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Compte avec vous, Alizé Boisson. Demain, Sébastien Lecornu, le Premier ministre, va donc recevoir les distributeurs de carburant à Matignon pour organiser la baisse des prix à la pompe. Mais dès hier, il a fait deux annonces à destination des territoires ruraux, avec notamment une enveloppe de 50 millions d'euros pour les petites communes. Ça consiste en quoi, Alizé ?
Absolument. En fait, d'abord, ce qu'il faut comprendre, c'est le problème auquel le gouvernement veut répondre. Une petite commune rurale, ce n'est pas forcément... Beaucoup d'habitants, mais ça peut être très étendu. Il peut y avoir plusieurs hameaux, des kilomètres de route. Et toutes ces infrastructures, ça coûte de l'argent à entretenir. Il faut réparer, par exemple, la chaussée, débroussailler les abords des routes. Ce n'est pas seulement de l'entretien, c'est aussi pour la sécurité, évidemment, des automobilistes. Or, quand on a une commune qui compte un peu moins d'habitants, souvent, on dispose de moins de recettes fiscales pour pouvoir financer ses dépenses. Or, les frais, eux, ne diminuent pas forcément. Et donc, du coup, hier, Sébastien Lecornu, qui était en déplacement dans le Gers, c'est comme ça qu'il a justifié l'une des nouvelles propositions du budget de 2027. Moins d'habitants, cela ne fait pas moins de kilomètres ou d'espaces naturels à entretenir. Et donc, le gouvernement veut créer une dotation de 50 millions d'euros pour près de 9000 communes. La particularité, quelle est-elle ? C'est que la répartition doit tenir compte de la superficie des territoires et non pas seulement... du nombre d'habitants. Je le rappelle, c'est encore une fois dans le budget de 2027 et donc il faut évidemment que ça suive le parcours parlementaire. Donc ce n'est pas encore sûr que ça passe.
Mais est-ce que ces 50 millions d'euros peuvent réellement faire la différence ?
Oui, et bien figurez-vous que j'ai un petit peu fouillé hier dans le site du Sénat et qu'il y a une question qui a été posée déjà en 2025 dans une commune nouvelle qui s'appelle Solor en Forêt. C'est dans la Loire, si on regarde. Bienvenue à eux, ils sont 500 habitants. Et en fait, le sénateur a déjà posé la question parce que cette petite commune... Il y a 42 kilomètres de voiries communales à entretenir. Ils ont estimé leurs dépenses à environ 500 euros par kilomètre. Ça leur fait 21 000 euros. Et pour pouvoir entretenir correctement cette commune, il leur faudrait 120 000 euros par an. Encore une fois, je parle de l'entretien, mais aussi de la sécurité des automobilistes. Alors évidemment, on ne sait pas encore exactement quelle répartition pourrait avoir cette dotation. On parle de 50 millions d'euros pour 9 000 communes, donc c'est une moyenne d'environ 5 500 euros. A voir si cette commune a vraiment les 5 500 euros. Je ne suis pas capable de vous dire aujourd'hui si ce lor en forêt pourrait avoir ses dotations. Mais ça montre bien que ces petites communes, elles ont besoin potentiellement de ce coup de pouce pour entretenir, vous le voyez, ces routes.
Ça prend une somme conséquente, 5 000 euros. C'est pas rien. Face à la flambée des prix des carburants à l'ISÉ, le Premier ministre a également promis un dispositif spécifique pour aider les stations-services isolées à baisser leur prix.
Oui, c'est la deuxième annonce formulée hier. En fait, le gouvernement a identifié 339 stations-services considérées comme isolées, donc encore une fois dans des petites communes rurales. Alors les préfectures, elles doivent les contacter pour chercher avec elles des solutions adaptées à leurs difficultés d'approvisionnement. L'objectif, il est clair, il est de leur permettre de répercuter sur leurs tarifs la baisse attendue du prix du gasoil, estimée, je le rappelle, entre 12 et 18 centimes par litre, après la libération de 10 millions de barils issus des stocks stratégiques sur trois mois. Ce qu'il faut bien expliquer, c'est que quand vous avez une petite station indépendante, elle n'a pas forcément les mêmes conditions d'achat que votre supermarché ou alors encore qu'une grande enseigne. Et si elle achète son carburant cher, elle ne peut pas nécessairement baisser ses prix aussi vite. Et ça peut évidemment fragiliser son activité. Les exemples, ils sont nombreux. Regardez, je vous en ai trouvé deux ici, mais il y en a évidemment beaucoup plus. Je voulais vous parler notamment d'Ardèche. Il y a une petite station dans la commune de Vaisseau. Il commence à avoir fermé temporairement sa station service le mois dernier parce qu'il ne peut plus proposer des tarifs raisonnables tout en maintenant son activité. Et donc évidemment, là aussi, il faut pouvoir soutenir ses petits commerces. Alors c'est soutenir les commerces, mais c'est aussi soutenir les automobilistes pour éviter de faire des kilomètres et des kilomètres pour pouvoir bien faire le plein d'essence.
Il y a l'exécutif qui avait annoncé justement libérer au moins 10 millions de barils pour influer justement sur les prix des carburants de quelques sentiments.
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