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Entre 266 000 et 450 000 personnes hier dans les rues du pays et 528 établissements où les cours sont suspendus ce matin. La colère lycéenne qui dure, Sébastien Lecornu qui ouvre cinq chantiers, demande une suspension des cours afin d'instaurer un temps de concertation dans les lycées. Et on l'a appris il y a quelques minutes, le Premier ministre qui s'exprimera ce soir depuis Matignon. Comment calmer cette colère pour en parler et pour en débattre ? Nous sommes avec trois parlementaires. Bonjour Max Brisson. Merci d'être là, sénateur LR des Pyrénées-Atlantis. Corélie Trouvé, bonjour. Merci également d'être avec nous, députée de la France Insoumise de la Seine-Saint-Denis et Violette Spilbout. Merci également d'être là, députée. Ensemble pour la République Renaissance du Nord. D'abord, un mot sur cette information, puisqu'on vient de l'apprendre, le Premier ministre, qui va donc s'exprimer ce soir sur la crise icienne, évidemment, mais plus largement aussi sur la dette, sur les carburants. Qu'est-ce que vous attendez du Premier ministre, Aurélie Trouvé ?
Ce serait déjà bien qu'il cesse... des propos que je trouve brutaux envers ce mouvement de jeunesse qui est extraordinaire, qui est massif. Hier, il y avait 90% des facs d'ailleurs qui étaient mobilisés, 1000 lycées. Et puis la maturité, la conscientisation de ces jeunes. Moi, dans ma circonscription, j'ai parlé avec eux, enfin je suis avec eux maintenant depuis 5 ou une semaine, même tous les matins, auprès des lycéens. Et le problème, c'est qu'on a un gouvernement qui est absolument sourd. complètement sourds à leurs attentes. Et moi, je veux dire quand même ce que me disent ces jeunes tous les matins. C'est Madame la députée, en réalité, on n'a pas d'infirmière scolaire depuis je ne sais combien d'années dans notre lycée. Madame la députée, en réalité, eh bien, on avait 40 degrés cet été et puis on ne va pas avoir de chauffage cet hiver. C'est ça qu'ils me disent. On a des mois de non-remplacement. Par exemple, des élèves qui étaient en première l'année dernière qui me disent qu'on n'a pas eu de prof de français pendant plusieurs mois alors qu'on avait le bac de français. Bon, et je vous passe tout le reste. Donc on a une situation qui fait que les jeunes simplement veulent apprendre dans des conditions potables. Et vraiment, moi, je remercie cette jeunesse de se le soulever pour nous tous, en fait. La jeunesse s'est levée pour nous tous, pour dire on a besoin d'un avenir meilleur. Et en fait, ces jeunes... Enfin, vous savez, nous, on est... Enfin, voilà, je suis issue d'une génération où on nous disait pour réussir dans la vie, il faut réussir à l'école. Et on y croyait. Mais franchement, c'est dur d'y croire aujourd'hui. Je vous assure.
Lisson, qu'est-ce que vous attendez du premier ministre
? Je dirais qu'il y a deux images à ce mouvement. Il y a aussi deux images à LFI, parce qu'on a à la fois le discours de Manitrouvé, qui est un discours tout à fait sur lequel nous pouvons débattre et qui me semble tout à fait en phase avec le débat que nous aurons ce matin. Et puis il y a aussi quand même LFI qui, la semaine dernière, a mis de l'huile sur le feu à déclencher, à exciter, à manipuler, à instrumentaliser. et à utiliser même ces jeunes un peu comme une sorte de chair à canon dans la recherche du chaos. Donc deux visages. Et puis il y a deux visages dans ce mouvement. Il y a un mouvement lycéen, vous savez, moi j'étais prof pendant 30 ans, j'en ai vu. Et d'ailleurs, autrefois, la gauche cherchait à lui donner un visage, elle cherchait à le canaliser vers des solutions politiques. Là, on a eu plutôt une recherche d'incendiaire, mais n'y revenons pas. Ce mouvement, il a bien sûr de vrais sujets de débat. Je pense au bac que nous avons mis en place, qui a été mis en place par Jean-Michel Blanquer, qui est un baccalauréat. complexe, avec beaucoup d'options, avec des spécialités, avec des emplois du temps à trous. Quand les lycéens disent qu'on a trop d'heures de cours, je pense qu'ils ont trop d'heures de lycée avec des emplois du temps. qui sont des usines à gaz. On a aussi l'angoisse de Parcoursup, avec un système qui est devenu opaque et sur lequel les mâcheliers et leurs parents, les futurs mâcheliers et leurs parents, s'interrogent beaucoup sur les éléments qui entrent dans la détermination de l'orientation. Donc tout ça mérite d'être discuté. Malheureusement, il y a eu aussi des violences. Moi qui ai connu beaucoup de mouvements lycéens, jamais je n'ai vu de violence sur les proviseurs. ou les professeurs. Moi, j'étais connu pour mes idées politiques dans mon lycée, j'étais déjà élu local, je n'ai jamais eu peur. Là, j'ai vu des professeurs qui avaient la trouille.
– On va en parler, je vais évidemment vous laisser répondre Aurélie Trouvé sur ce que vient de dire Max Brisson, mais Violette Spicebouc peut vous donner la parole. Sébastien Lecornu qui prend la parole ce soir, c'est pas trop tard, est-ce que le gouvernement a trop tardé à prendre conscience de ce qui se passait dans nos lycées ?
Alors le Premier ministre Sébastien Lecornu a pris la parole déjà hier aux questions au gouvernement. Je rappelle que pendant une heure et demie… Toutes les questions de tous les groupes politiques se sont centralisées sur ce sujet des lycées, ce qui montre à quel point aussi la représentation nationale se sent mobilisée à la veille d'un débat budgétaire qui va être, pour moi, déterminant dans la réponse que les parlementaires et le gouvernement peuvent faire à ce mouvement lycéen et universitaire. Parce que je dirais qu'aujourd'hui, le vrai sujet en France, c'est l'éducation qui est la mère des batailles. Moi, je défends un candidat, Gabriel Attal, qui a mis l'éducation au cœur de son projet. mais aussi les universités, l'enseignement supérieur, parce qu'on est dans un pays qui va avoir besoin que chaque jeune trouve sa place dans un monde qui leur fait très peur. Moi, ce que j'attends de Sébastien Lecornu, c'est une ouverture très claire sur des modifications du budget tel qu'il a été présenté aujourd'hui. Parce que dans le budget de l'éducation nationale, moi je fais partie de cette commission éducation et culture, il y a chaque année une proposition de suppression de postes d'enseignants. Et chaque année, avec mon groupe Ensemble pour la République, nous nous y... opposons. Oui, il y a une baisse du nombre d'élèves dans les classes, mais nous, nous voulons que les moyens en enseignant restent les mêmes. Parce que nous avons besoin de plus petits groupes pour les différents niveaux. Nous avons besoin de continuer à dédoubler des classes. Et c'est encore prévu cette année, il y
a 1600 postes d'enseignants qui sont supprimés dans la copie initiale du budget. Donc ça, vous allez vous y opposer.
Moi, j'ai lu les 10 revendications, les 10 mesures pour aller faire du mouvement des lucéens. Et la première, c'est des moyens pour remplacer les professeurs absents et des moyens pour l'état des bâtiments qui dépend là des conseils régionaux. Ça va être un combat commun, là, pour le coup.
S'opposer à la suppression. Oui, parce qu'en plus, je ne suis pas sûre que Max Brisson soit d'accord sur la suppression des postes d'enseignants, mais on va y revenir. Je
vais y aller, ne vous inquiétez pas. Non, d'abord, je veux revenir sur vraiment les accusations absolument grotesques de la part du gouvernement sur la France insoumise. C'est une tentative de diversion, par ailleurs, qui est... pour moi, une véritable insulte vis-à-vis des jeunes. C'est les prendre pour des idiots, que croyez-vous, qu'on a ce pouvoir de faire soulever 1000 lycées, 90% des facs. En réalité, les jeunes, vous voyez, ils ont un profond, profond mal-être et ils n'ont pas besoin de nous pour se lever. Et tant mieux d'ailleurs. Et nous avons toujours appelé, vous le savez, à un mouvement sans violence parce que c'est la meilleure façon d'être entendu. Et je voudrais revenir justement sur le budget parce que pour moi, c'est une véritable provocation de la part du gouvernement. Il y a 1650... poste d'enseignant supprimé dans le budget qui est présenté. Une baisse de 650 millions d'euros du budget dans l'éducation nationale. Voilà. Oui, mais il se trouve que c'est un gouvernement. Vous faites partie du bloc présidentiel. Moi, je fais partie du groupe Ensemble pour la République. Oui, Ensemble pour la République. Et chaque année, je m'oppose. Et d'ailleurs, avec les rangs de la gauche, à chaque fois, nous arrivons à faire passer ces amendements. Je finis là-dessus, chers collègues. Donc, évidemment, nous nous opposons très franchement. à ce budget présenté par le gouvernement de M. Macron. Je rappelle aussi que les anciens premiers ministres de M. Macron, c'était M. Philippe et M. Attal. Et attention, c'est pas fini. Dans ce budget, il y a une baisse des APL, des millions de familles et de jeunes qui... Vous savez qu'il y a deux jeunes sur trois qui déclarent quand même devoir sauter des repas parce qu'ils n'ont pas assez d'argent. Baisse de l'allocation de rentrée scolaire, baisse des allocations familiales. C'est les enfants qui sont... On va rester
un petit moment sur cette baisse du nombre d'enseignants. Vous vous êtes exprimé, Violette Spilbo, vous l'avez trouvé, parce que ça fait partie des revendications. On veut avoir des profs, ça faisait aussi partie des promesses d'Emmanuel Macron, un prof devant chaque classe. Max Brisson, vous, pour le coup, vous risquez d'être en désaccord, parce qu'au Sénat, vous les soutenez, ces baisses d'enseignants, compte tenu de la démographie scolaire.
Avant, je ne vous dirais rien que les faits ne sont pas de la stigmatisation, les faits sont dans une fiche des renseignements territoriaux. qui pointe nettement du doigt à LFI et un certain nombre d'associations d'extrême-gauche qui n'ont pas déclenché, mais qui ont moins instrumentalisé, et dans un sens de la violence, ce qui est nouveau à gauche, les mouvements lycéens étaient encadrés plutôt qu'excités à la violence. Mais ne revenons pas là-dessus, on ne sera pas d'accord. Sur les postes, s'il n'y a pas d'attractique du métier, on va rejouer... Le même scénario qu'il a 3 ou 4 ans, c'était le scénario des 4000 postes dont nous avions voté la suppression au Sénat. Et c'est le gouvernement qui l'a demandé pour faire face à la décrue démographique. Ça avait été rétabli à l'Assemblée. Mais les 4000 postes n'ont pas été pourvus parce qu'il n'y avait pas de candidats au concours. Il y a eu 4 000 postes non pourvus, 4 000 postes votés. Dans la réalité, c'est qu'on pourra les proclamer, ces postes. C'est comme les infirmières. S'il n'y a pas d'attractivité du métier, ils ne seront pas pourvus. Donc moi, je me refuse à faire des déclarations à l'emporte-plièce qui sont des effets d'affluence. Aujourd'hui, on peut mettre des postes au concours. vous êtes en capacité d'avoir l'agrégation de maths, vous faites autre chose aujourd'hui que le métier de professeur, parce que l'entrée dans le métier est extrêmement compliquée, parce que les niveaux des rémunérations sont faibles, parce qu'on a fait un choix dans ce pays, on a fait un choix dans ce pays, en particulier dans le premier degré, de réduire le temps de travail des instituteurs, qu'on appelait ainsi encore il y a quelques années, des professeurs des écoles, pour leur donner du temps libre au prix de salaire plus bas que dans le reste de l'Europe. Nos élèves... Français à l'école primaire, ils ont 60 heures de cours de moins que les élèves allemands, italiens ou espagnols. Parce que c'était un arbitrage de la société française. Moins de salaire et plus de temps libre. Il faut revenir sur cet arbitrage. Il faut remettre tout notre système éducatif avec à son cœur le travail, l'effort, le mérite. Et ce n'est certainement pas en entendant les discours et en donnant raison systématiquement au mouvement lycéen. Le mouvement lycéen dit des choses justes. je l'ai dit tout à l'heure, sur Parcoursup ou sur les emplois du temps et le bac bancaire, mais faire croire aussi aujourd'hui aux lycéens que ce n'est pas en travaillant davantage, avec plus d'efforts, qu'on va sortir le pays de la situation où il est, c'est un discours qui est celui de la gauche, ce n'est pas le mien.
– Donc plus de temps scolaire,
pour les profs et pour les élèves. – Un temps scolaire beaucoup mieux aménagé. Aujourd'hui, le bac Blanquer a créé un bac émietté avec des spécialités, des options. Résultat, les lycéens sont au lycée de 8h à 18h. Ce n'est pas raisonnable. Par contre, moi, je sais aussi qu'il y a des temps privilégiés pour les apprentissages. Et à ce moment-là, dans ces temps privilégiés pour les apprentissages, les élèves sont en études. Donc on a une usine à gaz qui s'appelle le bac Blanquer. Je suis surpris d'ailleurs que le ancien ministre passe un peu à travers les mailles du filet. Et on a un système anxiogène. qui est parcoursu, avec des algorithmes particulièrement opaques, c'est ces deux éléments sur lesquels on peut d'ailleurs se retrouver, parce qu'ils doivent avancer, et c'est comme ça qu'on va répondre au lycéen.
Pour finir sur la question des professeurs, est-ce que c'est possible d'avoir autant de profs ou plus de profs mieux payés, compte tenu de nos contraintes budgétaires ? C
'est un vrai choix, effectivement, et un choix d'avenir, ça sera au cœur du débat de la présidentielle 2027, parce que, comme vous l'avez dit... Une fois qu'on a sanctuarisé des postes, ce que nous souhaitons, il faut pouvoir attirer des jeunes, des personnes qui ont la passion de ce métier et qui n'aient pas peur de rentrer dans cette filière professionnelle. Ça se fait en priorité avec une revalorisation de la rémunération. Alors, il ne faut pas oublier qu'il y a déjà eu... une revalorisation ces dernières années, notamment quand Gabriel Attal était ministre de l'éducation, il y a eu la première augmentation de 11% de salaire qu'il n'y avait pas eu depuis les années 90, il y a eu plus de postes aussi, mais il va falloir poursuivre ça avec une augmentation de la rémunération qui soit significative. Nous ce qu'on propose c'est 250 euros par mois jusqu'à 500 euros en milieu de carrière, donc c'est quelque chose qui change quand même la vie des professeurs, et puis il faut aussi soutenir les professeurs. au niveau de l'autorité à l'école. Parce qu'il y a une vraie question aujourd'hui de la place de l'enseignant par rapport aux parents, par rapport au ministère, la liberté de pouvoir avoir une communauté éducative qui s'adapte aussi aux besoins de ses enseignants. Quand il y a une entorse aux règles de la République, que l'enseignant qui a le courage de dénoncer soit une violence, soit un dérapage, il soit soutenu par son administration. Et on a vu trop ces dernières années, moi qui ai fait une commission d'enquête sur le sujet de la violence à l'école. d'enseignants qui étaient courageux, qui étaient lanceurs d'alerte et qui n'étaient pas entendus par leur administration.
Aurélie Trouvé, pour finir là
-dessus. Oui, je vais revenir sur le nombre d'élèves par classe. Vous savez qu'au collège, la moyenne dans les pays européens, c'est 21 élèves. On est à 25 élèves au collège, d'accord ? On a un salaire enseignant, vous l'avez dit vous-même, qui est bien inférieur aux autres pays. Moi qui ai été enseignante pendant 20 ans, je peux vous dire que le salaire, avant d'être députée, je peux vous dire que le salaire des professeurs a dégringolé en 20 ans, sous François Hollande d'ailleurs et sous M. Macron. Il a dégringolé. Il y a eu ce qu'on appelle un gel de l'indice. En fait, c'est une baisse de salaire des fonctionnaires. quasiment sans discontinuer pendant 15 ou 20 ans. C'est une perte d'achat pour les fonctionnaires de 15 à 20%. C'est terrible. Et évidemment, du coup, quand vous pouvez à peine, en Ile-de-France, vous loger et avoir une famille quand vous êtes prof, ça fait de moins en moins envie d'être prof, malheureusement. Et c'est ça qui est en train de se passer. Pire encore dans certains départements comme le mien en Seine-Saint-Denis. Là, on bat tous les tristes records, parce que vous avez une surreprésentation des contractuels de jeunes inexpérimentés face à des élèves qui, au contraire, ont besoin de moyens scolaires supplémentaires. Ce n'est pas pour rien, d'ailleurs, que c'est dans ces départements-là, dans la région parisienne, où le mouvement, quelque part, est né, parce que c'est là qu'on trouve, et notamment dans les lycées professionnels, c'est là qu'on trouve des élèves qui sont le plus en difficulté scolaire. avec le moins moyen qui est mis à leur disposition. Il y a une injustice, mais terrible. En Seine-Saint-Denis, je le dis, c'est terrible. Les jeunes se disent, mais moi, je nais en Seine-Saint-Denis et je nais déjà avec un handicap parce que je suis née en Seine-Saint-Denis. Donc ça ne va pas. Et ensuite, je voudrais réagir sur le temps scolaire. Moi, quand j'entends Edouard Philippe, avec du mépris dire, ah non, mais ces jeunes, ils ne sont plus d'accord pour bosser de 8h à 18h. Je crois qu'on est plusieurs à avoir des enfants, moi, au collège et au lycée public. Je vais vous dire. Moi, j'ai des enfants qui rentrent crevés. C'est le cas de tous les jeunes. Ils rentrent crevés le soir. Ils font plus d'activités périscolaires, rien, parce qu'en réalité, avec la réforme qui a eu lieu, la fameuse réforme Blanquer, en fait, on a des emplois du temps, c'est du grand n'importe quoi, mais surtout, il y a des élèves qui font une heure, deux heures de trajet. C'est le cas en banlieue parisienne, parce qu'il n'y a plus de transport public qui fonctionne. Ils rentrent chez eux, ils ont des familles qui galèrent de plus en plus, parce qu'il y a des salaires qui ont dégringolé en six ans. Voilà la situation de la France. Voilà pourquoi les jeunes...
En tout cas, sur le sujet des rythmes scolaires et notamment des horaires le matin, des journées discontinues. Moi, j'ai entendu beaucoup de lycéens, à la fois dans ma circonscription, dans les débats. Il y en a tous les jours en ce moment. Et il y a un vrai problème d'organisation de l'emploi du temps qui fait qu'il y a un sentiment qu'ils ne sont pas écoutés parce que ça fait vraiment un moment, plusieurs années, que ce sujet des horaires remonte, on va dire, dans les conseils de vie lycéenne, etc. fait ça remonte pas au dessus donc là Pour moi, il faut regarder vers l'avenir. Il y a eu des expérimentations de commencer pas avant 9h, de regrouper pour avoir moins d'horaires en fin d'après-midi et permettre les activités extra-solaire. On pousse le sport à l'école, la prévention santé, tout ça, il faut que ça puisse être faisable. Quand on finit à 18h, 19h, qu'on a une heure et demie de transport, c'est pas possible. Et donc, moi, je suis très, on va dire, positive sur les propositions qui vont être faites par les lycéens et pour les lycéens dans les mois à venir, parce que le temps qui est ouvert de compte... concertation et de dialogue. Moi, à Marc-en-Barrel, dans un lycée public où je vais demain rencontrer les élèves et les parents, il y a déjà aujourd'hui des temps d'échange. En fait, tout est sur la table, sauf que ça va être pris en compte différemment. Ce mouvement, il a servi à ça, à ce qu'il soit plus écouté. Et je suis sûre que même en cours d'année scolaire, ça va changer la vie quotidienne de certains
lycées. Et justement, on va écouter le Premier ministre là-dessus, puisqu'il s'est exprimé hier devant l'Assemblée nationale pour annoncer une suspension des cours dans les prochains jours pour permettre un temps de concertation.
'est pour ça que le ministre de l'Education nationale a décidé de libérer du temps dès demain matin, dès jeudi, dès vendredi. banalisation complète des emplois du temps pour permettre à chaque équipe de direction dans chaque proviseur d'avoir un temps de démocratie interne au sein du lycée. On ne peut pas reprocher, on ne peut pas condamner la violence devant le lycée si on n'a pas un temps politique au sens noble du terme au sein de chaque lycée. Mandat est donné après aux différents recteurs et DAZEN d'organiser les remontées d'informations pour y trouver évidemment des réponses.
Est-ce que ce temps calme comme on l'a titré, ce temps suspensif... ce temps de concertation, c'est la bonne mesure, c'est la bonne méthode, Max Brisson. La
voisine ne sera peut-être pas contente, mais c'est du sauf qu'il peut gouvernemental. Après tout, il y a des instances de discussion, de dialogue et de concertation dans les établissements et les conseils d'avis lycéenne. C'est là que de toute façon doit se développer. Je vous ai écouté. Je pense avoir un peu de temps de retard. Je voudrais revenir. On a des images du Premier ministre qui essaye de... de réduire la crise. Je n'irai pas plus loin dans la critique du gouvernement. Un mouvement lycéen, c'est toujours très compliqué à gérer, donc je ne donnerai aucune leçon, tant en plus qu'on a du mal à avoir immergé des cadres de ce mouvement, pour assurer le dialogue avec le gouvernement. Donc je n'irai pas plus loin dans la critique. Et moi, ce qui m'importe par rapport à notre débat, c'est par rapport à ce que dit Mme Trouvé. j'enlève le côté un peu dramaturgie et le discours un peu assemblée nationale de Mme Trouvé, qui décrit une situation qui certes est complexe, mais avec quelques trémolos dans la voix, alors que le fonds mériterait un peu plus d'intérêt et de discussion. Moi, ce que je dis sur les professeurs, qui sont la clé de la refondation de l'école, c'est que oui, il faut des salaires, mais il faut aussi en finir avec une gestion des ressources humaines exclusivement au barème. qui fait que l'ancienneté, et ça c'est ce que la gauche a voulu, que l'ancienneté est le seul facteur de promotion. de discernement du travail, de discernement du mérite. Il faut une nouvelle gestion des ressources humaines qui soit... Une rémunération au
mérite pour les professeurs, c'est ça ? Oui, une
rémunération de tous ceux qui s'engagent, être dans une vision du contrat. Il y a des moments où les professeurs ont plus envie, il y a des moments où les professeurs veulent en faire plus parce qu'ils ont des besoins personnels vis-à-vis de leur propre vie familiale et puis c'est des moments de leur carrière où ils veulent s'engager. On a une gestion des ressources humaines totalement linéaire. Vous n'allez pas faire. entrer des jeunes dans cette carrière, si vous leur dites, mon coco, dans 25 ou 30 ans, tu auras à peu près un salaire correct et tu seras à peu près dans le lycée où tu veux. Avec ce type de gestion des ressources humaines, on fait fuir les meilleurs, on fait fuir les bonnes volontés, on a un système. archaïque que la gauche a largement renforcé avec Mme Vallaud-Belkacem, le barème, l'ancienne... Non, je vais terminer. Vous n'êtes pas à l'Assemblée nationale. Vous allez laisser terminer. On débat, Max Blisson. Donc, rémunération
au mérite des professeurs.
J'ai écouté m'en trouver. Là, j'ai un point d'opposition avec elle. Pour les élèves et pour le bac... Je crois qu'il faut revenir, et peut-être que nous serons d'accord une seconde fois avec Mme Trouvé, il faut revenir à un bac qui est un socle commun des savoirs fondamentaux beaucoup plus fort. On a trop réduit le socle des savoirs fondamentaux. Le bac à spécialité, c'était peut-être dans l'absolu. une magnifique idée, ça ne correspond pas à la réalité de notre lycée, ça existe dans les pays anglo-saxons, on a cette manie de vouloir toujours copier les pays anglo-saxons, mais dans les pays anglo-saxons, on fait des choix très tôt, les jeunes anglo-saxons ont peu de discipline, peu de matière, ils font donc des choix très précoces, c'est pas la tradition française, la tradition française c'est plutôt un enseignement général, il y a bien sûr la voie professionnelle, qui mérite la rénovation que l'on sait, mais il y a une voie générale, qui retarde les choix définitifs, c'est la tradition française. On a voulu imiter la tradition anglo-saxonne du choix, du bac à la carte. Ce bac à la carte blanquer, c'est une catastrophe, parce que pour les chefs d'établissement, c'est un emploi du temps infaisable, pour les profs, c'est un emploi du temps... insurmontable, avec plein de trous, et pour les élèves, c'est un gruyère dans lequel ils ne se retrouvent pas, comme je disais tout à l'heure, avec des études au moment des temps d'apprentissage les plus forts, et puis des options à 18h le soir. Donc il n'y a qu'en France qu'on a du cours à 18h le soir.
Moi je voudrais juste réagir en se recentrant sur les revendications des lycéens et des étudiants. Mais juste, pardon, je vous
ai vu réagir quand Max Vrisson parle de rémunération mérite.
Oui ou non ? En fait, le sujet de la rémunération des professeurs, c'est d'abord le... à l'embauche. Là, aujourd'hui, on est à 2 000 euros net pour les nouveaux professeurs qui rentrent dans cette carrière. Et c'est l'augmentation des salaires pour tous les enseignants. Mais il n'y a pas que ça. Soutenir les enseignants, c'est aussi le sujet de la médecine scolaire, des personnels de soutien, les assistantes sociales, etc., dans les établissements. On a eu ce débat à chaque budget. Moi, j'ai porté des amendements justement avec mon collègue de la France Insoumise suite à la commission d'enquête sur les violences à l'école parce que... Ce manque criant dans les établissements publics et privés de psychologues scolaires, de médecins scolaires, aujourd'hui, pèse sur la santé mentale des jeunes et sur l'accompagnement aussi des professeurs et des équipes éducatives. Donc ça, pour moi, c'est un sujet qui est au cœur du projet d'avenir. On doit motiver des gens à rentrer dans ces études-là et aussi faire en sorte que les postes soient ouverts et budgétés. Et puis, le deuxième point, qui est une revendication des étudiants et des lycéens, c'est le sujet de l'état du bâti scolaire. Là, il y a la responsabilité. bien sûr de l'Etat, mais aussi des présidents de régions qui, certes, ont mis en place des plans de rénovation des lycées. Il y en a encore 10% qui sont dans un état déplorable. Je pense en particulier chez moi, dans le bassin minier ou dans la Vénoie, on a des remontées des lycéens sur des états terribles. Et ça, ça veut dire que dans les budgets des régions maintenant, il faut faire des nouveaux choix budgétaires. plus pour les étudiants et les lycées, et peut-être moins pour des dépenses qui sont moins essentielles.
Un mot, il est trouvé, parce que je voudrais qu'on garde un peu de temps, il nous reste moins de 5 minutes pour parler du maintien de l'ordre, parce que Laurent Nunez a fait des annonces il y a quelques minutes.
Non, mais écoutez, moi je rejoins pour le coup ce que vient de dire Mme Stuboud, d'ailleurs je suis désolée, il faut qu'on arrête ce type de remarques entre nous, et je crois que pour le respect du débat... Ne pas se permettre de parler des trémolos dans la voix de ses collègues femmes. Je pense que ce sera le cours
pour tout le monde. Vous
voyez, si vous m'interrompez. Non, mais j'aurais eu la
même réponse que vous aviez été. Non, non, pas sur ce registre-là. Je pense qu'il faut faire attention. C'est déplacé, c'est inutile.
Allez, on va terminer ce débat comme il a commencé, de manière respectueuse.
Ce type de remarque est déplacé. Ce type de remarque est déplacé. Et je vous demande de la retirer.
Que vous ayez en face de bois,
j'ai débuté les filles. Que vous ayez une femme, même d'y faire complètement. Je vous demande, c'est totalement déplacé.
Le débat se déroulait dans le calme. Il nous reste 4 minutes. On va terminer dans le calme.
Je vais vous laisser parler,
mais en disant que je n'accepte pas votre remarque.
J'appelle à nous apaiser dans ce débat. Je voudrais revenir sur le fond, bien évidemment. On va arriver au maintien de l'ordre. Vous parlez de monsieur Lecornu du Premier ministre. Pour moi, il a une réponse qui est vraiment incendiaire. Je pèse mes mots. Parce que quand sa réponse a été d'abord complètement sourde, ensuite, ça a été une lettre où il dit, en fait, je ne change rien. Enfin, c'est vos amis qui ont appelé à étendre le mouvement.
Je continue. Décidément,
je ne
pourrais pas continuer. Non, mais je ne peux pas vous laisser dire que c'est lui qui est incendiaire. La France insoumise, les premiers jours, a été incendiaire. Non, mais regardez,
ce qu'on va faire, c'est qu'on va écouter Laurent Dunez. Oui, mais je vous laisse répondre, Aurélie Trouvé, mais puisque vous lancez la question du maintien de l'ordre, on va écouter Laurent Nunez parce qu'il a fait une annonce ce matin justement sur la gestion du maintien de l'ordre.
'ai demandé d'ailleurs dès hier que cette grenade ne soit... plus utilisée dans le cadre du mouvement lycéen provisoirement. Vous dites ce
matin, ces
grenades-là, vous les interdisez ? Oui, ce sont des instructions que j'ai passées hier. D'accord. Moi, j'ai besoin de comprendre exactement ce qui s'est passé sur ce type d'armes intermédiaires. Il y a eu un jeune homme de 15 ans qui a eu une main arrachée. On a besoin de comprendre ce qui s'est exactement passé en attendant. Là où il y a l'idée, je ne sais pas s'il l'a ramassée ou si elle a explosé. Mais donc, vous interdisez ces armes ce matin ? Je suspends leur usage pour le mouvement. des lycéens tant que la lumière n'a pas été faite sur ce qui s'est passé dans cette affaire.
Laurent Inès annonce qu'il suspend l'usage de ces grenades assourdissantes dans ce mouvement lycéen. Est-ce que vous saluez cette annonce ou pas ?
D'abord, vous le savez, nous nous appelons à l'interdiction des armes mutilantes, particulièrement contre les enfants. Il y a une pétition de l'association Attaque qui est sortie, une pétition parlementaire que j'appelle à signer. Moi, ce que je lis, ce qu'a dit le ministre de l'Intérieur, qui pour moi est grave, il y a quelques jours, il a dit qu'il appelait à ce qu'il n'y ait aucune retenue dans la répression, aucune limite dans ce genre d'armes, en parlant des enfants, parce que ce sont des enfants qui ont 14... Oui, d'accord, mais il a commencé par ça, le mouvement. Et ça, c'est très grave, parce que vous savez que, en fait, quand le ministre de l'Intérieur dit ça, ça donne des consignes, en fait, à l'ensemble de nos forces policières. Et d'ailleurs, il y a beaucoup aujourd'hui d'experts, de sociologues qui disent... qu'en fait, il y a une nouvelle et dramatique étape passée dans la répression policière, particulièrement dans ce mouvement. On en est, par exemple, à 5000 interpellations et garde à vue envers nos enfants. Moi, j'ai vu des enfants de 14 ans en garde à vue. J'ai un droit de visite, donc je suis allée les voir. Ils n'avaient pas eu d'avocat 24 heures après leur mise en garde à vue. Ils n'avaient vu personne, pas un seul avocat. D'ailleurs, je vais saisir, je l'annonce ici, je vais saisir le défenseur des droits de l'homme. Et je ne parle pas des mutilations, je ne parle même pas des mains arrachées, de l'oeil crevé, etc. Donc il s'agit d'enfants, nous avons une responsabilité en tant qu'adultes de protection de nos enfants. Il nous reste
peu de temps Violette qui le goûte là-dessus sur cette annonce. Juste une chose,
bien sûr, moi je l'ai dit, j'ai été horrifiée par les mutilations de certains enfants. C'est terrible ce qui s'est passé dans le début de cette manifestation. J'espère qu'on ne le verra plus dans les jours à venir. Et je salue la décision du ministre de l'Intérieur. Simplement, quand j'entends la présidente de groupe de Mme Trou... qui qualifie de pitrerie la convocation d'un préfet et d'un procureur pour des parents qui sont responsables aussi de ce que leurs enfants ont cassé dans les lycées, je trouve qu'on n'a pas du tout la même conception des valeurs républicaines.
Le gouvernement a commis des erreurs dans le maniement de l'ordre dans ce mouvement à l'origine. En revanche, un mouvement lycéaire, c'est toujours très difficile en matière de maintien de l'ordre et solidarité totale avec les forces de l'ordre. qui font quand même un travail exceptionnel avant tout aussi pour protéger les jeunes.
Merci à tous les trois. Merci à tous les trois pour ce débat politique. On ne se retrouve pas à 12h30 parce que vous suivrez à midi en direct l'audition de Roland Lescure et David Amiel sur le budget en direct du Sénat. On se retrouve donc demain. Très bonne journée.
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