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Justement, sensibiliser, informer, c'est ce que la ministre de la Défense, Catherine Vautrin, a justement tenté de faire auprès des députés en France, en leur expliquant exactement ce que vous expliquez, c'est-à-dire que la menace russe, elle est bien réelle en Europe, elle est bien réelle chez nous en France. Écoutez la ministre de la Défense.
intentions de la Russie ne souffrent d'aucune nuance, soumettre l'Ukraine et imposer aux Européens une nouvelle organisation de sécurité qui se ferait bien sûr à notre détriment. Alors que la Russie accroît sa production d'armement, militarise son économie, multiplie les actions hostiles contre nous, réduire cette guerre à un différent territorial serait probablement se tromper sur ses causes comme sur les conditions d'une paix durable.
les propos de la ministre sont... Inquiétant. Alors c'est vrai qu'elle essaye de faire passer une augmentation de son budget. Regardez, le budget, en tout cas pour 2027, le gouvernement prévoit une augmentation de 63,4 milliards d'euros pour les armées, soit une hausse de 11%. C'est ce que souhaite le gouvernement. Donc la question, c'est est-ce que le gouvernement se montre plus alarmiste et que Catherine Votrin essaye de mettre la pression sur les députés ou est-ce que c'est vraiment, on est vraiment dans cette menace qu'elle exprime ?
crois qu'il y a une prise de conscience très claire de la part des autorités françaises et surtout maintenant une forme de décomplexion vis-à-vis de la Russie, c'est-à-dire qu'on nomme véritablement le danger et l'adversaire. Pendant très longtemps, on a un peu tourné autour du pot, ça n'est plus le cas. Et maintenant que ce soit effectivement la ministre des Armées, on vient de l'entendre, mais aussi le chef d'état-major des armées, tous les responsables militaires. Et on en parlait à l'instant, le représentant français à l'OTAN. Donc il y a maintenant une sorte de convergence. Quasiment d'unanimité sur le fait que cette menace russe, ça n'est pas un fantasme, ça n'est pas une illusion et c'est quelque chose qui peut effectivement nous tomber dessus à tout moment. Donc il faut prendre les mesures nécessaires. Donc vous évoquiez cette demande de rallonge du budget de la défense. Je crois que ça ne sera pas particulièrement inutile. Après, il faut savoir si on est sur le bon schéma. Pour ce qui est de l'armement, c'est-à-dire que là on a vu par exemple ces dernières heures l'abandon du projet franco-allemand de chars du futur. Est-ce que vraiment, et nous on va conserver en fait cette stratégie militaire parce qu'on a quand même une industrie de défense avec des temps de réaction qui sont extrêmement longs, est-ce qu'on s'adapte vraiment à la menace ? Ça c'est une vraie question. Alors,
vous voyez à l'image, que ne soyez pas surpris, effectivement, c'est aussi l'actualité de ce jour. C'est le ministre de l'Éducation nationale qui est actuellement en visite dans un établissement à Cachan. Nous y reviendrons dans la deuxième partie de notre émission, évidemment. Vous vouliez ajouter quelque chose ?
Moi, je reviens d'un séminaire organisé par la Fondation de la Méditerranée de la Recherche Stratégique qui vient de se dérouler. Franchement, tous les militaires présents. Tous les militaires présents font le même constat effectivement sur la menace dans l'amiral Vanier. En particulier, ils disent que, et des experts disent aux militaires, il faut se remonter les manches et casser toutes ces process de certification pour le char, pour le machin, pour le truc, qui prennent un temps de dingue alors qu'on est rentré, on a basculé dans une autre forme de guerre et il faut que la France et les pays européens... s'adaptent à cette nouvelle forme de guerre et surtout apprennent à... coopérer entre eux pour construire les armements du futur, mais vite, parce qu'on n'a plus de temps. Et moi, ce qui m'a beaucoup frappé, c'est cette inquiétude, et j'ai envie de dire, cette nécessité d'accélération que tous ressentaient. Et ils se disaient maintenant, il faut que l'armée et le privé collaborent. Ils citaient un exemple, dans des usines américaines qui fabriquent des voitures, elles sont prêtes. à switcher immédiatement pour fabriquer des patriotes. Des patriotes ! C'est-à-dire qu'ils fabriquent des armes qui sont adaptables à la limite, aujourd'hui, à la fabrication dans l'industrie privée. Où on en est ? On n'en est pas là.
Justement, avant de vous donner la parole sur cette pression qui est mise et cette communication de guerre, je voudrais qu'on voit ces images. C'était Emmanuel Macron qui a assisté en début de semaine à un premier tir d'exercice d'un missile intercontinental lancé depuis un sous-marin nucléaire lanceur d'engin au large du Finistère. On voit bien que nous aussi, nous faisons notre pub et c'est une réponse au Kremlin aussi. D'ailleurs, pardon. Avant de vous donner la parole, je sais que vous êtes impatient, Anthony. Je voudrais qu'on écoute la réponse du chef de la diplomatie russe à ces images d'Emmanuel Macron.
Nous nous employons à atteindre les objectifs fixés par le président dans le cadre de l'opération militaire spéciale visant à prévenir toute menace pesant sur la fédération de Russie de la part de nos voisins occidentaux.
Alors effectivement, les Russes prennent, le Kremlin en tout cas, prend une attitude un peu goguenarde, genre arrêtez d'avoir peur de nous. Et en même temps, on voit bien, alors Patricia nous disait qu'une opération comme celle auquel a assisté Emmanuel Macron, elle se prépare trois heures à l'avance. Trois ans à l'avance, parce qu'effectivement, c'est très long, c'est un exploit technologique.
Oui, c'est un exploit que réussissent très peu de nations, qui ont à la fois des sous-marins nucléaires et des missiles intercontinentaux. Moi, je trouve effectivement... atterrant que la France n'ait pas réussi à se mettre d'accord avec l'Allemagne, aussi bien sur l'avion que sur le char du futur. Ça veut dire qu'elle n'a
pas réussi, pardon, expliquez à nos spectateurs. Ça signifie
qu'il y a des programmes qui tentent à se développer partout en Europe, qui permettent de faire coopérer des armées entre elles, et que la France, superbement, n'a qu'une seule devise en tête, c'est ralliez-vous à mon panache blanc, point barre. Tout ça parce que nous avons l'arme nucléaire. Et que nous sommes très fiers d'être les seuls à avoir l'arme nucléaire. Nous allons la garder l'arme nucléaire. Et nous allons avoir nos petits armements, nos petites séries de chars. Je rappelle que nous n'avons plus que 200 chars le clair. On
ne veut pas faire une coopération avec les Allemands pour avoir plus d'armement, c'est ça ?
Je crois qu'on n'a toujours pas compris, on n'est toujours pas prêt. Regardez, l'avion franco-allemand qui a nécessité... Ça fait 10 ans qu'on en parle, ça se termine en catastrophe. Qu'ont fait les Britanniques ? En
catastrophe, ça veut dire qu'il ne va pas être
produit ? Il a été abandonné en race campagne, j'imagine la même chose pour le char du futur. Tout ça parce que j'imagine... les Britanniques immédiatement. Si on allait faire un petit coup de coude du côté de l'Allemagne, si vous avez besoin d'un avion du futur, venez avec des gens sérieux. Venez parler avec les Britanniques, les Italiens, les Japonais. Nous, on est en train de construire l'avion du futur et vous mettez un petit peu de sous, beaucoup de sous. Vous voulez rentrer ? Vous voulez aussi avoir le beurre, l'argent du beurre, le sourire de la crémière ? Vous voulez la totalité ? Pas de problème. Parce que l'Allemagne, c'est un puits sans fond, d'un point de vue de la capacité d'investissement et de l'armement. Je rappelle que la France, par ailleurs, se prive d'une industrie remarquable. L'industrie allemande, vous parlez d'industrie capable de passer de voiture à l'armement, est capable déjà de ça. Il y a un an de ça, l'industrie allemande s'est réunie autour du chancelier Merz pour se faire expliquer. qu'il fallait absolument que les industriels de la chirurgie, les industriels de l'automobile, les industriels de l'armement travaillent ensemble. Aujourd'hui c'est fait. Il y a 34 programmes militaires qui sont en ce moment en développement entre l'Allemagne et l'Ukraine. Il n'y en a que 14 côté français. 14. à peu près autant que l'Italie. Donc il y a un moment aussi où il va falloir qu'on repense notre superbe isolement et notre façon de regarder l'Europe, avec un certain mépris d'ailleurs, et qui risque de nous coûter très très cher. Parce que je rappelle que jusqu'à présent, on n'a pas développé un drone. On a juste développé un gros bousin qui va, peut-être éventuellement avec le Rafale, qui va venir et qui est capable de développer par Dassault. Est-ce qu'on a besoin d'un énorme drone qui soit aussi gros que le Rafale lui-même ? Et absolument rien, d'un peu agile, d'un peu intelligent, etc. J'ai dit absolument rien, j'exagère parce qu'il y a aussi des start-up en France, mais elles sont regardées avec un mépris radical par les grandes entreprises du secteur.
et y aurait-il une arrogance française ?
faut préciser déjà qu'en ce qui concerne cette histoire de char du futur, ce sont les Allemands qui se retirent, et que ça n'est pas une décision française. Oui, absolument, comme pour le SCAF d'ailleurs, c'est eux qui ont finalement jeté l'éponge parce que... Ah, de désespoir. Non, pas de désespoir, simplement parce que nous ne sommes plus crédibles. Factuellement, si vous voulez, l'histoire du char, c'était Nexter et KMV, l'entreprise allemande regroupée dans Nexter, et venu s'ajouter à ça Rheinmetall. Et donc, en fait, ça faisait deux entreprises allemandes contre une entreprise française. Le déséquilibre était évident et le projet a été abandonné. Les Allemands, si vous voulez, ils sont toujours dans l'affichage... imposés par les Français et ils sont un peu en recul de cet affichage. Là, on vient de recevoir le président allemand, M. Steinmeier. Tout va bien entre la France et l'Allemagne officiellement, sauf qu'on voit ce qui se passe en réalité. Les Allemands, et c'est confirmé année après année, ne nous font plus confiance pour une raison très simple. Regardez l'état du pays, regardez l'état de nos finances, de notre dette, de notre croissance, de notre chômage. Donc les Allemands, eux, ils sont dans une autre logique et ils n'ont pas envie de s'appuyer sur un parti. qu'ils jugent non fiables, même si politiquement tout va bien, sauf qu'ils ne sont pas dans une logique, eux, qui soit uniquement diplomatique ou d'affichage, comme je le disais à l'instant. Ils veulent de l'efficacité. Or, cette efficacité, ils ne la trouvent pas chez nous.
Donc, on serait arrogant,
ruiné et inefficace. Je ne dirais pas qu'on serait inefficace. On a des process qui alourdissent terriblement nos prises de décision. font qu'on accumule un peu de retard. Pour mettre une vision un peu positive dans cette description apocalyptique de notre France, j'ai envie de dire qu'on bénéficie d'atouts extraordinaires. On a une machine d'ingénieurs, on a les meilleures écoles, on a des start-up qui essayent de faire des choses mais qui n'ont pas de financement. On a des PME prêtes à se lancer, qui bossent et qui sont prêts et qui voudraient embaucher, mais qui n'ont pas les fameux contrats de l'État. Parce que l'État dit « allez-y les gars, produisez », mais ils ne donnent pas de contrat. Sans contrat, on ne peut pas avancer. Les Allemands, qu'est-ce qu'ils donnent ? Ils donnent des contrats, ils donnent de l'argent. Nous, on parle, mais alors qu'on est une machine très forte. Et qu'est-ce que font à un moment donné nos jeunes ? Ils partent ailleurs. On produit de l'intelligence, on produit du savoir, on est enviés par le monde entier. Malgré notre problème à l'école, là, il faudra en revenir, parce que je ne sais pas si dans 15 ans, on aura le même niveau de savoir que nous avons aujourd'hui. Néanmoins, on est une machine. formidable sur un plan intellectuel, on ne sait pas en profiter. Et là, aujourd'hui, quand on revient à l'avion du futur, le fameux scalp, Dassault dit aujourd'hui « Moi, j'ai fabriqué tout seul mon avion ». Oui, mais attendez, aujourd'hui, on ne parle plus d'avion, on parle de drones, on parle de choses complètement différentes. Même les Américains ont compris l'importance de l'industrie low cost. Il faut faire le fameux. Avion du futur, pourquoi ? On ne veut plus le faire avec les Allemands, parce qu'on dit que les Allemands voulaient nous piquer notre connaissance. D'accord, peut-être, je ne sais pas, je ne suis pas dans le secret des ingénieurs, mais on peut le faire avec les Suédois, les Suédois seraient partants. Alors moi j'attends, pour l'instant on dit qu'on va le faire tout seul. Donc si vous voyez, faisons un bel avion avec un autre Européen, et aussi faisons beaucoup de drones. Et comme vous l'avez dit très justement, côté drones, c'est un point d'interrogation.
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