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Je dirais que dans cette affaire, il n'y a pas non plus de violence de la police. Ce n'est pas ça le sujet de cas qui nous concerne aujourd'hui. Jeudi soir, moi je suis amené à faire une visite au commissariat pour rencontrer les gardés à vue. Et ce que je vois, ce sont des gamins, des gamines qui sont apeurés, qui pleuraient, qui étaient inquiets. Amjad, lui, on va dire, il était beaucoup plus relax dans la cellule. Mais néanmoins, je dis à l'officier de police, puisque je l'avais déjà croisé lors d'une assemblée générale, et j'avais vu qu'il jouait plutôt le rôle de calmer que d'exciter. d'inviter à ne pas avoir de violence, à ne pas utiliser de mortier. Je dis à l'officier de police judiciaire, franchement, Amjad, normalement, il devrait être l'un de vos interlocuteurs pour aider à apaiser plutôt que de le mettre en cellule pour énerver. Et de fait, le lendemain, il y a eu un blocage devant le lycée Michelis qui n'était pas prévu. Le lendemain, il est déféré au parquet. Et bientôt, il y aura un procès pour t'intimider. Je dis que dans le cas qu'on a là, on a une violence, qui est une violence politique et qui est une violence judiciaire. C'est un choix du gouvernement de ne pas apporter de réponse politique, mais d'apporter une réponse policière, une réponse judiciaire, et avec un gâchis aussi de l'autre côté. Parce que quand je passe en garde à vue et que les agents me disent que ce qu'il y a d'autre, c'est des violences conjugales, je leur dis « ben voilà, ça c'est votre boulot ». Mais ramasser des gamins, ça c'est pas votre travail. Et il faut voir l'immense gâchis, les heures qui sont passées, les journées d'officiers de police, de juges. pour traiter ces dossiers, plutôt que les dizaines de milliers de cas de viols et d'incestes qui ne sont pas poursuivis aujourd'hui, qui ne font pas l'objet d'investigations. Donc quel est le rôle de la police, quel est le rôle de la justice, quelle est sa priorité aujourd'hui ? Et ce qu'on observe aujourd'hui à Amiens est vrai pour tout le pays, puisqu'on en est à près de 8000 gardes à vue. C'est-à-dire qu'en 15 jours d'un mouvement lycéen, on a autant de gardes à vue qu'en un an de mouvement Gilets jaunes. J'y ai jaune qui avait connu la même histoire, c'est-à-dire que faute d'une réponse politique, il y avait eu une réponse policière, et avec à l'arrivée des mains arrachées, des yeux crevés et des vies brisées. Nous, on est là pour demander que ça, ça n'advienne pas. Je reviens aux revendications des lycéens. À l'Assemblée générale à Amiens à laquelle j'assistais, le mot qui est le plus revenu, c'est moisissure. Moisissure dans les salles de classe, moisissure dans les douches, dans les internats, c'est le mot moisissure, c'était sur le bâti. Et avec, évidemment, le fait qu'il y ait trop d'élèves par classe, 36 élèves par classe, et Parcoursup, qui brise, disent-ils, notre avenir. Je vous livre une autre anecdote. Pendant mon passage à la garde à vue, un policier m'a dit, bon ben, monsieur Ruffin, je voudrais vous voir pour des raisons personnelles. Ma fille a été refusée deux fois de parcours sup. On a fait un appel devant la commission. On n'a pas eu de réponse. Est-ce qu'on pourrait au moins comprendre pourquoi ? Ce qui prouve que la question de parcours sup, c'est un sujet pour les jeunes qui sont mobilisés, mais pour des millions de familles aujourd'hui dans notre pays. Nous ce qu'on demande c'est une réponse politique, nous disons abandon des poursuites, abandon de parcours sup et abandon d'un budget qui prévoit de supprimer encore 1588 postes d'enseignants. Dire enfin que chaque génération a son mouvement lycéen, étudiant et ça appartient à notre pays, ça appartient à la démocratie et il me semble que nous sommes ici aussi pour protéger ça.
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