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Prends comment. La matinale de Radio Classique avec David Abiquaire. Et avec
Guillaume Tabard à 8h10 sur Radio Classique. Bonjour Guillaume. Bonjour David. Alors vous avez les yeux carrés puisque vous avez regardé la télé hier soir et à la télé l'heure de vérité et dans l'heure de vérité Edouard Philippe. Un mot d'abord sur l'émission elle-même. Est-ce une bonne idée d'avoir repris et ressuscité ce concept culte des années 80 ?
Surtout avec la reprise du fameux générique emprunté à Paul McCartney, il y avait un côté séquence nostalgie pour tous ceux qui... comme moi, mais comme j'imagine aussi pour beaucoup de nos auditeurs, se sont passionnés pour la vie politique dans les années Heure de Vérité. Alors, soit dit, le paysage politico-médiatique entre-temps a beaucoup évolué. L'Heure de Vérité, c'était là. Grande émission, on était bien avant les chaînes d'info. Les émissions politiques, il n'y en avait pas tant que ça et en tout cas, il n'y en avait pas de ce format. Ce qui donnait à chaque heure de vérité une dimension d'événement. Alors là, on peut parler aussi d'événement dans la mesure où on est dans une année présidentielle et que les premiers invités sont précisément les candidats à la présidentielle. Hier, c'était Edouard Philippe et pour les deux suivantes, je pense que ce sera Marine Le Pen et Jean-Luc Mélenchon. Mais aujourd'hui, l'offre médiatique est infiniment plus là. Disons qu'une heure de vérité, ça compte, mais que tout ne va pas se jouer là-dessus.
Alors on en vient à la prestation d'Edouard Philippe. En sait-on plus sur le projet du maire du Havre ? Écoutez, c
'était plus une émission de fonds, une émission d'explications, qu'une émission d'annonces. Alors bien sûr, il y a eu quelques mesures nouvelles annoncées par Edouard Philippe, comme cette réduction d'impôts pour la naissance d'un enfant, comme la défiscalisation des heures supplémentaires au-delà des 35 heures, comme la réduction... de l'immigration légale ou encore comme le non-remplacement d'un fonctionnaire sur trois partant à la retraite. Mais je retiendrai peut-être deux moments plus inédits. Le premier, c'est quand Eugénie Bastier l'a renvoyée à la formule d'Alain Juppé sur cette identité heureuse, formule qui avait collé à la peau de son mentor, Alain Juppé. Eh bien, je dirais que ça a forcé Edouard Philippe à lâcher un peu ses tripes et à parler de la France comme il n'en avait peut-être pas encore beaucoup parlé jusqu'à présent. Et puis le deuxième moment, c'était cette séquence. plus sociétale animée par Néla Latrousse, où Édouard Philippe a réaffirmé et assumé son opposition à la GPA avec beaucoup de fermeté, mais je dirais avec exactement la même fermeté qu'il s'était opposé autrefois à la PMA, qu'il avait ensuite fait voter une fois Premier ministre.
Ah mais j'ai pas fini par exemple. Excusez-moi, une telle émission est-elle de nature à relancer la campagne présidentielle ? Excusez-moi.
Écoutez, c'est une bonne question, merci de me la poser. On voit bien qu'on est encore dans une drôle de campagne, comme on parlait autrefois d'une drôle de guerre. C'est-à-dire un moment où la compétition est lancée, mais où il ne se passe finalement encore rien qui fasse vraiment bouger les lignes. Alors Edouard Philippe est apparu hier solide, notamment il aura convaincu ceux qui se reconnaissent en lui. Mais disons qu'hier il n'y avait rien de nature. Soit à provoquer le retrait d'un candidat, soit à se dire qu'on avait assisté à une prestation qui rebattait totalement les cartes. Je dirais qu'hier, Edouard Philippe a été bon. à l'oral. Mais dans un concours, il ne suffit pas d
'être bon, il faut être le meilleur. Et Guillaume, vous évoquiez ce passage sur l'identité française. On le passera tout à l'heure avec nos esprits libres. Pardonnez-moi de vous avoir interrompu avant la fin, Guillaume. Je vous dis à lundi. J'étais sans doute impatient d'écouter Pierre Arditi, qui est l'invité de la matinale ce matin. Il est à l'affiche du père de Florian Zeller au Théâtre.
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