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est quasiment 19h, merci d'être avec nous sur CNews pour votre rendez-vous du vendredi soir face à Philippe De Villiers. Cher Philippe, bonsoir. Bonsoir Elliot, bonsoir Geoffroy. Geoffroy, le jeune est avec nous, cher Geoffroy, bonsoir. Bonsoir les amis. Philippe De Villiers, pour faire face à la colère des étudiants, et ce sera au cœur de notre émission bien sûr, le Premier ministre a annoncé la suspension des cours sur une demi-journée afin de mettre en place un temps démocratique. Les syndicats y voient une décision hors sol. Et on pourrait se dire, Philippe Devilliers, ce que nous sommes en train de vivre en France est inédit. Et je vous propose qu'on se plonge 26 ans en arrière. Vous allez écouter peut-être quelqu'un que vous connaissez, qui s'appelle Philippe Devilliers. Il était interrogé sur une crise, une crise de l'éducation nationale et des tensions entre manifestants, syndicats et forces de l'ordre. Et écoutez l'alerte émise à l'époque par un certain Philippe Devilliers.
crois que sur l'affaire des lycées, ce qui s'est passé il y a quelques heures est extrêmement grave. Il y a eu une bavure d'État due à l'imprévoyance, à l'incompétence d'un ministre de l'Intérieur qui par démagogie ne peut plus faire maintenir l'ordre et qui envoie les policiers au casse-pipe. Avec un papa gâteau à l'Élysée qui reçoit le petit nasser Ramdam et sa clique et qui dit aux lycéens « Vous avez raison, ce gouvernement doit faire quelque chose. Je vous ai entendu, je vous ai compris. C'est de la schizophrénie fonctionnelle. » C'est-à-dire que le président de la République est responsable depuis 10 ans et en même temps il se dit irresponsable. Et puis il y a un ministre de l'éducation nationale qui tient les raisonnements d'avant Gorbatchev. Le système éducatif aujourd'hui en France, il est soviétiforme, il est hyper centralisé. Moi je suis président de la Conseil Général. Qu'on me donne les pouvoirs dans le domaine de l'éducation. d'expérimentation pédagogique, de recrutement, et je résous les problèmes. Mais
vous avez l'impression que les lycéens qui vous entendent en ce moment comprennent ce que vous dites, que ce n'est pas à usage de politicien seulement ? Non, je crois que les lycéens demandent
qu'on résolve les problèmes matériels et les problèmes d'enseignants. Aujourd'hui, il y a eu 22 000 postes au concours. Pour l'année 89, il y a eu simplement 16 000 postes qui ont pu être pourvus. C'est-à-dire qu'en fait, les enseignants eux-mêmes fuient ce métier. Ça veut dire qu'il y a une crise qui est très grave. 10 ans de socialisme pour arriver à cette crise-là. Une crise matérielle, parce que les locaux sont vétustes, parce que l'État n'a pas fait son travail. Une crise immatérielle, c'est-à-dire que l'enseignement ne transmet plus le minimum de code commun, cette sagesse élémentaire. Et puis l'idée qu'on est un pays parce que... Le spectacle qui était sous nos yeux avec ses vitrines brisées, c'était la société multiculturelle, c'est-à-dire des bornes, des ghettos, l'apartheid, des poches de violences virtuelles. Parce qu'il n'y a pas de politique de l'immigration, parce qu'il n'y a pas de politique de l'éducation.
Finalement, ça fait quand même beaucoup de questions que vous posez à travers cette manifestation. Mais pour venir au lycée, le ministre de l'État propose un plan d'urgence. Vous pouvez y adhérer ou pas ? Je crois que c'est le tonneau des danaïdes, vous savez.
Comme ce grec qui voulait vider la mer avec un gobelet. Ce n'est pas avec de l'argent qu'on a résolu le problème. Il faut changer la structure. Il faut décentraliser, transférer à la base. la gestion des collèges, des lycées auprès des collectivités territoriales. Ça coûtera moins cher et ça sera beaucoup plus facile de recruter les professeurs, de revaloriser les fonctions et puis d'entendre les lycéens et les étudiants.
Jean-Pierre, mon français et mes maths, c'était pas il y a 26 ans, il y a 36 ans, 90, Geoffroy
Lejeune. C'était donc il y a très longtemps, Philippe, et vous étiez déjà en colère à l'époque. Comment jugez-vous aujourd'hui l'action de l'État face à la colère de la rue
'abord, je n'ai aucun souvenir de cet entretien, ni du lieu d'ailleurs, ni du contexte. Ce n'est pas de
l'IA, je vous promets que ce n'est pas de l'intelligence artificielle, on n'a
pas triché. Mais en tout cas, je me dis en me réécoutant, à cause de vous, que les problèmes étaient là. à les prolonger sans les résoudre, on les rend insolubles. C'est la situation dans laquelle nous sommes aujourd'hui. Et en fait, je pense que la France est en voie d'infantilisation. C'est ça qui me frappe. D'infantilisation, c'est-à-dire qu'on a des mineurs. qui sont dans le mimétisme, qui inventent une société adulte parodique. Et ça, ça m'a beaucoup frappé, et je note que personne ne l'a relevé, mais vous vous rendez compte ? Il y a des syndicats lycéens. Donc il y a des petits Krasuki en Playmobil, il y a des petits Bergerons, il y en a même un qui a repris la phrase de Bergeron, un lycéen de 12 ans, il n'y a pas assez de grains à moudre. C'est-à-dire qu'ils se prennent pour des adultes, des lycéens, des mineurs, et ils parlent de grève, ils font grève. Ce sont des mineurs qui se prennent pour les mineurs, les vrais mineurs, les mineurs des Corons, qui faisaient grève pour le coup de Grisou. Et là, le coup de Grisou, c'est l'interdiction des portables. Donc, on traite des mineurs comme s'ils étaient des majeurs. Il faut les traiter comme des mineurs, comme des enfants. On leur dit, maintenant, vous allez à l'école, ça suffit. Mais quand je dis l'infantilisation, ça touche aussi le pouvoir. On a un ministre de l'éducation nationale qui est tout droit sorti du muséum d'histoire naturelle. C'est Merlin l'Enchanteur. qui fait de l'œil aux jeunes gens, en se prenant pour le magicien qu'il est, dans la forêt de Bresséliante, il s'adresse à la fée Morgane, il dit « J'ai trouvé, j'ai trouvé ». Elle dit « T'as trouvé quoi ? J'ai trouvé 3000 professeurs ! » Comme ça, il est au journal de TF1, il annonce Merlin l'Enchanteur, il a trouvé 3000 professeurs. Alors on se dit, ça veut dire qu'il y avait 3000 chômeurs qui étaient payés par l'éducation nationale, qui maintenant vont se mettre à travailler. Non mais c'est hallucinant. Et puis surtout, la plateforme de concertation. Il y a une plateforme, on joue les cahiers de doléances. En fait, c'est une sorte de mimétisme. de la part de la société adulte qui joue aux enfants. Alors le fin du fin, c'est évidemment l'inénarrable M. Lecornu, le futur leader du box central, futur candidat de la présidentielle, comme vous le savez sans doute. Et là, en fait, il arrive, il faut parler aux étudiants, il parle du gasoil. Donc il y a une erreur de casting. Mais par-delà cette erreur de casting, il annonce, tenez-vous bien, cette personne a mouffeté un temps de démocratie interne. Réfléchissons un instant. L'école, c'est une hiérarchie, c'est pas une démocratie. On n'en est pas encore au point de savoir si ce sont les enfants qui vont définir le savoir. Ça, c'est la démocratie. La base va définir le savoir, va définir ce qu'on va enseigner en mathématiques et en langue française. Ah bon ? La démocratie interne. Alors là, c'est la quatrième étape de la dégringolade. Première étape, mai 68, le prof tombe de l'estrade. Il y a les enseignants et les enseignés, c'est-à-dire qu'il n'y a plus de hiérarchie, il n'y a plus de magistère. Première étape. Deuxième étape, on va plus loin, le collège unique avec René Abich. Il n'y a plus de mérite. Donc il n'y a plus de hiérarchie, il n'y a plus de mérite. Et la troisième étape, c'est Jospin, ça je m'en souviens très très bien, il est en arabe, Jospin. L'école devient un lieu de vie. Oula ! C'est le pédagogisme. L'école dit Jospin, un homme très intelligent, qui a une femme académicienne, donc il sait ce qu'il dit, apprendre à apprendre. Donc en fait, on apprend à apprendre. Autant dire que c'est la fin du mérite. Donc en fait, on a la fin de la hiérarchie, on a la fin du mérite, la fin de toute sélection. Et la quatrième étape, c'est la démocratie interne. C'est-à-dire qu'on dit aux élèves, bon, allez, pendant trois jours, on s'arrête. On discute. De quoi ? On discute du salpêtre, on discute de la climatisation, on dispute des gouttières, puis après on reprendra les cours lundi. Bon, c'est une déchéance, c'est un État en faillite. Et ça me rappelle quelque chose. Ça me revient là. C'est Attal, ministre de l'Éducation nationale. Un jour, il fait une conférence de presse et il dit, voilà, j'ai trouvé la solution pour les violences internes à l'école, le harcèlement, etc. C'est les cours d'empathie. Alors j'ai cherché à comprendre ce que ça voulait dire, les cours d'empathie. Et il a expliqué, je cite, il a dit, c'est pour une meilleure gestion des émotions. et pour une socialisation de l'autre par rapport à son vécu, textuellement. Donc là, je me suis dit, on est mal barrés. Est
-ce aussi, puisqu'on parle de la faillite de l'État, une dérive de la société, de notre société, Philippe de Villiers
La société française, elle est en chemin vers l'illettrisme. Alors, on a là une révolte qui est une révolte des illettrés. L'illettrice, c'est quand on n'a plus les mots et qu'on remplace les mots par la violence. Toute cette violence est la marque d'un illettrisme galopant. Et d'ailleurs... Il y a une chose qui m'a beaucoup frappé. J'ai fait un exercice hier, et c'est drôle parce que j'ai constaté que Michel Onfray, mon ami Michel Onfray, c'est un esprit extrêmement brillant et percutant, performant, il a fait le même exercice, sans se concerter. C'est-à-dire que j'ai comparé les slogans de mai 68 et les slogans d'aujourd'hui. Et là, on voit le décalage. Pourquoi ? Parce que moi, je suis bachelier 68, donc j'ai eu mon bac dans une pochette surprise. Mais j'appartenais encore à une génération qui avait reçu les humanités, etc. Et donc les secondes 68, ils avaient une certaine allure. Il est interdit d'interdire. Je me souviens quand je suis arrivé à la fac de droit, à la journalière, en première année, il y avait une pancarte qui était restée là. Si tu veux avoir des contacts avec les jeunes, engage-toi dans les CRS. Bon, il y avait quand même de l'humour, il y avait l'esprit français encore. Et là, maintenant, vous regardez les pancartes. Il n'y a pas d'orthographe, il n'y a pas une seule pancarte qui est écrite en français, et puis ça ne veut rien dire. On sent que c'est une école complètement dévaluée. Mais ça va plus loin que ça, il n'y a plus de langage. Or, le langage c'est quoi en fait, quand on y réfléchit ? Le langage c'est le plénipotentiaire de la paix civile. C'est-à-dire que si vous remplacez... Si vous n'avez pas, pour habiller les conflits, pour habiller les humeurs des mots, vous avez la violence, vous avez les coups de poing. Et ensuite, je vais plus loin, le langage, c'est la voie d'accès royal à toutes les richesses intérieures de notre littérature. Je pense souvent à José Maria de Heredia qui dit « Je suis entré ». en France, par la porte de la langue côté cœur. Et donc on peut devenir cousin germain entre français de désir et français de souche par la langue, à condition qu'on apprête la langue, à condition qu'on transmette la langue. Or, qu'est-ce qu'ont fait les ministres ? Les huit ministres successifs, sauf Blanquer, mais ceux qui ont succédé à Blanquer, notamment l'inérable Papendiaï. Qu'est-ce qu'ils ont fait ? Une seule préoccupation, l'éducation sexuelle à l'école. Pour qu'on permette à un enfant maternel de se poser la question, suis-je né dans le mauvais corps ? Voilà ce qu'ont fait les ministres successifs de l'éducation nationale, l'éducation sexuelle à l'école. Ça, c'était vraiment pour eux une préoccupation majeure. Et j'ajoute, je crois... que non seulement on va vers l'illettrisme qui gagne les élites, mais on est dans une société en voie de liquéfaction. C'est-à-dire qu'en fait, nos élites ne sont plus capables de restituer, de transmettre le récit fondateur. Et là, je vais à nouveau... Cité Peggy, parce qu'il a tout dit, il vous rendait compte, c'était au début du siècle, du XXe siècle. Il dit, quand une société ne peut plus enseigner, c'est qu'elle ne peut plus s'enseigner. C'est qu'elle a honte. C'est qu'elle n'est plus capable de s'aimer, de s'estimer. Voilà le mal de la société moderne. Peggy. dans les années 1910, avant de mourir au front, en 1914. Et moi, ce que j'ajoute, c'est la chose suivante. On ne peut pas avoir une instruction solide dans une société liquide. Et la société liquide, elle vient d'où ? Elle vient de mai 68. Ce sont les pertes spirituelles des gamins qui sont dans la rue aujourd'hui. Mai 68. Pourquoi ? Parce qu'en 1968, on a eu la conjonction des bourgeois et des bohènes. Et ils ont fabriqué ensemble le double libéralisme, le libre-échangisme mondialisé et le libre-échangisme sociétal. C'est-à-dire, en fait, c'est no border, no limit. Pas de limite économique, donc la mondialisation heureuse, sans frontières, et pas de limite sociétale. Et le no border, no limit a produit l'illimitation marchande, la marchandisation du désir. Et la marchandisation du désir, elle a anéanti toute forme de frontières. Or, une société ne peut pas vivre sans frontières. Je parle là de la frontière non pas physique, non pas seulement physique, mais anthropologique. C'est-à-dire la frontière entre les sexes. à cause de la théorie du genre, la frontière entre la vie et la mort avec l'euthanasie, la frontière entre l'animal et l'homme, puisque désormais l'animal est devenu un sujet de droit, pendant que l'embryon est un objet d'expérimentation. Quand j'ai perdu mon chat, j'ai eu une lettre du vétérinaire qui m'a adressé ses condoléances. Et en fait, on incinère notre civilisation et on ensevelit des chats. Avec une petite pierre tombale. On l'aimait bien, mon Robinson. Il s'appelait Robinson. Et enfin, la frontière, l'avenir, la frontière qui va sauter, la prochaine qui va sauter, c'est la frontière entre l'homme et le robot. L'homme prothésé avec le transhumanisme. C'est-à-dire qu'en fait, on est en train de tenter de vivre dans une dissociété diversitaire, une désaffiliation, avec un élève qui... va tenter de vivre sans avoir reçu la mémoire vivante du dépôt millénaire. Et donc l'école d'aujourd'hui, si vous me demandez de la qualifier, je vous répondrai ceci après avoir réfléchi cet après-midi, c'est la fabrique de l'homme de sable.
veux qu'on reste sur les jeunesses qui se mobilisent aujourd'hui. Vous souhaitez vous arrêter sur la sociologie des manifestants qui participent au blocus, mais également à la casse, Philippe Devilliers, à travers deux théâtres différents. L'un, vous le connaissez, puisque vous étiez dans les bancs de cette école, Sciences Po, la rue Saint-Guillaume, qui a quand même manifesté avec des députés de la France Insoumise. Il ne faut pas l'oublier cette semaine. Mais également dans les quartiers où pourtant la plupart d'entre eux étaient placés en zone d'éducation prioritaire. Regardez ces deux séquences. C'est fasciste ! Geoffroy Lejeune.
cher Philippe, vous l'avez déjà dit, mais pensez-vous qu'il existe, avec les images qu'on a vues, deux jeunesses aujourd'hui en France
là, on a deux jeunesses qui pratiquent la convergence des luttes, si vous me passez cette expression. Et c'est très étonnant. On a le Pakistan et l'Islamistan. En fait, on a les beaux quartiers et les quartiers tout court. On a le Secours Renoir et le 93, ensemble. C'est-à-dire qu'on a la rue Saint-Guillaume et la rue Arabe, pour reprendre une expression qui, je crois, est de Mélenchon. C'était son rêve, la convergence de la rue Saint-Guillaume et de la rue Arabe. C'est-à-dire qu'en fait, c'est la bourgeoisie des beaux quartiers, et puis les banlieues, les racailles, les narcos, etc. En fait, ces deux jeunesses, on pourrait les qualifier ainsi. Il y a la jeunesse sans avenir et la jeunesse sans passé. La jeunesse sans avenir, c'est une jeunesse bourgeoise qui est victime de ce qu'elle a réclamé depuis 30 ans, c'était à la fin de la séduction, au nom de l'égalitarisme. La fin de toute forme d'émulation. Qu'est-ce que ça donne, cette jeunesse sans avenir ? Ça donne un bac pour tout le monde. Ça veut dire que l'absence de sélection au bac prépare un lumpenproletariat des facs. Puis ensuite, l'absence d'orientation dans les facs prépare un lumpenproletariat du marché du travail. Or, nous sommes face à trois phénomènes inédits que la jeunesse sans avenir, sans, pressant. Premier phénomène, l'État et le patronat ont choisi la préférence étrangère. C'est-à-dire qu'en fait, ils veulent des migrants. Ils veulent recruter des migrants. Parce que c'est moins cher, parce que c'est moins exigeant. Et donc on n'en est plus au plombier polonais de 2005, on en est au plombier ghanéen. On fait venir les médecins béninois, on fait venir 210 000 étudiants étrangers qui ensuite prennent les postes. On fait venir évidemment les migrants régularisés pour devenir les livreurs de sushis en scooter à l'avenue Foch. Et donc, petit à petit, les places sont prises. C'est-à-dire que maintenant, quand le soudeur sonne à votre porte, c'est un soudeur, il ne voit rien. Et donc ça, c'est le premier phénomène. C'est-à-dire, en fait, tous les travaux manuels sont occupés maintenant par les migrants. Ils seront davantage demain parce qu'en fait, l'éducation nationale a méprisé. Toutes les formations techniques. Et toutes les familles se sont dit, non, non, moi je veux des études supérieures. Donc je veux que mon fils soit sociologue, plutôt qu'ingénieur. Bon, il y a trop de sociologues. Il y a un seul sociologue qui a un vrai travail, il est sur CNews, c'est Mathieu Bocoté. C'est le seul que je comprenne d'ailleurs. Et qui est un homme remarquable. En plus, il a gagné son référendum au Québec. Je fais une petite parenthèse, ça s'appelle un spot.
Non, son élection, pas son référendum. C
'était l'élection. Oui, je l'anticipe. Attention, attention. Et le troisième phénomène, le deuxième phénomène, c'est que c'est la surproduction, la surpopulation des élites. C'est-à-dire entre l'offre des travaux à venir... Et la surpopulation des diplômés, il y a un hiatus. Et enfin, ce qui est à venir, c'est l'IA, l'intelligence artificielle, qui va être pour les cols blancs ce que la machine à vapeur a été pour les cols bleus. Mais allons plus loin. Cette jeunesse sans avenir qui descend dans la rue, qui est angoissée. qui paye ce qu'elle a voulu, ce qu'on a voulu, ce que tout le monde a voulu, c'est-à-dire l'absence totale de sélection et d'orientation, elle est confrontée à une autre jeunesse, qui est une jeunesse sans passer. C'est-à-dire la jeunesse des affiliés des banlieues, qui ne sait pas d'où elle vient. La jeunesse des affiliés des banlieues, il faut la plaindre. Pourquoi ? Parce qu'elle est déracinée deux fois. Elle est déracinée d'ici, parce que c'est pas ce qu'elle fait ici. On lui dit rien sur la France. Ou plutôt, on lui apprend à détester la France. Et en même temps, elle a coupé ses liens, elle est amputée. L'immigration est un crime en fait, un crime d'amputation. Elle est amputée de son imaginaire d'enfance. Ça me rappelle un ami... qui se reconnaîtra parce qu'il est toujours vivant et bien vivant, il s'appelle Bébert, il est bûcheron. Et il me disait un jour, mon petit gars, mon petit Philippe, il ne faut pas couper un arbre à sève montante. Et je repense à ça tout le temps à propos de ces jeunes en disant, on les a coupés à sève montante de leur imaginaire d'enfance. Et quand vous coupez un arbre à sève montante, il pourrit, dit Bébert. Il a raison. Et là, en fait, quand on coupe un jeune de son imaginaire d'enfance, de tout ce qui a constitué sa vie, sa première vie avant d'arriver, il se retourne vers ce que Mathieu Beaucoté a appelé les appartenances primordiales. Et ça donne les ordres du déracinement et ça donne les ordres du ressentiment. Pourquoi ? Parce que qu'est-ce qu'on lui propose à ce jeune-là ? Réfléchissons un instant. Quitte à être iconoclaste par rapport au système et à ceux qui l'occupent et à ceux qui le produisent tous les jours et qui le protègent tous les jours, on lui propose quoi ? On lui propose de la laïcité. Alors que souvent, il est musulman. Et donc la laïcité, pour lui, c'est quoi ? C'est le vide spirituel, c'est la métaphysique du néant. Vous croyez que ça va le satisfaire ? Et ensuite, qu'est-ce qu'on lui propose ? Mieux que ça, les valeurs de la République. C'est un code, les valeurs de la République. C'est un code froid, de plus en plus froid, parce que la République, ils l'ont liquidé avec Maastricht. Les valeurs de la République, c'est un code, c'est pas un embrasement. Et vous arrêtez pas une lame de feu avec... un code de la route. Alors ces deux jeunesses, la jeunesse sans avenir, la jeunesse bourgeoise, la jeunesse des quartiers, la jeunesse sans passé, elles se retrouvent ensemble dans une convergence intéressante à observer. La jeunesse bourgeoise se tourne vers la révolution, puisque la révolution a toujours été une révolution bourgeoise, la révolution de 1989, la révolution de la bourgeoisie. Et donc, ils se déguisent en garde rouge, en sans-culottes. Et ils reprennent la phrase de Carrier, j'ai vu ça cette semaine. Nous ferons de la France un cimetière plutôt que de ne pas la régénérer à notre manière. Donc voilà pour la jeunesse bourgeoise. Et l'autre jeunesse, c'est la revanche post-coloniale. revanche, pour décoloniser la France accusée d'avoir colonisé l'Afrique. Et donc, ces deux démarches, la passion révolutionnaire et la passion anticoloniale, forment un précipité caillebotteux qui est extrêmement dangereux, puisqu'en fait, on n'est plus du tout, du tout, dans les histoires de Gouthière et de Salpêtre. On est là, dans la meute, les émeutes et le barbaricum.
Et justement, Philippe Devilliers, vous souhaitez répondre à la tribune de Gilles William Golnadel dans les colonnes du Figaro cette semaine. L'école est devenue le laboratoire d'une guerre civile de basse intensité, dit-il. Cette guerre civile en deux mots qui commence n'est pas encore une guerre civile en un mot, mais nous en sommes tout prêts en ce mauvais temps de faillite économique, financière, industrielle, démographique, politique et morale dans l'ordre que l'on voudra. Partagez-vous, Philippe De Villiers, cette appréciation ou plutôt cette anticipation.
Oui, je trouve que la formule est juste. La formule de William Goldnadel est juste. Je dirais même que c'est un laboratoire d'une guerre civile de basse intensité. Je dis laboratoire parce que je pense à Mélenchon. Il teste, en fait. Il teste la société, Mélenchon, en ce moment. Il teste pour voir entre les deux tours ou après le deuxième tour ce que pourrait être... Un apocalypse insurrectionnel. Alors en fait, pour expliciter ce papier de William Golnadel, je dirais deux choses. La première, c'est qu'on voit que c'est une guerre. Parce que dans une guerre, il y a des blessés. Là, il y a beaucoup de blessés. Il y a 800 blessés chez les policiers, donc c'est pas rien. Ensuite, c'est une guerre parce que les guerriers d'en face, c'est-à-dire les émeutiers, considèrent la police comme une bande rivale. C'est-à-dire que c'est une guerre de conquête territoriale. On fait brûler les endroits dont on est en fait propriétaire. Donc on fait ce que veut, comme Néron, qui fait brûler Rome, parce que c'est le patron. C'est une guerre de conquête territoriale et donc la police, c'est une force d'occupation en fait. C'est comme ça qu'ils parlent entre eux. Et c'est une guerre avec des armes de guerre, parce qu'ils ont des mortiers. Les mortiers, ça peut faire très mal, ça peut blesser, ça peut tuer. Mais je vais plus loin. Moi, il y a une chose qui m'a beaucoup frappé. Je ne sais pas si on a l'image, Elliot, mais si on l'a, je voudrais bien qu'on la montre, c'est Elias Dimzalen. Alors, ça ne dit rien à beaucoup de téléspectateurs et auditeurs. On la voit à l'image, là. Comment ? On la voit à l'image. Et là, on le voit, on l'aperçoit, là, Dimzalen. Alors, c'est qui, ce monsieur ? C'est quelqu'un d'important. C'est un influenceur. C'est un homme qui est très, très, très écouté dans les milieux islamistes. chez les frères musulmans, et qui avait l'année dernière, en septembre 2024, place de la nation, sauf erreur de ma part, avait appelé les manifestants à déclencher en France l'intifada. avait dit, est-ce qu'on est capable de déclencher l'intifada à Paris, dans nos banlieues et dans nos quartiers ? Et en fait, il plaque sur les émeutes l'intifada. palestinienne. Et en fait, qu'est-ce qu'on voit tous les jours ? On voit une guerre sur fond d'intifada avec la guerre des pierres. On retrouve les pierres, on retrouve l'idée des pierres qu'on jette sur les policiers. Et donc, c'est très grave parce que cette guérilla urbaine n'est plus du tout, du tout, du tout... une émeute qui rappelle celle de 2005. On est dans quelque chose de différent, on le sent bien, quelque chose qui tourne vinaigre.
d'ailleurs, M. Dimzalen avait été condamné par la justice pour incitation, reconnu coupable de provocation à la haine notamment, pour ses propos et ses appels à l'intifada. Et on le retrouve aujourd'hui dans les manifestations. Vous souhaitez réagir également parce que ces émeutes, Philippe De Villiers, ont été relayées dans le monde entier et font réagir la classe dirigeante de ce monde. Le président américain en personne s'est fendu d'un message sur son réseau social, True Social. Il dit quoi ? Ce qui se passe en France n'est rien d'autre qu'une immigration de masse hors de contrôle. Il ne s'agit pas des écoles, il s'agit de l'islam qui veut s'emparer d'un pays autrefois grand, Geoffroy Lejeune.
Alors Philippe, est-ce qu'il a raison ou est-ce qu'il a tort Donald Trump
a raison. Il y a une chose qui me frappe. Je vous l'ai dit avant d'entrer dans le studio. J'ai cherché une voix en Europe pour commenter ce qu'il a dit. Aucune. Ça veut dire qu'on est déjà devenu les dimis. La dimitude. La diminution capitis. On a peur. Tout le monde a peur. Donc on ne commande pas. Mais sous cap, j'ai croisé deux hommes politiques en arrivant. Sous cap, ils m'ont dit, eh ben oui, Trump a raison. Alors qu'est-ce qu'il a dit ? Immigration massive, islamisation. Immigration massive, on fait rentrer 500 000 personnes par an, 500 000 titres de séjour, avec l'asile, etc. Il y a un chiffre qui est frappant. Il y a 10 ans, il y avait 5 000 Afghans en France. C'est Dominique Reynier qui a donné ce chiffre. Je m'en souviens très bien. Aujourd'hui, 100 000. Au point que la France est en train de négocier avec les talibans pour une ambassade, pour pouvoir régler le problème, parce qu'ils arrivent de plus en plus nombreux. Donc, il y a une immigration invasive en France. C'est incontestable. Ça se voit à l'œil nu. Deuxièmement, la question de l'islam. Alors, il suffit de regarder, de regarder les images. Premièrement, les drapeaux. On a peu de drapeaux français, si loin qu'on puisse dire. Par contre, on voit des drapeaux algériens, des drapeaux marocains, des drapeaux turcs et des drapeaux palestiniens. Ensuite, les nouveaux héros de la jeunesse. Ça, ça me frappe beaucoup. C'est plus Cyrano de Bergerac. l'esprit qui souffle sur la carcasse qui tremble. Non, c'est Mohamed Merah, Abdeslam, c'est-à-dire en fait l'attentat de Toulouse, le Bataclan, le terrorisme. En Vendée, territoire que je connais bien, à Soulan, commune que je connais bien, dans l'église de Soulan, il y a eu une profanation. avec des petites jeunes filles, notamment, des petits jeunes gens, vandaient apparemment. Ça veut dire quoi ? Et pareil à Beaujancy, des lycéens, qui chantent en rap un hymne à Mohamed Merah et à Abdeslam. Qu'est-ce que ça veut dire ? Ça veut dire qu'en fait, il y a une infusion d'une culture qui n'a pas les mêmes... drame que nous, les mêmes larmes que nous, les mêmes seins que nous, les mêmes héros que nous. C'est-à-dire qu'on est en train de changer d'imaginaire. Et ça, c'est très grave. Ensuite, vous avez vu, il y a eu un article dans Le Point hier, très frappant, disant que la chaîne Al Jazeera, le Qatar, les associations musulmanes, fédère et infuse le mouvement. L'article du Point est quand même frappant. Le Point, c'est un journal sérieux. C'est une enquête avec une journaliste qui a enquêté Nora Bussigny. Voilà. Ensuite, vous avez peut-être vu quelque chose la semaine dernière qui est passé presque inaperçu. L'Iran a fait un communiqué pour soutenir les émeutiers. contre la police française, contre l'État français. Il y a même le ministre Le Vergen du Pauvre, qui a intervenu, Barraud, le ministre des Affaires étrangères, qui a convoqué le chargé d'affaires. Et qui a dit, ah ben non, c'est pas bien quand même, etc. Sauf qu'on ne voit pas une chose, c'est pourquoi l'Iran s'en mêle ? Ah bon ? Mais ça veut dire que s'il n'y avait pas quelque chose d'islamique derrière tout ça, ils n'auraient aucune raison de s'en mêler l'Iran. Et ensuite, Et ensuite, cerise sur le gâteau, il y a l'imam caché, pour parler comme les chiites. L'imam caché, c'est Mélenchon. Mélenchon, c'est quand même l'inventeur de l'islamo-gauchisme. C'est Taguief qui a utilisé ce mot pour la première fois, mais l'islamo-gauchisme s'est déroulé en trois étapes. Il y a eu d'abord... l'alter mondialisme avec Chris Herman, le poète et le prolétariat, ça c'est la première étape. C'est comme ça qu'ils ont infiltré l'université française. Puis la deuxième étape, c'est le concept d'islamophobie, utilisé pour fixer au sol toute personne qui critique l'islam. Restez tranquilles les amis, sinon vous allez être condamnés par la justice. Et troisième étape, c'est l'islamo-wokisme. Et là, en fait, Mélenchon, c'est le patron. Et la preuve que c'est le patron. Il y a eu une excellente émission sur 100% politique il y a deux jours où il était question, et ils ont très bien vu ça, des brassards. C'est-à-dire que Mélenchon a expliqué, il y a deux jours, qu'il fallait désormais que les parents portent des brassards. Mais en fait, c'est le système qui existait en Allemagne, les brassards. C'est-à-dire qu'on met des brassards pour former une milice d'interposition entre les manifestants et la police. On est là, sur la voie d'une milice qui rappelle ce que Ritchie Tribot avait souhaité, c'est-à-dire la constitution de brigade d'autodéfense populaire. Exactement à la manière des corps francs qui ont fait peur aux Allemands et qui ont permis l'arrivée d'Hitler au pouvoir en Allemagne. Donc oui, il y a un problème islamique derrière tout ça, il y a un problème de l'Islamistan et du Waukistan et il y a un problème qui domine tout cela, c'est Mélenchon, le grand prêtre. Mélenchon a changé de dévotion, il était enfant de cœur, il me l'a raconté. Il vidait les burettes et maintenant il cherche une nouvelle prosternation. À un moment donné, c'était neuf le château. modèle iranien, maintenant, la nouvelle prostination, c'est l 'islam.
Venons-en, Philippe De Villiers, au président de la République, qui a demandé à Laurent Nouniez de suspendre l'utilisation des grenades assourdissantes pour nos forces de l'ordre sur le terrain. Selon nos confrères du Parisien, on apprenait même cette semaine qu'Emmanuel Macron était furieux. Furax, le président de la République, il a beaucoup gueulé ces derniers jours parce qu'il considère que la réponse policière était trop dure, sans empathie. Un certain Reda Bellage lui a répondu au micro de Pascal Praud sur Europe 1. Je vous propose de l'écouter.
pense que la France, elle est en train de s'effondrer. Moi, je n'arrive pas à accepter ça parce que 715 forces de l'ordre blessées, parce que ces personnes tiennent ce genre de propos. Mais je pense qu'en fait, c'est le but au final. Mais ils vont peut-être y arriver parce que je vais vous dire une chose, Pascal. S'il y en a un dans nos rangs qui tombe, lâchera. On lâchera les boucliers, on lâchera tout, et on lâchera tout brûlé. À mon avis, et c'est ce qui me... Mais non, mais à un moment... Non mais attendez, Pascal, vous me faites comme ça, mais c'est le discours comme tiennent les collègues. Qu'est-ce que vous voulez que je vous dise ? Il y a juste un moment
où il faut que ça s'arrête. Même pour vous, je ne vous engage pas forcément à dire cela, parce que vous pourriez... On pourrait vous reprocher.
Non, je suis désolé, s'il y a un flic qui reste, on ne l'acceptera pas. Parce que ça fait des années qu'on le dit, et il y a zéro anticipation, il y a zéro reconnaissance. Geoffroy Lejeune.
Philippe, considérez-vous qu'Emmanuel Macron a trahi des policiers
Oui. Il a trahi des policiers parce que... Il a... Il a fait un geste qui était odieux. Il y a 800 blessés. Et donc vous imaginez les familles de ces blessés qui entendent le président de la République qui regrettent... Alors il a de l'empathie pour les émeutiers, mais pas pour les policiers. Or c'est quand même le chef, le chef de la tribu, c'est le chef de la police, c'est le patron du régalien par excellence. Mais moi je ne suis pas étonné parce que, vous vous souvenez, en 2023, comment il avait lâché le policier au moment de l'affaire Naël. Et il avait dit, c'est une faute inexcusable, c'est scandaleux, c'est un crime, etc. Il s'était fait justicier au pylori. Et il prend un grand risque. Le risque, c'est la rupture d'allégeance. Ce qu'a dit Reda Bellach tout à l'heure avec intelligence et beaucoup de courage. La rupture d'allégeance, parce qu'à un moment donné, les policiers peuvent... Tomber le casque, c'est comme ça qu'a fini la 4ème République, la manifestation du 13 mars 58. Deux mois après, c'était fini. Donc vis-à-vis de la police, c'est odieux. Et vis-à-vis du peuple français, c'est nul. Pourquoi ? Parce que c'est le désarmement de la police, parce que c'est l'abdication devant Mélenchon, en fait c'est Mélenchon qui triomphe, et parce que c'est un signal très très grave, un signal prémonitoire très grave, parce que ça veut dire qu'en désarmant la police, on la rend plus vulnérable. Et donc on encourage ceux qui veulent en finir avec la police. Or le problème majeur aujourd'hui qu'Emmanuel Macron devrait... connaître et résoudre. C'est le problème de la légitime défense des policiers. Parce qu'un policier, quand il part de chez lui le matin, il sait qu'il prend trois risques. Le risque de donner la mort, parce qu'à ce moment-là, il va finir en garde à vue, même si c'est pour se défendre. Le risque de perdre la vie. parce qu'il ne peut pas se défendre, parce qu'il n'a plus de grenades assourdissantes, etc. Et enfin, le troisième risque, c'est le risque de perdre son boulot, parce qu'avec l'IGPN, il risque d'être licencié. Et donc, en fait, le policier vit avec un risque que... Aucun métier ne porte en lui-même. Et moi, je dis aux policiers, je vous admire, vous êtes magnifiques. Quand vous avancez, moi, je suis fils d'officier, frère d'officier, une famille de militaires. Ces gens-là payent l'impôt du sang.
Philippe de Villiers, voilà ce qu'on pouvait dire sur les émeutes. L'autre événement, il est littéraire et on l'avait un peu abordé la semaine dernière, mais très brièvement. Cette fois-ci, il est dans tous les kiosques. Philippe de Villiers, Résurrection, le retour de la France éternelle. Dans cet ouvrage, qui est le nouveau livre best-seller aux éditions Fayard, vous racontez que la France millénaire est entrée en dormition. Que voulez-vous dire par là ? Je
veux dire par là que la France millénaire était portée jusqu'à ces temps-ci par des pierres d'angle qui ont cédé. La première pierre d'angle, c'était l'idée du temps long. On avait un état du temps long. avec le double lien entre le pouvoir et le sacré, pour favoriser une obéissance d'assentiment, entre le pouvoir et la famille, pour favoriser une lutte constante contre le caprice, l'argent ou l'intrigue. Tout ça a disparu. On avait une société du temps long. La société était une famille de familles qui n'est pas née de l'État, elle est née avant l'État et donc qui allait échapper à ce qu'on appelle aujourd'hui l'État Léviathan. Et elle vivait à l'abri des provinces privates et légèses. Et puis il y avait une diplomatie du temps long qui a été formalisée par Richelieu, c'est-à-dire la lutte contre toute forme d'empire universel et l'intérêt national. Aujourd'hui, qu'est-ce qu'on a ? On a un état du temps court, on a une société de l'instant et on a une diplomatie du caprice. Ensuite, la deuxième pierre d'angle, c'était la matrice anthropologique. Il y a un philosophe italien qui s'appelle Vico qui a dit récemment une chose très juste. Toutes les sociétés, toutes les nations, qu'elles soient barbares ou civilisées, ont pratiqué la religion, une religion. On pratiquait le mariage pour la natalité, pour l'avenir par les enfants, et on pratiquait l'ensevelissement. Aujourd'hui, ces trois éléments ont disparu. Puisqu'on préfère à 60% en France à l'inhumation, la crémation. Il n'y a plus de mariage, il n'y a plus de natalité, no kids. Je fais ce que je veux de mon corps. Et il n'y a plus de religion, ou presque plus. En tout cas, la religion n'est plus structurante. Et puis le dernier élément, c'était le récit fondateur. C'est la première fois dans l'histoire des hommes, c'est la première fois dans l'histoire des civilisations qu'un pays tente de vivre sans récit fondateur. Le récit fondateur, il a été tué trois fois par l'école des Annales en 1920. qui a préféré la statistique à l'épopée. Il a été tué ensuite par les marxistes à partir de 1945. Et enfin, dernier coup, René Abbey, c'est devenu une discipline d'éveil. L'histoire est devenue une discipline d'éveil. Et c'est Giscard qui, le 27 mai 1974, je m'en souviens très bien, parce que j'ai parlé avec lui, je raconte ça dans mon livre. Je lui ai dit, pourquoi vous avez dit le 27 mai 1974, aujourd'hui vient le temps de la page blanche ? C'est quoi la page blanche ? Il dit, on va tout refaire. En fait, il pensait à l'Europe. Et donc, en fait, la page blanche, ça veut dire qu'il n'y a plus de récit fondateur à transmettre. Et il est évident qu'à partir du moment où il n'y a plus l'idée du temps long, la matrice anthropologique et le récit fondateur, le pays s'écroule, puisqu'il n'y a plus de lien social. J'offre le jeune.
Alors Philippe, vous avez un autre chapitre avec une autre question. Attendez,
j'ajoute quelque chose qui m'a beaucoup frappé, que je raconte dans mon livre, c'est le 30 janvier 1806. Le marquis de Sade rédige son testament. Et il ajoute une précaution particulière, inouïe à l'époque. Il dit qu'il veut être enterré sans cérémonie, dans un taillis et sans pierre tombale. En fait, on bascule d'un monde à l'autre. C'est-à-dire qu'on ne cherche plus à reposer, mais à disparaître, à s'effacer. Or, toute société est une mise en perspective. Quand il n'y a plus la mise en perspective, il n'y a plus la société. Pardon.
vous demandez dans votre livre si la Nouvelle-France n'est pas en train de tabulariser l'ancienne France. Qu'est-ce que ça veut dire
Ça veut dire qu'en fait, le concept de Nouvelle-France que j'ai étudié en long et en large, longuement, depuis plusieurs mois, le concept de Nouvelle-France a un point d'aboutissement. avec un système cohérent qui repose sur une philosophie de l'homme, philosophie de l'histoire et une stratégie. La philosophie de l'homme, c'est l'idée qu'on est sur trois négations solidaires. D'abord, il n'y a pas de nature humaine fixe. Ensuite, il n'y a pas d'identité nationale substantielle. Et enfin, il n'y a pas de culture légitime à transmettre. Ensuite, philosophie de l'histoire, philosophie de l'histoire qui s'appuie sur le capitalisme comme agent nécessaire, dissolvant. Depuis 1958, dit Mélenchon, le capitalisme a fait son travail puisqu'il a apporté la migration massive. l'individualisation massive et la métropolisation massive. Il a fait son travail parce qu'il a fabriqué un nouveau peuple, jeune, métissé, interconnecté, déraciné, etc. Il a fait son travail parce qu'il a coupé l'homme contemporain de ses... de tous ces liens, ces appartenances, ces appartenances locales, nationales et morales. Et enfin, la stratégie, c'est la créolisation. Ce que propose Mélenchon, c'est la créolisation de la France par le mélangisme invasif. Il va chercher ça chez Édouard Glissant, le poète, philosophe martiniquais, qui explique que... ce qui a été le modèle historique des sociétés esclavagistes des Antilles, avec des individus qui ont été arrachés à toutes leurs appartenances, à toutes leurs attaches, et qui ont inventé une nouvelle culture. Et il dit que c'est ça qu'il faut faire en France, parce qu'en fait, il faut faire comme l'esclave antillais. qui est libérée de ses chaînes, s'est libérée. de toutes les contraintes culturelles et à inventer une nouvelle culture. C'est ça que propose Mélenchon. Donc c'est la fin de la France. Vous
parlez de la fin de la France, mais vous dites également, et vous présentez, et c'est le chien d'Avalanche qui parle, que la Nouvelle-France va succomber dans cet ouvrage absolument passionnant, que la Nouvelle-France va succomber à ses contradictions. Qu'est-ce que ça veut dire, Philippe de Villiers ?
Elle va succomber à deux contradictions. La première, c'est le parasitisme de Couvet. J'emprunte le mot à... de Mme Bergeau-Blacler, qui a appliqué ça à ce qui s'est passé à Roubaix. Et ensuite, elle va succomber au racisme intersectionnel. Alors, un mot sur le premier point, la première cause mortelle, c'est qu'en fait, le parasitisme de Couvet, ça veut dire qu'en fait... Ça ne tiendra pas entre le wokisme et l'islamisme. Ça ne tiendra pas parce qu'il se passera en France ce qui s'est passé en Iran. En Iran, il y a eu le parti Today qui a accompagné Comédie. Le parti Today, c'est le parti communiste pro-soviétique. Et ils étaient comme ça, main dans la main. Ils sont arrivés au pouvoir et quelques jours après, Khomeini les a liquidés, il les a pendus. Et c'est ce qui se passera. Parce qu'entre l'islam et le petit Mélenchon, l'enfant de cœur, il n'y a pas de discussion possible à terme. Il sera liquidé. Parce que l'islam, c'est une religion forte et que le Waukistan, c'est rien du tout, en fait. Et puis la deuxième raison, la deuxième cause mortelle, on la trouve dans une expression utilisée par Rima Hassan qui s'est adressée à Mathilde Panot en disant « le temps du porte-parole là est fini ». Ça veut dire qu'en fait, on le sent déjà, Bakayoko qui place ses pions, derrière Mélenchon, il y a ce qu'ils appellent entre eux les racisés et les racistes. Et vous savez l'expression de Mélenchon quand il dit « tout blanc, tout moche », ça pourrait bien s'appliquer à lui et à ses amis. à l'intérieur même de la Nouvelle-France. En d'autres termes, la Nouvelle-France succombera au conflit intersectionnel entre les racisés et les
racistes. Il nous reste quelques minutes, Philippe Devilliers, six minutes exactement, et je veux vraiment qu'on arrive à vous poser les deux dernières questions. Dernière question sur le livre, Philippe Devilliers.
Alors, on serait moqué de vous un peu, Philippe, avec Elliot, ces dernières semaines. C'est le grand optimiste. Parce que voilà, vous avez une note optimiste dans ce livre, et vous annoncez le retour de la France éternelle. Pourquoi ? Parce qu'il va y avoir un retour
à la vie. Et le retour à la vie, il va passer par la fin de l'éclipse de la conscience nationale. La fin de cette éclipse, ça veut dire le retour de l'intérêt national. L'intérêt national, ça veut dire la sécurité nationale. La frontière, la remigration, etc. L'intérêt national, ça veut dire réserver l'argent des Français pour les Français. Donc l'Ukraine, c'est pas la France. Désolé. L'intérêt national, ça veut dire garantir une paysannerie prospère. L'intérêt national, ça veut dire le blé, les légumes, les fruits de France et non pas la volaille ukrainienne ou l'agrochimie du Berkosur. qui empoisonne nos assiettes. L'international, ça veut dire préserver l'industrie française pour que la France ne devienne pas une colonie technologique américaine ou industrielle chinoise. L'international passe par l'indépendance nationale, qui passe par le retour de la souveraineté. Et c'est ça qui va se produire. L'incident franco-allemand sur le char du futur, il faut le suivre de très près. Ça y est, le couple franco-allemand fait chambre à barre. Et ça, c'est mauvais signe. Parce que c'est toute l'Europe qui va décamper. L'intérêt national, ça veut dire qu'il faut refaire de la France un espace de production et non pas un marché de consommateur. Ça, c'est la première chose. Ensuite, le retour de la vie, c'est-à-dire le retour de la civilisation française. Avec une société qui respire. C'est-à-dire avec des prélèvements qui tombent à 40%. Une société qui respire, c'est-à-dire qu'on refait des tissus conjonctifs, des capillarités créatives. Une société qui échappe à l'état léviathan. Et enfin, un récit fondateur qui retrouve cette idée que la France est un rêve tramé dans l'étoffe des songes. Et ce que je vous dis, c'est la chose suivante. Ne vous inquiétez pas, la France est un vieux pays, un très vieux pays, un pays spirituel, un pays métaphysique, qui n'est pas simplement une enveloppe physique, mais qui tient un mystère de continuité. Les vieux pays, quand un pays est très vieux, il va chercher dans le miroir de ses anciennes sagesses une force insoupçonnable pour se relever. Et je le sens physiquement, cette énigme des sédimentations invisibles qui sont des recharges d'énergie et qui font qu'en chaque petit Français, sommeille, survie, vit, murmure un Français millénaire qui entretient le courage et les anciennes filiations. Et voici que bientôt se lèvera le Français. des hautes nefs
immémoriales. Et parce qu'on a commencé sur les émeutes, on va terminer sur les émeutes, et justement cette France éternelle, peut-être qu'elle en est une porte-parole. Et vous souhaitez vous adresser aux jeunes lycéens. Je vais vous parler d'une personnalité publique de 22 ans. Elle s'appelle Louise d'Aragon. Elle est déléguée nationale de l'Uni. Elle a porté une parole qui n'était pas ou peu entendue dans les médias ces dernières années, lorsqu'il y avait des émeutes, lorsque les policiers étaient attaqués. Et elle a peut-être dit tout haut ce que des dizaines de millions de Français pensent tout bas. Écoutez Louise.
Vous dites que je souffle un peu sur les braises en attendant, moi j'asperge pas mes professeurs d'essence. Mais très bien pour vous, très bien. Et vous déresponsabilisez ce qu'ils font en disant, mais on sait pas ce qui s'est passé, qu'est-ce qu'ils ont vécu. Rien ne justifie d'asperger son prof d'essence. C'est clair et net. Vous me traitez d'égoïste. En fait, vous êtes une minorité extrêmement bruyante. Il y a beaucoup plus de lycéens qui ont simplement envie d'étudier et qui n'ont pas envie d'être bloqués, qui pourtant... portent vos revendications, mais vous vous sentez tellement puissant que vous oubliez même que bloquer des établissements scolaires entiers, c'est illégal. Vous êtes dans l'illégalité la plus totale. Donc arrêtez de nous dire que nous, nous, ceux qui nous faisons les fervents défenseurs de l'ordre, on est égoïste, parce que nous, on défend ceux qui veulent aller travailler, ceux qui croient encore au goût de l'effort, au goût du mérite, au goût de l'excellence, que vous leur arrachez, excusez-moi. Là, vous allez me dire, mais c'est pas grave, on a les courants distanciels, mais vous qui vous faites encore... le porte-parole de la banlieue. Comment est-ce qu'ils font en banlieue pour suivre leur cours en distanciel quand ils ont des tout petits appartements, qu'il y a tous les petits frères, les petites sœurs ?
Louise Montangon, pardonnez-moi.
Elle vous surprend, Louise ? Non, pas du tout, mais j'ai imaginé cet été en écrivant ce livre qu'il y aurait des minorités salvatrices. On n'a pas le temps d'en parler, mais il y a des Louise qui se lèvent et qui, en fait, cassent la baraque ou plutôt rétablissent les murs porteurs de la maison. Moi, je voudrais m'adresser à tous les lycéens et leur dire ceci. Si vous voulez sauver votre vie, La préparer aux visions larges qui guettent les sagesses enfouies. Alors, retrouvez et développez en vous l'esprit critique. Ne suivez pas ceux qui se sont toujours trompés. N'écoutez pas les bonimenteurs qui ont détruit l'école, son exigence, son excellence. Ne prêtez aucune attention à ces faiseurs de paroles molles, à ces taureaux aux cornes de limaçon, à ces demi-voûtés aux épaules de serpents qui vous inondent et vous séduisent de leurs venins, qui se prennent pour des révolutionnaires et qui en fait recyclent en vous leurs amertumes. Ils vous conduisent à l'abîme. Pratiquez, apprenez à pratiquer chaque jour davantage la gratitude. À la manière de Camus, qui le jour où il reçoit le prix Nobel de littérature, prend la plume et écrit une lettre magnifique à son instituteur, Louis Germain, pour le remercier, lui dire sa reconnaissance de ce qu'il a reçu. Et enfin, je leur dirai ceci à tous les lycéens, faites grandir en vous la faculté d'émerveillement. Allez chercher la France là où elle existe encore, la France des grandeurs cachées. N'oubliez jamais que la France immémoriale est un être vivant et qu'il faut apprendre à voyager dans son âme.
Résurrection, le retour de la France éternelle, le retour de Philippe Devilliers aussi dans les kiosques, puisque vous pouvez désormais le découvrir et l'acheter, le lire, bien sûr, aux éditions Fayard. Philippe Devilliers, à la semaine prochaine. À la semaine prochaine. Geoffroy Lejeune, merci. Merci. À la semaine prochaine également. Et nous, on se retrouve, chers téléspectateurs, dans quelques secondes pour l'heure des pros week-end. À tout de suite.
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