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La matinale de Radio Classique avec David
Abiker. Et Géraldine Voissner, éditorialiste et rédactrice en chef au point. Et Jean-Marie Colombani que vous retrouverez demain dans l'émission Commentaires avec Jean-Claude Casanova. Bienvenue à tous les deux. Bonjour, bonjour. Mes amis, nous allons commencer par écouter Edouard Philippe qui nous parle de l'identité française.
Brodel disait que la France se nomme diversité. Premier chapitre de l'identité de la France. Vous connaissez ce livre extraordinaire. La France, elle a une identité. Elle a un art de vivre, elle a une histoire, elle a une culture, elle a des paysages, elle a des alexandrins, elle a une littérature, elle a des chansons, elle a des plats, elle a une façon de vivre. La France est ce pays où on est autour de la table, en famille ou avec des amis, et on s'engueule autour de la politique.
il a lâché les chevaux, Edouard Philippe. Il
a enfin révélé le fond de sa personne et de ce qu'il pense. C'est quelqu'un à qui on reproche beaucoup d'être techno, d'être rigide, d'être assez difficilement accessible, et qui là, livre sa vision des choses de façon très sincère et très forte. toute l'émission était marquée au saut du sérieux. Il a fait une prestation sérieuse. Il est sérieuse, il est sérieux, et je pense qu'il a raison de miser sur le sérieux, parce que ce dont on parle aujourd'hui, il n'y a que des affaires graves. Donc, il a raison de ce point de vue-là. Mais là, il a livré une part de sa personnalité qui était réputée être à distance, techno, etc. Donc, c'était un démenti à tout cela.
J'ai un livre, c'est parce qu'on est allé le chercher en comparant avec Alain Juppé, parce qu'il est sans arrêt comparé avec Alain Juppé. ou alors rattachés à Emmanuel Macron, donc les journalistes font leur travail. Et au-delà de ça, il a été effectivement très précis sur ses propositions.
Alors, il a été précis sur ses propositions. C'est heureux parce qu'on a le sentiment, depuis plusieurs mois, on parle de lui comme favori, d'une manière un petit peu éterrée, parce qu'il fait ses favoris des sondages, mais il fallait qu'il ancre un petit peu ses propositions. Il l'a fait récemment sur les retraites. Là, on voyait certaines choses très travaillées, notamment sur la politique familiale. Ce n'est pas étonnant parce qu'un député du horizon, M. Patrielatus, a fait un très long travail avec une commission d'enquête sur les causes, les raisons de la dénatalité, de la chute démographique. De ce rapport étaient issus les propositions que Edouard Philippe a énoncées hier à reprise. Et là, on voit que c'est très travaillé, c'est très structuré. Ça l'est beaucoup moins sur certains autres. aspects, notamment sur l'immigration. Alors, ce qu'il a dit, on comprend le désir de fermeté dans l'affichage, réduire par deux le nombre d'entrées légales, mais sans toucher aux étudiants, c'est 30% de l'immigration, sans toucher à l'immigration de travail, on est déjà là presque à la moitié. Ce qui reste, c'est l'immigration familiale. Et il dit, mais moi, je ne veux pas toucher la Constitution. Donc là, on voit qu'il n'a pas assez travaillé. Il y a encore du boulot.
Pourquoi il n'a pas assez travaillé ? Parce
que ce n'est pas faisable.
Dire qu'il n'a pas assez travaillé... Parce qu'il ne s'aligne pas sur le programme le plus extrême. Non, mais on ne peut pas faire une promesse qui est irréalisable. Donc là, il est tel qu'il est, c'est-à-dire que c'est une droite, en effet, il est de droite, mais c'est une droite raisonnable, c'est une droite modérée, ce n'est pas l'excitation des extrêmes, et notamment de l'extrême droite, c'est ça qui est chez lui. Il ne peut pas dire, je vais réduire par deux l'immigration
légale avec ce qu'il a dit, c'est juste pas possible. Il faut juste changer le discours dans ce cas-là.
Moi, ce que j'ai trouvé, c'est que c'est quelqu'un... Au fond, ça fait deux ans qu'il est en campagne. Et au bout de ces deux ans de campagne, rien n'accroche vraiment. Il n'y a pas de marqueur qui fasse qu'on dise qu'on associe Edouard Philippe à ceci ou à cela. Et donc là, ce qu'il a essayé de faire, c'est de montrer qu'il couvrait un peu tous les sujets et qu'il n'y a peut-être pas de marqueur genre l'impôt sur la fortune ou j'abolirais la peine de mort. un travail sérieux sur l'ensemble des questions qui sont posées aux candidats aujourd'hui et au pays aujourd'hui. Il l'a dit à un moment d'ailleurs, il a dit mais on parle de choses graves, on est dans une situation grave et sérieuse. Donc je pense qu'il a raison d'afficher ce sérieux précisément et toute l'émission a été pour lui l'occasion de le démontrer. Y compris avec le passage que vous citiez sur l'identité. Et d'ailleurs ça n'est pas anodin de commencer par Brodel en disant l'identité c'est... française, c'est la diversité. Ça, c'est un point clé, je pense, qu'il éloignera des extrêmes et qu'il éloigne définitivement des extrêmes.
Géraldine Vosner, hypothèse de travail, une fois élu, puisqu'il fait le choix du sérieux, de la raison et du redressement, une fois élu, vous pensez qu'il fera comme les autres ? Il lâchera du lest ou au contraire qu'il va tenir sur, je ne dirais pas le sang et les larmes, mais sur le redressement
? Je ne lis pas les reins et les cœurs, j'en sais rien, écoutez. Mais là, je rejoins... Jean-Marie, il adopte une posture de responsabilité qui manque encore dans le débat de cette campagne présidentielle, de responsabilité budgétaire, de responsabilité à l'égard des générations futures. Tout son discours sur l'identité, sur la politique familiale, c'est un discours qui imprègne parce qu'il nous reconnecte avec des générations qu'on oublie un petit peu quand on parle typiquement dans le débat sur les retraites. Donc moi, je pense que ça peut être un discours fédérateur. Maintenant, comme je le dis, il reste beaucoup de points à préciser. Et il se positionnera, voilà, pour l'instant, il se positionne par rapport à des extrêmes et à une situation telle qu'elle est. Quelle sera la situation en décembre, en janvier ? C'est difficile à dire encore. On marque une courte pause et on parle de la...
140 000 votants pour la primaire de la gauche sociale démocrate. Ils ont commencé d'ailleurs à voter ce matin sur Internet. Ça va se poursuivre jusqu'à dimanche. Est-ce que ce débat des primaires a clarifié les choses ? Est-ce qu'il a été démocratiquement utile, Géraldine Wassner ?
Alors ! Il a été regardé. Il faut regarder déjà les chiffres. Il y a eu pas mal de téléspectateurs, plusieurs millions sur les télévisions. Donc il a été suivi. Moi, je n'ai pas trouvé qu'il volait très haut. Ça a été souvent de la petite phrase, beaucoup d'attaques, d'attaques personnelles. Rien n'a émergé sur le fond. Beaucoup de bastons, peu de propositions. Moi, je suis incapable de vous dire à brûle pour point ce qui distingue les grands traits programmatiques. les uns et les autres. Je ne le sais pas, c'est flou. Alors, peut-être que ceux qui se sont inscrits pour voter à cette primaire ont une idée plus claire, mais même là, c'est difficile de faire des pronostics parce qu'on peut retracer les adhérents de place publique, les adhérents du Parti Socialiste, mais il n'y a pas loin de 90 000, 100 000 personnes qui sont inscrits. On ne sait pas d'où ils viennent, on ne sait pas ce qu'ils vont voter. Donc, je pense que c'est très, très ouvert.
Alors, il y a une présomption d'inscription dans les grandes villes. Donc si ça se vérifie, c'est un peu une prime à Glucksmann. Parce qu'il avait montré au moment des élections européennes qu'il était assez fort dans ces zones-là. Et que si ce surplus de candidats, de votants, se révèle avoir cette origine, c'est une prime pour Raphaël Glucksmann. Et donc ça renforce son côté favori. Pour le moment, il reste favori. Par ailleurs, il y a eu des débats qui ont été en effet largement suivis, et qui étaient très déceptifs, parce que c'était vraiment des affrontements de personnes, c'était absurde, c'était vraiment pire qu'une cour de récré. Ils en sont toujours là, c'est affreux, compte tenu des circonstances. Vous pensez à quelqu'une ? Oui, je pense aussi à quelqu'une qui a représenté quelque chose il y a quelques années, mais qui aujourd'hui, vraiment, c'est affreux. C'est une fin triste pour quelqu'un qui a été leader comme cela. Et donc, en fait, de débat, il n'y en a pas eu. Parce qu'il y a une ligne de partage qui s'est vérifiée entre ceux qui, après la présidentielle, voudront faire alliance avec LFI et ceux qui s'y refusent absolument. Ceux qui s'y refusent absolument, c'est Glucksmann et quelques autres. Ceux qui voudraient persister dans l'alliance, c'est Olivier Faure. Ce sont les deux personnes qui vont être en duel. moment du décompte des voix.
Géraldine Vossner, il va y avoir un vainqueur de cette primaire, peut-être au premier tour, peut-être au deuxième. Ce qui pose la question de la solidarité des vaincus une fois qu'il faudra faire campagne derrière le vainqueur. Il
y a une vraie question parce que Jean-Marie vient de le dire, la ligne de démarcation elle est quand même très nette. Et d'ailleurs tout le débat s'est fait autour de ça. Est-ce que... on rejoint la France Insoumise et la plateforme commune, ou est-ce qu'on s'en distingue, y compris après ? Et même là, c'est clair pour personne, parce que le vrai débat de cette primaire, ce n'était pas tellement la présidentielle, c'est la législative qui va suivre. Est-ce qu'on s'accorde pour garder nos postes ? Et pour garder nos postes, il faudra un accord avec la France Insoumise. Donc cette primaire n'a pas permis de... réellement régler cette question et on ne sait pas vraiment ce que feront les uns et les autres. L'autre problème, encore une fois, c'est sur le programme, on ne comprend pas nettement ce qui distingue les programmes des uns et des autres du programme de la France nationale. Une dernière question
pour terminer, Jean-Marie Colombani. Quelle est la légitimité la plus forte ? à gauche au terme de cette primaire, ce sera celle de son vainqueur ou ce sera celle de François Hollande qui dira « mais moi j'ai été président ».
Alors voilà, c'est toute la question. Moi je pense que le meilleur qu'ils aient en magasin à offrir au pays, c'est François Hollande. Ça c'est vous qui dites ça ? Je suis très très minoritaire. C'est votre avis ? Très minoritaire, mais c'est mon avis. Mais on verra s'il y a un petit espace qui se crée. Et Géraldine est d'accord ? Bah oui, après ce débat,
oui.
Après, on ne sait pas. Simplement, Glucksmann, on voit bien qu'il lui manque un côté politique. qu'il a un côté naïveté malgré tout, un côté un peu angélique, si j'ose dire, qui le dessert et qui le desservira dans les batailles à venir.
Mes amis, puisque visiblement les anciens ont du mérite pour vous, on va retrouver Pierre Arditi lisant ce poème de Victor Hugo, Le Vieillard. Ça remplacera la séquence musicale habituelle de la fin d'Esprit Libre. Je vous remercie et je vous dis à la semaine prochaine.
vieillard chaque jour, dans plus d'ombre, s'éveille. À chaque aube, il est mort, un peu plus que la veille. La vie humaine, ce nœud, ville, se défait lentement, rongé par la mêlée. Le sombre oiseau, lié, veut prendre sa volée et casse chaque jour un fil. Ô front blanc qu'envahit la grande nuit tombante, meurs ! Tour à tour, ta voix, ta force succombante, ton œil où décroît l'horizon, s'éteigne. Ce sera mon destin et le vôtre, comme on voit se fermer le soir, l'une après l'autre, les fenêtres d'une maison.
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