'on va régler d'ici là, en très prochaine, le sujet des risques scolaires. Pourtant, il est essentiel. Donc, ça va faire partie, je pense, des débats de l'élection présidentielle. Mais en attendant, on peut faire des choses. Vous qui tenez
justement les cordons de la bourse, on l'a entendu, vous n'êtes pas fermé à de nouvelles dépenses. à la condition de trouver de nouvelles économies. Vous dites que les revendications ne sont pas très claires. Il y en a 10 d'urgence qui sont listées par plusieurs syndicats, notamment l'Union étudiante, rénovation des établissements, embauche massive de personnel, rythme scolaire, suppression de parcours sup, un plan à 10 milliards d'euros. Vous, justement, qui gérez les finances de la France, est-ce que vous leur dites ? Ce ne sera
pas 10 milliards. Moi, je dis que 10 milliards, c'est beaucoup, beaucoup d'argent. Et on le voit dans les revendications que vous mentionnez, et il y en a d'autres. Il y a quand même beaucoup de choses disparaissent. La rénovation des lycées, ça dépend des régions. Bon, et évidemment, les régions font ce qu'elles peuvent. Il y a déjà beaucoup de rénovations de lycées qui ont été engagées. On sait que les écoles, c'est les communes, que les collèges, c'est les départements. D'ailleurs, ça, c'est aussi un enjeu un peu compliqué. Imaginez qu'il y a quatre niveaux de gouvernement qui s'occupent de l'école aujourd'hui. Selon que vous êtes à l'école, au collège, au lycée, à la fac, c'est l'État, la région, le département ou la municipalité. Vous
pouvez aller jusqu'à combien, Roland Esquer ? Je vous ai demandé est-ce que ce serait un gros chèque, 10 milliards ? Non, je ne suis pas dans une négociation avec
Gad Lambret ou avec qui que ce soit. Non, moi ce que je veux, c'est qu'on soit sérieux, parce que la situation est sérieuse, et qu'on puisse répondre à des priorités. Mais en fait, on me reproche beaucoup des efforts qu'on demande à certains, aux retraités ou fonctionnaires. Mais évidemment, si on veut financer des priorités, et je pense que la jeunesse doit être... une de nos priorités absolues. Il faut faire des
sacrifices. Non, mais ce n'est
pas des sacrifices. C'est demander aux retraités de contribuer à l'effort national. On nous l'a reproché, 25% de la population aujourd'hui, 10% de l'effort. De contribuer à l'effort pour pouvoir continuer à financer des priorités et éviter de se retrouver à subir. Moi, ce qui m'inquiète, c'est que si on ne fait rien, on se retrouvera dans une situation...
Mais Roland Esquire, pour l'instant, personne ne veut toucher aux retraités et pas même horizon les troupes d'Edouard Philippe. Mais juste, vous disiez... Si, si,
si, je pense qu'ils sont partagés. Vous pensez qu'ils peuvent bouger ? On
va rentrer dans le détail. Mais vous disiez, le monde nous regarde. Le taux d'emprunt de la France à 10 ans frôle désormais les 5%. L'écart, le spread entre le taux d'emprunt français et allemand n'a jamais été aussi haut depuis 20 ans. Il faudra du temps à la France afin de retrouver l'entière confiance des marchés, a dit hier soir la chef du FMI. Vous pensez la même chose ? C
'est un long chemin de croix. Alors, je n'ai pas le droit à tout le monde de Cristalina Georgieva, qui est une excellente directrice générale du FMI, pour savoir que ça va prendre du temps. En revanche, je veux quand même rassurer nos auditeurs. Nous avons la confiance des marchés, au sens où on n'a pas de problème pour émettre de la dette. Ça nous coûte plus cher. Et ça, c'est un signal d'alarme. qu'on doit tous intégrer. Mais nos émissions de dette obligataires se passent bien. Les investisseurs nationaux et internationaux continuent à acheter de la dette. Ça coûte cher.
Mais ce que dit le FMI, c'est pas quand même un symbole. Vous voyez, vous avez aussi l'américain Paul Krugman, prix Nobel d'économie, qui qualifie la France d'homme économique malade du monde occidental. Le FMI qui met le projecteur sur la France.
Et Paul Krugman, je le rappelle, qui considère que le modèle social français est un exemple et qui devrait notamment servir d'exemple aux Etats-Unis. Le défi... majeur, c'est de préserver ce modèle social. Il y a 80% des dépenses. récente, qui relève de deux piliers, la santé et les retraites. Si on n'arrive pas à limiter les dépenses de santé et à limiter les dépenses de retraite, on ne pourra pas financer le reste, la défense, la jeunesse, le climat. Mais donc tout va
très bien, Madame Lamarck ? Non, absolument pas. Le FMI, le prix Nobel, mais tout va bien.
Non, non, non, non, c'est pas ce que je dis. Sinon, je ne serais pas ici et je n'aurais pas fait ce que je fais depuis maintenant trois semaines pour défendre un budget qui est un budget qui est quand même très largement critiqué comme étant... trop strict, et dont je considère que c'est le minimum. 5%, ça ne peut pas aller au-delà, c'est un maximum de déficit public pour l'année prochaine. Parce que, vous venez de le dire, le monde nous regarde, Paul Krugman, Kristalina Georgieva, les investisseurs que je rencontre régulièrement. C'est dans ce contexte
pour le moins compliqué qu'a commencé justement l'examen du projet de loi de finances 2027, hier soir à l'Assemblée nationale. Vous avez échappé, pour le début des débats, à une motion de rejet déposée par les socialistes, grâce notamment aux voix du Rassemblement national. Pas seulement, le bloc central était très mobilisé. Budget très critiqué par la gauche, entre autres, qui le juge trop favorable au plus aisé. Pour résumer, dit la gauche, c'est un budget fort avec les faibles et faible avec les forts. Est-ce que c'est la réalité ?
C'est une formule, j'espère que les débats seront un peu plus intéressants que ces formules qui sont parfois à n'importe pièce et qui masquent la réalité. On a préservé... des outils qu'on a mis en place depuis maintenant deux ans pour taxer davantage le revenu, ce qu'on appelle la contribution différentielle sur le revenu. On a préservé la surtaxe sur l'impôt sur les sociétés, des grandes sociétés, même si on la baisse un peu. C'est
quand même un symbole d'un côté de rogner sur les ABL, l'allocation de rentrée scolaire, et de l'autre de diminuer la surtaxe sur les grandes entreprises. On
ne rogne sur rien, on envisage de ne pas indexer sur l'inflation. Ça veut dire qu
'on gèle.
Je l'ai au niveau
actuel, mais les prix
augmentent. Les riches, comme on dit, dans ce budget, ils vont contribuer à plus de 10 milliards au redressement national. On a, et j'allais dire, c'est très bien, c'est notre modèle, un des modèles les plus redistributifs au monde. Les écarts de revenus entre les riches et les pauvres après redistribution, c'est l'INSEE qui le dise pas moi, ils sont extrêmement réduits par notre monnaie de social. On peut aller plus loin.
10 milliards pour les plus riches et combien pour les autres
10 milliards pour les plus riches... Plus tout le reste, si vous voulez. Les dépenses de santé, ça concerne les riches comme les pauvres. Les dépenses de l'État, ça concerne tout le monde. Mais il y a des efforts particuliers des plus aisés. Grandes entreprises, contributions sur les gros revenus, impôts sur le
capital. Est-ce qu'ils sont suffisants ces efforts, Roland Lescure ? L'ONG Oxfam, de lutte contre les inégalités, dirigée par Cécile Duflo, met en avant le fait qu'en France, un milliardaire paie proportionnellement. Moins d'impôts... aucune infirmière, aucun pompier. Elle a annoncé hier attaquer l'État en justice pour manquement à prélever l'impôt de façon juste et égalitaire. Vous répondez qu'il n'y a pas de problème de justice fiscale en France ? Non, je ne
réponds pas ça. Je réponds qu'on est un des pays les plus redistributifs. Donc si vous ne répondez pas
ça, ça veut dire qu'il y a un problème d
'injustice fiscale en France ? Non plus. Les faits soient clairs. On est un des pays les plus redistributifs du monde. On a un sujet sur... Le capital, les grandes richesses, comme on dit. Et ça, c'est un problème mondial. Il est évident que si demain, la France décide de taxer toutes seules les grandes fortunes, les quelques grandes fortunes dont on sait que proportionnellement à leurs revenus, elles payent moins d'impôts. Ça, c'est une réalité. On parle de
ceux qui ont plus de 100 millions d'euros de patrimoine net. Mais oui,
bien sûr. Et dont on sait que le capital est mobile. Que cette question se pose, nous, on l'a posé au niveau de l'OCDE, par exemple, pour les grandes entreprises. On a imposé, grâce à la France, 15% de... d'impôt minimal pour les grandes sociétés. On ne l'a pas encore fait pour les sociétés du digital, ça c'est un sujet. Et on n'est pas prêts de le faire, mais je pense que ce débat doit avoir lieu pour les grandes fortunes. Mais France ne taxera pas, tout seul, tout le monde. Pour mieux se porter, ça n'arrivera pas. J'allais dire, malheureusement, il n'y a pas de solution si simple à notre problème. Il faut qu'on fasse tous des efforts, il faut qu'on revoie les modèles de financement. Et ça, ça passera peut-être du coup par une fiscalité du capital un peu plus élevée, une fiscalité sur le travail un peu moins élevée, peut-être une fiscalité sur les retraités un peu plus élevée, peut-être moins élevée pour ceux qui travaillent. Aujourd'hui, ce qui est clair, c'est que c'est ceux qui bossent qui financent tout le reste. L'école gratuite, les crèches. L'université, les retraites, la santé, tout ça, c'est financé par ceux qui travaillent. Ça fait beaucoup quand vous vous levez le matin et que vous allez bosser. Et
on comprend que vous voulez mettre à contribution les retraités. On l'évoquait à hauteur de 5,5 milliards d'euros. Dans ce contexte, Bercy a publié pour la première fois le poids réel des pensions de retraite dans le budget de chaque ministère. 32% du budget de l'éducation nationale. Ces retraites qui représentent 30% aussi du budget de l'intérieur. Pourtant, vous avez suspendu la réforme Borne qui est décalé l'âge de la retraite à 64 ans. Pourquoi publier ces chiffres aujourd'hui ?
On fait preuve de transparence, on publie aussi les aides aux entreprises, on publie les prélèvements sur les entreprises. On souhaite qu'au fond, le débat budgétaire est au-delà, le débat de la présidentielle, parce que ces chiffres vont, j'espère, servir de base aussi au débat de la présidentielle. Que les faits soient sur la table. Et c'est vrai qu'aujourd'hui... Ça veut dire qu'on
les cachait avant, ces faits ? Non, mais ils n'étaient
pas publiés dans ce qu'on appelle les jaunes budgétaires, les annexes au projet de loi de finances. Et donc, ce n'étaient pas des documents estampillés budget qui sont aujourd'hui publics, sur lesquels on peut fonder nos débats. La réforme Borde, je l'ai votée. Si j'avais pu éviter de la suspendre, je l'aurais fait avec plaisir. C'était le prix du compromis. C'était le prix, je dirais, de la stabilité politique il y a un an. Bon, voilà, maintenant, cette réforme... Elle reprend l'année prochaine. Sauf si le futur président de la République trouve mieux. Publier ces chiffres aujourd'hui,
c'est une façon de dire aussi que les retraités ne pourront pas y couper. Vous aviez dit, le gouvernement propose notamment que les pensions supérieures à 1260 euros ne soient pas indexées, en tout cas pas intégralement, sur l'inflation. Et pour certaines, à partir de 2000 euros, gelées. Est-ce qu'on vit bien ? Ça vous a été reproché de nous poser la question.
Cette polémique me suit depuis des semaines. Ce
que j'ai dit,
2000 euros, on n'est ni riche ni pauvre. 2000 euros, c'est plus que 60% des retraités en France. C'est plus que près de 50% des salariés en France. Et les retraités, pour 70% d'entre eux, ils sont propriétaires. Donc c'est vrai que quand vous êtes propriétaire avec 2000 euros, vous vivez mieux que 60% des retraités. Donc ils n'y couperont pas ? Non mais c'est pas une histoire. Vous visez
les pensions supérieures à 1260 euros. C'est moins de 2000 euros. Et la fille rappelle que le seuil de pauvreté c'est 1300 euros.
Non, c'est moins que ça. C'est plutôt le SMIC. Enfin, celui qu'on parle en brut ou en net. Je ne sais pas comment parler les filles. Non mais, l'idée, ce n'est pas de couper aux efforts. C'est de se dire, on fait face à une montagne de dettes, elle existe. Et on fait face à un défi sur lequel il y a deux manières de régler le problème. Soit on se pointe le doigt les uns les autres en disant, c'est ta faute, je vais te taxer. C'est ta faute, je vais te taxer. Soit on se dit, ensemble, on va devoir faire face de manière à ce que tout le monde... contribuent 5,5 milliards sur les retraités. On a 54 milliards d'efforts. Ça veut dire que 25% de la population va faire 10% de l'effort. J'allais dire c'est juste, c'est juste. On pourrait peut-être même leur demander un peu plus, notamment pour financer la jeunesse. Je ne suis pas sûr que c'est là qu'ira le débat parlementaire au vu de ce que j'ai vu en commission, mais on verra.
Juste le seuil de pauvreté, 60% du revenu médian, soit 1337 euros par mois, dit LFI.
Bon, écoutez, très bien, je vérifierai les chiffres, brut ou net, c'était la question que je posais.
Et aujourd'hui, on a, je crois, près de 15 millions de personnes sous
le seuil de pauvreté. Mais bien sûr, et je ne vais pas vous dire que je m'en satisfais, mais la meilleure manière de sortir de la pauvreté, c'est quand même de faire en sorte que les gens trouvent un job. Et aujourd'hui, on travaille plus qu'il y a 10 ans en France, et j'espère qu'on va continuer à augmenter les heures travaillées.
Roland Lescure, ministre de l'économie et des finances. Roland Lescure, on parlait du budget pour 2027. Jusqu'à présent, le PS se détachait par son intransigeance et encore ses dernières heures. Mais c'est Raphaël Glucksmann qui a été désigné à la primaire. Et Raphaël Glucksmann, lui, il dit que si le budget ne bouge pas, il y aura censure. Mais il faut une négociation. Est-ce que sa désignation change la donne pour vous aujourd'hui ?
tout cas, elle clarifie les choses. Il y a maintenant un candidat de la gauche républicaine, démocrate, pro-européenne. Et moi, je m'en félicite. Il faut ensuite que nous, on règle nos problèmes pour qu'on en ait un aussi. Et j'espère que ça arrivera. Oui, ça, c'est sur le
plan politique. Ce n'est pas forcément une bonne nouvelle pour vous, la désignation de Raphaël Glucksmann. Pourquoi vous
dites ça ?
Parce qu'il risque de prendre des voix, peut-être Gabriel Attal, peut-être un autre candidat du Bloc central.
Écoutez, on verra où il prend des voix. En tout cas, il a un espace, c'est clair, et il va essayer de l'occuper. Mais sur la censure et la négociation, en tout cas, moi, j'ai regretté cette motion de rejet. parce que rejeter un texte avant qu'il soit débattu, c'est à peu près l'inverse de ce qu'on a fait l'année dernière, notamment avec les socialistes, où on a réussi à débattre et à trouver une solution de compromis. – Elle a échoué, elle est arrivée.
– Non mais je le rappelle pour les gens, parce que je me suis dit ce qui s'est passé depuis. – C'est vrai, c'est vrai, donc heureusement, le débat
aura lieu. Nous, on a été très clair. 5%, c'est 5%. Il ne faut pas aller au-delà. Pour le reste, on peut discuter à peu près de tout. J'ai bien compris que l'élection présidentielle a été une espèce d'ombre portée sur ce budget. Mais moi, je le dis à tous les candidats. J'ai vu tous leurs responsables des finances dans mon bureau. Ils étaient presque en train de prendre des mesures pour savoir s'ils
pourraient s'installer
dans quelques
mois.
Est-ce qu'ils vont hériter d'un budget ? qui sera peut-être pas parfait, qui pourront modifier, ou est-ce qu'ils vont hériter d'une situation catastrophique parce qu'on n'aura pas de budget ? C'est un peu à eux de faire le choix. Nous, on est évidemment prêts à faire preuve d'ouverture. Mais il dit que vous
êtes intransigeant, c'est aussi à vous de lâcher des choses. Qu'est-ce que vous lâchez aujourd'hui au PS pour avoir au moins la bienveillance du PS ? Qu'est-ce que vous pouvez lâcher ? Vous renoncez à quoi
? Ce que le Premier ministre leur a écrit. Noir sur blanc, cette lettre, elle est publique. C'est que, par exemple, sur les budgets des violences, les luttes contre les violences sexistes et sexuelles, il y a déjà plus d'un milliard et demi dans le budget. Pourquoi pas aller plus loin ? Pourquoi pas augmenter la
somme déjà pour les violences sexuelles ?
Voilà, l'agriculture. Boris Vallaud a interpellé le Premier ministre sur les enjeux de l'agriculture dans sa circonscription, en regardant si on peut soutenir l'agriculture. Il y a des sujets... Les suppressions
de profs, Roland Lessure, est-ce que vous pouvez renoncer aux 1 600 suppressions de professeurs
Alors... Évidemment, on peut tout regarder, le débat sera... Mais il faut là aussi faire sur la base des faits. Il va y avoir un million et demi de moins d'élèves dans notre système scolaire dans les années qui viennent. Un million et demi. Donc de dire, on va garder exactement le même nombre de profs partout. On ne va pas fermer les classes, même dans les endroits où il n'y a plus d'élèves. Mais là, le mouvement met en lumière le problème de présence des professeurs devant les élèves. Le défi majeur d'organisation de l'éducation nationale française, il est... C'est uniquement de l
'organisation ?
C'est une partie de l'organisation, puisque je rappelle quand même que, j'allais dire, en cherchant bien, on a trouvé 3 000 professeurs.
Donc ça
prouve bien qu'il y a des défis d'organisation majeure. Et c'est pas simple. Il y a des millions de professeurs, des centaines de milliers de professeurs, des millions de lycéens. C'est pas facile. Mais on doit pouvoir faire mieux. Et la question qui se pose, c'est est-ce qu'on peut peut-être décentraliser un peu plus l'éducation nationale ? On va pas le faire cette année. Mais ça fait partie des sujets auxquels on doit s'intéresser. Oui, mais le long terme est important, parce que... pas tout régler un budget et des
milliards.
Mais vous dites Roland
Lescure, comme gage possible envoyé à la gauche, rehausser le budget pour la lutte contre les violences sexistes et sexuelles, la loi intégrale a été adoptée. A l'unanimité, pour le souligner, c'est rare à l'Assemblée nationale hier. Dans un premier temps, toutes les associations avaient dit minimum 3 milliards d'euros par an. La ministre à l'égalité homme-femme, Ourore Berger, avait dit ce ne sera pas un problème le budget. Puis finalement, Sébastien Lecornu a dit non, ce sera 1 milliard et demi. Puis maintenant, il dit oui, on pourra rehausser. Vous voyez, est-ce que c'est un gage suffisant
ça ? Non mais, bienvenue dans ma vie. Ce n'est pas facile aujourd'hui de constituer un budget. Parce qu'on a une vraie pression de l'extérieur, mais au fond, qui doit nous aider à faire ce cadeau aux jeunes générations, réduire le déficit public, c'est réduire le poids sur les jeunes générations. Donc on a un cadre contraignant et il faut faire des choix. La bonne nouvelle, c'est qu'on peut encore faire des choix. C'est pour ça que moi, j'ennuie tout le monde à dire le cadre, le cadre, 5%, pas plus, si on fait moins, c'est tant mieux. C'est parce que ça nous permet de faire des choix et des choix, effectivement, entre générations. entre dépenses, la souveraineté, la protection des mineurs, l'école, l'avenir, mais aussi des économies à faire, sinon on n'y arrive pas. Mais pour
l'instant, vous êtes tout seul et vous avez besoin soit du soutien du Parti Socialiste, soit du soutien du Rassemblement National. LFI vous reproche aussi de cibler particulièrement le RN avec vos gestes pour le RN, par exemple les délais de carence pour les prestations sociales pour les étrangers avant qu'ils puissent les toucher, les coupes dans le renouvelable ou les coupes dans le... le budget de l'Union Européenne. C'est sur eux que vous misez aujourd'hui, Roland Lescure ?
Écoutez, quand je vois les questions au gouvernement qui me sont posées par le Rassemblement National toutes les semaines, je n'ai pas l'impression. que je sois leur meilleur ami, non. Le fait est qu'il y a des gestes pour le
RN, il n'y a aucun geste pour la gauche dans ce budget.
Écoutez, le délai de carence dont vous parlez, il a été fait après des discussions avec la droite républicaine. Et vous n'êtes pas favorable à
cette mesure, d'ailleurs. J'ai
dit que ce n'était pas celle avec laquelle j'étais plus à l'aide. La droite dont les positions se rapprochent souvent de celle du RN. Écoutez, ça c'est une question effectivement qui se posera à l'occasion de la prochaine échéance. Ce que je peux vous dire, et ça c'est un fait, c'est qu'on a deux glissières de sécurité sur l'autoroute budgétaire. Les ordonnances... Alors
les ordonnances, ça permettrait d'adopter le budget originel. Donc même si le gouvernement tombe, il y aurait un budget. Alors qu'avec le 49-3, il n'y aurait ni budget ni gouvernement. En cas de censure. Donc
les deux outils sont disponibles. Les oppositions, quelles qu'elles soient. peuvent choisir en disant on va les laisser passer les ordonnances, ce sera ce budget horrible qu'ils nous ont déposé, puis on changera quand on sera élus. C'est un choix stratégique. Mais critiquer un budget et le laisser passer, c'est aussi faire une décision stratégique importante. Ou de dire on peut l'améliorer dans le cadre de discussions de compromis, il peut y avoir un 49-3, parce que je doute que ce budget sera voté. Et dans ce cas-là, on ne s'en suspe pas le gouvernement parce que le budget, j'allais dire, est moins pire que celui qu'ils ont déposé. Je ne suis pas seul responsable de tout ça. Chacun va devoir prendre ses responsabilités. Ce que je peux vous dire en revanche, c'est que si on n'a pas de budget, là, on sera dans une situation extrêmement difficile.
Un mot Roland Lescure sur un sujet qui ne sera pas... Je ne crois pas discuter directement dans le cadre de ce projet de loi de finances 2027. C'est le prix de l'électricité. Il ne doit pas augmenter cet hiver. C'est la promesse de Sébastien Lecornu. Enfin, est-ce une promesse ? Puisqu'il ne dit pas, il ne va pas. Il dit, il ne doit pas. Donc, est-ce que vous savez comment ça va se passer ?
On va tout faire pour faire en sorte qu'il n'augmente pas. On a des leviers à notre disposition. Je rappelle quand même qu'on est en train de faire baisser le prix de l'essence sans ni augmenter les taxes, ni les baisser. Vous ne baisserez
pas les taxes sur l'électricité ? Parce que c'est ça la question qu'on se pose. Sinon, ça ne dépend pas de vous. Le prix d'électricité, ça dépend de la commission de régulation de l'énergie, ça dépend de l'EDF, ça dépend de l'hiver. Est-ce qu'il sera froid ? Est-ce qu'il sera chaud ?
Exactement. Ça dépend de plein de facteurs. Donc nous, on fixe un cap. On a un certain nombre d'outils qui sont à notre disposition. D'autres acteurs peuvent être aussi responsables dans tout ça. Et on va s'assurer que, faire en sorte que, le prix d'électricité dans le monde bas, on fait baisser le prix de l'essence. Je le rappelle. et sans cramer la caisse, et sans faire rêver tout le monde en disant on va aller chercher l'argent là où il est, en Angola, au Niger ou en Norvège. Donc on y arrive. Vous allez y arriver.
Sans baisser les textes. Un tout dernier mot, Roland Lescure, en quelques secondes, puisque cette interview touche à sa fin. Natacha Polony, essayiste, journaliste, annonce ce matin sa candidature à l'élection présidentielle. Votre réaction ?
Bienvenue au club. Non mais franchement aujourd'hui l'originalité ça commence à être de ne pas être candidat. Donc je vous l'annonce aujourd'hui, je ne suis pas candidat à l'élection présidentielle.
Natacha
Polony considère qu'elle a été appelée par je ne sais qui pour faire je ne sais quoi. J'allais dire bonne chance, bienvenue au club, il doit être une trentaine de candidats potentiels. J'espère que tout ça... va se nettoyer en début d'année, qu'on aura quelques candidats sur une ligne de départ qui ont des positions politiques bien tranchées, je choisirai le mien et j'espère qu'il gagnera.
Le vote, ça pourrait être Raphaël Glussmann ou François Hollande ? Aujourd'hui,
ce que je peux vous dire, c'est que je suis membre de Renaissance et que je soutiens Gabriel Attal et que j'espère que... Assez vite, maintenant que c'est clair à gauche, Edouard-Philippe et Gadelantal vont se mettre d'accord pour avancer ensemble. Scoop,
en tout cas, Roland Lescure n'est pas candidat à l'élection présidentielle. Merci d'avoir été avec nous, ministre de l'économie et des finances. Merci à vous, Agathe. A demain.
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