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maintenant, il faut comprendre dans ce contexte l'événement qui se déroule sous nos yeux, la révolte de la jeunesse. Ils ne sont pas en train de faire une crise de nerfs printanières, d'ailleurs c'est l'automne. Ils ne sont pas... en train de s'agiter sans raison. Non seulement ils se mettent en mouvement pour des raisons objectives qu'ils ont nommées dans des cahiers de revendications qu'ils ont rédigés en proposant à tous ceux qui veulent aller voir sur le terrain la réalité de leurs revendications. C'est donc un mouvement qui fait preuve d'une très grande maturité politique et syndicale. Mais ce mouvement est le cri qui annonce la fin d'une période dont ils ont été les victimes. Non, ce n'est pas par hasard, ou par oubli, ou par négligence, que les établissements d'enseignement secondaire, de l'enseignement général et du professionnel se trouvent dans cet état, pour ne rien dire du premier degré. Cela a été organisé méthodiquement pendant plus de 15 ans. Les néolibéraux sont partis de l'idée qu'ils voulaient se débarrasser de l'école comme service public, prenant l'engagement auprès de chaque jeune de lui permettre de franchir toutes les étapes du savoir jusqu'à la qualification qui permet les métiers les plus avancés. Ils ont pensé qu'en en faisant un marché, ils vendraient du savoir à la découpe. Pour organiser un marché, il y a des conditions, elles ont été toutes réunies. Premièrement, fabriquer des producteurs concurrents, c'est-à-dire des établissements scolaires en concurrence les uns avec les autres. De l'université au lycée, en passant par les collèges où plus de 20% de l'emploi du temps est déterminé localement. Pour que ça marche, il faut qu'il y ait des classements pour que vous choisissez à quel endroit mettre votre enfant, bien sûr. Et certains médias se sont chargés de produire ça tous les ans. Le lycée machin, meilleur que le lycée truc, et ainsi de suite. Et bien sûr, le lycée privé. Et pendant qu'il faisait tout ça, partout, les droites au pouvoir, dans les régions, dans les communes, dans les départements, versaient non seulement la part des subventions prévues par la loi pour les enseignements privés, mais des parts supplémentaires, si bien qu'au point de départ entre le public et le privé, il y avait en quelque sorte un décalage de moyens pour faire le travail. Et tandis qu'au public, on demande de prendre tous les jeunes, quels qu'ils soient. Au privé, on accordait le droit de choisir et de trier sans aucune obligation. Voilà comment ils ont constitué le marché. Puis après avoir mis des producteurs indépendants, ils ont mis des consommateurs concurrents. Et c'est ainsi qu'on a vu arriver au lycée. Chacun sommé de faire sa petite tambouille, son petit potage, les valeurs qu'il choisit pour faire ceci ou pour faire cela. Et on a présenté ça comme le sommet de la liberté individuelle. Mais en matière de qualification, la liberté est contrainte par l'obligation de savoir certaines choses. On ne peut, même si on est un littéraire, affirmer, et j'en ai fait partie. se passer de mathématiques. On ne peut se passer de science. Et dès lors, c'est à ceux qui savent, qui organisent l'enseignement, de dire comment on répartit, bien sûr, suivant les options, mais quels sont les savoirs fondamentaux que tout le monde doit avoir en même temps, le même jour et au même examen. Et ensuite, quand ils ont continué, ils ont fabriqué le contrôle continu. en disant « Ah ben vous voyez, comme ça, c'est plus simple ». Non, mesdames, messieurs, ce n'est pas plus simple, parce que ça veut dire que la note ici n'a pas la même valeur que la note là-bas, et tout ça est précédé par des réputations. Et ensuite, quand vous notez, vous n'avez pas envie de massacrer vos élèves, alors des fois, il peut arriver, je ne dis pas que ça arrive, le petit coup de pouce qui aide, mais qui, du point de vue pour finir, de la vérification la plus fine des niveaux, n'est pas la meilleure des idées. Ce bazar a été organisé du sommet de l'État par des gens qui voulaient transformer le savoir en une marchandise, comme ils transforment tout en marchandise. Et c'est cette société à laquelle nous voulons mettre fin, la société où tout est marchandise. Le savoir n'est pas une marchandise. Le jour où le savoir devient une marchandise, alors vous êtes dans une société obscurantiste. Car jusqu'à présent, les scientifiques, qui sont ceux qui ont toujours ouvert le chemin de toutes les autres disciplines de pensée, ont toujours agi de la manière suivante. Tout ce qu'ils trouvent, ils le disent à tout le monde, pour que tout le monde puisse profiter de ce qui se sait pour aller toujours plus loin. Si vous mettez un prix à l'acquisition d'un savoir, vous organisez l'obscurantisme parce que c'est l'argent qui décide de la diffusion du savoir et non plus l'intelligence de celle ou de celui qui le reçoit. Ce sont ces choses fondamentales que je viens expliquer devant vous et devant tous ceux qui sont en train de nous regarder pour qu'ils comprennent pourquoi cette lutte des lycéens. est si fondamentale pour notre patrie, pour notre avenir à tous et à toutes. Et je vais compléter ce tableau. Pourquoi il est si extraordinaire, mais finalement moins, qu'au quart de tour, le mouvement soit parti d'abord des lycées, des banlieues et des quartiers populaires où on n'a pas d'autre ascenseur social que les études, que c'est elles qui ont libéré les filles et les garçons, des destins rangés d'avance. Alors qu'avant les mouvements, démarré dans les centres-villes, et puis de là, c'est passé directement aux universités, toutes les universités, d'un seul coup, 90% d'entre elles, parce que la jeunesse qui est là est passée par l'épreuve, et elle sait de quoi il s'agit à la fin, parce qu'ils retrouvent les mêmes barrages pour les masters. Ils retrouvent les mêmes barrages pour les licences, ils retrouvent les mêmes barrages pour le doctorat, c'est-à-dire partout le règne de l'argent et la sélection. Et voici que cette Madame Le Pen, qui ne comprend rien à tout ça, dit « Eh bien ! » Je suis pour la sélection à l'université. Eh bien, pas nous. Nous ne sommes pas pour la sélection. Nous sommes pour l'éducation. Nous sommes pour l'enseignement. Nous sommes pour l'acquisition des savoirs. Pas pour la sélection. La sélection, c'est un épisode. Ce qui compte, c'est apprendre. Devenir meilleur. Plus il y a de savoir, plus il augmente, plus il se répand. Et plus nous sommes riches, nous autres Français. Car nous n'avons rien d'autre que notre matière grise comme matière première de notre développement. Et pour que ce système fonctionne complètement, pour qu'il fonctionne comme ils avaient prévu, Il fallait y introduire une école du vice. Parcoursup. Parcoursup, c'est la manière de rendre tordu votre gosse qui est droit. Votre fille, votre gars, déjà, savoir à 15 ans qu'est-ce qu'on fera après. Moi, je ne le savais pas. Peut-être que je ne suis pas un bon repère, mais à mon avis, je ne suis pas le seul. 15 ans, 16 ans, déjà, pardon, je fais ma petite parenthèse. Bon, déjà, on nous demandait de savoir avec qui on n'était plus d'accord, de Corneille ou de Racine, pour ce qui était du rapport de l'amour et du devoir. Beaucoup optaient pour l'amour. Et je crois que ça continue. Mais déjà, c'était une question qu'on arrivait à comprendre. Mais alors, si vous voulez être chaudronnier ou astronaute, c'est plus dur à 15 ans. Et encore plus à 14. Mais pourquoi je dis école du vice ? Parce que votre enfant, il a quand même une idée. Il a parlé avec les parents, avec les grands-parents, il a fini par avoir une idée. Puisqu'on lui demande à tout prix, il répond. Mais on lui dit une idée ? Tu plaisantes, on t'en demande 10. A partir de la deuxième, vous commencez à mentir. A la troisième ou à la quatrième, vous racontez n'importe quoi. Parce que vous n'avez aucune idée sur ce qu'est tel ou tel métier, mais vous l'écrivez quand même pour qu'il y en ait 10. Et il y a votre père, votre mère, votre grand-mère ou votre grand-père qui vous aide en vous disant « t'as qu'à dire ça ». Parcoursup, c'est le martyr de toute la famille sur trois générations. Tout le monde sait ça. Parcoursup est une ignominie. Et Parcoursup ne sert qu'à une chose. Comme il n'osait pas mettre un examen d'entrée à la faculté et à l'université. Comme il y avait déjà un certain monsieur Blanquer qui vient de dire du haut de sa science. Un papier à propos du bac. Ce gars a été ministre de l'éducation pendant cinq ans et il ne sait pas que le baccalauréat n'est pas un papier, c'est le premier grade universitaire de notre pays. Ce n'est donc pas un papier. Et si on n'a pas ce papier, on ne peut pas passer les concours de la fonction publique. Donc c'est un peu plus qu'un papier apparemment. C'est un certificat de qualification, de savoir. M. Blanquer faisait partie des plus obscures sectes libérales qui étaient les plus acharnées à vouloir faire le marché du savoir. Au début, on les prenait pour ce qu'ils sont, des dingues, donc on ne s'en occupait pas trop. Mais voilà que ces gens-là, un jour, grâce à Macron, se retrouvent au pouvoir et décident d'en faire un marché. Eh bien, nous avons un contre-modèle. Je vous ai dit il y a un instant, la France a besoin de matières grises bien cultivées pour avoir un futur possible. Sinon, elle n'en a pas. Vous me comprenez ? Au XXIe siècle, le siècle de l'intelligence artificielle et de la bêtise artificielle, tout commence par le fait de savoir. Il faut que le peuple français et le peuple en France apprennent, apprennent, apprennent encore. Non seulement à l'école, mais une fois qu'on est au boulot, la formation en continue et tout ce qui permet d'augmenter sa qualification. Car quand les machines qui hier mettaient 10 ans avant d'être obsolètes ne mettent plus que 5 ans, et quand en plus c'est une autre machine qui va décider laquelle faut acheter et de quelle forme elle doit être... Alors vous voyez bien que vous avez intérêt à avoir un peuple qui a une culture générale suffisamment large pour bien s'adapter au renouvellement continuel des instruments de la production. C'est la raison pour laquelle les maths, les sciences et la culture générale sont absolument indispensables pour faire marcher n'importe quelle machine et n'importe quel système productif. Je n'ai pas l'intention de développer devant vous je ne sais quel discours sur la manière de réorganiser l'école. Ceci viendra en son temps. Sans doute, ce jour-là, serai-je accompagné de Paul Vanier, qui, dans notre mouvement assoumis, est celui qui regarde l'école de plus près, mais surtout qui a une caractéristique par rapport à d'autres, c'est que lui, dans l'école, il voit d'abord les enfants. Et leur protection.
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