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Bonjour Agnès Pannier-Runacher. Bonjour. Merci d'être avec nous ce matin dans le 7.40. France Info, bien évidemment, avant de revenir sur le meeting de votre candidat Gabriel Attal qui s'est tenu hier à Lyon, on va parler de la primaire du pôle socialiste. Le vote va reprendre en quelques minutes à 8h jusqu'à ce soir, 18h en ce premier tour. Un vote, une plateforme de vote qui a été victime d'une cyberattaque, c'était vendredi, on s'en souvient. Mais visiblement, ça n'empêche pas une participation assez massive. La barre des 100 000 votants a été franchie. On nous parle d'un chiffre de 107 000 votants hier soir, quasiment 78% de participation. Est-ce que pour vous, Agnès Pannier-Runacher, c'est un exercice démocratique qui est réussi ? Est-ce que vous saluez finalement la démarche de cette primaire qui semble finalement mobiliser pas mal de participants ?
Écoutez, tant mieux si ça mobilise des participants. Tout exercice de la démocratie est bon à prendre, a fortiori dans un contexte où on voit avec la cyberattaque la volonté de certaines puissances étrangères de s'immiscer dans des élections qui nous appartiennent à nous, Françaises et Français. Il faut qu'on soit très vigilants sur ça dans les mois qui viennent. On voit que certains voudraient s'inviter dans les présidentielles et voudraient nous pousser vers les extrêmes. Il y a eu une
enquête, il y a une plainte qui a été déposée. Tout à fait,
c'est très bien qu'une plainte soit déposée et c'est très bien qu'on soit extrêmement vigilants. On sait que Gabriel Attal a fait l'objet d'attaques, on sait qu'Edouard Philippe a fait l'objet d'attaques, on sait qu'il y a une volonté d'ingérence pour nous pousser vers les extrêmes et notamment l'extrême droite.
Vous auriez voté pour quel candidat ou à cette primaire, Raphaël Glucksmann
? je ne vais pas rentrer dans ça parce que moi je vote Gabriel Attal aujourd'hui et on l'a montré hier. Les propositions que nous mettons sur la table sont des propositions qui sont capables d'embarquer des gens qui votent pour la social-démocratie. Je pense que c'est très clair et c'est la main que nous tendons vers ces électeurs.
Est-ce que ça ne vous donne pas envie, vous, d'organiser une primaire, justement, quand on voit visiblement ce succès de participation, participation assez massive, alors le corps électoral n'est pas énorme, 142 000 inscrits, mais quand même plus de 107 000 votants, nous dit-on, du côté des organisateurs de cette primaire du pôle socialiste. Est-ce que ça ne vous donne pas envie d'organiser très vite, vous, une primaire pour départager les candidats du Bloc Central, Edouard Philippe, votre candidat Gabriel Attal et Bruno Otaillot ? J'imagine que vous allez me dire que Gabriel Attal y est plutôt favorable. Quand
Surtout, je ne vois pas nécessairement la logique à ce que Bruno Retailleau soit candidat à une telle primaire puisqu'il tient des positions qui sont strictement opposées à celles que nous portons. Donc on fait une primaire sur une plateforme commune, sur une vision. Nous, nous voulons renforcer l'Europe, nous voulons créer les États-Unis d'Europe, nous faisons confiance à la jeunesse. Il
est trop à droite, c'est ce que vous dites Bruno Retailleau ?
Non, mais moi, je suis inquiète d'un candidat qui reproduit les positions du Rassemblement national, qui s'attaque à l'État de droit, qui s'attaque aux juges, qui s'attaque au contre-pouvoir. Ce que je souhaite, c'est qu'on ait une coalition des démocrates, c'est-à-dire ceux qui, effectivement, comme nous, ont des valeurs communes, ont un projet pour faire prendre à la France un temps d'avance. C'est ce que veut faire Gabriel Attal. Et effectivement, là, on doit être capable... de créer les forces d'un rassemblement.
Vous êtes favorable à une primaire en excluant Bruno Retailleau, donc en allant d'où de Raphaël Glucksmann à Édouard Philippe ? Nous, ce qu'on dit, c
'est qu'on n'a pas peur d'une primaire. Mais ce qu'on dit aussi, c'est qu'à un moment, il faut parler sur le quoi. Le quoi, c'est est-ce que vous êtes prêts à vous engager ? sur un renforcement de l'Europe pour qu'on soit plus fort face aux États-Unis, face à la Russie, face à la Chine. Et on voit avec ce qui s'est passé encore ces derniers jours que c'est une absolue nécessité, qu'il faut qu'on se rassemble, qu'il faut qu'on ait des normes économiques, sociales, environnementales. plus homogène pour être capable de mieux tenir la dragée haute à ces grandes puissances qui, aujourd'hui, veulent faire de l'Europe leurs quatre heures.
Alors, Agnès Pannier-Renaché, vous êtes co-responsable du programme du candidat Gabriel Attal. Donc, il y avait en effet un meeting de Gabriel Attal hier à Lyon. Il s'est engagé pour la jeunesse. Il a fait un discours autour de la thématique de la jeunesse, ce pacte générationnel, ce pacte à destination des jeunes. Ses opposants, et notamment à gauche, critiquent son bilan en matière de jeunesse, en matière d'éducation. Il a fait un passage éphémère du côté du ministère de l'Éducation nationale, Gabriel Attal. On s'en souvient. Qu'est-ce que vous avez à répondre à ces critiques ? Même des jeunes, d'ailleurs, directement, qui, on l'a vu, Gabriel Attal a été un peu interpellé, ne considèrent pas que Gabriel Attal est un candidat. crédibles à leurs yeux ? Qu'est-ce que vous leur répondez ?
Je ne suis pas surprise que des opposants s'opposent. Mais ce que je trouve intéressant... Il n'y a pas de petits opposants,
il y a des jeunes aussi. Ce
que je trouve très intéressant... Des jeunes qui sont très engagés et encartés. Donc on est toujours dans la logique d'opposition. Et c'est le débat politique. Moi, je n'ai pas de problème. Si vous voulez, je ne suis pas comme Mélenchon. Je ne m'en prends pas à un jeune qui Gabriel Attal dans sa campagne et qui est par ailleurs élu d'un syndicat lycéen et de manière parfaitement légitime. Mais je mets ça de côté. Il n'est pas venu
hier au meeting
de Gabriel Attal. Pourquoi d'ailleurs ce jeune ? Écoutez, je pense qu'il a 18 ans, qu'il a aussi des parents. Il ne faut pas être récupéré politiquement,
peut-être
Non, ce n'est pas ça, parce qu'il y a un vrai soutien à Gabriel Attal, parce que les propositions que nous mettons sur la table sont intéressantes et qu'il les soutient. Et je veux venir sur ça. Que répond Jean-Luc Mélenchon ? Proposition que nous ne faisons rien. Il compte les personnes dans la salle. C'est montrer à quel point il est gêné par les propositions que nous mettons sur la table. Nous, ce que nous mettons sur la table, c'est un pacte entre les générations qui, effectivement, répondent aux vraies préoccupations des lycéens. Gabriel Attal, lorsqu'il a... travaillé sur Parcoursup, il a réussi à diminuer par deux le nombre de lycéens qui sont sans déboucher au niveau de l'université. Il faut maintenir sur le
Parcoursup ou pas ? Je reviens juste
une minute. On ne se souvient pas qu'en 2017, on faisait les affectations par tirage au sort. Est-ce que vous connaissez un système qui soit plus injuste qu'un tirage au sort pour décider de votre sort ?
Parcoursup, ça ne fonctionne pas bien quand même. On voit bien que parmi les principales éducations des jeunes... Parcoursup, juste pour aller jusqu
'au bout, ça a résolu la moitié du problème. Et Parcoursup, ça a aussi dédouané beaucoup d'adultes 'être capables d'accompagner les jeunes dans leur orientation. Et c'est ça qui n'a pas été fait, c'est la deuxième partie. Parcoursup, c'est au moment du bac, mais c'est avant qu'il faut travailler avec les jeunes l'orientation. Est-ce que vous trouvez normal qu'un jeune sur cinq qui rentre en études supérieures lâche ses études au bout de la première année parce que l'orientation a été... été mal faites ? Qui les conseille ? Qui les accompagne ? C'est là où il faut mettre le paquet. Et c'est ça que nous voulons faire, qu'avait commencé à faire Gabriel Attal lorsqu'il était ministre de l'Éducation nationale. Malheureusement, on le sait, ça a été arrêté du fait de... Brutalement.
Agnès Pannier-Runacher, vous dites que Gabriel Attal s'adresse à Genèse, que c'est un peu le candidat des jeunes, d'après ce que j'en comprends. Il y a un sondage qui est sorti récemment, Ipsos BVA, publié mi-septembre. 41 à 43% des électeurs de 18 à 24 ans se prononcent en faveur de Jean-Luc Mélenchon. Et ils sont 20 à 22% pour Marine Le Pen. Gabriel Attal ne recueille que 11%. Comment vous l'expliquez
Moi, je vais surtout mettre des propositions sur la table, encore une fois. Ça ne suffit pas,
visiblement.
Les propositions ont été mises hier sur la table. Votre sondage est antérieur, si je puis me permettre. Donc la logique de votre réflexion ne fonctionne pas. Aujourd'hui, nous avons un programme très fort pour les jeunes. Nous, nous les prenons au sérieux. Nous les prenons au sérieux sur leurs vraies revendications. On a des jeunes qui demandent d'avoir des professeurs devant eux. Le Rassemblement national essaye de faire passer ces jeunes pour des voyous. Et les filles les instrumentalisent pour souffler sur les braises de la fracturation et de la colère des Françaises et des Français. Nous, nous apportons des solutions. Chacun sa manière d'agir, des solutions qui prennent au sérieux les jeunes, qui leur permettent de réellement décider de leur avenir et qui les remettent au cœur du système. C'est-à-dire que, que ce soit pour Parcoursup, C'est à eux de décider, mais d'être correctement accompagnés, avec du tutorat, avec du mentorat, avec une vraie découverte des métiers. Combien de jeunes n'ont aucune idée des métiers de l'industrie, qui sont pourtant parmi les métiers rémunérateurs de notre pays, avec des entreprises qui n'arrivent pas à recruter. La principale revendication des jeunes,
c'est quand même la suppression de Parcoursup. Vous vous dites qu'il faut le maintenir.
Non, mais la principale revendication des jeunes, c'est d'avoir une orientation qui fonctionne et qui débouche. qui débouchent sur un emploi. Moi, j'ai passé quatre heures avec des jeunes à les écouter vendredi. Quatre heures, deux fois deux heures. Ce n'est pas des revendications de plateau télé, c'est des jeunes, deux secondes, deux premières, deux terminales, qui vous parlent et qui vous disent leurs besoins. Sur Parcoursup, leur sujet n'est pas de le supprimer. Leur sujet est que ça marche. Ça n'a rien à voir. Quand on leur dit vous voulez revenir au tirage au sort, ils vous disent bien sûr que non. Nous, ce qu'on veut, c'est que vous, adultes, vous organisez un système qui soit égalitaire, c'est-à-dire où la province ait accès aux meilleures formations. C'est un système qui soit transparent et c'est un système qui nous procure un avenir et un job. Ce n'est pas le cas aujourd'hui et c'est sur ça qu'on veut travailler. Que propose Mélenchon ? D'envoyer tout le monde en université, peu importe les débouchés. Une voie directe vers l'échec, c'est une voie directe vers le chômage. C'est mentir aux jeunes et ça, nous ne le ferons pas.
Agnès Fanny Runaché, vous avez été aussi ministre de la Transition énergétique. J'aimerais avoir votre réaction par rapport au choix du président américain Donald Trump d'acheter à nouveau du diesel russe pour la première fois depuis le début de la guerre en Ukraine, en contournant ainsi les sanctions visant l'économie russe. Là, il est clair que Donald Trump a décidé de lâcher Zelensky, le président ukrainien. Qu'est-ce que vous en pensez ?
'en pense deux choses. Un, il est urgent pour la France d'accélérer sa sortie des énergies fossiles parce qu'on voit bien que nous ne pouvons pas faire confiance à Donald Trump. Et deux, tous les partis politiques aujourd'hui qui font preuve d'une forme de complicité ou d'une proximité et avec Donald Trump et avec Vladimir Poutine sont des partis qui sont opposés aux Françaises et aux Français, qui ne jouent pas l'intérêt des Françaises et des Français et nous ne faisons pas partie de ce camp.
Désolé, mais ça va être une question un peu plus peut-être provocatrice. Mais est-ce que le choix de Trump, de Donald Trump, ça ne peut pas permettre à terme d'aider quand même les Français, les Européens par rapport à cette crise de l'énergie ? Parce que vous croyez que Donald Trump... Attendez, je termine ma question. Est-ce que finalement, on n'a pas des besoins... Lié à l'énergie russe quand même, parce qu'on voit bien que du côté de la gare au Moyen-Orient, Détroit d'Ormous est bloqué, les prix continuent de monter à la pompe, le gaz aussi les prix montent. Est-ce qu'il n'y a pas finalement une solution avec ce choix de Donald Trump, alors qu'il est en effet extrêmement discutable comme vous venez de le dire, mais est-ce qu'il n'y a pas une possibilité pour nous Européens et Français de s'en sortir de cette façon-là
? Est-ce que vous croyez que Donald Trump va partager les barils avec la France et l'Europe
La France achète sur le marché américain.
Oui, mais enfin, on a bien compris que l'accord vise les Américains, il ne vise pas le reste du monde. Parce que vous croyez une minute qu'en vous mettant dans les mains de Donald Trump et de Vladimir Poutine, les prix vont baisser ? Parce que vous croyez qu'alors que Vladimir Poutine fait la guerre aux portes de l'Europe, et heureusement que les Ukrainiens tiennent depuis quatre ans, parce que quelle sera la prochaine étape, le jour où les Ukrainiens tomberont ? Quel sera le pays qui sera attaqué ? Est-ce que c'est les États baltes Est-ce que c'est la Pologne ? Est -ce que c'est la Roumanie ? Est-ce que c'est la Finlande ? Vous savez comme moi que les Finlandais, ils sont prêts à se mobiliser en cas de guerre. Ils font des exercices. Vous savez que les États baltes sont également mobilisés. Je pense qu'il faut avoir une claire conscience qu'aujourd'hui, la Russie attaque systématiquement par des cyberattaques, par des pénétrations de notre espace aérien, par des sabotages au niveau de nos infrastructures critiques. Nous sommes obligés de remonter de manière drastique le niveau de sécurité de toutes nos infrastructures critiques dans toute l'Europe par des ingérences. dans nos rendez-vous démocratiques, et vous voulez une minute discuter... Non, mais surtout, vous voulez une minute discuter avec Vladimir Poutine. Mais ce n'est pas de notre intérêt qu'il recherche Vladimir Poutine.
Mais c'était par rapport à Donald Trump. Mais on a compris votre position, donc ça n'apportera rien aux Français et aux Européens.
Non, mais ce que j'essaye de vous dire, c'est que ce n'est pas Vladimir Poutine qui va chercher à résoudre les problèmes des Européens, puisque ça fait juste 4 ans qu'il est à l'origine de la crise énergétique la plus importante en Europe.
Merci Agnès Panirouniach et merci d'avoir été avec nous ce matin dans le 740 France Info.
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