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Ancien ministre de l'Éducation, il connaît le sujet. Ça, on ne peut pas lui reprocher, Gabriel Attal. D'ailleurs, il a lancé un pacte pour la jeunesse. Il y a plein de choses. Le retour du certificat d'études et l'obtention obligatoire du brevet pour être admis au lycée. Des profs mieux payés et plus nombreux. Du temps scolaire revu de fond en comble avec on étudie le matin, on fait du sport, de la musique ou de dessin l'après-midi. Moins de contrôle continu, plus de poids aux épreuves, du bac à l'écrit, une orientation complètement... changer, réformer, adapter au marché du travail, pour en finir avec, je cite, le culte du diplôme qui nourrit le sentiment de déclassement. Est-ce qu'il est servi par ce mouvement des lycéens ? Est-ce qu'il peut remonter son retard en affrontant Jean-Luc Mélenchon, qui serait au fond le candidat d'une jeunesse à qui on donne les diplômes sans faire d'efforts
On voit bien que dans la stratégie de Gabriel Attal, depuis cet été, il essaie d'installer un duel à distance avec Jean-Luc Mélenchon. Et d'ailleurs, Jean-Luc Mélenchon est assez d'accord pour ce duel, parce que ça les sert tous les deux. En tout cas, tout du moins le pense-t-il. Je n'en suis pas complètement certaine parce que quand on regarde l'électorat qui est prêt à se porter sur Gabriel Attal, il est quand même plus centré sur la gauche que celui d'Edouard Philippe qui est aujourd'hui son adversaire au centre. Donc je trouve que c'est une tactique, une stratégie. qui m'interroge en tout cas d'avoir ce discours qui souvent est extrêmement dur sur le régalien et qui, quand on écoute ses propositions, en particulier sur l'éducation nationale, nous fait un peu penser à une école un peu Troisième République, le certificat d'études, le retour du brevet obligatoire, y compris les choix qu'il a faits quand il était ministre de l'Éducation nationale sur les groupes de niveau. Donc il y a un petit parfum un peu suranné. Il n'est pas pour l'uniforme, je crois. Alors non, je ne crois pas qu'il soit pour l'uniforme, mais bon, il y a quelque chose un peu souvent. Je le trouve dans les débats autour de l'éducation nationale, de retour en arrière, comme si on repartait vers un Eldorado où tout était bien mieux avant.
Alors celui qu'il essaye de mettre un peu du côté du passé, c'est Jean-Luc Mélenchon. Il a fait une affiche, on va la voir, grâce à l'IA, pour ce meeting à Lyon. Gabriel Attal avec, est-ce qu'on a l'affiche en toile de fond, la voilà, vous le voyez, un Jean-Luc Mélenchon dans l'obscurité qui attiserait les violences. Est-ce que ce face-à-face peut... fonctionner
suis toujours assez fasciné de voir quand même des candidats parfois qui peinent à se définir par eux-mêmes faire une place sur leur propre propagande électorale à des concurrents. En termes de définition de soi, ça pose question. C'est assez rare dans l
'histoire.
Oui, c'est assez rare dans l'histoire d'une part des élections présidentielles et de la propagande électorale. Et puis par ailleurs, dans le mano-a-mano entre Jean-Luc Mélenchon et Gabriel Attal, se pose la question de savoir qui utilise qui. Jean-Luc Mélenchon, moi j'observe qu'il procède avec Gabriel Attal exactement de la manière dont il a procédé avec Éric Zemmour en 2021. Je m'explique, Jean-Luc Mélenchon vise toujours le candidat susceptible de concurrencer son rival pour accéder au second tour. La dernière fois, en 2021, il voulait évincer Marine Le Pen du second tour pour jouer un duel face à Emmanuel Macron. Il a donc joué, mais à plein régime, le duel face à Éric Zemmour, allant jusqu'à débattre avec lui, ce qui avait d'ailleurs causé un débat interne à la France insoumise. Cette fois-ci, Jean-Luc Mélenchon joue de ce duel avec Gabriel Attal, lui donnant une place qu'objectivement il n'a pas dans les sondages, pour évidemment invisibiliser et effacer Edouard Philippe. Ce qui n'empêchera pas que Jean-Luc Mélenchon ait quand même donné un meeting et se produire au Havre courant novembre.
Oui, sur les terres d'Edouard Philippe. Mais preuve de ce jeu de Jean-Luc Mélenchon avec Gabriel Attal. Et le candidat insoumis, il a répondu à Gabriel Attal depuis le plateau de Gergovie vers Clermont-Ferrand, pas très loin de Lyon. Écoutez.
Attal, il va rétablir le certificat d'études, ce qui prouve qu'il ne sait même pas comment marchait le certificat d'études à l'époque. Il va mettre le certificat d'études entre le primaire et le collège, puis entre le collège et le lycée, c'est le BEPC, qui deviendront des clapets de blocage. Mais tout ça renvoie à... Tout est utilisé pour créer, voilà, ça. C'est-à-dire, vous n'êtes pas content de ne pas avoir votre fac à Parcoursup ? Allez dans une fac privée. Vous en prenez des sous et vous payez.
Voilà. Vous empruntez des sous et vous payez. Qui sert mieux qui,
là ? Ils se servent tous les deux. Ils se font la courte échelle pour essayer. Jean-Luc Mélenchon n'a pas vraiment besoin, lui, de prendre en popularité, contrairement à Gabriel Attal. Et d'ailleurs, s'il est là sur ce plateau de Gergovi, c'est parce que demain, il a un meeting au Zénith de Clermont-Ferrand. C'est une étape qu'il fait dans chacune de ses campagnes. Moi, je l'ai suivi depuis 2012. J'ai été plusieurs fois au Zénith de Clermont-Ferrand. Et à chaque fois, c'est plein. Et demain, ça ne devrait pas faire exception. Donc, il aura beaucoup de monde. C'est une manifestation de force. Alors évidemment, il veut un peu éteindre Édouard Philippe, même s'il va l'affronter directement dans une ville traditionnellement communiste. Mais surtout aussi, il y a demain soir la primaire, le résultat de la primaire socialiste et démocratique. Et du coup, il y a aussi la volonté par avance de Jean-Luc Mélenchon de jouer avec Raphaël Glucksmann qui pourrait... arriver, sinon en tête, au moins bien placé demain, et donc de jouer entre ces forces centrales, centristes qui se concurrencent. Parce qu'il n'y en aura qu'un à la fin, il n'y a pas de doute. Oui, parce que si c'est
Glucksmann qui sort vainqueur, ça peut mordre un peu sur Gabriel Attal. Tout le monde essaie comme ça de prendre les miettes là où il joue. Alors, qu'est-ce qu'ils en pensent quand même les partisans ? Parce que vous n'y croyez pas, mais eux, ils y croient. Martin Baumer était dans la salle à Lyon.
au-delà des propositions ici, on a senti les soutiens de Gabriel Attal qui essayait d'installer une ambiance de match de football. Franck Riester, bonjour, vous êtes co-directeur de la campagne de Gabriel Attal. Est-ce que lui, Gabriel Attal, essaye d'installer un match aussi ? Et si oui, avec qui ? Mais il est dans
une stratégie de conviction vers les Français. L'enjeu de la campagne, c'est de convaincre que son parcours, son projet, son caractère correspondent aux besoins de nos compatriotes en 2027. Que son énergie, son esprit de décision, sa force d'agir... Couplé à sa vision pour le pays, à cette volonté de transformer en profondeur notre pays, à changer de modèle, ne pas simplement bouger les paramètres, mais à changer le modèle en profondeur, notre modèle social, notre organisation politique administrative en France, en transformant l'Europe aussi pour créer les Etats-Unis d'Europe. Bref, en étant apporté un vrai projet d'avenir porteur d'espoir. que c'est ce caractère-là, cette personnalité-là et ce projet-là qui correspondent aux besoins de nos compatriotes.
Vous êtes persuadé, parce que pour l'instant ça ne se voit pas forcément dans les sondages, vous êtes persuadé qu'à un moment ce qu'il sème sera récolté à Gabriel Attal et que ça paiera ? Oui, la
campagne est longue et il faut faire campagne. Il fait campagne, il ne ménage pas sa peine sur le terrain, dans les médias, dans les meetings, au contact de nos compatriotes. Et le moment venu, une fois que les Français feront leur choix, c'est-à-dire au moment où ça se cristallise en début d'année, je suis convaincu qu'ils se diront « là on a une personne ». personnalité expérimentée, avec cette force de caractère dont on a besoin pour prendre les décisions courageuses dont on a besoin et qui a un projet d'avenir pour relever les défis de notre pays. Et donc je pense que ce moment-là sera... Début d'année prochaine. Merci Franck
Riester, co-directeur de la campagne de Gabriel Attal.
Martin Baumer avec Franck Riester, le directeur de la campagne, il y croit forcément. Mais quand on regarde les enquêtes d'opinion, c'est intéressant. Dans les dernières intentions de vote, on a pris un IFOP fiducial de tout début octobre. Gabriel Attal, il est testé à 15%. On va voir les chiffres s'afficher. Si c'est lui le candidat du bloc central, bien évidemment. Et si c'est Edouard Philippe, bon. on est encore loin, effectivement, Edouard Philippe, lui, s'il est en position d'être le candidat naturel de ces deux-là, de ce bloc-là, il est à 21%. Vous le voyez en dynamique, Attal, où quand on est avec six points d'écart, c'est déjà trop tard, mieux vaut se retirer et organiser le rassemblement.
qui est intéressant, c'est que depuis que l'un et l'autre se sont déclarés candidats, l'écart est à peu près toujours le même. C'est-à-dire qu'on a 5-6 points d'écart en faveur d'Edouard Philippe. C'est ce qui explique d'ailleurs le surinvestissement de Gabriel Attal et le sous-investissement d'Edouard Philippe. C'est-à-dire qu'Edouard Philippe a une campagne qu'on pourrait qualifier de calme, peu visible à tout le moins, tandis que Gabriel Attal s'est agité pendant tout l'été, fait beaucoup de déplacements, etc. Donc on voit bien qui est Challenger et qui est celui qui est installé. dans la course. Est-ce que pour autant, ça veut dire que cet écart-là est figé ad vitam aeternam ? Nous n'en savons. Il reste deux mois et demi avant Noël. Est-ce que ça peut s'inverser ? Ça peut tout à fait s'inverser. Et on sait, on le répète, les sondages, ce ne sont que des photographies. Les moments politiques de campagne peuvent faire évoluer les choses de manière très importante. Et donc, on l'a vu dans des campagnes précédentes. Et donc, moi, je me garderais bien d'être la cassandre qui prédira à Gabriel Attal qu'il ne peut pas y arriver. Néanmoins... Il est important pour l'un comme pour l'autre qu'arrive un moment pas trop tardif où ils se mettent d'accord. C'est quand pas trop tardif ? Pas trop tardif, je dirais que janvier, février maximum, c'est le moment où les choses sont en retard. Dernier
mot, puis vous réagissez. L'intéressé, le principal intéressé, Edouard Philippe, n'a pas franchement l'air de trembler. C'était l'heure de l'heure de vérité. Jeudi soir sur France de l'écouter.
Pourquoi voudriez-vous que moi, je dise à Bruno Retailleau d'un côté, à Gabriel Attal ou d'ailleurs à d'autres, vous n'avez pas le droit de vous présenter ? S'ils se présentent, c'est qu'ils ont des choses à dire aux Français. Et puis les Français, ne vous inquiétez pas, ils vont les écouter et puis ils vont choisir. Moi, je ne cesserai pas de proposer à des personnalités politiques qui ne sont pas des adversaires, qui peuvent être des concurrents. et qui sont des gens avec qui je peux travailler et pour qui j'ai de l'estime, je ne cesserai pas de leur proposer de se parler et de réfléchir ensemble à la façon dont, après l'élection présidentielle, nous serons capables de construire une majorité absolue.
-ce que c'est lui la force tranquille sur cet espace-là
tout cas, il essaye de s'installer dans ce rôle. Il aime beaucoup employer une expression, Edouard Philippe, rappelant qu'il a fait son service militaire, c'est le calme des vieilles troupes. Alors, il a monté clairement d'un cran. lors de cette heure de vérité, en annonçant des mesures extrêmement concrètes, la division par deux, par exemple, du nombre de titres de séjour accordés, un package sur le pouvoir d'achat à destination des familles. Vraiment, il était venu avec des mesures. Et puis surtout, il s'est avancé considérablement sur sa réforme des retraites. 65 ans, 45 annuités. Donc là, on peut quand même commencer à dire que Edouard Philippe prend des risques dans cette campagne. Mais il est vrai que jusqu'à présent... et d'ailleurs Gabriel Lattal l'a lui-même intégré, qu'ils étaient dans la partition des rôles qui était celle d'Edouard Balladur et Jacques Chirac en 1995. Et dans cette partition-là, il est vrai,
il ne l'a pas apprécié, pourquoi aussi
? Parce qu'il se souvient qu'en février 1995, vous aviez un Jacques Chirac qui accusait encore dans les sondages 9, 10 points de retard sur Edouard Balladur, et que c'est en mars 1995 que le croisement décourt de manière... extraordinaire et objectivement inédite, s'opère. Donc plus, si vous voulez, Gabriel Attal va se persuader qu'il est peut-être le Chirac de 2027, plus la compétition risque de s'envenimer, de devenir dangereuse, et le darwinisme de jouer à plein régime et d'empêcher, in fine, peut-être le rassemblement.
Oui, en tout cas, partir divisé, c'est la défaite assurée. C'est la défaite assurée. Atout handicap, Gabriel Attal. terminer. Alors, atout handicap,
son atout, c'est de montrer justement que contrairement à Edouard Philippe, il n'est pas cette force tranquille, mais il est une force de dynamique. Moi, dans son meeting, je l'ai entendu interpeller les jeunes, puisque c'était les premiers intéressés de ce meeting à Lyon, en disant « Est-ce que nous, nous allons faire comme les dirigeants européens et renoncer à l'IA ou hésiter ? » Ce qui est un des axes majeurs de sa campagne. Et alors, toute la foule est lui très satisfait en disant « Non, non, non, on se serait cru en 2017 Emmanuel Macron. » Je pense qu'il voulait jouer ça. Je parle sous votre contrôle, c'est bête. Mais il voulait jouer cette espèce de on y va, on va en avant. Et quand il repropose sa primaire, finalement, il provoque les autres en disant mais moi, je suis le seul à vouloir refaire cet espace démocrate, etc. Mais sa faiblesse, c'est son âge. Je pense que je ne veux pas faire d'antigénisme, mais je pense qu'il est quand même. Il y avait une part d'inexpérience à vouloir, dans son discours, dire ce qu'il n'avait pas fait quand il était ministre de l'Éducation. Il ressemble trop à Emmanuel Macron
qui lui colle à la peau. Oui, mais il y avait
même une forme d'immaturité, je trouve, dans ce discours. On s'arrête là.
Ce qui est formidable avec une campagne, c'est que rien n'est joué. Et vous êtes là pour nous la faire décrypter.
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