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Gabriel Attal cherche un nouvel élan pour sa campagne présidentielle. Le candidat Renaissance était à Lyon pour un meeting censé être celui du rebond. Il veut en tous les cas remettre totalement à plat le système de l'enseignement supérieur.
ne s'agira pas seulement de choisir un président pour la République, mais de choisir un avenir pour la jeunesse. Avec une question fondamentale. Voulons-nous prolonger à tout prix un modèle daté ou aurons-nous l'audace d'en inventer ensemble un nouveau ? C'est un nouveau pacte générationnel que je veux porter devant vous. Un nouveau pacte pour la jeunesse que je viens présenter. Un pacte fondé sur les droits et devoirs. Un pacte qui renouera avec la promesse républicaine, celle de l'élévation. Alors je veux tout changer dans notre enseignement supérieur. Dans notre nouveau modèle, les études supérieures seront plus courtes, plus ridisciplinaires, plus professionnalisantes, plus proches des métiers qu'ils recrutent et de ceux qui naîtront demain. Il y aura une évaluation tous les trois ans des licences et des masters. Les formations avec un taux de décrochage trop élevé et d'insertion dans l'emploi trop faible seront supprimées ou totalement transformées.
Bonsoir Sophie Dravinel, vous êtes notre éditorialiste politique. Alors qu'est-ce qui se passe avec Gabriel Attal ? Est-ce que la tournée des apéros n'a pas fonctionné ? On se rappelle du concept, le candidat avait organisé l'été dernier dans toute la France des apéros en petits comités, il s'agissait d'être au plus près des Français. Qu'est-ce qui se passe ? On a l'impression qu'il revient à un agenda un peu plus traditionnel. Un
petit peu plus classique, il essaye de remplir les salles faute de remplir les bistrots, parce qu'effectivement ça a été un peu tourné en dérision, après l'initiative pouvait être sympathique, parce que je crois qu'aujourd'hui tous les candidats à la présidentielle cherchent à savoir comment ils peuvent toucher réellement. Les Français, pas seulement dans le marché. Et la jeunesse. Et la jeunesse, surtout la jeunesse. Même si on trouve un peu tout le monde dans les bistrots. Mais en l'occurrence, ici, il est revenu à cet exercice classique. Il n'a pas réussi quand même à remplir la salle. Donc, malgré ce qu'il disait, il y avait à peu près 2000 personnes. Il y avait des bons gros espaces vides. Mais enfin, c'était honnête, il y avait une ambiance, il y avait une tension, un discours d'une heure, régional, donc il a fait venir du monde de six villes autour, il va en faire d'autres. Et il n'est pas dans les sondages dans une situation dramatique. Il est à 5-6 points d'Edouard Philippe dans le bloc central, même s'il incarne plus dans les enquêtes d'opinion. le parti Renaissance dont il est, comme député des Hauts-de-Seine, que le bloc central à la différence d'Edouard Philippe, et c'est ça un peu sa faiblesse.
Alors son objectif justement, est-ce que ce n'est pas de sortir de ce duel fratricide avec Edouard Philippe, et puis on l'a vu s'attaquer davantage à Jean-Luc Mélenchon, donc installer face à face avec la LFI pour se démarquer autrement.
Et figurez-vous qu'on l'a même vu dans l'affiche qui appelait à venir à son meeting, où on le voyait lui, une affiche faite avec l'IA, parce qu'il est un très très grand fan de l'IA, tout le monde le sait maintenant. Et donc, il l'utilise même pour sa propagande électorale. Et on voyait donc l'affiche légèrement grimaçante, en tout cas sombre, de Jean-Luc Mélenchon dans son dos au-dessus de lui. Un peu, c'était étrange, comme une espèce d'ombre tutélaire. En tout cas, c'est avec lui qu'il veut essayer de créer un face-à-face. Et l'un et l'autre, finalement, se rendent service parce que Jean-Luc Mélenchon, lui aussi, essaye de faire baisser un petit peu Édouard Philippe. Et donc, il y a quelque chose après dans la jeunesse. C'est vrai que Gabriel Attal a un petit peu plus de mal, en tout cas c'est ce que disent les sondages, à toucher les jeunes que Jean-Luc Mélenchon qui performent dans le cadre du soulèvement des lycéens.
Alors, s'attaquer à LFI, est-ce suffisant pour trouver l'élan dont il a besoin ? On va y revenir, mais je voudrais qu'on commente ce qu'a dit tout à l'heure Gabriel Attal à Lyon. Ne laissons pas la France à ceux qui prêchent le chaos.
Oui, absolument. Et c'est vraiment l'ordre, sa ligne à lui. Il est très régalien, même s'il essaye de mordre un peu sur l'électorat de centre-gauche. On l'avait vu en 2024, il avait été très net dans le barrage avec la droite radicale. Et il a eu encore des mots assez fermes contre le Rassemblement national, qui trouve son profit dans ce soulèvement de rue. Mais lui, il se montre très régalien. Il fait quasiment de l'ordre un slogan politique, ce qui est un petit peu compliqué, parce que l'ordre n'a jamais pu remplacer, incarner. Un discours, en tout cas un projet politique. Mais lui cherche à assurer ce secteur de la sécurité. Il l'a répété à plusieurs reprises que les jeunes casseurs, sa main ne tremblera pas. Oui absolument. Et puis c'est celle de la police non plus. Et donc là on voit la figure d'un gouvernement qui est un petit peu aujourd'hui... en, disons, dans une situation compliquée avec les Français, dans un rapport compliqué avec une majorité de Français. Donc lui, c'est un peu difficile de se détacher de ça.
on a quand même l'impression, parce qu'il embrasse cette actualité à l'ICN... Les jeunes, la jeunesse, ça risque de devenir le centre de cette campagne présidentielle. Oui,
et à juste titre, parce que c'est vraiment ce que l'agenda nous a, en tout cas, indique. Et Jean-Luc Mélenchon, qui est lui aussi dans le centre de la France, en tout cas du côté de Clermont-Ferrand ce week-end, a bien expliqué qu'il avait été, c'est lui qui avait donné ce tempo de la jeunesse en assumant avoir utilisé politiquement ces mouvements. Après, effectivement, moi je pense que la question de la géopolitique va nous rattraper. Mais évidemment que la jeunesse incarnant l'avenir et les candidats à la présidentielle ouvrant leur programme vers le futur, ça restera un marqueur. en fonction de la façon dont se poursuivent ces mobilisations lycéennes, parce qu'on a vu qu'elles enjambaient les congés, les vacances de la Toussaint, et que donc on ne sait pas où ça va aller.
Alors, Gabriel Attal, qui place Jean-Luc Mélenchon dans son collimateur, quel regard justement le candidat LFI porte-t-il sur les ambitions de ses concurrents en ce qui concerne justement la jeunesse ? Écoutez comment Mélenchon analyse les propositions de Gabriel Attal.
Monsieur Attal, il va rétablir le certificat d'études, ce qui prouve qu'il ne sait même pas comment marchait le certificat d'études à l'époque. Il va mettre le certificat d'études entre le primaire et le collège. Puis entre le collège et le lycée, c'est le BEPC, qui deviendront des clapets de blocage. Mais tout ça renvoie à... Tout est utilisé pour créer, voilà ça. C'est-à-dire, vous n'êtes pas content de ne pas avoir votre fac à Parcoursup ? Allez dans une fac privée. Vous empruntez des sous et vous payez.
c'est l'argent.
'est
l'argent.
C'est évidemment la facilité de Jean-Luc Mélenchon qui s'engouffre dans les difficultés des lycéens pour mettre le gouvernement et Gabriel Attal qui l'incarne d'une certaine façon comme ancien ministre de l'éducation en difficulté.
Comme ancien élève de l'Alsacienne, etc. Absolument, ces
écoles privées, ces personnes qui sont nées, selon Jean-Luc Mélenchon, avec des cuillères d'argent dans la bouche. Et lui, finalement, il est face à une espèce de boulevard et il s'en félicite. Il se moque en
fait.
Il se moque complètement. Et on sent qu'il a la force avec lui. C'est lui qui maîtrise le... Et il y aura sans doute du monde à son meeting demain à Clermont-Ferrand, aux Zénith de Clermont-Ferrand, là où il va chaque année, comme là où il est sur le plateau de Gergovie, où finalement, c'est les Gaulois qui ont première victoire contre l'Empereur Rome. Et donc chez lui, tout est calculé, tout est mesuré. Et face à lui, Gabriel Attal a beau protester, on sent que quand même Jean-Luc Mélenchon
fait
preuve de son expérience.
Alors, Jean-Luc Mélenchon qui accorde un entretien au Dauphiné, dans lequel il dit « Je suis un gagnant possible, mais pas certain. Pas certain, mais possible. » Comment vous l'interprétez ? C'est de la fausse modestie ou c'est de la lucidité ? Il est très lucide. Parce
qu'en tout cas, il est... C'est pas son genre, pas toujours. Non, c'est pas toujours son genre, mais en campagne, il est assez tacticien. Dans ce cadre-là, il n'aurait pas intérêt à se présenter comme gagnant parce qu'il sait qu'il est passé à quelques points du deuxième tour et que son comportement lui avait coûté cher en amont. Sur le rassemblement, il sait qu'il y a la primaire de la gauche ce dimanche, le résultat en tout cas de la primaire socialiste et démocratique, et que selon les candidats, il pourrait avoir plus ou moins de difficultés. Et il sait très bien que si Olivier Faure était en force, donc le patron du PS depuis 2018, député de Seine-et-Marne, si jamais il devait sortir victorieux au premier ou même au deuxième tour, ce serait beaucoup plus difficile parce qu'Olivier Faure pourrait incarner l'union de la gauche type 2024, donc le NFP. Et là, effectivement, Jean-Luc Mélenchon. pourrait être en difficulté.
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