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Bonjour, bienvenue dans Politiquement Ferme. Nous recevons Edouard Philippe, président d'Horizon, candidat à l'élection présidentielle. Bonjour Edouard Philippe. Bonjour. Merci de prendre un peu de temps pour venir sur le plateau du comptoir des éleveurs. Alors je vais vous proposer un petit tour de champ médiatique avec un premier article pris sur le site réussir.fr sur la question de la souveraineté alimentaire. bien, mais peut mieux faire. Alors tous les candidats parlent de souveraineté alimentaire. Mais alors concrètement, qu'est-ce qui vous différencie
'abord, je pense que vous faites référence à un article où la Cour des comptes, à terme d'un rapport, dit que la France fait bien, mais pourrait mieux faire en matière de souveraineté alimentaire. Je crois que c'est vrai. Encore faut-il savoir ce qu'on veut dire quand on parle de souveraineté alimentaire. Je me méfie des mots qui sont beaucoup utilisés dans le débat public sans qu'on prenne le temps de les définir. Qu'est-ce que ça veut dire la souveraineté alimentaire ? Est-ce que ça veut dire produire tout ce que nous mangeons ? Je ne crois pas. La souveraineté alimentaire, c'est maîtriser suffisamment les dépendances que nous avons pour être garantis qu'en cas d'accident, nous conservons la maîtrise de notre filière agricole et de notre filière alimentaire. C'est ça qui compte. Ça ne veut pas dire produire tout en France, mais ça veut dire ne pas se dessaisir de la capacité que nous avons à nourrir notre population. Et de fait, nous pouvons mieux faire. Il y a bien des domaines dans lesquels nous ne maîtrisons plus véritablement nos chaînes d'approvisionnement. C'est le cas, alors je sais qu'ici on est à Cournon et qu'on est là pour le sommet de l'élevage, mais c'est le cas notamment en matière de poissons. en matière de pêche. L'essentiel maintenant de ce que nous mangeons dans nos assiettes est pêcher ailleurs parce que nous avons subi un choc de compétitivité négatif, pour le dire comme le disent les économistes, c'est-à-dire que grosso modo, pêcher en France devient souvent trop cher et qu'on n'arrive pas à fournir la demande française. Et c'est vrai dans bien des domaines. Notre capacité à conquérir des marchés, notre capacité à satisfaire les besoins français est de plus en plus contestée dans bien des domaines. Et ça, ce n'est pas très satisfaisant. Alors qu'est-ce qu'il faut faire ? Il faut toujours partir du principe que produire, c'est une activité économique. Et que si on veut produire durablement, si on veut maîtriser ses chaînes d'approvisionnement, il faut être compétitif, comme dans tous les domaines. C'est vrai pour l'agriculture, comme c'est vrai pour l'industrie. Et il faut donc donner un choc de compétitivité à l'agriculture française. Et je pense qu'une des meilleures façons... C'est de veiller à ce qu'il n'y ait aucune disposition réglementaire ou législative qui s'applique à l'agriculture française qui ne soit pas comparable à celle qui s'applique dans les pays avec lesquels la compétition pour la France est la plus féroce, c'est-à-dire les pays d'Europe. Parce que contrairement à ce que pensent beaucoup de gens, on a certes un marché unique, on a certes une Europe agricole, mais on a des réglementations qui sont incroyablement différentes d'un pays à l'autre, souvent parce qu'elles sont décidées par chacun des pays en cause, et qu'en France, on a beaucoup trop produit de normes, d'obligations, de contraintes au système agricole par rapport à ce que font nos concurrents en Italie, en Espagne ou en Allemagne, pour ne rien dire de la Pologne.
Donc on supprime des normes ou on intensifie les clauses miroirs ?
On veille à ce que nous appliquions, s'agissant de l'agriculture française, des normes qui soient dans tous les domaines le plus possible comparables à ce qui se fait, non pas à l'autre bout du monde. à ce qui se fait en Italie, en Allemagne, en Pologne, dans l'Union européenne. C'est là que le décalage se fait. Bien sûr, on subit parfois la compétition de pays qui sont bien plus lointains. On dit dans le cadre de l'accord avec le Canada, le Canada. On dit demain le Mercosur. Mais la vraie compétition de l'agriculture française, ce n'est pas le Brésil, ce n'est pas le Canada. C'est l'Italie, c'est l'Allemagne, c'est la Pologne, c'est l'Espagne. Et c'est là qu'il faut veiller à ce que les normes soient cohérentes et comparables. Et ça n'est pas le cas. Et on le sait bien, que ce soit pour des raisons liées à l'environnement ou des raisons liées au droit du travail. On a en France les pires difficultés à faire pousser des noisettes que nous importons sans aucune difficulté de l'Italie avec des normes sanitaires qui sont différentes en Italie. Je ne vois pas où est le bénéfice.
Alors on voit avec ce nouvel ordre mondial des grandes tensions sur les matières premières, manger c'est un besoin évidemment essentiel. Est-ce qu'on pourrait imaginer, envisager un ministère de la souveraineté alimentaire qui serait un ministère régalien ? C'est quand même un besoin extrêmement
important. Je pense qu'on a un ministère de l'agriculture et avant d'en inventer un autre, je préférais qu'on soit extrêmement à l'aise avec la façon dont fonctionne l'actuel. La question de la souveraineté alimentaire, elle se pose. Mais au fond, elle se pose. Et la meilleure façon d'y répondre, c'est d'améliorer la compétitivité de la ferme France. Deux, d'accompagner la Ferme France dans la transition qu'elle va obligatoirement connaître compte tenu du vieillissement démographique, compte tenu de la transition climatique. Et trois, veiller à ce qu'on puisse produire et produire de façon rentable en France avec le souci de la qualité qui a toujours caractérisé les agriculteurs français.
je vous propose un deuxième article, il est question d'assurance récolte. Alors là on part de la création du pôle de réassurance de nouveau retardé. On voit quand même quelques difficultés sur la question de l'assurance récolte. 80% des agriculteurs ne sont pas assurés. On a vu avec la sécheresse des gros problèmes de fourrage, des grosses pénuries, des difficultés qu'auront les éleveurs pour nourrir leurs animaux. Qu'est-ce que vous proposez ? Qu'est-ce qu'on change ? Est-ce qu'on revient à un système ? beaucoup plus contrôlé par l'état de calamité agricole sans assureur privé. Qu'est ce que vous proposez
? Moi j'aime bien la logique de l'assurance récolte mais elle ne pourra s'imposer que si l'assurance récolte fonctionne bien et ce que me disent beaucoup d'agriculteurs que je rencontre c'est qu'aujourd'hui ils ne trouvent pas nécessairement leur compte dans la façon dont l'assurance récolte fonctionne. Ça peut être différent en fonction des productions. Mais globalement, c'est ce qu'ils me disent. Et donc, se pose parfois la question de savoir s'il faut la rendre obligatoire. Avant de la rendre obligatoire, il faut faire en sorte qu'elle convainque les agriculteurs qui, sur le fond, sont assez traditionnellement ouverts à la question de la mutualisation. Qu'est-ce que c'est une assurance récolte ? Au fond, c'est une mutualisation entre tous les agriculteurs afin de lisser le risque dans le temps. C'est quelque chose que le monde agricole connaît intimement, que le monde agricole a développé dans bien des domaines. Donc je ne crois pas qu'il y ait une réticence de fond au système de l'assurance récolte. Je pense qu'il y a une insatisfaction de la façon dont elle fonctionne. On sait qu'aujourd'hui elle est largement financée par l'Union Européenne. Je pense qu'il faut donc veiller à améliorer le dispositif et que si on l'améliore, il sera assez facile de l'élargir et que ce sera un bon dispositif.
avant de conclure cette émission, je vous propose les trois points. Les trois points, le jingle, c'est parti. Campagne présidentielle oblige. On se projette sur vos 100 premiers jours, si vous êtes élu président, sur vos 100 premiers jours à la présidence de la République. Quelles seraient vos trois premières mesures pour l'agriculture
'ai indiqué que juste après l'élection présidentielle, il y aura la nomination d'un gouvernement, puis la dissolution de l'Assemblée nationale. Et que dès que la nouvelle Assemblée nationale aura été réunie, je lui proposerai une vingtaine de textes qui prendront la forme d'ordonnances, qui seront discutés pendant le mois de juillet à l'Assemblée nationale, de façon à pouvoir entrer en vigueur à partir de l'automne. Un de ces textes concernera nécessairement l'agriculture. Et dans ce texte, je veux qu'il y ait trois points prioritaires. Le premier c'est ce que je disais s'agissant de la compétitivité, c'est-à-dire le fait de mettre en place des verrous qui interdisent, en tout cas qui évitent qu'on ait un niveau de réglementation supplémentaire par rapport à ce qui se fait en Europe. Le deuxième point, il est essentiel, concerne l'eau. Je suis intimement convaincu qu'on a besoin de mieux stocker l'eau, de mieux l'utiliser. et de mieux la réutiliser. Or, cette question du stockage de l'eau et de l'utilisation de l'eau, elle est devenue quasiment idéologique. Elle est presque religieuse aujourd'hui dans notre pays. Elle donne lieu à des affrontements qui sont extrêmement violents et à une polarisation politique qui me paraît totalement disproportionnée. Il n'y a pas d'agriculture sans eau. Il n'y a pas de nation française sans agriculture. Donc on a besoin de stocker l'eau quand elle tombe. Évidemment pas d'aller la chercher dans les nappes pour ensuite la stocker et l'utiliser en dépit du mon sens, d'ailleurs parce que demandent les agriculteurs. Mais lorsqu'elle tombe du ciel, c'est le cas de le dire, ne pas la stocker aujourd'hui, c'est une erreur. Il faut donc pouvoir la stocker avec des réservoirs multi-usages, avec des retenues collinaires, avec des mares, et faire en sorte qu'on puisse, là où c'est possible, et c'est possible dans beaucoup d'endroits. préserver l'agriculture en préservant l'eau. Et ça, on a besoin de changer le droit et on a besoin de changer les procédures administratives et j'y suis extrêmement déterminant. Et puis il y a un troisième sujet, je le disais, c'est l'accompagnement de la formation et de la transmission des exploitations. Il va y avoir un énorme mouvement dans les années qui viennent de transmission d'exploitation. Il faut l'organiser, il faut l'accompagner pour que ceux qui ont envie de s'investir, ceux qui ont envie de devenir agriculteurs puissent le faire dans de bonnes conditions.
Merci beaucoup, Edouard Philippe, d'avoir pris du temps pour venir vous exprimer sur le plateau du compteur des éleveurs. Je sais que votre temps est compté. Le débat est lancé. Il se poursuit en ligne. On commente les vidéos, on débat, on échange, on discute. Et à bientôt pour un nouveau Politiquement Ferme.
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