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Regardez cette affiche, alors c'était l'affiche de Gabriel Attal pour son meeting, grand meeting où il a présenté son programme. Et bien sur cette affiche que nous voyons là, regardez, c'est une affiche générée par l'intelligence artificielle, et bien derrière, qui voit-on en ombre ? On voit Jean-Luc Mélenchon, on voit bien que c'est un objet de campagne important pour Gabriel Attal. Je vous propose déjà d'ailleurs peut-être d'écouter deux sons. D'abord, Gabriel Attal attaquant Jean-Luc Mélenchon et Jean-Luc Mélenchon lui répondant. Écoutez. Cette
colère, certains veulent l'attiser, la récupérer, la dévoyer, en multipliant les insinuations ignobles contre la police, en légitimant la violence, en appelant à l'émeute, en faisant de la jeunesse de la chair à canon politique. Et pendant que l'extrême gauche exploite la colère de la jeunesse, l'extrême droite, elle, se frotte les mains.
une extrême gauche qui exploiterait la colère de la jeunesse, Jean-Luc Mélenchon lui a répondu en disant pas du tout, pas de violence chez les jeunes. Écoutez.
Redire. aux lycéens et aux étudiants, que je leur recommande des stratégies non violentes. Et en particulier, de bien comprendre que mettre le feu à des poubelles ne fait pas avancer la cause d'un mètre. Par contre, ça donne des images qui nous desservent. Je crois que tout le monde le comprend. Donc il ne faut pas le faire.
Alors, Yael. On voit bien que chacun répond, l'un répondant à l'autre, sur les réseaux sociaux d'ailleurs. Ils n'ont pas arrêté aussi de se chercher. C'est une stratégie ? C'est pour faire parler de soi ? Parce que vraiment, ce sont deux candidats qui s'opposent sur des idées très différentes ?
Oui, ça a commencé dès cet été de se trouver comme adversaire mutuel de manière très intéressée. Parce qu'en fait, quand Jean-Luc Mélenchon tape sur Gabriel Attal, c'est une manière pour lui d'affaiblir Edouard Philippe dans le bloc central, de créer une concurrence, une émulation dans le blanc. centrale en choisissant celui justement qui n'est pas favori et qui a besoin d'exister et gabriel atel a besoin du punching ball mélenchon pour continuer à être dans la campagne et là sur un segment très particulier qui est la jeunesse il ya une espèce de bataille la déléguée d'électorat alors qui est globalement largement remporté pour l'instant par jean luc mélenchon qui dans les sondages oscille entre 40 et 45% d'intentions de vote chez les moins de 25 ans, c'est colossal. De l'autre côté, Gabriel Attal sous les 20%, Edouard Philippe vers 8%, ça c'est un sondage IFOP. Donc il y a cette bataille électorale, il y a même un marquage à la culotte dans les meetings, c'est-à-dire que vous aviez donc, vous le disiez hier samedi à Lyon, Gabriel Attal, 2000 personnes dans la salle. Et à 150 kilomètres de là, cet après-midi, c'est Jean-Luc Mélenchon qui choisit Clermont-Ferrand, lieu symbolique, parce que c'est là où avait lieu la première convention du mouvement des Insoumis en 2017. Donc c'est un lieu très particulier et l'idée c'est de répliquer à chaque fois. Jean-Luc Mélenchon veut aller là.
D'ailleurs, le sonore qu'on voyait à Jean-Luc Mélenchon, c'était hier déjà. Exactement.
Et là, on est sur 10 000 personnes annoncées. Donc, il y a un match de meeting, évidemment, montrer qu'on est plus fort que l'autre. Et puis, cette quête d'un électorat, Gabriel Attal, 37 ans, Jean-Luc Mélenchon, combien ? 74, 75 ? J'ai un doute sur l'âge, je ne sais plus. 75 ans. Il y a cette idée chez Gabriel Attal de cranter ce qu'il avait pu faire quand il était... à l'éducation nationale et avant la jeunesse auprès d'Emmanuel Macron. Problème, il est comptable du bilan d'Emmanuel Macron. Et ça, c'est un sparadrap très compliqué pour lui dans le mouvement social actuel.
Oui, effectivement. Et Charlotte Urien Tomaca, on voit bien un Jean-Luc Mélenchon qui surfe là-dessus, qui surfe sur le macronisme de Gabriel Attal, qui surfe sur le fait que Gabriel Attal, finalement... et ringard par rapport à lui qui sait s'adresser à cette jeunesse. Et on voit sur les réseaux sociaux qu'il ne cesse de l'attaquer et de le titiller justement sur ce point-là.
Bien sûr. Et d'ailleurs, Gabriel Attal se sert de son passage en tant que ministre de l'Éducation nationale sous le gouvernement d'Elisabeth Borne pour montrer qu'il sait parler à la jeunesse. C'est ce qu'il a essayé de faire cette semaine avec cette colère des lycéens, de montrer que lui... peut prendre à bras le corps le problème des lycéens, de la jeunesse, des étudiants, contrairement à Edouard Philippe, qui d'ailleurs n'en a pas beaucoup parlé cette semaine, excepté dans votre émission L'heure de vérité sur France 2. Mais Gabriel Attal, en fait, se positionne à l'inverse d'Edouard Philippe là-dessus, qui s'adresse très peu à la jeunesse finalement. En tout cas, Jean-Luc Mélenchon, vous l'avez dit, c'est celui qui remporte le suffrage des jeunes. D'ailleurs, cette semaine et les semaines précédentes... Tous les étudiants, les lycéens qui étaient sur ces blocages, sur ces barrages, étaient plutôt enclins à voter Jean-Luc Mélenchon. On a vu beaucoup de députés de la France insoumise sur les blocages qui allaient soutenir ces étudiants. C'est vrai qu'au début, ils les ont galvanisés, ils les ont encouragés, peut-être même... Il y a eu des polémiques sur les encouragements de cette violence, etc. Là, on voit que Jean-Luc Mélenchon s'est radouci, peut-être parce que ça va le desservir aussi de continuer à encourager. Vous voulez dire l
'appel au calme ? Oui, bien sûr, l'appel au calme
d'hier avec ses feux de poubelle, etc., en expliquant que ça ne servait pas leur cause. On voit qu'il y a un petit changement de ton ces derniers jours dans la stratégie de Jean-Luc Mélenchon, alors qu'en début de semaine, ce n'était pas du tout ça. Et je pense que ça... Peut-être que ça les a desservis aussi, les Insoumis, sur des tranches un peu plus âgées de l'électorat, de voir que ces violences allaient se poursuivre. Alors là, maintenant, on a l'acte V qui va arriver ce mardi, puis on aura aussi... Une autre manifestation samedi 17 octobre, donc prochain, avec des gilets jaunes, mais aussi des étudiants. Donc la contagion pourrait peut-être s'étendre, il pourrait y avoir une convergence des luttes. C'est ce sur quoi j'imagine compte la France insoumise, de toute façon, d'étendre les revendications qui sont favorables à son électorat et
à sa politique. Christelle Bertrand, on voit quand même que Gabriel Attal, lui, attaque clairement Jean-Luc Mélenchon sur la violence, en disant que c'est celui qui perturbe la société française. En tout cas, c'est ce qui a été dit. On le voit dans cette affiche où cette ombre de Jean-Luc Mélenchon plâme derrière lui. Il l'a pris comme cible principale, comme adversaire principal. Il le désigne comme son adversaire.
Ce qui est en jeu, c'est la deuxième place au second tour. On voit bien que Jean-Luc Mélenchon, d'un côté, et un des deux candidats du Bloc central, Gabriel Attal ou Édouard Philippe, sont en train de jouer cette place face à Marine Le Pen au second tour de l'élection présidentielle. Donc chacun attaque l'autre pour ces raisons-là. L'idée pour Gabriel Attal est à la fois de se servir de Jean-Luc Mélenchon comme marche-pied, puisque Jean-Luc Mélenchon est très audible dans les médias. Donc en l'attaquant, il se met lui-même en lumière. Et Jean-Luc Mélenchon répondant à Gabriel Attal aussi, comme le disait Yael, pour affaiblir un peu Édouard Philippe. Moi, ce que je trouve intéressant, c'est qu'on pourrait se demander... pourquoi des candidats aussi radicalement différents en termes idéologiques essayent de chipper un électorat. On se dit que ces électorats n'ont strictement rien à voir. Et Gabriel Attal a une anecdote à ce sujet. Il raconte qu'un jour, il y a quelques mois, il a organisé une réunion publique et deux jeunes filles attendaient pour faire un selfie en disant « on vous adore, on vous adore, on vous adore. » Vraiment, entre vous et Jordan Berdella, on ne sait pas qui on va choisir. C'est-à-dire que cet électorat... Je lisais un papier de nos confrères du Parisien hier sur le meeting de Gabriel Attal et ils ont interrogé des gens qui étaient venus assister au meeting, qui hésitaient entre Gabriel Attal et Jean-Luc Mélenchon. C'est-à-dire que l'électorat jeune ne sait vraiment pas pour qui choisir entre, Jordan Bardella aujourd'hui c'est Marine Le Pen, Gabriel Attal ou Jean-Luc Mélenchon. Donc c'est plus une...
C'est le vu sur TikTok aussi un petit peu. Non mais c'est ça, c'est-à-dire que
les deux sont très investis sur les réseaux sociaux, très présents. Très présent auprès de cette jeunesse, mais pas forcément pour des idées. Gabriel Attal, ce journal, me disait « mais ça me fait presque peur, parce que c'est vraiment une question d'image et pas d'idée ». Mais en tous les cas, on comprend mieux pourquoi il se dispute cet électorat. Alors,
on entend pourquoi Gabriel Attal va chercher Jean-Luc Mélenchon. Pourquoi Jean-Luc Mélenchon va-t-il chercher Gabriel Attal ? Ça, c'est une question plus étonnant.
Alors, Audrey, vous connaissez la chanson de Céline Dion, « J'irai où tu iras ». C'est exactement la stratégie de Jean-Luc Mélenchon. Avec un peu moins d'amour derrière, mais c'est vraiment l'objectif. J'appelle ça la stratégie du coucou. C'est « Coucou, je suis là et je vais suivre mes adversaires directs sur leur terre, dans leur fief ». Alors, Yael l'a très bien résumé. Lyon, il se trouve que je connais bien Lyon, et pas très loin, en effet, à Vol d'Oiseau de Clermont-Ferrand. Donc, Jean-Luc Mélenchon a décidé de répondre à Gabriel Attal avec ce meeting du jour, qu'on va suivre d'ailleurs en direct sur France Info Canal 16. à partir de 15h30, du côté de Clermont-Ferrand, donc ce sont deux villes pas très loin, mais surtout, Jean-Luc Mélenchon, il a décidé aussi d'aller le 5 décembre, où ça ? Au Havre, donner un grand meeting. Dans la ville d'Edouard Philippe, il considère en fait que ses deux principaux adversaires, il les appelle les héritiers de la Macronie, donc d'un côté Gabriel Attal et de l'autre côté Edouard Philippe. Et puis aussi, son autre adversaire, c'est qui ? C'est Marine Le Pen et le Rassemblement National. Il va tenir la convention de son mouvement politique et les filles au Bourget, donc du côté de Paris, dans la banlieue parisienne. Et Marine Le Pen, elle va donner un très grand meeting, alors pas un meeting de rentrée, parce qu'elle a déjà fait sa rentrée politique, du côté d'Orléans. Orléans et Paris, c'est aussi pas très loin. Donc la stratégie est vraiment assumée. Moi, j'étais à la conférence de presse de Manuel Bompard, coordinateur de la France Insoumise, c'était jeudi. Il a très clairement dit, on va marquer à la culotte l'ensemble de nos adversaires directs, donc les macronistes, ce qu'ils appellent les macronistes Attal et Philippe, et l'extrême droite avec Marine Le Pen. Donc le but, c'est d'être à l'offensive et d'aller les chercher dans leur fief, ou en tout cas... à proximité des meetings qu'ils organisent chacun tour après tour.
Est-ce que ce n'est pas une façon aussi de faire monter un peu artificiellement Gabriel Attal au détriment d'Edouard Philippe ?
Si, c'est de la stratégie. L'idée, c'est de les laisser en concurrence le plus longtemps possible pour qu'ils s'abîment le plus longtemps possible dans ce marigot du bloc central, que ça dure le plus longtemps possible pour les affaiblir et faire que Jean-Luc Mélenchon émerge à chaque fois comme celui qui est en capacité d'aller au deuxième tour face à Marine Le Pen. C'est une manière aussi pour lui d'effacer complètement la concurrence. entre le bloc central centre-gauche et lui. C'est-à-dire qu'il n'y aurait rien entre lui et Attal. Or si, il y a une primaire sociale-démocrate dont on aura les résultats ce soir, avec un ou une candidate qui émergera, après dans quelles conditions abîmées ou pas, ça on en reparlera, mais ça veut dire que lui, il efface, à travers ses meetings de marquage à la culotte, comme vous disiez Antoine, il efface la gauche, l'autre gauche, la gauche qu'il y a entre lui et Gabriel Attal. C'est une manière pour lui de faire complètement une OPA en disant le vote de gauche, c'est moi. Et à chaque fois, il bipolarise totalement en disant que vous aurez ou le projet de Marine Le Pen ou le mien. Et pour la jeunesse, c'est pareil. La jeunesse, c'est moi qui sais où je peux l'emmener. Et ce n'est pas les artefacts ou les héritiers du macronisme qui, aujourd'hui, rament. Gabriel Attal rame pour casser cette image. Justement, lui qui a fait son nid. dans le nid, on parlait de coucou, d'Emmanuel Macron, aujourd'hui il rame pour décoller cette image et le bilan sur la jeunesse d'Emmanuel Macron.
Et alors justement Charlotte, vous évoquiez tout à l'heure les intentions de vote des jeunes, regardez les chiffres qui sont là. Gabriel Attal aurait, selon les derniers sondages, entre 7 et 12%. Edouard Philippe, entre 9 et 15%. Jean-Luc Mélenchon, plus de 40% d'intention de vote chez les 18-24 ans. Visiblement, lui, Jean-Luc Mélenchon, a tracé son sillon. Est-ce que c'est parce qu'il le trace depuis si longtemps auprès des jeunes ? Déjà, la jeunesse LFI s'y adresse depuis longtemps. Est-ce que c'est ça le succès, la recette du succès ?
n'est pas uniquement la recette du succès de Jean-Luc Mélenchon. Bien sûr, il n'y aura pas que des jeunes qui vont voter pour lui. Mais c'est vrai que de toute façon, on sait très bien qu'il y a une polarisation dans l'opinion entre Marine Le Pen et Jean-Luc Mélenchon. Et que Jean-Luc Mélenchon, oui, c'est vrai, remporte un franc succès. Et là, on le voit, plus de 40%, c'est un raz-de-marée quand même sur la jeunesse. D'ailleurs, je le disais cette semaine dans les manifestations. Ce qu'on a vu, c'est beaucoup de syndicats lycéens très proches de la France insoumise, galvanisés par les troupes de la France insoumise, encouragés et aucun autre parti politique ne peut s'exprimer de la sorte et ne peut mobiliser des jeunes comme le fait la France insoumise, comme le font Jean-Luc Mélenchon et les élus de la France insoumise. Ils s'adressent à eux. D'ailleurs, c'est vrai que Jordan Bardella, on le disait, est très populaire chez les jeunes, on le voit sur TikTok. C'est assez incroyable ce phénomène quand on suit la campagne de Jordan Bardella. Mais quand on suit les déplacements de Jordan Bardella, on voit aussi qu'il a beaucoup de jeunes derrière lui. Néanmoins, on sait que l'électorat quand même du Rassemblement national et de Marine Le Pen est quand même nettement plus âgé que celui de Jean-Luc Mélenchon. Elle s'adresse d'ailleurs à des catégories de population un peu plus âgées.
Même si, Audrey, juste un tout petit mot, il y a un chiffre là qui n'est pas dans le sondage. Si vous demandez du côté du RN, c'est 21 à 25 % de la jeunesse des 18-24 ans qui s'apprêtent à voter pour Marine Le Pen. C'est le deuxième parti qui arrive juste après Mélenchon. C'est un
électorat qui a totalement changé depuis les dernières élections, depuis 2017, depuis 2022. C'est un électorat quand même pour Marine Le Pen, qui n'est pas, je le disais, comme celui de Jean-Luc Mélenchon. mais qui quand même rajeunit et c'est assez nouveau, inédit, parce que l'électorat d'extrême droite, comme on l'appelle, auparavant était plus âgé, plus masculin. Il y a un changement de sociologie qui est en train de s'opérer en France et qu'on va sûrement voir pour cette prochaine élection présidentielle avec des votes complètement différents qui rajeunissent sur des partis extrémistes. Votre regard justement, Christelle
ne sais pas, je dirais deux choses. La jeunesse a toujours été portée à une forme de radicalité, on le sait, et puis ça s'agit en vieillissant. Mais vraiment à l'extrême droite. Mais ça a été aussi en partie à l'extrême droite. C'est vrai que c'est un vote plus âgé, mais il y a aussi des très jeunes qui votaient pour Front National, puis le Rassemblement National. Et puis ce sont deux parties qui sont très présentes sur les réseaux sociaux. Le centre est un peu en train de découvrir cette manière de faire campagne. Ségolène Royal, par exemple, qui visiblement a d'assez bons sondages. on en reparlera sur la primaire de la gauche, me disait « mais j'ai tout de suite investi les réseaux sociaux ». Et en effet, elle est très présente sur TikTok et visiblement, ça porte ses fruits. Pour ce qui est de la France insoumise et du Rassemblement national, ça fait des années qu'ils ont investi les réseaux sociaux. J'ai à la maison un ado qui me dit, ce qu'on voit sur TikTok, c'est Jordan Bardella, c'est Jean-Luc Mélenchon. Et donc ça séduit la jeunesse. Et ça, on le voit en effet dans les manifestations. Mais on le voit surtout devant les lycées. Moi, j'ai été étonnée de constater que lors des précédents mouvements lycéens ou étudiants, les partis politiques... n'étaient pas les bienvenus les étudiants disant on veut pas être récupéré donc ils y allaient plutôt discrètement là les députés insoumis étaient totalement chez eux devant les lycées il n'y avait aucun problème et aucun autre candidat ne s'est hasardé à y aller un peu discrètement pour certains mais globalement on ne voyait que les députés de la france insoumise donc ça veut dire quelque chose du point de vue de la popularité auprès de cette jeunesse
Mais c'est étonnant parce que Gabriel Attal est assez vif sur les réseaux sociaux, du fait de son âge et de l'âge de ceux qui l'entourent dans cette campagne. Oui,
et c'est un avantage d'ailleurs sur Edouard Philippe. Si vous prenez le phénomène YouTube, aujourd'hui vous avez à peu près un Français sur deux qui regarde au moins une fois YouTube dans la semaine, c'est colossal, 70% chez les moins de 35 ans. Edouard Philippe, quand il a fait ses 20 minutes sur « Ma réforme des retraites », il a fait à peu près 80 000 vues 8 000 et quelques abonnés. Jean-Luc Mélenchon, c'est 1 300 000 abonnés sur YouTube. Vous vous rendez compte, le retard pris, il y a 10 ans de retard pris par certains candidats, Edouard Philippe en particulier, sur la stratégie. Mélenchon, c'est sur tous les réseaux. Oui, oui, il a commencé avec jevibio.com, vous souvenez des forums jevibio.com, il s'est adressé à la jeunesse à partir de ce moment-là, avec la tortue saga. En tout cas, ce n'est pas le plus jeune. Oui, sauf qu'il est entouré de trentenaires et de quadragénaires. Il est très entouré par ces capteurs-là qui, eux, l'incitent à aller sur ce créneau. Avec une particularité, on voit qu'il est très haut chez les moins de 25 ans, mais ce sont ceux qui votent le moins. Donc tout le pari, comme pour les quartiers populaires. Tout le pari, c'est d'amener cette population-là à voter. Et là, il y a un enjeu. Justement,
je voudrais vous montrer le deuxième sondage que j'ai et qui vient de sortir aussi. 82% des jeunes, on est toujours dans les 18-29 ans, jugent les politiques trop éloignées de leur réalité. 78% des jeunes estiment qu'ils préparent mal leur avenir. Mais c'est le chiffre intéressant, je trouve, puisqu'on a toujours tendance à dire que les jeunes ne votent pas. Sur cette présidentielle, plus d'un jeune sur deux envisent. d'aller voter à la présidentielle, dont 55% en sont bien certains. C'est-à-dire que là, ce sont des chiffres qui changent la donne quelque part. C'est
moins que les plus de 75 ans.
Oui, mais c'est quand même plus que ce qu'on imaginait. On disait jusque-là, les politiques ne s'intéressent pas à la jeunesse parce qu'en fait, les jeunes ne votent pas. Peut-être que le
RN dit quoi, Audrey ? Il dit l'ordre. arrêter de taper sur la police, pour aller mobiliser justement l'électorat senior qui n'est pas très en adéquation aujourd'hui avec le mouvement lycéen.
Parce
qu'il sait quoi le RN ? Que c'est la bataille des retraités qui fera la différence.
Oui, mais bon... Non, mais voilà, je vous dis juste... C'est intéressant ce que vous dites, mais quel est votre regard ? justement là-dessus, sur le fait qu'il y a quand même une mobilisation de la jeunesse autour de cette élection présidentielle. Je ne dis pas toutes les élections, mais celle-là.
Oui, parce que c'est la première fois qu'on va avoir une situation quasi inédite avec deux extrêmes qui sont très forts et qui sont aux portes du pouvoir. Ça n'est jamais arrivé auparavant en France d'avoir un Jean-Luc Mélenchon et une Marine Le Pen qui peuvent accéder à l'Élysée. Les jeunes en sont conscients et se mobilisent beaucoup. Maintenant, je pense qu'il y a une énorme différence entre la mobilisation sur les réseaux sociaux, le fait de regarder des vidéos, de scroller sur TikTok, Instagram, etc., sur les forums de jeux vidéo. et de se déplacer pour aller voter. D'ailleurs, Christelle
le disait. Oui, mais là, ils disent clairement qu'ils veulent se déplacer. On n'est pas sur du scroll sur Internet. Alors moi, j'attends de voir,
évidemment, entre la réalité et le sondage. On sait très bien qu'il y a toujours une différence. Et je pense que, de toute façon, l'ERN a tout intérêt à aller mobiliser son électorat senior qui, de toute façon, se déplacera. Beaucoup plus que la jeunesse, il y a quand même aussi des sondages qui disent que la jeunesse ne croit plus à la politique traditionnelle. Oui, effectivement, c
'est ce qu'on disait. 82%
jugent les politiques trop éloignées de leur réalité. C'est vrai que cette élection présidentielle, elle intéresse énormément les Français, beaucoup plus qu'aucune autre. Nous, on le voit dans nos retours lecteurs. On a un intérêt pour les articles politiques depuis fin août. Je rappelle que vous êtes la dépêche du midi, donc en région, c'est intéressant, ce n'est pas du parisianisme. Donc que ce soit la dépêche du midi, le midi libre, l'indépendant, qui sont les trois jours. du groupe où on a des retours sur les articles politiques depuis fin août qui sont énormes. Donc les Français se passionnent pour cette élection présidentielle et je pense que c'est ce qui est traduit dans ce chiffre-là aussi, c'est-à-dire que les jeunes comme les autres. Simplement, je suis d'accord avec Kaël sur un point, c'est que si on en a fait autant sur les retraités par exemple, je parle plutôt du Bloc central et du gouvernement, c'est parce qu'ils votent plus que la moyenne. Donc on s'adressait à cette portion de l'électorat en priorité parce qu'ils votent et sont déterminés. Les choses sont peut-être en train de changer aujourd'hui avec le mouvement lycéen, avec le mouvement étudiant qui le suit et avec l'intérêt porté à cette présidentielle. Donc c'est peut-être pour ça qu'on voit enfin des candidats s'adresser à la jeunesse. Mais c'est vrai que depuis cinq ans, voire depuis dix ans, c'est plutôt aux retraités qu'on s'adresse ou à ceux qui vont bientôt être à la retraite qu'aux jeunes.
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