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Des dizaines de milliers de lycéens dans la rue. Et la réponse du gouvernement ? Un formulaire en ligne. Bienvenue dans Sa Divise, le podcast qui divise et qui tranche. Oui, des semaines de manifs, de cortèges, de pancartes, certaines tellement crues qu'elles ont failli coûter sa place à Julianne Bugier sur France 2. Et le gouvernement de Sébastien Lecornu a sorti sa grande arme. Une plateforme de concertation numérique. Tu t'attendais à une réforme ? Tu vas avoir un Google Form. Enfin. Presque. Et là, attention. Parce que ce qui en ressort est absolument savoureux. Les premières dizaines de milliers de contributions sont tombées. Et la priorité numéro un des lycéens français en colère, prêts à bloquer leur lycée, à défiler sous la pluie, à braquer les caméras de France 2, c'est les emplois du temps. Pas Parcoursup. Pas les inégalités scolaires. Pas la réforme du bac. Les créneaux de cours. Les heures perdues. Le sait que les profs ne sont pas là le mercredi après-midi. Devant Parcoursup. Devant même l'interdiction des téléphones portables. Et le pire, c'est que ce n'est pas forcément absurde. Commençons par la thèse. Le gouvernement a raison d'ouvrir cette plateforme. Bah oui. Qu'est-ce qu'on reproche à Lecornu depuis des semaines ? De ne pas écouter. De laisser les lycéens crier dans le vide pendant que les CRS gèrent la rue. Alors là, il écoute. Il quantifie. Il synthétise. C'est du management public, version 21e siècle. Les jeunes veulent être entendus ? On les entend. On crée un espace d'expression démocratique. On laisse la parole remonter. Et on peut enfin savoir ce qui coince vraiment dans la vie quotidienne d'un lycéen français en 2026. Et si ce qui coince, c'est un emploi du temps bancal avec deux heures de permanence un lundi matin entre deux cours qui n'existent plus, alors on le sait. C'est concret. C'est actionnable. Enfin un gouvernement qui gouverne avec des données. Maintenant l'antithèse. Et elle est brutale. Des dizaines de milliers de jeunes dans la rue pour des raisons profondes. Parcoursup qui les broie. Une orientation subie. Un avenir qui ressemble à une loterie. Et la première conclusion de la concertation, c'est qu'ils voudraient mieux gérer leur mercredi après-midi. Non mais attendez. Ce n'est pas un sondage sur les lycéens. C'est un sondage sur les gens qui répondent au sondage. Et les gens qui passent du temps sur une plateforme gouvernementale en ligne, ce ne sont pas ceux qui bloquaient les grilles du lycée à 7h du matin. C'est le délégué de classe en converse propre qui a eu 10 minutes entre deux cours. La plateforme ne capte pas la colère. Elle capte ceux qui savent qu'une plateforme existe. Nuance. Et surtout, une plateforme ne remplace pas une décision. C'est du débat institutionnel qui donne l'illusion de l'action sans le coup politique d'agir vraiment. Le cornu consulte. Mais consulter, c'est aussi une façon très élégante de ne rien faire. Verdict. Le gouvernement a inventé le meilleur anesthésiant politique de la décennie. Transformer une crise sociale en atelier participatif. Les lycéens criaient. On leur a donné un clavier. Et maintenant on leur explique que leur vraie priorité, c'est le rythme scolaire. Majestane. Cynique. Efficace. La suite ? Abonnez-vous. Parce que le prochain épisode va vous faire tomber de votre chaise.
Transcription automatique (Whisper + diarisation) — des erreurs d'attribution ou de transcription sont possibles. Vérifiez toujours avec la vidéo source horodatée.