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aujourd'hui, je veux poser une question. Une question qui m'a poussé à m'engager dès mon plus jeune âge en politique pour défendre mes convictions. Une question qui me guide dans tout mon parcours. Une question que j'ai posée dès ma déclaration de candidature il y a quelques mois à Mur-de-Barrez. France, es-tu encore fidèle aux serments faits à ta jeunesse ? Notre modèle est-il encore taillé pour garantir aux jeunes générations qu'elles demeureront libres alors que la guerre est revenue en Europe, que le climat se dérègle, que les empires cherchent à s'étendre et que l'intelligence artificielle bouleverse tout ? La réponse est non. Vous connaissez ma conviction. Elle est au fondement de ma candidature pour cette élection présidentielle. Notre modèle sacrifie l'avenir au passé. Cette conviction, je le sais, elle est partagée par de très nombreux Français. Et je crois que c'est parce que beaucoup de nos lycéens la ressentent au plus profond d'eux-mêmes que leur colère a explosé. Bien sûr, cette colère, certains veulent l'attiser, la récupérer, la dévoyer, en multipliant les insinuations ignobles contre la police, en légitimant la violence, en appelant à l'émeute, en faisant de la jeunesse de la chair à canon politique. Et pendant que l'extrême gauche exploite la colère de la jeunesse, l'extrême droite, elle, se frotte les mains. Elle a toujours cherché à affirmer quand chaque jeune sommeillerait un voyou. C'est ce qui permet de justifier son projet de cadenasser la jeunesse. Au RN, on n'a pas un mot contre les écrits de jeunesse antisémite de son leader, mais on n'a pas de mot assez dur contre des jeunes qui exigent d'avoir des professeurs dans leur classe. Ça suffit. Notre jeunesse mérite mieux, vous méritez mieux, mieux que ceux qui vous utilisent, mieux que ceux qui vous ignorent. Je le réaffirme ici à la minorité des casseurs. Il n'y a rien de plus intolérable que de brûler une école, frapper des proviseurs sans prendre aux forces de l'ordre. Rien n'est plus intolérable que de remettre en cause l'autorité du professeur, l'autorité de la loi ou la République. Ce que les Français ont vu ces derniers jours est choquant, profondément choquant et doit appeler une réponse ferme, sans trembler. Et je le réaffirme ici à la majorité des jeunes qui se mobilisent sincèrement et pacifiquement. Vous méritez l'écoute, vous méritez le respect, vous méritez des réponses. Vous méritez de ne plus jamais avoir à ressentir qu'on n'est jamais pris au sérieux quand on a 17 ans. Parfois, les colères naissent d'une décision politique, ce fut le cas par exemple avec le CPE. Mais ce que nous vivons vient, je crois, de plus loin. C'est la contradiction entre les attentes de notre jeunesse et le modèle dans lequel nous lui demandons de vivre. En mai 68, la crise était née d'une contradiction entre le conservatisme des structures sociales et politiques et l'aspiration à la liberté d'une société, d'une jeunesse qui avait changé. Aujourd'hui, notre jeunesse exprime un immense besoin de collectif face à tous les défis. Le dérèglement climatique qui s'accélère avec les sécheresses, les canicules, les méga-incendies, les glissements de terrain, le recul du trait de côte, l'effondrement de la biodiversité. Il ne nous reste que quelques années pour réussir la bifurcation écologique. L'intelligence artificielle qui révolutionne tout. La jeunesse, elle sait tout cela. La jeunesse, elle vit tout cela. Alors en 2027... Il ne s'agira pas seulement de choisir un président pour la République, mais de choisir un avenir pour la jeunesse.
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