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y a huit ans ici, le 17 novembre 2018, lors de la première journée Gilets jaunes, tu avais des barrages à l'entrée de Fixecours, à la sortie de Fixecours, au rond-point devant le carrefour d'Amiens, à la sortie du carrefour. Et nous, on était en balade avec Didier en Harley-Davidson. pour, en moto, pouvoir contourner les ronds-points. Et c'est vrai que c'était un temps où, moi, dès que je me posais, j'avais l'impression d'être un cahier de doléances sur pattes. Et il y avait un besoin des gens d'expliquer comment ils étaient contraints de se priver sur leur budget, de priver leurs enfants d'aller à l'université. Et donc là, on se demande si samedi prochain, ça va recommencer. Il y avait un barrage, là, à peu près, à l'entrée de Flick Secours. Le moulin n'était pas terminé. Et on se demandait comment on allait être accueillis. Un politique de gauche ? Je me souviens que c'était une époque où tous les camarades disaient qu'il fallait surtout pas aller dans cet endroit-là, que ça allait être que les pachos. Et on s'était dit, nous, on va aller voir, on va aller écouter, on va faire notre petit reporter. J'ai demandé pourquoi vous êtes là pour le gasoil. Non, on n'est pas là que pour ça. C'est un ras-le-bord général et on a senti que c'était des citoyens avec qui il y avait tout à fait moyen de discuter. Donc là, on va retrouver Christelle. qui est une ancienne gilet jaune, mais sans doute que c'est gilet jaune un jour, gilet jaune toujours, et Erika qui a envie de le devenir là cette année. Et puis on va voir si elle va y avoir une jonction avec les lycéens. Bonjour. Bonjour, ça va ? Vous vous privez sur quoi là ?
Sur certaines choses que les gamins peuvent demander. Certaines petites choses quoi. Mais on est bien obligé de manger, c'est ça le truc.
Vous avez combien d'enfants à la maison ? Quatre. Vous accompagne
Oui. On n'est pas parti en vacances. Je ne sais plus quand est-ce qu'on n'est jamais parti en vacances. C'est simple à comprendre.
n'y a pas de vacances, mais en plus... Il n'y a pas de
loisirs. Ils font du sport parce que je ne peux pas les priver de tout non plus. Là, ma plus grande, elle est partie faire ses études sur Amiens. Donc, elle a dû prendre un petit logement étudiant, une chambre étudiante dans les Crous. Elle est obligée de se débrouiller elle-même. Ce n'est pas possible. Heureusement qu'elle est à côté. Donc elle rentre le week-end pour être sapeur et la semaine à l'école, à la fac.
Donc elle a une bourse
elle est boursière. C'est ce qui l'aide aussi.
Elle fait des études de quoi du coup
là, c'est très compliqué parce que si Parcoursup, s'il n'y avait pas ce fameux Parcoursup, elle aurait été dans ce qu'elle veut.
'est quoi ce qu'elle veut
C'est cette infirmière. a été acceptée sur des grandes... Elle a un très bon dossier, c'est pas parce que c'est ma fille, mais elle a un très bon dossier. Elle a été acceptée sur des grandes écoles à Lille, mais elle ne pouvait pas être sapeur, donc ce n'était pas possible. À Paris également, mais donc pas possible pour être sapeur. Donc Amiens, elle était en liste d'attente. Donc voilà, on en est resté à la liste d'attente interminable.
devenir infirmière. Donc elle pouvait être infirmière à Lille ou à Paris, mais elle n'aurait pas eu de revenu qui lui aurait permis de payer son logement, etc. Donc vous êtes resté sur Amiens. Voilà. Là, elle fait quoi du coup à la place d'infirmière
? Elle est en fac d'art qui n'a rien à voir.
Ah oui. Et donc ça ne l'intéresse pas trop
Non. Non. Elle va essayer de faire autre chose, de retourner en école d'infirmière l'année prochaine, mais on espère que cette fois-ci, Parcoursup pourra l'accepter.
Donc vous aussi, vous êtes révolté par Parcoursup
oui. Ben oui. Avant, j'entendais les parents dire « Oh là là, Parcoursup ! » et tout. Je dis « Oh mais non, c'est rien ! » Ouais, ben c'est ça. Il faut y passer. Je comprends tout à fait les jeunes qui se révoltent pour Parcoursup, ce n'est pas possible. Ça, les enseignants, quand ils ne sont pas remplacés, ont le droit d'être malades, tout le monde a le droit. Mais dès lors où il y a un prof, là je parle pour une autre de mes filles, il est tout le temps absent, parce qu'il est malade, il n'est pas remplacé.
Les difficultés de l'éducation internationale, vous les vivez ? Vous aussi
Ben oui. Elle arrive en cours. « Maman, j'ai trois heures d'absence. Qu'est-ce que je fais ? Je ne sais pas.
y a huit ans, vous n'étiez pas gilet jaune
mais je soutiens le mouvement.
aviez trop de travail avec votre mari et vos enfants
Oui, c'est ça. Il y a mon mari en situation de handicap et mon fils aussi. Il a dix ans, donc il était vraiment petit à ce moment-là.
là, cette année, vous êtes prêts à y aller ?
pourquoi pas. Pourquoi pas.
Donc vous, en même temps, vous travaillez tous les jours, matin, deux heures, pour aider les personnes âgées.
Vous
vous occupez de vos enfants,
et
vous vous occupez de votre mari aussi.
Oui.
Vous arrivez à cumuler les trois comme ça.
Il faut bien.
donc les allocations familiales, vous les voyez augmenter, vous les voyez stagner ? Qu'est-ce que ça fait
Stagner ou même baisser.
là, vous le sentez, l'inflation, vous la sentez dans votre sac de course
Bien sûr. Évidemment.
Est-ce que vous mangez moins de viande, par exemple
Oui. Bien sûr.
Salut Christelle, ça va ? Ça va et toi ? Tu n'as pas mis ton gilet jaune d'emblée ? Non. Tu as mis ton gilet rose au carreau rose ? Je suis en rose octobre
rose. Ça va ? Oui. Ça va ? Oui, et toi
? Oui, ça va. Bonjour.
Oui va
Oui, écoute.
Prêt à faire une petite virée à la mienne ?
Allez.
Toi et Christelle, tu étais sur les ronds-points il y a 8 ans.
Oui. Et
tu es prête à y retourner
Oui, moi j'y retourne. Sur les ronds-points, j'y retourne. Sur les choses, on va dire calmes, j'y retourne. Parce que c'est vrai que, comme on disait tout à l'heure avec Irika, il y a quand même pas mal de violence maintenant, que ce soit la barre de casseurs qui vienne un petit peu décrédibiliser le mouvement. comme ils l'ont fait avec les gilets jaunes d'ailleurs. On a été décrédibilisés à cause de casser. Là, ils font la même chose avec les lycéens. Mais la violence des forces de l'ordre, elle est importante et elle est beaucoup plus présente de bonheur.
Donc tu n'as pas envie de te retrouver prise entre deux violences ?
Non, parce que j'ai encore des enfants qui ont encore besoin de moi. C'est dommage parce que c'est un mouvement qui a tout... toute la légitimité d'exister et qu'il soit décrédibilisé comme ça par certains qui veulent en profiter pour tout casser. Et chose qui n'arrangera absolument pas parce que qui va payer les réparations, c'est les impôts des Français. On se part en la queue, quoi.
t'en gardes quoi comme souvenir ?
je suis toujours un petit peu nostalgique quand j'en parle parce que c'est vrai que ça nous a permis de faire des rencontres. Moi, je me suis fait des amis au moment des Gilets jaunes et je les côtoie encore maintenant.
avais déjà manifesté, toi, avant
Non. Non. Ou si. Alors, si j'avais manifesté, c'était contre une fermeture de classe à l'école maternelle de Flixcourt. Avec les parents d'élèves, alors ? Oui, avec les parents d'élèves. Non, là, c'est vrai que les Gilets jaunes, ça a été une grande aventure. de solidarité, d'entraide, de revendications légitimes. Et j'estime que face à ça, les réponses, elles ont été très minimes.
'est-ce que vous avez gagné, d'après toi
Pas grand-chose. Pas grand-chose parce qu'on en a vraiment pris plein la tête par certains habitants. du gouvernement mais je dirais même qu'on n'a rien gagné puisqu'il a même eu l'audace d'appeler la prime la prime macron non je suis désolé ça n'a jamais été la prime macron c'est la prime des gilets jaunes l'élément déclencheur de tout ça ça a été le carburant et quand tu vois maintenant le prix du carburant moi je n 'ose même plus regarder quand je vais faire le plein de toute façon tu n'as pas le choix obligé d'aller faire le plein donc je regarde même plus le prix parce que je suis horrifié on n'a jamais demandé à être amadoué à coup de prime Ce n'est pas ça qu'on veut. Nous, on veut que ceux qui travaillent, on reconnaisse leur travail, donc qu'ils soient payés à hauteur du travail qu'ils font et que les autres soient aidés, mais aidés aussi à trouver du travail. Je veux dire, ce n'est pas parce que là, en plus, on est à une époque où malheureusement, je pense que ça va aller en s'empirant, mais avec l'IA et compagnie, il y a encore des dizaines de milliers d'emplois qui vont être perdus. Parce qu'on va y mettre des machines. Et les gens qui vont perdre leur emploi, on va en faire quoi ? Après, il a su aussi nous faire rentrer chez nous à coup de décision. Je ne sais pas si tu te souviens, mais il ne fallait plus se rassembler à plus de 4 ou 5 personnes. Donc en fait, on était toujours au rond-point, mais on faisait des petits groupes par-ci, par-là pour ne pas être délogés. Et puis après, il y a eu les... les confinements Covid et
toi, qu'est-ce que t'as fait alors ? Ton engagement, c'est devenu quoi alors
Au moment de la Covid, moi, j'étais responsable du centre de vaccination. Donc je me
qu'on a gagné un centre de vaccination. On a gagné un
centre de vaccination. Tu t'étais battu aussi à nos côtés pour qu'on l'obtienne. On l'a obtenu. Et donc moi, j'étais responsable, c'était moi qui donnais les rendez-vous et tout ça. Donc au plus gros des décisions gouvernementales, je faisais 70 heures semaine. De bénévolat. De bénévolat. Et par contre, quand ça s'est arrêté, j'ai fait une dépression. Parce que plus les gilets jaunes, plus le centre de vaccination et ma main se sert à quoi en fait maintenant. Et je me suis sentie inutile. Donc j'ai fait une dépression, une petite, parce que ce n'est pas dans mon caractère. Et après, je me suis réinvestie dans d'autres choses au niveau de la mairie.
maintenant, tu es adjointe alors ?
Oui, maintenant je suis adjointe aux maires.
Donc on peut dire que c'est à cause des gilets jaunes que tu es devenue adjointe.
Ça a aidé. Ça a aidé parce qu'avant, j'étais conseillère et c'est vrai que mon engagement a quand même marqué les esprits Afrique Secours et je suis passée adjointe.
On crève de chaud là, non ? Et puis en fait, comme j'ai un problème, c'est que ma clim, elle sent le vomi.
Super.
Donc on ne peut pas mettre la clim. Ni quand il fait trop chaud, ni quand il fait trop froid.
Qu'on me donne l'envie, l'envie d'avoir envie, qu'on allume ma vie.
J'ai pas fait le plein donc ça va, on s'en saura combien là. 84 euros alors que j'ai pas fait le plein. Ça veut dire que mon plein il est à 120 euros à mon avis. Qu'est-ce qu'on fait, Dim ? Tu sais, au feu rouge, là,
je vais descendre, tu vas prendre ma place. Là, maintenant, tu veux dire ? Oui. Dim, je ne sais pas faire le créneau.
Moi
c'est Christelle. Enchantée, lisons l'Usarche. Bonjour.
C'est quoi l'ordre des revendications que vous portez là ?
L'ordre des revendications, c'est plus de profs, moins d'élèves dans les salles de classe, changer les échéances de fin d'année, que ce soit les réformes du bac qui changent tout le temps, alléger les programmes pour alléger les emplois du temps. Parcoursup, les conditions de scolarisation qu'on a, que ce soit la cantine, les salles de classe, les établissements. Les établissements, c'était quasiment que les établissements qui ont été construits avant les années 80. C'est vieillissant, c'est vieillissant et ça nous coûte. psychologiquement, physiquement et même dans notre apprentissage en fait. Et tu sais si sur Amiens ça va être beaucoup suivi ou quoi ? Ah oui, oui. C'est globalement suivi. Il y a des profs en soutien qui ont dit, nous jusqu'à ce que, tant qu'il y a des blocus et tant qu'il y a des manifestations, on fait plus cours. C'est-à-dire que c'est un accueil qui est prévu en cours comme s'il y avait cours, mais c'est quoi ? C'est des films, c'est des discussions. Mais ils mettent pas en difficulté les élèves qui eux se mobilisent.
moi je disais que ça faisait plaisir de voir des jeunes comme ça que ça donnait envie de remettre le gilet jaune et de les soutenir et que pourquoi pas on va vérifier avec les copains gilet jaune s'ils sont ok et pourquoi pas relancer le mouvement par la suite sur pique secours on verra si ça prend ou pas En tout cas, je voulais les féliciter parce qu'ils ont la tête sur les épaules, ils savent ce qu'ils veulent, ils sont prêts à faire des sacrifices. Ils sont conscients de ce qu'ils risquent aussi, mais ils y vont, ils défendent leurs idées et moi je leur tiens mon chapeau. Bravo les jeunes et on est derrière vous. Elle a tout dit Christelle !
'est ta porte-parole
'est ma porte-parole. Non, non, non, ils ont raison de manifester comme ça et comme le dit Christelle, oui, avec la tête sur les épaules et en espérant que ça va leur apporter quelque chose. En tout cas, oui, ça rappelle des bons souvenirs aussi.
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