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140 000 Français se sont inscrits pour choisir le prochain candidat de la gauche à la présidentielle. Et personne ne sait qui va gagner. Personne. Bienvenue dans Sa Divise, le podcast qui divise et qui tranche. On parle de la primaire social-démocrate. Olivier Faure, Raphaël Glucksmann, Jérôme Gage, Emmanuel Morel, Ségolène Royal. Cinq noms, deux jours de vote et au moins 80 000 inscrits que les sondeurs n'arrivent pas à lire. Ce chiffre, c'est pas un détail. C'est un avertissement. La gauche joue sa survie ce week-end. Et même elle ne sait pas ce qu'elle va voter. Alors on va faire ça dans les règles. Thèse. Antithèse. Verdict. Bah oui, commençons par les défenseurs. 140 000 votants. C'est énorme pour une primaire de ce type. Les militants habituels ne pèsent plus seuls. Des gens qui n'ont jamais adhéré à un parti ont pris la peine de s'inscrire. C'est ça, la promesse d'une primaire ouverte. Casser le monopole des appareils. Laissez entrer la société réelle. Et puis regardez les candidats. Glucksmann incarne un social-démocrate européen sérieux, calibré pour les plateaux. Gage porte une gauche de gouvernement qui assume le mot « réforme » sans rougir. Fort, le premier secrétaire du PS, joue sa légitimité institutionnelle. Morel assume la ligne plus à gauche. Quant à Royal, il a « attention », elle revient avec une audace qui force au moins le respect. Cinq profils. Un vrai choix. C'est pas rien. Sauf que voilà le problème. Quand cinq candidats briguent le même titre, Ça ne produit pas du débat démocratique. Ça produit de la bouillie. Chacun attaque l'autre juste assez pour l'affaiblir, mais pas assez pour s'imposer. Et pendant ce temps, Jordan Bardella et ses postes antisémites vieux de 12 ans font tranquillement campagne à droite, sans que personne ne le challenge sérieusement. Et ces 80 000 inscrits indéchiffrables, tu sais quoi ? C'est pas forcément une bonne nouvelle. Ça peut très bien vouloir dire que le résultat est absurde. Que Ségolène Royal, qui demandait aux juifs français de dénoncer plus fortement ce qui se passe à Gaza pour faire reculer l'antisémitisme, citation réelle, vérifiée, sidérante, arrive en tête. Ou que le vote se disperse tellement qu'on entre en deuxième tour avec trois candidats sous 20%. Et là, la gauche ne sort pas unie. Elle sort en miacte. Voici ce que j'en pense, sans filtre. Cette primaire, c'est à la fois le meilleur et le pire de la gauche française, condensé en un week-end. Le meilleur, elle essaie. Elle fait quelque chose. 140 000 votants, c'est une vraie mobilisation. Et il faut le reconnaître. Le pire, elle fait ça tardivement. Avec un casting trop large. Sur fond de déclarations tonitruantes qui l'ont déjà assébli avant même le premier tour. Enfin bref. Le vrai suspense, c'est pas qui va gagner. C'est, est-ce que le perdant va jouer le jeu ? Parce que la primaire qui divise le plus, ce n'est jamais celle du vote. C'est toujours celle de l'après. Et la suite, on vous explique pourquoi le deuxième tour risque d'être encore plus explosif que le premier tour.
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