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Sandrine Rousseau. Merci d'être avec nous dans le 740 France Info. On va bien évidemment, pour commencer, parler de la primaire du pôle socialiste qui a été victime d'une cyberattaque hier. Visiblement, ça a ralenti les votes sur la plateforme e-voter. C'est la plateforme qui permet aux militants, notamment socialistes, de s'exprimer. Est-ce que ça vous surprend, cette cyberattaque, sachant que sur France Info ce matin, Patrick Menucci, qui est le président de la commission d'organisation de cette primaire socialiste, socialiste nous dit que tout va bien, qu'il y a un retour à la normale et qu'il y a désormais 64 000 personnes qui ont voté sur les 140 000 et quelques inscrits votants prévus à cette primaire.
m'inquiète, ça m'inquiète parce que je pense que ça fait partie de ces attaques contre la démocratie. Alors on va voir d'où ça vient, ça peut venir de quelqu'un de tout à fait, enfin voilà, en France et qui juste s'amuse, un hacker qui s'amuse ou ça peut venir évidemment d'une ingérence étrangère. Donc on verra ce que l'enquête dit, mais c'est inquiétant parce que la démocratie, c'est la démocratie, c'est vraiment un bien extrêmement précieux. Qu'on abîme d'ailleurs, mais c'est un lien extrêmement précieux. Et donc, il est très important que ce processus démocratique à tous les endroits soit protégé.
Est-ce que pour vous, ça pose une question autour de la légitimité de ce scrutin ? Est-ce que ça n'ouvre pas la porte à d'éventuelles contestations des perdants ? Ceux qui ne vont pas se qualifier, par exemple, s'il y a un second tour pour le second tour demain.
Pour ça, on ne sait rien de ce qui s'est passé, mais j'espère pas. J'espère pas. Je pense qu'il faut que ce scrutin se déroule, qu'on sache qui est le candidat enfin ou la candidate de la social-démocratie et qu'on avance.
Justement, on saura vraisemblablement soit demain s'il n'y a peut-être qu'un seul premier tour ou alors la semaine prochaine, le week-end prochain s'il y a un second tour. Donc qui est le représentant de la social-démocratie, comme vous dites ? Est-ce que vous pourriez travailler avec, par exemple, Raphaël Glucksmann s'il remporte cette primaire ? Impossible. Une main tendue de Raphaël Glussmann, c'est non. Et pas d'union à gauche, impossible de discuter avec lui.
Moi, je fais une campagne au sein de mon parti pour dire qu'il faut que nous choisissions entre la social-démocratie et la gauche de rupture. Moi, je suis plus sur la gauche de rupture. Mais ce que je voudrais surtout, c'est que mon parti choisisse. C'est-à-dire que là, on a remis le vote à très, très loin. Beaucoup trop loin. Alors qu'à partir du moment où ce candidat va être désigné, ça va s'accélérer. On va rentrer dans la campagne d'une manière très rapide. Donc vous demandez
à ce qu'en interne chez vous, chez Écologistes, on accélère sur le calendrier et sur ce vote interne.
Je me suis battue pour ça, mais il y a une volonté vraiment de freiner, de retarder le plus possible. Vraiment dans des moments politiques comme ceux qu'on vit, qui sont des moments extrêmement importants pour la démocratie, justement pour l'avenir, où l'extrême droite peut arriver au pouvoir, mais aussi où il y a une crise écologiste, écologique, il y a une crise écologiste aussi, mais il y a une crise écologique majeure, majeure. Le Premier ministre n'a toujours pas dit le terme réchauffement climatique après l'été incroyable qu'on a connu. Eh bien voilà, on gagne du temps, on fait de la petite politique. Je commence à être très inquiète de ça. Je pense que c'est un affaiblissement historique aussi de l'écologie. Je ne sais pas ce qui ressortira de cette séquence. Mais vraiment, j'ai mal même, je vais vous dire, pour mon parti. Parce que je pense qu'on a... On était aux européennes. Maintenant, ça paraît loin, mais on était quand même en position de leadership. Mais vous appelez
Marine Tondelier, qui est votre candidate pour votre famille politique, les écologistes, à faire quoi finalement ? À organiser ce scrutin interne pour trancher ? Enfin et définitivement, si vous allez chez Jean-Luc Mélenchon ou chez Raphaël Glucksmann ? On refuse
l'obstacle, c'est-à-dire qu'on refuse de choisir une ligne, on refuse d'avoir ce débat au fond. Et ce n'est pas pareil le programme de Raphaël Glucksmann qui s'inspire de la social-démocratie, du socialisme, de l'histoire du socialisme. Il est trop à droite pour vous, Raphaël Glucksmann,
ce que vous dites.
Moi, je pense qu'on ne peut pas continuer dans un système de croissance tel qu'on l'a, un peu plus redistributif. Je pense que ce système est arrivé à la fin. Je pense qu'on l'a vu cet été, on le voit de mille et une manières. La crise sociale est absolument incroyable. Ce ne sont pas des ajustements qui nous font une rupture avec le système, mais c'est ma position. Mais qu'on la tranche.
Sandrine Rousseau, bien évidemment, on va parler de la colère lycéenne et de la colère étudiante qui ne retombe pas, puisque nouvelle journée de mobilisation prévue mardi, à l'appel notamment de l'intersyndicale étudiante. Vous soutenez bien sûr ce mouvement, on a vu vos prises de position. Est-ce que la réponse pour l'instant de l'État, du gouvernement, n'est qu'une réponse ? ou est-ce qu'il y a quand même une réponse politique ? François Ruffin, hier, sur votre plateau, disait qu'il y a uniquement une réponse policière et pas même de répression policière. Vous êtes d'accord avec ça
Oui, mais surtout, il y a une réponse autoritaire. Et ça, ce n'est pas possible. Il y a eu quelques annonces du ministre de l'Éducation, mais pas du tout à la hauteur. C'est une crise majeure de la jeunesse qu'on connaît. Évidemment, il manque de profs. Évidemment, il y a des emplois du temps qui sont complètement explosés. D'ailleurs, c'est la réforme Blanquer qui a beaucoup fait ça au lycée, notamment. Le contrôle continu. La mise en place du contrôle continu, c'est ce que vous dites. Oui, puis ces options pour le bac qui font qu'il n'y a plus de groupe classe, que c'est complètement éclaté, qu'il y a des emplois du temps pas possible. Mais il y a aussi une crise. Profonde de sens pour la jeunesse. Quel avenir on leur propose à la jeunesse -ce qu'on peut dire vraiment aujourd'hui sur un plateau que leur avenir sera meilleur que le nôtre ? C'est impossible. Donc en fait, ils ne vont pas se laisser faire. Vous comprenez bien qu'ils ne vont pas se laisser enfermer dans un système qui ne fonctionne plus. Donc évidemment que je les soutiens et évidemment que la crise est bien plus profonde que quelques recrutements de profs.
Quand bien même, c'est très
important.
C'est beaucoup lié aussi au budget 2027, cette crise des lycéens. On voit quelles sont leurs revendications, notamment de mettre sur la table 10 milliards d'euros. C'est ce que demandent les représentants lycéens. Ils demandent aussi à ce qu'il n'y ait pas de suppression de postes d'enseignants dans le prochain budget. Le budget hier qui, pour sa partie, recède. a été très largement retoqué en commission. Qu'est-ce que ça vous inspire pour la suite
? Ce budget est voué à l'échec. On est toujours sur le fait qu'on réduise les dépenses, il n'y a jamais de recettes supplémentaires. Ou quand il y a des recettes supplémentaires, on va les chercher sur les plus pauvres. Vous savez, plus pauvre, ce n'est pas possible. Ça ne tient plus. Les gens n'arrivent plus à vivre. Et là, moi, je voudrais revenir sur la crise lycéenne pour dire que oui, il y a une question de bâti lycéen. Il faut qu'on n'ait pas trop chaud, qu'on n'ait pas trop froid l'hiver, pas trop chaud l'été, etc. Mais il y a aussi une question de santé psychique. Regardez les indicateurs. Je vous invite vraiment en tant que journaliste à regarder et à enquêter sur les indicateurs de santé mentale des jeunes. Et vous verrez un effondrement de la santé mentale des jeunes. Il y a l'éco
-anxiété, mais
il y a aussi, par exemple, il y a des pics d'admission aux urgences psychiatriques au moment de parcours sup. Et on accepte ça. Donc évidemment que ce n'est pas possible, vous comprenez bien, que ce n'est pas possible d'abîmer à ce point-là une jeunesse. Donc voilà, un pays qui abîme à ce point-là sa jeunesse est un pays qui va mal.
Du coup, si vous censurez le budget, comment vous faites ?
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